+ qu'un profMon espace

Terminale Spé Maths / Chapitre 10 : Vecteurs, droites et plans de l'espace / Annales du bac

Bac 2026, Asie : exercice 3

9 juin 2026 · jour 1 · 5 points

Dans l'espace muni d'un repère orthonormé (O ; ı⃗, ȷ⃗, k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\,\vec{\imath},\,\vec{\jmath},\,\vec{k}\right) de l'espace, on considère les points suivants

A(0;0;1);B(1;2;3);C(3;3;1);E(2;−2;2);F(3;0;4)etG(5;1;2)\mathrm{A}(0 ; 0 ; 1) ;\quad \mathrm{B}(1 ; 2 ; 3) ;\quad \mathrm{C}(3 ; 3 ; 1) ;\quad \mathrm{E}(2 ;-2 ; 2) ;\quad \mathrm{F}(3 ; 0 ; 4) \quad \text{et} \quad \mathrm{G}(5 ; 1 ; 2)

    1. Montrer que les points B, C et E ne sont pas alignés.

    2. Justifier que le vecteur →tAF\overrightarrow{}t{AF} est normal au plan (BCE).

    3. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (BCE) est   x+z−4=0x+z-4=0.

    1. Montrer que le point G n'appartient pas au plan (BCE).

    2. Montrer que les vecteurs →tBE\overrightarrow{}t{BE}, →tBC\overrightarrow{}t{BC} et →tAG\overrightarrow{}t{AG} ne sont pas coplanaires.

    3. En déduire que la droite (AG) et le plan (BCE) sont sécants.

Pour la suite de l'exercice, on appellera P le point d'intersection de la droite (AG) et du plan (BCE).

    1. Montrer qu'une représentation paramétrique de la droite (AG) est :

      {x=5ty=tz=1+tt∈R\begin{cases} x=5 t \\ y=t \\ z=1+t \end{cases} t \in \mathbb{R}

    2. En déduire les coordonnées du point P.

    3. Montrer que le point P est le milieu du segment [EC].

  1. Déterminer l'intersection des plans (BCE) et (ACG).

Voir le corrigé

Question 1. a)

On calcule les coordonnées des vecteurs, coordonnée par coordonnée :

BC→ (3−1 ; 3−2 ; 1−3)=(2 ;1 ;−2),BE→ (2−1 ; −2−2 ; 2−3)=(1 ;−4 ;−1).\overrightarrow{\mathrm{BC}}\,(3-1\,;\,3-2\,;\,1-3)=(2\,;1\,;-2),\qquad\overrightarrow{\mathrm{BE}}\,(2-1\,;\,-2-2\,;\,2-3)=(1\,;-4\,;-1).

Supposons que ces vecteurs soient colinéaires : il existerait un réel kk tel que BC→=k BE→\overrightarrow{\mathrm{BC}}=k\,\overrightarrow{\mathrm{BE}}.

La première coordonnée donnerait 2=k×12=k\times1, donc k=2k=2.

La deuxième coordonnée donnerait 1=k×(−4)1=k\times(-4), donc k=−14k=-\dfrac14.

Ces deux valeurs sont différentes : contradiction.

Donc BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} et BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}} ne sont pas colinéaires, et les points B, C et E ne sont pas alignés.

Question 1. b)

On a AF→ (3−0 ; 0−0 ; 4−1)=(3 ;0 ;3)\overrightarrow{\mathrm{AF}}\,(3-0\,;\,0-0\,;\,4-1)=(3\,;0\,;3).

On calcule les produits scalaires avec deux vecteurs du plan (BCE) :

AF→⋅BC→=3×2+0×1+3×(−2)=6+0−6=0,\overrightarrow{\mathrm{AF}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{BC}}=3\times2+0\times1+3\times(-2)=6+0-6=0,
AF→⋅BE→=3×1+0×(−4)+3×(−1)=3+0−3=0.\overrightarrow{\mathrm{AF}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{BE}}=3\times1+0\times(-4)+3\times(-1)=3+0-3=0.

Le vecteur AF→\overrightarrow{\mathrm{AF}} est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} et BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}} du plan (BCE) (question 1. a).

Donc AF→\overrightarrow{\mathrm{AF}} est un vecteur normal au plan (BCE).

Question 1. c)

Le vecteur n⃗ (1 ;0 ;1)=13AF→\vec n\,(1\,;0\,;1)=\dfrac13\overrightarrow{\mathrm{AF}} est colinéaire à AF→\overrightarrow{\mathrm{AF}}, donc normal au plan (BCE).

Une équation cartésienne du plan (BCE) est donc de la forme

x+z+d=0,d∈R.x+z+d=0,\qquad d\in\mathbb{R}.

Le point B(1 ;2 ;3)(1\,;2\,;3) appartient au plan, donc 1+3+d=01+3+d=0, soit d=−4d=-4.

Une équation cartésienne de (BCE) est donc x+z−4=0x+z-4=0.

Vérification avec les deux autres points : pour C(3 ;3 ;1)(3\,;3\,;1), 3+1−4=03+1-4=0   pour E(2 ;−2 ;2)(2\,;-2\,;2), 2+2−4=02+2-4=0.

Question 2. a)

Pour G(5 ;1 ;2)(5\,;1\,;2) :

xG+zG−4=5+2−4=3≠0.x_{\mathrm G}+z_{\mathrm G}-4=5+2-4=3\neq0.

Donc les coordonnées de G ne vérifient pas l'équation du plan (BCE) : G n'appartient pas à (BCE).

Question 2. b)

On a AG→ (5 ;1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AG}}\,(5\,;1\,;1).

Les vecteurs BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}} et BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} ne sont pas colinéaires. Les trois vecteurs BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}}, BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} et AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}} sont donc coplanaires si et seulement s'il existe des réels aa et bb tels que AG→=a BE→+b BC→\overrightarrow{\mathrm{AG}}=a\,\overrightarrow{\mathrm{BE}}+b\,\overrightarrow{\mathrm{BC}}.

Cette égalité équivaut au système

{a+2b=5−4a+b=1−a−2b=1\begin{cases}a+2b=5\\-4a+b=1\\-a-2b=1\end{cases}

La première équation donne a+2b=5a+2b=5 et la troisième donne a+2b=−1a+2b=-1 : c'est contradictoire.

Le système n'a pas de solution, donc les vecteurs BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}}, BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} et AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}} ne sont pas coplanaires.

Question 2. c)

Le plan (BCE) est dirigé par BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}} et BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}}, et la droite (AG) est dirigée par AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}}.

D'après la question 2. b), AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}} n'est pas une combinaison linéaire de BE→\overrightarrow{\mathrm{BE}} et BC→\overrightarrow{\mathrm{BC}} : la droite (AG) n'est pas parallèle au plan (BCE).

(On retrouve ce résultat avec le vecteur normal : n⃗⋅AG→=1×5+0×1+1×1=6≠0\vec n\cdot\overrightarrow{\mathrm{AG}}=1\times5+0\times1+1\times1=6\neq0.)

Donc la droite (AG) et le plan (BCE) sont sécants en un unique point.

Question 3. a)

La droite (AG) passe par A(0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) et a pour vecteur directeur AG→ (5 ;1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AG}}\,(5\,;1\,;1).

Un point M(x ;y ;z)(x\,;y\,;z) appartient à (AG) si et seulement s'il existe t∈Rt\in\mathbb{R} tel que AM→=t AG→\overrightarrow{\mathrm{AM}}=t\,\overrightarrow{\mathrm{AG}}, c'est-à-dire

{x−0=5ty−0=tz−1=t\begin{cases}x-0=5t\\y-0=t\\z-1=t\end{cases}

Donc une représentation paramétrique de (AG) est

{x=5ty=tz=1+tt∈R.\begin{cases}x=5t\\y=t\\z=1+t\end{cases}\qquad t\in\mathbb{R}.

Question 3. b)

Le point P appartient à (AG) et à (BCE). Ses coordonnées vérifient donc la représentation paramétrique de (AG) pour un certain réel tt, et l'équation x+z−4=0x+z-4=0.

On remplace :

5t+(1+t)−4=0  ⟺  6t−3=0  ⟺  t=12.5t+(1+t)-4=0\iff6t-3=0\iff t=\dfrac12.

On en déduit les coordonnées de P :

x=5×12=52,y=12,z=1+12=32.x=5\times\dfrac12=\dfrac52,\qquad y=\dfrac12,\qquad z=1+\dfrac12=\dfrac32.

Donc P(52 ;12 ;32)\left(\dfrac52\,;\dfrac12\,;\dfrac32\right).

Réponse : P(52 ;12 ;32)\left(\dfrac52\,;\dfrac12\,;\dfrac32\right).

Question 3. c)

Le milieu M de [EC] a pour coordonnées

(2+32 ; −2+32 ; 2+12)=(52 ;12 ;32).\left(\dfrac{2+3}2\,;\,\dfrac{-2+3}2\,;\,\dfrac{2+1}2\right)=\left(\dfrac52\,;\dfrac12\,;\dfrac32\right).

Ce sont exactement les coordonnées de P.

Donc P est le milieu du segment [EC].

Question 4.

Le plan (ACG). On a AC→ (3 ;3 ;0)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\,(3\,;3\,;0) et AG→ (5 ;1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AG}}\,(5\,;1\,;1). Ces vecteurs ne sont pas colinéaires (la troisième coordonnée de AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} est nulle et celle de AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}} ne l'est pas), donc A, C et G définissent bien un plan.

Le vecteur m⃗ (1 ;−1 ;−4)\vec m\,(1\,;-1\,;-4) est orthogonal à AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} (3−3+0=03-3+0=0) et à AG→\overrightarrow{\mathrm{AG}} (5−1−4=05-1-4=0). Une équation cartésienne de (ACG) est donc x−y−4z+d=0x-y-4z+d=0, et A(0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) donne −4+d=0-4+d=0, soit d=4d=4 :

x−y−4z+4=0.x-y-4z+4=0.

Vérification : C(3 ;3 ;1)(3\,;3\,;1) donne 3−3−4+4=03-3-4+4=0 et G(5 ;1 ;2)(5\,;1\,;2) donne 5−1−8+4=05-1-8+4=0.

Deux points communs. Le point C appartient à (BCE) et à (ACG).

Le point E(2 ;−2 ;2)(2\,;-2\,;2) appartient à (BCE), et 2−(−2)−4×2+4=2+2−8+4=02-(-2)-4\times2+4=2+2-8+4=0 : E appartient aussi à (ACG).

Les points C et E sont distincts.

Plans distincts. Le point A appartient à (ACG), mais pas à (BCE) car 0+1−4=−3≠00+1-4=-3\neq0. Les plans (BCE) et (ACG) sont donc distincts.

Deux plans distincts qui ont deux points distincts C et E en commun se coupent selon la droite (CE).

Donc l'intersection des plans (BCE) et (ACG) est la droite (CE).

(Comme P est le milieu de [EC], c'est aussi la droite (CP).)

Réponse : la droite (CE).

Points clés attendus

  • Justifier la non-colinéarité par un raisonnement sur les coordonnées (contradiction sur kk).

  • Montrer qu'un vecteur est normal en prouvant l'orthogonalité à deux vecteurs non colinéaires du plan.

  • Déterminer dd avec un point du plan et vérifier l'équation sur les autres points.

  • Pour la non-coplanarité : poser le système, montrer qu'il est incompatible et conclure.

  • Pour le point P : substituer la représentation paramétrique dans l'équation du plan, puis calculer toutes les coordonnées.

  • Pour l'intersection de deux plans : deux points communs distincts et deux plans distincts.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

Les autres exercices de ce sujet

  • Exercice 1 · 5 points · Suites
  • Exercice 2 · 5 points · Suites
  • Exercice 4 · 5 points · Sinus et cosinus · Dérivation et convexité · Continuité et TVI

Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Asie, 9 juin 2026 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

Un doute sur un exercice ou sur ta méthode de rédaction ? On en parle ensemble, sans engagement.

Réserver un appel découverte