Cette page rassemble les notions de bordure du programme officiel : celles qui ne méritent pas un chapitre entier mais qui peuvent tomber dans un sujet, souvent comme question de fin d'exercice ou en exercice de recherche. Chaque section tient en un rappel, un exemple et un exercice corrigé.
🎯 Au programme
Suites adjacentes
Récurrence linéaire d'ordre 2
Limite de (1+nx)n
Fonctions puissancesx↦xa
Fonction tangente
Loi géométrique
Barycentre
1. Suites adjacentes
Définition. Deux suites (un) et (vn) sont adjacentes si (un) est croissante, (vn) est décroissante et vn−un→0.
Théorème. Deux suites adjacentes convergent vers la même limiteℓ, et un⩽ℓ⩽vn pour tout n.
💡 Astuce. Les suites adjacentes servent à encadrer une limite sans la connaître : on obtient une précision vn−un connue d'avance.
Exercice 1 (★★★) : suites adjacentes
On pose, pour n⩾1, un=k=1∑nk21 et vn=un+n1.
1. Montrer que (un) est croissante.
2. Montrer que (vn) est décroissante.
3. Conclure que les deux suites convergent vers une même limite. Donner un encadrement avec n=100.
✏️ Correction de l'exercice 1
Question 1
un+1−un=(n+1)21>0.
✅ (un) est strictement croissante.
Question 2
vn+1−vn=(n+1)21+n+11−n1. On réduit au dénominateur n(n+1)2 : le numérateur vaut n+n(n+1)−(n+1)2=−1.
✅ vn+1−vn=−n(n+1)21<0 : (vn) est décroissante.
Question 3
vn−un=n1→0 : les suites sont adjacentes.
✅ Elles convergent vers une même limite ℓ et u100⩽ℓ⩽v100, soit un encadrement d'amplitude 0,01.
(Cette limite vaut en réalité 6π2, résultat dû à Euler.)
2. Récurrence linéaire d'ordre 2
Méthode. Pour un+2=aun+1+bun, on cherche des suites géométriques rn : il faut r2=ar+b (équation caractéristique). Si elle a deux racines distinctes r1 et r2, alors un=Ar1n+Br2n avec A et B déterminés par u0 et u1.
Exercice 2 (★★★) : récurrence d'ordre 2
On pose u0=0, u1=1 et un+2=5un+1−6un.
1. Résoudre r2=5r−6.
2. Déterminer A et B tels que un=Ar1n+Br2n.
3. Démontrer par récurrence que un=3n−2n pour tout n.
✏️ Correction de l'exercice 2
Question 1
r2−5r+6=0 : Δ=1, donc r=2 ou r=3.
Question 2
u0=A+B=0 et u1=2A+3B=1. On trouve B=1 puis A=−1.
✅ un=3n−2n.
Question 3
On démontre la propriété pour deux rangs consécutifs à la fois.
Initialisation :u0=30−20=0 et u1=3−2=1.
Hérédité : si un=3n−2n et un+1=3n+1−2n+1, alors un+2=5(3n+1−2n+1)−6(3n−2n)=3n(15−6)−2n(10−6)=9×3n−4×2n=3n+2−2n+2.
✅ La propriété est vraie pour tout n.
💡 Astuce. La même méthode donne la formule de Binet pour Fibonacci : r2=r+1 a pour racines 21±5, et le nombre d'or apparaît.
3. Limite de (1+nx)n
Propriété. Pour tout réel x, n→+∞lim(1+nx)n=ex.
Idée de la preuve (x=0).(1+nx)n=enln(1+nx). Avec h=nx→0 : nln(1+h)=x×hln(1+h)→x×1 (nombre dérivé de ln en 1), puis on compose avec l'exponentielle.
Exercice 3 (★★) : limite en ex
1. Déterminer n→+∞lim(1+n2)n.
2. Déterminer n→+∞lim(1−n1)n.
3. Application : un capital est placé à 4% par an avec capitalisation n fois par an. Quel est le facteur multiplicatif au bout d'un an quand n→+∞ ?
✏️ Correction de l'exercice 3
Question 1
✅ Avec x=2 : la limite est e2.
Question 2
1−n1=1+n−1 donc x=−1.
✅ La limite est e−1=e1≈0,368.
Question 3
Le facteur est (1+n0,04)n→e0,04≈1,0408.
✅ Le rendement maximal est d'environ 4,08%, contre 4% sans capitalisation fractionnée : c'est la capitalisation continue.
4. Fonctions puissances x↦xa
Définition. Pour x>0 et a réel quelconque, xa=ealnx.
C'est cohérent avec les puissances entières et x1/2=x.
Dérivée : (xa)′=axa−1.
Les règles xa+b=xaxb et (xa)b=xab restent valables.
Exercice 4 (★★★) : étude de x↦xx
Soit f(x)=xx pour x>0.
1. Écrire f(x) avec l'exponentielle puis calculer f′(x).
2. Dresser le tableau de variations de f sur ]0;+∞[.
3. Déterminer x→0+limf(x).
✏️ Correction de l'exercice 4
Question 1
f(x)=exlnx donc f′(x)=(lnx+x×x1)exlnx.
✅ f′(x)=(1+lnx)xx.
Question 2
xx>0 : le signe de f′ est celui de 1+lnx, qui s'annule en x=e1.
Donc f′ est négative sur ]0;e1[ et positive sur ]e1;+∞[ : f est décroissante puis croissante.
✅ Le minimum vaut f(e1)=e−1/e≈0,692.
Question 3
Par croissances comparées, xlnx→0 quand x→0+.
✅ Donc f(x)=exlnx→e0=1.
5. La fonction tangente
Pour x=2π+kπ, on pose tanx=cosxsinx.
tan est π-périodique et impaire.
Elle est dérivable et tan′(x)=1+tan2x=cos2x1>0 : elle est strictement croissante sur chaque intervalle ]−2π+kπ;2π+kπ[.
tanx est le coefficient directeur de la droite (OM), où M est le point du cercle trigonométrique associé à x.
Valeurs : tan4π=1, tan3π=3, tan6π=31.
Exercice 5 (★★) : tangente
1. Démontrer que tan′(x)=cos2x1.
2. Résoudre tanx=1 dans ]−2π;2π[ puis dans R.
3. Donner l'équation de la tangente à la courbe de tan au point d'abscisse 4π.
✏️ Correction de l'exercice 5
Question 1
Avec (vu)′=v2u′v−uv′, u=sin et v=cos : tan′(x)=cos2xcosxcosx−sinx(−sinx)=cos2xcos2x+sin2x.
✅ tan′(x)=cos2x1.
Question 2
Sur cet intervalle, tan est strictement croissante donc tanx=1 a au plus une solution : 4π.
✅ Dans R : S={4π+kπ;k∈Z} (période π).
Question 3
tan4π=1 et tan′(4π)=1+12=2.
✅ y=1+2(x−4π).
⚠️ Piège.tan n'est pas définie en 2π+kπ. Dans une équation tanx=a, pense à ces valeurs exclues et à la période π (et non 2π).
6. Loi géométrique
On répète des épreuves de Bernoulli indépendantes de probabilité de succès p. Soit X le rang du premier succès. Alors :
P(X=k)=(1−p)k−1p(k⩾1),P(X⩽k)=1−(1−p)k,E(X)=p1.
On dit que X suit la loi géométrique de paramètre p.
Exercice 6 (★★) : premier six
On lance un dé équilibré jusqu'à obtenir un 6. X est le nombre de lancers.
1. Donner la loi de X puis calculer P(X=3).
2. Calculer P(X⩽4).
3. Combien de lancers faut-il en moyenne ?
✏️ Correction de l'exercice 6
Question 1
Les lancers sont indépendants et p=61.
P(X=3)=(65)2×61=21625.
✅ P(X=3)≈0,116.
Question 2
P(X⩽4)=1−P(X>4)=1−(65)4=1−1296625.
✅ P(X⩽4)=1296671≈0,518.
Question 3
✅ E(X)=p1=6 lancers en moyenne.
7. Barycentre
Soit A et B deux points, a et b deux réels tels que a+b=0. Le barycentreG de (A,a) et (B,b) est l'unique point tel que aGA+bGB=0, c'est-à-dire :
AG=a+bbAB.
Ses coordonnées sont (a+baxA+bxB;a+bayA+byB;a+bazA+bzB). Avec des poids égaux, c'est l'isobarycentre (milieu pour deux points, centre de gravité pour un triangle).
Exercice 7 (★★) : barycentres dans l'espace
Dans un repère de l'espace, A(1;2;0), B(7;−4;3) et C(0;3;3) avec O(0;0;0).
1. Déterminer les coordonnées du barycentre G de (A,2) et (B,1). Que peut-on dire de G sur [AB] ?
2. Déterminer l'isobarycentre K des points O, B et C.
✏️ Correction de l'exercice 7
Question 1
a+b=3. xG=32×1+7=3, yG=32×2−4=0, zG=30+3=1.
✅ G(3;0;1). Comme AG=31AB, G est au tiers de [AB] en partant de A (le plus proche du point le plus lourd).
Question 2
xK=30+7+0=37, yK=30−4+3=−31, zK=30+3+3=2.
✅ K(37;−31;2).
🎯 À retenir
Suites adjacentes : même limite et encadrement.
Ordre 2 : équation caractéristique puis récurrence sur deux rangs.
(1+nx)n→ex.
xa=ealnx, dérivée axa−1.
tan′=1+tan2, période π.
Loi géométrique : P(X=k)=(1−p)k−1p, E(X)=p1.
Barycentre : AG=a+bbAB.
QCM : vérifie tes acquis
7 questions, une seule bonne réponse chacune. Choisis une réponse : la correction s'affiche tout de suite. Ton score est enregistré dans Mon espace.
Question 1 sur 7
Deux suites adjacentes :
Elles convergent vers une même limite.
Question 2 sur 7
n→+∞lim(1+n3)n=
On applique (1+nx)n→ex avec x=3.
Question 3 sur 7
Pour x>0, x1/3 est égal à :
xa=ealnx avec a=31.
Question 4 sur 7
La dérivée de tan est :
tan′=1+tan2=cos21.
Question 5 sur 7
La période de tan est :
tan(x+π)=tanx.
Question 6 sur 7
Loi géométrique de paramètre p=0,25 : l'espérance vaut :
E(X)=p1=4.
Question 7 sur 7
Le barycentre de (A,1) et (B,3) vérifie :
AG=a+bbAB=43AB.
Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.