Terminale Spé Maths / Chapitre 9 : Dénombrement
Dénombrement : le cours
Dénombrer, c'est compter sans énumérer.
- Combien de codes possibles ?
- Combien de mains de cartes ?
- Combien de comités ?
- Combien de chemins ?
Ce chapitre est la base des probabilités en situation d'équiprobabilité : . Il n'y a pas de formule magique : il faut choisir le bon modèle.
Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.
🎯 Comment utiliser ce cours
- Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
- Devant un problème, pose-toi toujours deux questions : « L'ordre compte-t-il ? » « Peut-on répéter un élément ? » Le tableau de la partie 7 en découle.
- Entraîne-toi à rédiger le raisonnement en français : « on choisit d'abord… puis… ». C'est ce que le correcteur veut lire, pas seulement le résultat.
1. Ensembles et cardinal
Le cardinal d'un ensemble fini , noté ou , est son nombre d'éléments. Soient et deux parties d'un ensemble de cardinal .
Réunion :
Si et sont disjoints (), alors .
Complémentaire :
Produit cartésien :
Exemple. Dans une classe de élèves :
- font de l'anglais ;
- font de l'espagnol ;
- font les deux.
Élèves qui font au moins une des deux langues : .
Élèves qui n'en font aucune : .
2. Les principes additif et multiplicatif
Principe additif. Si un ensemble se partage en cas disjoints, on additionne les nombres de possibilités de chaque cas.
Principe multiplicatif. On effectue successivement des choix :
- le premier choix offre possibilités ;
- le deuxième en offre , quel que soit le premier ;
- et ainsi de suite jusqu'au dernier.
Alors le nombre total de possibilités est :
Un arbre de dénombrement illustre le principe multiplicatif : chaque branche est un choix ; chaque chemin est une possibilité.
Exemple. Un menu se compose de :
- une entrée ( choix) ;
- un plat ( choix) ;
- un dessert ( choix).
Nombre de menus : .
💡 Astuce : « et » se traduit par (choix successifs). « ou » se traduit par (cas disjoints).
3. Les -uplets (avec répétition possible)
Un -uplet d'éléments d'un ensemble de cardinal est une suite ordonnée où les éléments peuvent se répéter. Il y a -uplets.
Cela modélise les tirages successifs avec remise : codes, mots, lancers de dés ou de pièces.
Exemples.
Un digicode à chiffres : codes.
Un mot de lettres (sans souci du sens) : mots.
Applications d'un ensemble à éléments vers un ensemble à éléments : (on choisit une image pour chaque élément).
4. Permutations et -uplets d'éléments distincts
Factorielle : , avec .
Permutations : il y a façons d'ordonner éléments distincts.
-uplets d'éléments distincts (arrangements) : le nombre de -uplets d'éléments deux à deux distincts d'un ensemble à éléments () est :
Cela modélise les tirages successifs sans remise : podiums, bureaux (président, secrétaire, trésorier), mots à lettres distinctes.
Exemples.
Un podium (1er, 2e, 3e) parmi coureurs : .
Six personnes dans une file : .
⚠️ Piège : grandit très vite (). Pour , on ne garde que les premiers facteurs, sans développer les factorielles.
5. Parties d'un ensemble et combinaisons
Un ensemble à éléments a parties. Pour chaque élément, on choisit « dedans » ou « dehors » : choix, fois.
Une combinaison de éléments de est une partie de à éléments :
- l'ordre ne compte pas ;
- il n'y a pas de répétition.
Leur nombre se note et se lit « parmi ». Sur la calculatrice, c'est la touche nCr. En Python, c'est comb(n, k).
Formule :
Pourquoi ? Il y a -uplets distincts. Chaque partie à éléments correspond à de ces -uplets (ses ordres possibles). On divise donc par .
Valeurs et propriétés :
Symétrie : . Choisir les éléments retenus revient à choisir les éléments écartés.
Relation de Pascal :
Le triangle de Pascal. La ligne contient . Chaque terme est la somme des deux termes situés au-dessus de lui.
- ligne :
- ligne :
- ligne :
- ligne :
- ligne :
- ligne :
- ligne :
💡 Astuces :
- Pour calculer à la main, utilise la symétrie pour prendre le plus petit des deux nombres. .
- Tirage simultané (sans ordre, sans remise) : pense combinaison.
- Comité, main de cartes, échantillon : combinaison.
6. Somme des coefficients et formule du binôme
Somme des :
Justification : chaque partie de a un cardinal compris entre et . Le total des parties est donc la somme des , et il vaut .
Formule du binôme de Newton : pour tous réels , et tout entier :
Par exemple :
Les coefficients sont ceux de la ligne du triangle.
Deux conséquences :
- Avec , on retrouve la somme .
- Avec et , pour : . Les parties de cardinal pair et celles de cardinal impair sont aussi nombreuses : chacune.
7. Choisir le bon modèle
- L'ordre compte et on peut répéter : -uplets, . Tirages successifs avec remise, codes.
- L'ordre compte et on ne répète pas : . Tirages successifs sans remise, podiums, bureaux. Si on prend tous les éléments : (permutations).
- L'ordre ne compte pas et on ne répète pas : . Tirage simultané, comités, mains de cartes.
Les grandes stratégies :
Choisir successivement (principe multiplicatif).
Décide dans quel ordre choisir, en commençant par la contrainte la plus forte.
Par exemple, le premier chiffre d'un nombre, qui ne peut pas être .
Séparer en cas disjoints (principe additif). Par exemple : « exactement rouges », puis « exactement rouges ».
Passer au complémentaire pour « au moins un ». Nombre total nombre de cas où il n'y en a aucun.
Choisir des positions pour les anagrammes.
ANANAS a A, N et S.
Places des A : .
Places des N parmi les restantes : .
Le S prend la dernière place.
Total : .
Compter des chemins sur un quadrillage. De à , avec des pas vers la droite et vers le haut. On choisit lesquels des pas sont vers le haut : .
⚠️ Pièges :
- Confondre ordre et non-ordre : compter les comités et comme deux comités différents.
- Additionner au lieu de multiplier (ou l'inverse).
- Compter deux fois le même cas quand les cas ne sont pas disjoints.
- Oublier les contraintes (un nombre ne commence pas par ).
😄 Si ton résultat dépasse le nombre d'atomes de l'univers pour un digicode, c'est peut-être que tu as multiplié quand il fallait additionner.
8. Dénombrement et probabilités
Quand toutes les issues sont équiprobables :
c'est-à-dire . Pour un tirage au hasard :
- on dénombre au dénominateur ;
- on dénombre au numérateur ;
- avec le même modèle (avec ou sans ordre).
9. Python
from math import comb, factorial, perm
factorial(6) # 720
perm(8, 3) # 336 (k-uplets d'éléments distincts)
comb(10, 3) # 120
from itertools import product, permutations, combinations
len(list(product(range(10), repeat=3))) # 1000 codes
len(list(permutations(range(5), 3))) # 60
len(list(combinations(range(5), 3))) # 10
💡 Énumérer par Python permet de vérifier un dénombrement pour de petites valeurs.
10. Les 10 pépites du chapitre
- Deux questions : l'ordre compte-t-il ? peut-on répéter ?
- « Et » , « ou » .
- « Au moins un » : passe au complémentaire.
- Commence par la contrainte la plus forte quand tu choisis successivement.
- Tirage simultané, comité, main de cartes : combinaison.
- Podium, bureau, mot à lettres distinctes : -uplet d'éléments distincts.
- Utilise la symétrie pour simplifier.
- Un ensemble à éléments a parties.
- Pour une probabilité, garde le même modèle au numérateur et au dénominateur.
- Vérifie avec de petites valeurs ( ou ) ou avec Python.
Complément du programme : parties, mots binaires et -uplets
Un ensemble à éléments a parties. On peut le voir de trois façons équivalentes.
- Une partie de ;
- un mot binaire de longueur (le bit vaut si le -ème élément est dans la partie, sinon) ;
- un -uplet de , c'est-à-dire un élément de .
Exemple. Pour , la partie correspond au mot .
| Mot | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Partie |
Il y a bien parties. C'est aussi le nombre d'issues d'un schéma de Bernoulli à épreuves (chaque épreuve : succès ou échec ).
n = 3
for k in range(2 ** n):
print(format(k, '03b')) # affiche les 8 mots 000, 001, ..., 111
Complément du programme : mélanger une liste avec Python
Pour tirer une permutation au hasard, on utilise `shuffle` :
from random import shuffle
liste = [1, 2, 3, 4, 5]
shuffle(liste)
print(liste) # par exemple [3, 1, 5, 2, 4]
11. Ce qui peut tomber au bac
- Des principes de dénombrement, -uplets, permutations, arrangements (fiche 1).
- Des combinaisons, tirages simultanés, mains, comités, chemins, anagrammes (fiche 2).
- Le triangle de Pascal, le binôme de Newton et des démonstrations par dénombrement (fiche 3).
- Des problèmes de type bac mêlant dénombrement et probabilités, avec Python (fiche 4 et exercices type bac).
Tu as maintenant le cours. Passe aux quatre fiches, aux exercices type bac, puis au Guide de rédaction du chapitre.
Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.
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