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Terminale Spé Maths

Logique, ensembles et listes Python

Le programme officiel de maths demande trois choses transversales, qui servent dans tous les chapitres : le vocabulaire des ensembles, la logique (implication, contraposée, absurde) et les listes en Python. Cette page les rassemble avec des exemples courts.

Tu y trouveras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser cette page

  • Lis chaque partie une fois, puis fais les exercices en cachant les corrections.
  • Retiens surtout les phrases-types : elles reviennent dans les corrections de tous les chapitres.
  • Reviens ici dès qu'un mot te bloque dans un énoncé (« réciproque », « contre-exemple », « par l'absurde »...).

1. Le vocabulaire des ensembles

  • x∈Ax\in A : xx appartient à l'ensemble AA. x∉Ax\notin A : il n'y appartient pas.
  • A⊂BA\subset B : AA est inclus dans BB (tout élément de AA est dans BB).
  • A∩BA\cap B : l'intersection (les éléments communs). A∪BA\cup B : la réunion (les éléments d'au moins un des deux).
  • A‾\overline A : le complémentaire de AA (ce qui n'est pas dans AA, dans l'ensemble de référence).
  • ∅\varnothing : l'ensemble vide. A∖BA\setminus B : les éléments de AA qui ne sont pas dans BB.
  • A×BA\times B : le produit cartésien, l'ensemble des couples (a ; b)(a\,;\,b) avec a∈Aa\in A et b∈Bb\in B.

Exemple (intervalles). A=[1 ; 5]A=[1\,;\,5] et B=]3 ; 8]B=]3\,;\,8]. Alors A∩B=]3 ; 5]A\cap B=]3\,;\,5] et A∪B=[1 ; 8]A\cup B=[1\,;\,8].

Exemple (complémentaire). Dans R\mathbb{R}, le complémentaire de ]−∞ ; 2]]-\infty\,;\,2] est ]2 ; +∞[]2\,;\,+\infty[.

Exemple (produit cartésien). {1 ; 2}×{a ; b}={(1 ; a) ; (1 ; b) ; (2 ; a) ; (2 ; b)}\{1\,;\,2\}\times\{a\,;\,b\}=\{(1\,;\,a)\,;\,(1\,;\,b)\,;\,(2\,;\,a)\,;\,(2\,;\,b)\} : 2×2=42\times2=4 couples.

⚠️ Pièges :

  • Un élément appartient (∈\in) ; un ensemble est inclus (⊂\subset). On écrit 2∈{1 ; 2}2\in\{1\,;\,2\} et {2}⊂{1 ; 2}\{2\}\subset\{1\,;\,2\}.
  • Le couple (1 ; 2)(1\,;\,2) est ordonné : (1 ; 2)≠(2 ; 1)(1\,;\,2)\neq(2\,;\,1). L'ensemble {1 ; 2}\{1\,;\,2\} ne l'est pas.
  • Un crochet ouvert ne contient pas la borne : ]3 ; 8]]3\,;\,8] ne contient pas 33.

😄 Confondre ∈\in et ⊂\subset, c'est dire « le chat est inclus dans la maison » : on comprend, mais le prof grince.

2. Implication, réciproque, contraposée, équivalence

  • Implication P⇒QP\Rightarrow Q : « si PP, alors QQ ». PP est une condition suffisante pour QQ ; QQ est une condition nécessaire pour PP.
  • Réciproque de P⇒QP\Rightarrow Q : Q⇒PQ\Rightarrow P. Elle n'a aucune raison d'être vraie en même temps.
  • Contraposée de P⇒QP\Rightarrow Q : non Q⇒non P\text{non}\,Q\Rightarrow\text{non}\,P. Elle est toujours équivalente à l'implication de départ.
  • Équivalence P  ⟺  QP\iff Q : les deux implications sont vraies (P⇒QP\Rightarrow Q et Q⇒PQ\Rightarrow P).

Exemple. « Si x=2x=2, alors x2=4x^2=4 » est vraie. Sa réciproque « si x2=4x^2=4, alors x=2x=2 » est fausse : x=−2x=-2 convient aussi.

Exemple. « Si nn est un multiple de 44, alors nn est pair » est vraie. Sa contraposée « si nn est impair, alors nn n'est pas un multiple de 44 » est vraie aussi.

Négation et quantificateurs. ∀\forall se lit « pour tout » et ∃\exists se lit « il existe ». Pour nier une phrase, on change le quantificateur et on nie la propriété :

  • la négation de « ∀x∈R, x2>x\forall x\in\mathbb{R},\ x^2>x » est « ∃x∈R, x2⩽x\exists x\in\mathbb{R},\ x^2\leqslant x » ;
  • la négation de « ∃n∈N, n2=2\exists n\in\mathbb{N},\ n^2=2 » est « ∀n∈N, n2≠2\forall n\in\mathbb{N},\ n^2\neq2 ».

Contre-exemple. Pour réfuter une phrase commençant par « pour tout », un seul exemple suffit. « Tous les nombres premiers sont impairs » est fausse : 22 est premier et pair.

Exemple. « ∀x∈R, x2>x\forall x\in\mathbb{R},\ x^2>x » est fausse : pour x=12x=\dfrac12, x2=14<12x^2=\dfrac14<\dfrac12.

💡 Astuce. Devant une affirmation « pour tout », teste d'abord 00, 11 et −1-1. Un contre-exemple se cache souvent là.

⚠️ Pièges :

  • Vérifier sur des exemples ne prouve rien : cela ne fait que rendre la phrase plausible.
  • La négation de « tous » n'est pas « aucun » : c'est « au moins un ne vérifie pas ».
  • Ne confonds pas réciproque et contraposée. La contraposée a toujours la même valeur de vérité que l'implication.

😄 « Tous les cygnes que j'ai vus sont blancs » ne prouve pas que tous les cygnes sont blancs. Il suffit d'un cygne noir.

3. Trois raisonnements à connaître

La disjonction de cas. On sépare toutes les situations possibles et on traite chacune.

Exemple. Montrer que, pour tout entier nn, n(n+1)n(n+1) est pair.

Si nn est pair, n(n+1)n(n+1) contient le facteur pair nn : le produit est pair.

Si nn est impair, n+1n+1 est pair : le produit est pair.

Dans les deux cas, n(n+1)n(n+1) est pair. □\square

Le raisonnement par contraposée. Pour prouver P⇒QP\Rightarrow Q, on prouve non Q⇒non P\text{non}\,Q\Rightarrow\text{non}\,P.

Exemple. Montrer que si n2n^2 est pair, alors nn est pair.

Contraposée : si nn est impair, alors n2n^2 est impair. Avec n=2k+1n=2k+1 : n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2=4k^2+4k+1=2\left(2k^2+2k\right)+1, qui est impair. □\square

Le raisonnement par l'absurde. Pour prouver PP, on suppose non PP et on aboutit à une contradiction.

Exemple. Montrer que 2\sqrt2 est irrationnel.

Supposons 2=pq\sqrt2=\dfrac pq avec pp et qq entiers, la fraction étant irréductible.

Alors p2=2q2p^2=2q^2, donc p2p^2 est pair, donc pp est pair (contraposée ci-dessus) : p=2mp=2m.

Alors 4m2=2q24m^2=2q^2, soit q2=2m2q^2=2m^2, donc qq est pair.

pp et qq sont tous les deux pairs : la fraction n'est pas irréductible. C'est absurde. Donc 2\sqrt2 est irrationnel. □\square

💡 Astuce. Dans un énoncé, les mots « montrer qu'il n'existe pas » ou « montrer que... est impossible » appellent presque toujours un raisonnement par l'absurde.

En Terminale : récurrence et quantificateurs. Une démonstration par récurrence prouve une phrase du type « ∀n∈N, P(n)\forall n\in\mathbb{N},\ \mathcal{P}(n) » en deux étapes : l'initialisation (P(0)\mathcal{P}(0) est vraie) et l'hérédité (pour tout nn, P(n)⇒P(n+1)\mathcal{P}(n)\Rightarrow\mathcal{P}(n+1)).

Attention à la négation. La négation de « la suite est croissante » n'est pas « elle est décroissante » : c'est « il existe un rang nn tel que un+1<unu_{n+1}<u_n ». Une suite peut n'être ni l'un ni l'autre.

4. Les listes en Python

Une liste range plusieurs valeurs entre crochets. Les éléments sont numérotés à partir de 0.

L = [3, 1, 4, 1, 5]
print(L[0])      # affiche 3 (premier élément)
print(L[-1])     # affiche 5 (dernier élément)
print(len(L))    # affiche 5 (nombre d'éléments)
L[1] = 7         # modifie le deuxième élément
print(L)         # affiche [3, 7, 4, 1, 5]

Ajouter un élément, supprimer, extraire.

L = [3, 1, 4]
L.append(9)      # ajoute à la fin : [3, 1, 4, 9]
L.remove(1)      # supprime la première valeur 1 : [3, 4, 9]
print(L[0:2])    # affiche [3, 4] (indices 0 et 1, pas le 2)
print(sum(L), max(L), min(L))   # affiche 16 9 3

Parcourir une liste. On peut prendre les éléments un par un, ou passer par les indices.

L = [3, 1, 4]
for x in L:
    print(x)             # affiche 3, puis 1, puis 4

for i in range(len(L)):
    print(i, L[i])       # affiche 0 3, puis 1 1, puis 2 4

Créer une liste par compréhension. C'est la façon la plus courte de fabriquer une liste.

carres = [k ** 2 for k in range(1, 6)]
print(carres)     # affiche [1, 4, 9, 16, 25]

pairs = [k for k in range(10) if k % 2 == 0]
print(pairs)      # affiche [0, 2, 4, 6, 8]

Un exemple de suite. On range les termes de u0=2u_0=2, un+1=3un−1u_{n+1}=3u_n-1 dans une liste :

u = [2]
for n in range(5):
    u.append(3 * u[-1] - 1)
print(u)   # affiche [2, 5, 14, 41, 122, 365]

⚠️ Pièges :

  • Le premier indice est 00 : une liste de 55 éléments va de `L[0]` à `L[4]`.
  • `L[0:2]` s'arrête avant l'indice 22.
  • `range(1, 6)` donne 1,2,3,4,51, 2, 3, 4, 5 : le dernier nombre n'est pas atteint.
  • Une liste se modifie en place : `L.append(9)` ne renvoie rien, il faut écrire `L.append(9)` et non `L = L.append(9)`.

😄 Compter à partir de 00 est la seule raison pour laquelle un programmeur ne rate pas son bus : il arrive toujours en retard d'un cran.

5. Quatre exercices

Exercice 1 (★) : intervalles et ensembles

Soient A=[−2 ; 3]A=[-2\,;\,3] et B=]1 ; 6[B=]1\,;\,6[.

1. Déterminer A∩BA\cap B et A∪BA\cup B.

2. Déterminer le complémentaire de AA dans R\mathbb{R}.

✏️ Correction de l'exercice 1

Question 1

A∩BA\cap B : les nombres à la fois dans [−2 ; 3][-2\,;\,3] et dans ]1 ; 6[]1\,;\,6[ : ils sont supérieurs à 11 (strictement) et inférieurs ou égaux à 33.

A∪BA\cup B : de −2-2 (inclus) jusqu'à 66 (exclu), sans trou.

✅ A∩B=]1 ; 3]A\cap B=]1\,;\,3] et A∪B=[−2 ; 6[A\cup B=[-2\,;\,6[.

Question 2

✅ A‾=]−∞ ; −2[ ∪ ]3 ; +∞[\overline A=]-\infty\,;\,-2[\ \cup\ ]3\,;\,+\infty[.


Exercice 2 (★★) : réciproque, contraposée, négation

On considère l'implication « si x>2x>2, alors x2>4x^2>4 ».

1. Énoncer sa réciproque. Est-elle vraie ?

2. Énoncer sa contraposée. Est-elle vraie ?

3. Écrire la négation de « ∀x∈R, x2>x\forall x\in\mathbb{R},\ x^2>x » puis dire si la phrase de départ est vraie.

✏️ Correction de l'exercice 2

Question 1

Réciproque : « si x2>4x^2>4, alors x>2x>2 ».

✅ Elle est fausse : x=−3x=-3 donne x2=9>4x^2=9>4 mais x=−3<2x=-3<2.

Question 2

Contraposée : « si x2⩽4x^2\leqslant4, alors x⩽2x\leqslant2 ».

✅ Elle est vraie, comme l'implication de départ : si x2⩽4x^2\leqslant4, alors −2⩽x⩽2-2\leqslant x\leqslant2, donc x⩽2x\leqslant2.

Question 3

Négation : « ∃x∈R, x2⩽x\exists x\in\mathbb{R},\ x^2\leqslant x ».

✅ Cette négation est vraie (x=12x=\dfrac12 : 14⩽12\dfrac14\leqslant\dfrac12), donc la phrase de départ est fausse.


Exercice 3 (★★) : disjonction de cas et absurde

1. Montrer que, pour tout entier nn, n2+nn^2+n est pair.

2. Montrer par l'absurde qu'il n'existe pas d'entier nn tel que n2+1n^2+1 soit divisible par 44.

✏️ Correction de l'exercice 3

Question 1

n2+n=n(n+1)n^2+n=n(n+1). Si nn est pair, le produit est pair. Si nn est impair, n+1n+1 est pair, donc le produit est pair.

✅ Dans tous les cas, n2+nn^2+n est pair.

Question 2

Supposons qu'il existe nn avec n2+1=4kn^2+1=4k. Si nn est pair, n=2mn=2m et n2+1=4m2+1n^2+1=4m^2+1 est impair : il n'est pas multiple de 44.

Si nn est impair, n=2m+1n=2m+1 et n2+1=4m2+4m+2=4(m2+m)+2n^2+1=4m^2+4m+2=4\left(m^2+m\right)+2 : le reste dans la division par 44 est 22.

✅ Dans les deux cas, on a une contradiction : aucun entier nn n'a un n2+1n^2+1 divisible par 44.


Exercice 4 (★★) : listes et suites

On définit u0=1u_0=1 et un+1=2un+3u_{n+1}=2u_n+3.

1. Écrire un script Python qui range u0,…,u5u_0,\dots,u_5 dans une liste.

2. Quelle liste obtient-on ? En déduire u5u_5.

u = [1]
for n in range(5):
    u.append(2 * u[-1] + 3)
print(u)
✏️ Correction de l'exercice 4

Question 1

On part de la liste `[1]` puis on ajoute 55 termes avec `append`, chacun calculé à partir du dernier élément `u[-1]`.

✅ Le script ci-dessus convient : `range(5)` fait cinq tours.

Question 2

u1=2×1+3=5u_1=2\times1+3=5, u2=13u_2=13, u3=29u_3=29, u4=61u_4=61, u5=125u_5=125.

✅ Le script affiche `[1, 5, 13, 29, 61, 125]`, donc u5=125u_5=125.


🎯 À retenir

  • Ensembles : ∈\in pour un élément, ⊂\subset pour un ensemble ; ∩\cap pour « et », ∪\cup pour « ou ».
  • Implication : la contraposée a toujours la même valeur de vérité ; la réciproque non.
  • Pour réfuter un « pour tout » : un seul contre-exemple.
  • Pour nier : ∀↔∃\forall\leftrightarrow\exists et on nie la propriété.
  • Python : indices à partir de 00, `append`, parcours avec `for`, compréhension.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

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