Il rassemble, pour le chapitre Sinus et cosinus, les quatorze situations qui reviennent au bac et, pour chacune, la rédaction modèle.
En trigonométrie, la précision de la rédaction porte sur trois choses :
la formule citée ;
la solution générale avec k∈Z ;
la sélection des solutions dans l'intervalle.
🎯 Le principe du chapitre
Avec sinus et cosinus, un correcteur regarde surtout cinq choses :
la formule ou la valeur remarquable justifiant chaque égalité ;
la solution générale complète (deux familles, +2kπ) ;
la sélection explicite des solutions de l'intervalle ;
la justification de la parité et de la période avant de réduire l'étude ;
l'intervalle précisé quand on étudie le signe de sin ou de cos.
1. Les quatorze situations et leur rédaction modèle
Situation 1 : une valeur exacte avec les angles associés.
« cos65π=cos(π−6π)=−cos6π=−23. sin611π=sin(−6π+2π)=sin(−6π)=−21 (périodicité, puis imparité). »
⚠️ Nomme la propriété utilisée : angles associés, périodicité, parité.
Situation 2 : cos2+sin2=1 avec le signe.
« cos2x+sin2x=1, donc cos2x=1−259=2516, soit cosx=±54. Or x∈[2π;π] : le cosinus y est négatif. Donc cosx=−54. »
⚠️ Sans l'intervalle, tu n'as pas le droit de choisir le signe.
Situation 3 : duplication et addition.
« cos4π=2cos28π−1, donc cos28π=42+2. Comme 8π∈[0;2π], cos8π>0. Donc cos8π=22+2. »
Situation 4 : l'équation cosx=cosa, sur R.
« Comme cos3π=21, l'équation s'écrit cosx=cos3π. Donc x=3π+2kπ ou x=−3π+2kπ, avec k∈Z. »
Situation 5 : l'équation sinx=sina, sur R.
« Comme sin(−4π)=−22, l'équation s'écrit sinx=sin(−4π). Donc x=−4π+2kπ ou x=π−(−4π)+2kπ=45π+2kπ, avec k∈Z. »
Situation 6 : sélectionner les solutions dans un intervalle (sinx=23 sur [0;2π]).
« sinx=sin3π⟺x=3π+2kπ ou x=32π+2kπ.
Pour k=0 : 3π et 32π, tous deux dans [0;2π].
Pour k=1 : 37π et 38π, hors de l'intervalle.
Pour k=−1 : négatifs, hors de l'intervalle.
Donc S={3π;32π}. »
💡 Écris la sélection : les valeurs de k testées et pourquoi on les garde ou on les rejette.
Situation 7 : une équation du second degré en sinx ou cosx.
« On pose X=sinx, avec −1≤X≤1. L'équation 2sin2x−sinx−1=0 devient 2X2−X−1=0. (2X+1)(X−1)=0, donc X=−21 ou X=1. Ces deux valeurs appartiennent à [−1;1]. Donc sinx=−21 ou sinx=1… »
⚠️ Écarte explicitement les valeurs de X en dehors de [−1;1].
Situation 8 : une inéquation avec le cercle trigonométrique.
« cosx=22 sur ]−π;π] pour x=±4π. Sur le cercle trigonométrique, les points d'abscisse supérieure ou égale à 22 forment l'arc entre −4π et 4π. Donc S=[−4π;4π]. »
Situation 9 : parité et périodicité.
« Pour tout x∈R, −x∈R et f(−x)=2+cos(−x)sin(−x)=−f(x) : f est impaire.
Pour tout x, f(x+2π)=f(x) : f est 2π-périodique.
On étudie donc f sur [0;π], puis on complète par symétrie par rapport à l'origine et par translations de 2π. »
Situation 10 : dérivée et signe sur l'intervalle d'étude.
« f est dérivable sur R comme quotient dont le dénominateur ne s'annule pas. f′(x)=(2+cosx)22cosx+1.
Comme (2+cosx)2>0, f′(x) est du signe de 2cosx+1.
Sur [0;π], 2cosx+1>0⟺cosx>−21⟺x<32π. (Le cosinus est strictement décroissant sur [0;π].) »
⚠️ « Le cosinus est décroissant sur [0;π] » : précise l'intervalle, sinon l'argument est faux.
Situation 11 : le tableau et le prolongement à R.
Le tableau sur [0;π] donne les variations et les valeurs. Puis :
« Par imparité, sur [−π;0], les variations sont les mêmes que sur [0;π].
Par 2π-périodicité, la courbe se déduit de celle sur [−π;π] par translations de vecteur 2kπ.
Donc ∣f(x)∣≤33 pour tout réel x. »
Situation 12 : limites avec sin et cos.
« Pour x>0, −1≤sinx≤1 donne −x1≤xsinx≤x1. Les deux bornes tendent vers 0. D'après le théorème des gendarmes, x→+∞limxsinx=0. »
En 0 : « xsin(3x)=3×3xsin(3x). Comme 3x→0, 3xsin(3x)→1. Par produit, la limite est 3. »
⚠️ Ne jamais écrire « limsinx=… » en ±∞.
Situation 13 : inégalités par études successives.
« Soit g1(x)=x−sinx. g1′(x)=1−cosx≥0, donc g1 est croissante, et g1(0)=0 : sinx≤x pour x≥0.
Soit g2(x)=cosx−1+2x2. g2′(x)=x−sinx=g1(x)≥0, donc g2 est croissante, et g2(0)=0 : cosx≥1−2x2. »
Situation 14 : une suite un+1=cos(un).
« On admet que (un) converge vers ℓ∈[0;1].
La fonction cosinus est continue.
En passant à la limite dans un+1=cos(un), on obtient ℓ=cosℓ.
Comme α est l'unique solution de cosx=x dans [0;1], ℓ=α. »
2. Avant / après sur la trigonométrie
a) Une équation.
❌ « cosx=21 donc x=3π. »
✅ « cosx=cos3π⟺x=3π+2kπ ou x=−3π+2kπ, avec k∈Z. Dans ]−π;π], S={−3π;3π}. »
Ce qui manque à la première : la deuxième famille, le « +2kπ », la sélection dans l'intervalle.
b) Le signe d'une dérivée.
❌ « 2cosx+1>0 donc x<32π. »
✅ « Sur [0;π], le cosinus est strictement décroissant et cos32π=−21. Donc 2cosx+1>0⟺cosx>−21⟺x<32π. »
c) Une limite.
❌ « xsinx→0 car sinx est borné. »
✅ « Pour x>0, −x1≤xsinx≤x1, et les deux bornes tendent vers 0. D'après le théorème des gendarmes, la limite est 0. »
d) Une parité.
❌ « f est impaire. »
✅ « f est définie sur R, symétrique par rapport à 0, et f(−x)=2+cosx−sinx=−f(x). Donc f est impaire. »
3. Les erreurs de rédaction propres à ce chapitre
Oublier +2kπ ou la deuxième famille de solutions.
Ne pas sélectionner les solutions dans l'intervalle demandé.
Choisir le signe de cos ou sin dans cos2+sin2=1sans citer l'intervalle.
Garder X=cosx ou sinxen dehors de [−1;1].
Utiliser une monotonie de cos ou sinsans préciser l'intervalle.
Réduire l'intervalle d'étude sans justifier la parité ou la période.
Écrire « limsinx » ou « limcosx » en ±∞.
Calculatrice en degrés.
4. La check-list du chapitre Sinus et cosinus
Chaque égalité s'appuie sur une formule ou une valeur nommée.
Ma solution générale contient deux familles et +2kπ avec k∈Z.
J'ai écrit la sélection des solutions de l'intervalle.
Pour une équation du second degré, j'ai posé X et écarté les valeurs hors de [−1;1].
J'ai justifié la parité et la période avant de réduire l'intervalle d'étude.
Chaque signe de sin ou cos cite son intervalle et la monotonie utilisée.
Mes limites utilisent les gendarmes ou XsinX→1 avec X→0.
Ma calculatrice est en radians.
😄 En trigonométrie, oublier « +2kπ », c'est comme rendre un devoir sans nom : le contenu est peut-être bon, mais personne ne sait à qui l'attribuer.
Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.