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Terminale Spé Maths / Chapitre 11 : Orthogonalité et distances dans l'espace

Orthogonalité et distances dans l'espace : le cours

Dans le chapitre précédent, on savait dire si deux droites se coupent ou si des points sont dans un même plan. Ici, on mesure : longueurs, angles, distances.

L'outil est le produit scalaire, que tu connais dans le plan : il fonctionne dans l'espace de la même façon. Et il apporte un cadeau : les équations de plans, bien plus pratiques que les bases de vecteurs pour trouver des intersections et des distances.

Ce chapitre répond à des questions très classiques du bac :

  • ces deux droites sont-elles orthogonales ?
  • quelle est l'équation du plan (ABC)(ABC) ?
  • quelle est la distance de ce point à ce plan ?
  • où cette droite coupe-t-elle ce plan ?

Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser ce cours

  • Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
  • Retiens le fil rouge du chapitre : orthogonal   ⟺  \iff produit scalaire nul, et un plan se décrit par un vecteur normal.
  • Le repère doit être orthonormé pour utiliser les formules de norme, de distance et d'angle : vérifie-le à chaque fois.

1. Le produit scalaire dans l'espace

Soient u⃗=AB→\vec u=\overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec v=\overrightarrow{AC}. Les points AA, BB, CC sont dans un même plan : on calcule le produit scalaire dans ce plan, comme en première.

u⃗⋅v⃗=AB→⋅AC→=12(AB2+AC2−BC2)=∥u⃗∥ ∥v⃗∥cos⁡BAC^\vec u\cdot\vec v=\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=\frac12\left(AB^2+AC^2-BC^2\right)=\|\vec u\|\,\|\vec v\|\cos\widehat{BAC}

Si l'un des vecteurs est nul, le produit scalaire est nul.

Propriétés. Pour tous vecteurs u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w et tout réel λ\lambda :

  • u⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec u\cdot\vec v=\vec v\cdot\vec u ;
  • (λu⃗)⋅v⃗=λ(u⃗⋅v⃗)(\lambda\vec u)\cdot\vec v=\lambda(\vec u\cdot\vec v) ;
  • u⃗⋅(v⃗+w⃗)=u⃗⋅v⃗+u⃗⋅w⃗\vec u\cdot(\vec v+\vec w)=\vec u\cdot\vec v+\vec u\cdot\vec w ;
  • u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec u\cdot\vec u=\|\vec u\|^2 ;
  • ∥u⃗+v⃗∥2=∥u⃗∥2+2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2\|\vec u+\vec v\|^2=\|\vec u\|^2+2\,\vec u\cdot\vec v+\|\vec v\|^2 ;
  • u⃗⋅v⃗=12(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗∥2−∥v⃗∥2)\vec u\cdot\vec v=\dfrac12\left(\|\vec u+\vec v\|^2-\|\vec u\|^2-\|\vec v\|^2\right).

Orthogonalité. u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0\vec u\perp\vec v\iff\vec u\cdot\vec v=0.

Projeté orthogonal. Si HH est le projeté orthogonal de CC sur la droite (AB)(AB), alors AB→⋅AC→=AB→⋅AH→\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AH}. C'est AB×AHAB\times AH si AH→\overrightarrow{AH} et AB→\overrightarrow{AB} ont le même sens, et −AB×AH-AB\times AH sinon.

2. Expression dans un repère orthonormé

Un repère (O ;i⃗,j⃗,k⃗)(O\,;\vec i,\vec j,\vec k) est orthonormé si i⃗\vec i, j⃗\vec j, k⃗\vec k sont de norme 11 et orthogonaux deux à deux. Pour u⃗(x ;y ;z)\vec u(x\,;y\,;z) et v⃗(x′ ;y′ ;z′)\vec v(x'\,;y'\,;z') :

u⃗⋅v⃗=xx′+yy′+zz′∥u⃗∥=x2+y2+z2\vec u\cdot\vec v=xx'+yy'+zz'\qquad\|\vec u\|=\sqrt{x^2+y^2+z^2}
AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2+(z_B-z_A)^2}

Si u⃗≠0⃗\vec u\neq\vec0 et v⃗≠0⃗\vec v\neq\vec0 :

cos⁡θ=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥ ∥v⃗∥\cos\theta=\frac{\vec u\cdot\vec v}{\|\vec u\|\,\|\vec v\|}

où θ∈[0 ;π]\theta\in[0\,;\pi] est l'angle géométrique entre u⃗\vec u et v⃗\vec v.

💡 Astuces :

  • Pour montrer que ABCABC est rectangle en AA, calcule AB→⋅AC→\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC} : il doit être nul.
  • Pour un angle, calcule le produit scalaire, les deux normes, puis θ=arccos⁡(u⃗⋅v⃗∥u⃗∥ ∥v⃗∥)\theta=\arccos\left(\dfrac{\vec u\cdot\vec v}{\|\vec u\|\,\|\vec v\|}\right) (mode degrés ou radians, selon la demande).
  • Dans un cube d'arête 11, le repère (A ;AB→,AD→,AE→)\left(A\,;\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AD},\overrightarrow{AE}\right) est orthonormé.

⚠️ Pièges :

  • Appliquer les formules avec un repère non orthonormé.
  • Confondre u⃗⋅v⃗\vec u\cdot\vec v (un nombre) avec un vecteur.
  • Oublier la racine carrée dans une norme.
  • Écrire cos⁡θ=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥+∥v⃗∥\cos\theta=\dfrac{\vec u\cdot\vec v}{\|\vec u\|+\|\vec v\|} (c'est un produit des normes).

😄 Un repère non orthonormé, c'est une règle graduée en pouces sur un plan en centimètres : tout marche, sauf les résultats.

3. Orthogonalité de droites et de plans

  • Droites orthogonales : leurs vecteurs directeurs sont orthogonaux. Elles ne sont pas forcément sécantes (des droites non coplanaires peuvent être orthogonales).
  • Droites perpendiculaires : orthogonales et sécantes.
  • Droite orthogonale à un plan : orthogonale à toutes les droites du plan.

Théorème. Une droite est orthogonale à un plan si et seulement si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan. Autrement dit, si son vecteur directeur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan.

Vecteur normal. Un vecteur n⃗≠0⃗\vec n\neq\vec0 est normal à un plan PP s'il est orthogonal à tous les vecteurs de PP. Il suffit qu'il soit orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de PP.

  • Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires.
  • Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux.

4. Équation cartésienne d'un plan

Théorème. Dans un repère orthonormé, soit PP le plan passant par A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec n(a\,;b\,;c). Alors :

M(x ;y ;z)∈P  ⟺  AM→⋅n⃗=0  ⟺  ax+by+cz+d=0M(x\,;y\,;z)\in P\iff\overrightarrow{AM}\cdot\vec n=0\iff ax+by+cz+d=0

avec d=−(axA+byA+czA)d=-(ax_A+by_A+cz_A).

Réciproque. Si (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c)\neq(0\,;0\,;0), l'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 est un plan de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec n(a\,;b\,;c).

Méthode : équation d'un plan.

  1. Trouve un vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec n(a\,;b\,;c).
  2. Écris ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.
  3. Remplace les coordonnées d'un point du plan pour trouver dd.
  4. Vérifie avec un autre point.

Plan défini par trois points AA, BB, CC non alignés : on cherche n⃗(a ;b ;c)\vec n(a\,;b\,;c) avec n⃗⋅AB→=0\vec n\cdot\overrightarrow{AB}=0 et n⃗⋅AC→=0\vec n\cdot\overrightarrow{AC}=0. On obtient deux équations à trois inconnues : on fixe une valeur, par exemple c=1c=1, et on résout.

Plan médiateur de [AB][AB] : l'ensemble des points MM tels que MA=MBMA=MB. C'est le plan passant par le milieu de [AB][AB] et de vecteur normal AB→\overrightarrow{AB}.

5. Intersections

Droite et plan. Soit dd de représentation paramétrique x=xA+tax=x_A+ta, y=yA+tby=y_A+tb, z=zA+tcz=z_A+tc, et PP d'équation αx+βy+γz+δ=0\alpha x+\beta y+\gamma z+\delta=0. On remplace xx, yy, zz dans l'équation de PP : on obtient une équation en tt.

  • Une solution : dd et PP sont sécants en un point (on reporte tt dans la représentation paramétrique).
  • Aucune solution (0×t=k≠00\times t=k\neq0) : dd est strictement parallèle à PP.
  • Toutes les valeurs de tt (0=00=0) : dd est incluse dans PP.

Lien avec le produit scalaire : dd est parallèle à PP si et seulement si son vecteur directeur u⃗\vec u est orthogonal à n⃗\vec n, c'est-à-dire u⃗⋅n⃗=0\vec u\cdot\vec n=0.

Deux plans sécants. Si leurs vecteurs normaux ne sont pas colinéaires, les plans sont sécants suivant une droite. On résout le système des deux équations en prenant une inconnue comme paramètre : on obtient une représentation paramétrique de la droite d'intersection.

6. Projeté orthogonal et distances

Projeté orthogonal sur un plan. Le projeté orthogonal de MM sur le plan PP est l'unique point HH de PP tel que MH→\overrightarrow{MH} soit orthogonal à PP, c'est-à-dire colinéaire à n⃗\vec n.

Calcul de HH : on cherche H=M+kn⃗H=M+k\vec n avec H∈PH\in P : on remplace dans l'équation de PP, on obtient kk.

Projeté orthogonal sur une droite. Le projeté orthogonal de MM sur la droite d(A ;u⃗)d(A\,;\vec u) est le point H∈dH\in d tel que MH→⋅u⃗=0\overrightarrow{MH}\cdot\vec u=0. Avec H=A+tu⃗H=A+t\vec u, on résout MH→⋅u⃗=0\overrightarrow{MH}\cdot\vec u=0 pour trouver tt.

Distance. La distance de MM à PP (ou à la droite dd) est MHMH. C'est la plus courte distance de MM à un point de PP : pour tout N∈PN\in P, MN2=MH2+HN2≥MH2MN^2=MH^2+HN^2\ge MH^2.

Formule de la distance d'un point à un plan. Le plan PP a pour équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0. La distance du point M0(x0 ;y0 ;z0)M_0(x_0\,;y_0\,;z_0) à PP est :

d(M0,P)=∣ax0+by0+cz0+d∣a2+b2+c2d(M_0,P)=\frac{|ax_0+by_0+cz_0+d|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}

💡 Astuce. Quand on te demande une distance à un plan, la formule est la plus rapide. Quand on te demande aussi le projeté orthogonal, calcule H=M+kn⃗H=M+k\vec n : la distance est alors ∣k∣×∥n⃗∥|k|\times\|\vec n\|, ce qui te donne un contrôle avec la formule.

7. Python

from math import sqrt, acos, degrees

def produit_scalaire(u, v):
    return u[0]*v[0] + u[1]*v[1] + u[2]*v[2]

def norme(u):
    return sqrt(produit_scalaire(u, u))

def angle(u, v):
    return degrees(acos(produit_scalaire(u, v) / (norme(u) * norme(v))))

def distance_plan(M, a, b, c, d):
    return abs(a*M[0] + b*M[1] + c*M[2] + d) / sqrt(a*a + b*b + c*c)

💡 angle((1,1,0), (0,1,1)) renvoie environ 60.0. Un test avec des valeurs simples permet de vérifier tes formules.

8. Les 10 pépites du chapitre

  1. Orthogonal   ⟺  \iff produit scalaire nul.
  2. Les formules de norme, distance, angle exigent un repère orthonormé.
  3. Une droite est orthogonale à un plan si elle l'est à deux droites sécantes du plan.
  4. Vecteur normal (a ;b ;c)(a\,;b\,;c)   ⟺  \iff équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.
  5. Pour trouver dd : remplace un point du plan, puis vérifie avec un autre.
  6. Plan par trois points : n⃗⊥AB→\vec n\perp\overrightarrow{AB} et n⃗⊥AC→\vec n\perp\overrightarrow{AC}, fixe une inconnue.
  7. Droite et plan : remplace la représentation paramétrique dans l'équation, résous en tt.
  8. Deux plans sécants : prends une inconnue comme paramètre.
  9. Projeté sur un plan : H=M+kn⃗H=M+k\vec n avec H∈PH\in P.
  10. Distance à un plan : formule ou MHMH, et contrôle l'un par l'autre.

Complément du programme : la sphère

Définition. La sphère de centre Ω(a ; b ; c)\Omega(a\,;\,b\,;\,c) et de rayon rr est l'ensemble des points M(x ; y ; z)M(x\,;\,y\,;\,z) tels que ΩM=r\Omega M=r, soit

(x−a)2+(y−b)2+(z−c)2=r2(x-a)^2+(y-b)^2+(z-c)^2=r^2

Plan tangent. Si AA est un point de la sphère, le plan tangent en AA est le plan passant par AA et de vecteur normal ΩA→\overrightarrow{\Omega A} :

ΩA→⋅AM→=0\overrightarrow{\Omega A}\cdot\overrightarrow{AM}=0

Intersection d'une sphère et d'un plan. On note dd la distance du centre Ω\Omega au plan :

  • d<rd<r : l'intersection est un cercle de rayon r2−d2\sqrt{r^2-d^2}, de centre le projeté orthogonal de Ω\Omega sur le plan ;
  • d=rd=r : le plan est tangent, un seul point commun ;
  • d>rd>r : aucun point commun.

Exemple. Sphère de centre Ω(1 ; 2 ; 3)\Omega(1\,;\,2\,;\,3) et de rayon 33 : (x−1)2+(y−2)2+(z−3)2=9(x-1)^2+(y-2)^2+(z-3)^2=9. Le plan z=1z=1 est à la distance d=2d=2 de Ω\Omega. L'intersection est le cercle de centre (1 ; 2 ; 1)(1\,;\,2\,;\,1) et de rayon 9−4=5\sqrt{9-4}=\sqrt5.

Intersection d'une sphère et d'une droite. On remplace les coordonnées paramétriques de la droite dans l'équation de la sphère et on résout une équation du second degré en tt : deux solutions, une solution (tangente) ou aucune.

Démonstration : le projeté orthogonal est le point le plus proche

Le programme demande de savoir démontrer que la distance d'un point AA à un plan P\mathcal P est bien la plus courte des distances de AA aux points de P\mathcal P.

Propriété. Soit HH le projeté orthogonal de AA sur le plan P\mathcal P. Pour tout point MM de P\mathcal P, AM⩾AHAM\geqslant AH, avec égalité si et seulement si M=HM=H.

Démonstration. La droite (AH)(AH) est orthogonale à P\mathcal P, donc AH→⊥HM→\overrightarrow{AH}\perp\overrightarrow{HM} car HM→\overrightarrow{HM} est dans la direction de P\mathcal P. Le triangle AHMAHM est rectangle en HH (ou aplati si M=HM=H) et le théorème de Pythagore donne :

AM2=AH2+HM2⩾AH2.AM^2=AH^2+HM^2\geqslant AH^2.

L'égalité a lieu si et seulement si HM=0HM=0, c'est-à-dire M=HM=H. □\square

💡 Astuce. Même preuve pour une droite : le projeté orthogonal d'un point sur une droite est le point de la droite le plus proche. C'est ce qui justifie l'expression « distance minimale ».

9. Ce qui peut tomber au bac

  • Des produits scalaires, normes, angles et orthogonalités (fiche 1).
  • Des équations de plans : vecteur normal, trois points, plans parallèles ou perpendiculaires (fiche 2).
  • Des intersections, projetés orthogonaux et distances (fiche 3).
  • Des problèmes de solides : cube, tétraèdre, pyramide, volumes, avec Python (fiche 4 et exercices type bac).

Tu as maintenant le cours. Passe aux quatre fiches, aux exercices type bac, puis au Guide de rédaction du chapitre.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

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