+ qu'un profMon espace

Terminale Spé Maths / Chapitre 11 : Orthogonalité et distances dans l'espace / Annales du bac

Bac 2025, Polynésie : exercice 2

17 juin 2025 · jour 1 · 5 points

Deux avions sont en approche d'un aéroport.

On munit l'espace d'un repère orthonormé (O ; ı⃗, ȷ⃗, k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\,\vec{\imath},\,\vec{\jmath},\,\vec{k}\right) dont l'origine O est le pied de la tour de contrôle, et le sol est le plan P0P_0 d'équation z=0z = 0.

L'unité des axes correspond à 1 km.

On modélise les avions par des points.

Figure de l'énoncé, exercice 2, Polynésie 17 juin 2025

L'avion Alpha transmet à la tour sa position en A(−7  ;  1  ;  7)(-7\;;\; 1\;;\;7) et sa trajectoire est dirigée par le vecteur u→(2−1−3)\overrightarrow{u}\begin{pmatrix}2\\-1\\-3\end{pmatrix}.

L'avion Bêta transmet une trajectoire définie par la droite dBd_{\text{B}} passant par le point B dont une représentation paramétrique est :

{x=−11+5ty=−5+5tz=11−4t ouˋ t deˊcrit  R\left\{\begin{array}{l c l} x &=&-11 + 5t\\ y &=&-5 + \phantom{5}t\\ z &=&11 - 4t \end{array}\right.\,\text{où}\, t\,\text{décrit}\,\, \mathbb{R}

  1. S'il ne dévie pas de sa trajectoire, déterminer les coordonnées du point S en lequel l'avion Bêta touchera le sol.

    1. Déterminer une représentation paramétrique de la droite dAd_{\text{A}} caractérisant la trajectoire de l'avion Alpha.

    2. Les deux avions peuvent-ils entrer en collision ?

    1. Démontrer que l'avion Alpha passe par la position E(−3  ;  −1  ;  1)(-3\;;\;-1\;;\;1).

    2. Justifier qu'une équation cartésienne du plan PEP_{\text{E}} passant par E et perpendiculaire à la droite dAd_{\text{A}} est:

      2x−y−3z+8=0.2x - y - 3z + 8 = 0.

    3. Vérifier que le point F(−1  ;  −3  ;  3)(-1\;;\;-3\;;\;3) est le point d'intersection du plan PEP_{\text{E}} et de la droite dBd_{\text{B}}.

    4. Calculer la valeur exacte de la distance EF, puis vérifier que cela correspond à une distance de 3464 m, à 1 m près.

  2. La réglementation aérienne stipule que deux avions en approche doivent être à tout instant à au moins 3 milles nautiques l'un de l'autre (1 mille nautique vaut 1852 m).

    Si les avions Alpha et Bêta sont respectivement en E et F au même instant, leur distance de sécurité est-elle respectée ?

Voir le corrigé

Question 1.

L'avion Bêta touche le sol lorsque sa cote est nulle, c'est-à-dire pour la valeur de tt telle que z=0z=0 (le sol est le plan d'équation z=0z=0).

On résout :

11−4t=0  ⟺  t=114.11-4t=0\iff t=\dfrac{11}{4}.

On reporte cette valeur dans les deux autres équations de la représentation paramétrique de dBd_{\mathrm{B}} :

x=−11+5×114=−444+554=114,x=-11+5\times\dfrac{11}{4}=-\dfrac{44}{4}+\dfrac{55}{4}=\dfrac{11}{4},
y=−5+114=−204+114=−94.y=-5+\dfrac{11}{4}=-\dfrac{20}{4}+\dfrac{11}{4}=-\dfrac{9}{4}.

Donc, s'il ne dévie pas de sa trajectoire, l'avion Bêta touche le sol au point S(114 ; −94 ; 0)\mathrm{S}\left(\dfrac{11}{4}\,;\,-\dfrac{9}{4}\,;\,0\right).

Réponse : S(114 ; −94 ; 0)\mathrm{S}\left(\dfrac{11}{4}\,;\,-\dfrac{9}{4}\,;\,0\right).

Question 2. a)

La droite dAd_{\mathrm{A}} est la droite passant par A(−7 ; 1 ; 7)\mathrm{A}(-7\,;\,1\,;\,7) et de vecteur directeur u⃗(2−1−3)\vec{u}\begin{pmatrix}2\\-1\\-3\end{pmatrix}.

Un point M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) appartient à dAd_{\mathrm{A}} si et seulement s'il existe un réel ss tel que AM→=s u⃗\overrightarrow{\mathrm{A}M}=s\,\vec{u}.

Donc une représentation paramétrique de dAd_{\mathrm{A}} est :

{x=−7+2sy=1−sz=7−3ss∈R.\left\{\begin{array}{l}x=-7+2s\\ y=1-s\\ z=7-3s\end{array}\right.\qquad s\in\mathbb{R}.

Réponse : x=−7+2sx=-7+2s, y=1−sy=1-s, z=7−3sz=7-3s, s∈Rs\in\mathbb{R}.

Question 2. b)

Les deux avions ne peuvent entrer en collision que si leurs trajectoires ont un point commun. Cherchons si les droites dAd_{\mathrm{A}} et dBd_{\mathrm{B}} ont un point commun.

Un point commun correspond à un couple (s ;t)(s\,;t) vérifiant le système :

{−7+2s=−11+5t1−s=−5+t7−3s=11−4t\left\{\begin{array}{l}-7+2s=-11+5t\\ 1-s=-5+t\\ 7-3s=11-4t\end{array}\right.

La deuxième équation donne s=6−ts=6-t.

On reporte dans la première équation :

−7+2(6−t)=−11+5t  ⟺  5−2t=−11+5t  ⟺  16=7t  ⟺  t=167.-7+2(6-t)=-11+5t\iff 5-2t=-11+5t\iff 16=7t\iff t=\dfrac{16}{7}.

Alors s=6−167=267s=6-\dfrac{16}{7}=\dfrac{26}{7}.

Vérifions la troisième équation avec ces valeurs.

Membre de gauche : 7−3×267=49−787=−2977-3\times\dfrac{26}{7}=\dfrac{49-78}{7}=-\dfrac{29}{7}.

Membre de droite : 11−4×167=77−647=13711-4\times\dfrac{16}{7}=\dfrac{77-64}{7}=\dfrac{13}{7}.

Ces deux nombres sont différents : le système n'a pas de solution.

Les vecteurs directeurs u⃗(2−1−3)\vec{u}\begin{pmatrix}2\\-1\\-3\end{pmatrix} et v⃗(51−4)\vec{v}\begin{pmatrix}5\\1\\-4\end{pmatrix} ne sont pas colinéaires (leurs deux premières coordonnées ne sont pas proportionnelles, car 52≠1−1\dfrac{5}{2}\neq\dfrac{1}{-1}), donc les droites ne sont pas parallèles. N'ayant aucun point commun, elles ne sont pas non plus confondues.

Donc les droites dAd_{\mathrm{A}} et dBd_{\mathrm{B}} n'ont aucun point commun : les trajectoires ne se coupent pas, et les deux avions ne peuvent pas entrer en collision.

Réponse : non, les deux avions ne peuvent pas entrer en collision.

Question 3. a)

Il s'agit de trouver une valeur de ss pour laquelle le point de dAd_{\mathrm{A}} est E(−3 ; −1 ; 1)\mathrm{E}(-3\,;\,-1\,;\,1).

Pour s=2s=2 :

x=−7+2×2=−3,y=1−2=−1,z=7−3×2=1.x=-7+2\times 2=-3,\qquad y=1-2=-1,\qquad z=7-3\times 2=1.

Donc le point de dAd_{\mathrm{A}} de paramètre s=2s=2 est (−3 ; −1 ; 1)=E(-3\,;\,-1\,;\,1)=\mathrm{E}.

Donc l'avion Alpha passe par la position E\mathrm{E}.

Question 3. b)

Le plan PEP_{\mathrm{E}} est perpendiculaire à la droite dAd_{\mathrm{A}}, donc le vecteur directeur u⃗(2−1−3)\vec{u}\begin{pmatrix}2\\-1\\-3\end{pmatrix} de dAd_{\mathrm{A}} est un vecteur normal à PEP_{\mathrm{E}}.

Une équation cartésienne de PEP_{\mathrm{E}} est donc de la forme :

2x−y−3z+c=0,c∈R.2x-y-3z+c=0,\qquad c\in\mathbb{R}.

Le point E(−3 ; −1 ; 1)\mathrm{E}(-3\,;\,-1\,;\,1) appartient à PEP_{\mathrm{E}}, donc ses coordonnées vérifient l'équation :

2×(−3)−(−1)−3×1+c=0  ⟺  −6+1−3+c=0  ⟺  c=8.2\times(-3)-(-1)-3\times 1+c=0\iff -6+1-3+c=0\iff c=8.

Donc une équation cartésienne de PEP_{\mathrm{E}} est bien :

2x−y−3z+8=0.2x-y-3z+8=0.

Question 3. c)

Montrons d'abord que F(−1 ; −3 ; 3)\mathrm{F}(-1\,;\,-3\,;\,3) appartient à dBd_{\mathrm{B}}.

Pour t=2t=2 :

x=−11+5×2=−1,y=−5+2=−3,z=11−4×2=3.x=-11+5\times 2=-1,\qquad y=-5+2=-3,\qquad z=11-4\times 2=3.

Donc F∈dB\mathrm{F}\in d_{\mathrm{B}}.

Montrons ensuite que F\mathrm{F} appartient à PEP_{\mathrm{E}} :

2×(−1)−(−3)−3×3+8=−2+3−9+8=0.2\times(-1)-(-3)-3\times 3+8=-2+3-9+8=0.

Donc F∈PE\mathrm{F}\in P_{\mathrm{E}}.

Montrons enfin que F\mathrm{F} est le seul point commun. Un point de dBd_{\mathrm{B}} de paramètre tt appartient à PEP_{\mathrm{E}} si et seulement si :

2(−11+5t)−(−5+t)−3(11−4t)+8=0.2(-11+5t)-(-5+t)-3(11-4t)+8=0.

On développe :

−22+10t+5−t−33+12t+8=0  ⟺  21t−42=0  ⟺  t=2.-22+10t+5-t-33+12t+8=0\iff 21t-42=0\iff t=2.

Cette équation a pour unique solution t=2t=2, donc la droite dBd_{\mathrm{B}} coupe le plan PEP_{\mathrm{E}} en un seul point, qui est le point de paramètre t=2t=2, c'est-à-dire F\mathrm{F}.

Donc F(−1 ; −3 ; 3)\mathrm{F}(-1\,;\,-3\,;\,3) est le point d'intersection du plan PEP_{\mathrm{E}} et de la droite dBd_{\mathrm{B}}.

Question 3. d)

On calcule les coordonnées du vecteur EF→\overrightarrow{\mathrm{EF}} :

EF→(−1−(−3)−3−(−1)3−1)=(2−22).\overrightarrow{\mathrm{EF}}\begin{pmatrix}-1-(-3)\\-3-(-1)\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-2\\2\end{pmatrix}.

Le repère est orthonormé, donc :

EF=22+(−2)2+22=12=23.\mathrm{EF}=\sqrt{2^2+(-2)^2+2^2}=\sqrt{12}=2\sqrt{3}.

L'unité des axes est 11 km, donc EF=23\mathrm{EF}=2\sqrt{3} km.

On calcule la valeur approchée : 23≈3,46412\sqrt{3}\approx 3{,}4641 km, soit 3 464,13\,464{,}1 m.

À 11 m près, on obtient bien 3 4643\,464 m.

Réponse : EF=23\mathrm{EF}=2\sqrt{3} km ≈3 464\approx 3\,464 m.

Question 4.

Convertissons la distance de sécurité en mètres :

3×1 852=5 556 m.3\times 1\,852=5\,556\ \text{m}.

Si les avions sont en E\mathrm{E} et F\mathrm{F} au même instant, leur distance est EF≈3 464\mathrm{EF}\approx 3\,464 m.

Or 3 464<5 5563\,464<5\,556.

Donc, si les avions Alpha et Bêta sont respectivement en E\mathrm{E} et F\mathrm{F} au même instant, la distance de sécurité n'est pas respectée.

Réponse : non, la distance de sécurité n'est pas respectée (3 4643\,464 m <5 556<5\,556 m).

Points clés attendus

  • Pour le point d'impact au sol, utiliser la condition z=0z=0 puis reporter la valeur de tt dans les autres équations.

  • Pour l'absence de collision, résoudre le système et constater qu'il est incompatible : les droites n'ont aucun point commun.

  • Vecteur normal au plan : le vecteur directeur de la droite perpendiculaire, puis détermination de la constante avec les coordonnées de E\mathrm{E}.

  • Pour le point d'intersection, vérifier l'appartenance à la droite et au plan, et justifier l'unicité (équation en tt à une seule solution).

  • Calculer EF\mathrm{EF} dans un repère orthonormé, convertir en mètres et comparer à 3×1 8523\times 1\,852 m.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

Les autres exercices de ce sujet

  • Exercice 1 · 5 points · Succession d'épreuves et loi binomiale · Sommes de variables aléatoires et concentration
  • Exercice 3 · 5 points · Calcul intégral · Suites · Dérivation et convexité
  • Exercice 4 · 5 points · Dérivation et convexité · Suites · Primitives et équations différentielles

Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025 (Polynésie, 17 juin 2025 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès et François Hache) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

Un doute sur un exercice ou sur ta méthode de rédaction ? On en parle ensemble, sans engagement.

Réserver un appel découverte