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Terminale Spé Maths / Chapitre 12 : Succession d'épreuves et loi binomiale / Annales du bac

Bac 2026, Asie : exercice 2

10 juin 2026 · jour 2 · 5 points

On pourra traiter indépendamment les deux parties de l'exercice.
On arrondira, si nécessaire, les résultats à 10−310^{-3} près.

Dans cet exercice, on s'intéresse aux lancers-francs effectués par un joueur lors de compétitions de basketball.

Pour modéliser la situation, on considère dans chaque partie du problème que les conditions dans lesquelles s'effectuent ces lancers sont identiques et que ces lancers sont indépendants deux à deux.

Partie A

Les statistiques de réussite des lancers-francs d'un joueur sont de 49,2 % lors d'une saison.

Dans cette partie, on assimilera cette fréquence à sa probabilité de réussite d'un lancer-franc.

Au cours d'un match, ce joueur tente 16 lancers-francs.

On désigne par XX la variable aléatoire qui donne le nombre de lancers-francs réussis par ce joueur lors de ce match.

  1. Justifier que la variable aléatoire XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.

  2. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire XX et l'interpréter dans le contexte de cet exercice.

  3. Calculer P(X=5)P(X=5).

  4. Calculer la probabilité que le joueur réussisse au moins six lancers-francs.

Partie B

On note pp la probabilité que le joueur réussisse un lancer-franc, où pp est un réel tel que

0⩽p⩽10 \leqslant p \leqslant 1

On se place dans le cas où le joueur effectue 3 lancers-francs.

On désigne par YY la variable aléatoire qui donne le nombre de lancers-francs réussis par ce joueur.

  1. Déterminer les valeurs prises par la variable aléatoire YY.

  2. Exprimer P(Y=2)P(Y=2) en fonction de pp.

  3. Donner la loi de probabilité de YY.

    Présenter la réponse sous forme de tableau.

  4. Montrer que

    P(Y⩾2)=−2p3+3p2P(Y \geqslant 2)=-2 p^{3}+3 p^{2}

  5. On considère la fonction ff définie sur l'intervalle [0;1][0 ; 1] par

    f(x)=−2x3+3x2.f(x)=-2 x^{3}+3 x^{2}.

    1. Étudier le sens de variation de la fonction ff sur l'intervalle [0;1][0 ; 1] et dresser son tableau de variation en y faisant figurer les valeurs aux bornes de l'intervalle [0;1][0 ; 1].

    2. En déduire l'existence d'une unique valeur α\alpha dans l'intervalle [0;1][0 ; 1] telle que f(α)=0,9f(\alpha)=0,9.

    3. Donner un encadrement d'amplitude 10−210^{-2} de cette valeur α\alpha.

    4. Interpréter la valeur de α\alpha dans le contexte de l'exercice.

Voir le corrigé

Partie A

Question 1.

Chaque lancer-franc est une épreuve de Bernoulli : deux issues seulement, le succès (« le lancer est réussi ») de probabilité 0,4920{,}492 et l'échec de probabilité 1−0,492=0,5081-0{,}492=0{,}508.

D'après l'énoncé, les conditions des lancers sont identiques et les lancers sont indépendants deux à deux.

Le joueur répète donc 1616 fois, de façon identique et indépendante, la même épreuve de Bernoulli de paramètre 0,4920{,}492, et XX compte le nombre de succès.

Donc XX suit la loi binomiale de paramètres n=16n=16 et p=0,492p=0{,}492 :

X↪B(16 ; 0,492).X\hookrightarrow\mathcal{B}(16\,;\,0{,}492).

Question 2.

Pour une loi binomiale B(n ; p)\mathcal{B}(n\,;\,p), l'espérance vaut npnp. Donc :

E(X)=16×0,492=7,872.E(X)=16\times 0{,}492=7{,}872.

Interprétation : si le joueur tentait 1616 lancers-francs lors d'un très grand nombre de matchs, il en réussirait en moyenne environ 7,8727{,}872 par match, soit un peu moins de 88.

Réponse : E(X)=7,872E(X)=7{,}872.

Question 3.

On applique la formule de la loi binomiale P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} avec n=16n=16, k=5k=5 :

P(X=5)=(165)×0,4925×0,50811.P(X=5)=\binom{16}{5}\times 0{,}492^{5}\times 0{,}508^{11}.

Avec (165)=4368\binom{16}{5}=4368, on obtient P(X=5)≈0,0732P(X=5)\approx 0{,}0732, soit, arrondie au millième :

P(X=5)≈0,073.P(X=5)\approx 0{,}073.

Donc la probabilité que le joueur réussisse exactement 55 lancers-francs est environ 0,0730{,}073.

Réponse : P(X=5)≈0,073P(X=5)\approx 0{,}073.

Question 4.

L'évènement « réussir au moins six lancers-francs » s'écrit {X⩾6}\{X\geqslant 6\}. Son évènement contraire est {X⩽5}\{X\leqslant 5\}.

Donc :

P(X⩾6)=1−P(X⩽5).P(X\geqslant 6)=1-P(X\leqslant 5).

À la calculatrice, P(X⩽5)≈0,1173P(X\leqslant 5)\approx 0{,}1173, d'où :

P(X⩾6)≈1−0,1173=0,8827.P(X\geqslant 6)\approx 1-0{,}1173=0{,}8827.

Arrondie au millième, la probabilité que le joueur réussisse au moins six lancers-francs est 0,8830{,}883.

Réponse : P(X⩾6)≈0,883P(X\geqslant 6)\approx 0{,}883.

Partie B

Question 1.

Le joueur effectue 33 lancers : il peut en réussir aucun, un, deux ou trois.

Donc YY prend les valeurs 00, 11, 22 et 33.

Question 2.

Les trois lancers sont des épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, de probabilité de succès pp.

Donc YY suit la loi binomiale B(3 ; p)\mathcal{B}(3\,;\,p), et :

P(Y=2)=(32)p2(1−p)3−2=3p2(1−p).P(Y=2)=\binom{3}{2}p^{2}(1-p)^{3-2}=3p^{2}(1-p).

Réponse : P(Y=2)=3p2(1−p)P(Y=2)=3p^{2}(1-p).

Question 3.

Avec la même formule P(Y=k)=(3k)pk(1−p)3−kP(Y=k)=\binom{3}{k}p^{k}(1-p)^{3-k} pour k∈{0 ;1 ;2 ;3}k\in\{0\,;1\,;2\,;3\}, la loi de probabilité de YY est donnée par le tableau suivant, présenté ici ligne par ligne (valeur kk de YY, puis probabilité P(Y=k)P(Y=k)) :

  • k=0k=0 : P(Y=0)=(30)(1−p)3=(1−p)3P(Y=0)=\binom{3}{0}(1-p)^{3}=(1-p)^{3}

  • k=1k=1 : P(Y=1)=(31)p(1−p)2=3p(1−p)2P(Y=1)=\binom{3}{1}p(1-p)^{2}=3p(1-p)^{2}

  • k=2k=2 : P(Y=2)=3p2(1−p)P(Y=2)=3p^{2}(1-p)

  • k=3k=3 : P(Y=3)=(33)p3=p3P(Y=3)=\binom{3}{3}p^{3}=p^{3}

Question 4.

On a {Y⩾2}={Y=2}∪{Y=3}\{Y\geqslant 2\}=\{Y=2\}\cup\{Y=3\}, réunion de deux évènements incompatibles.

Donc :

P(Y⩾2)=P(Y=2)+P(Y=3)=3p2(1−p)+p3=3p2−3p3+p3=−2p3+3p2.\begin{aligned} P(Y\geqslant 2)&=P(Y=2)+P(Y=3)\\ &=3p^{2}(1-p)+p^{3}\\ &=3p^{2}-3p^{3}+p^{3}\\ &=-2p^{3}+3p^{2}. \end{aligned}

On a bien P(Y⩾2)=−2p3+3p2P(Y\geqslant 2)=-2p^{3}+3p^{2}.

Question 5. a)

La fonction ff est une fonction polynôme, donc dérivable sur [0;1][0 ; 1].

Pour tout x∈[0;1]x\in[0 ; 1] :

f′(x)=−2×3x2+3×2x=−6x2+6x=6x(1−x).f'(x)=-2\times 3x^{2}+3\times 2x=-6x^{2}+6x=6x(1-x).

Pour x∈ ]0;1[x\in\,]0 ; 1[, on a 6>06>0, x>0x>0 et 1−x>01-x>0, donc f′(x)>0f'(x)>0. De plus f′(0)=f′(1)=0f'(0)=f'(1)=0.

Donc ff est strictement croissante sur [0;1][0 ; 1] (la dérivée est strictement positive sauf en deux points isolés).

Valeurs aux bornes :

f(0)=0etf(1)=−2+3=1.f(0)=0\qquad\text{et}\qquad f(1)=-2+3=1.

Tableau de variation : ff est strictement croissante sur [0;1][0 ; 1], de f(0)=0f(0)=0 à f(1)=1f(1)=1.

Question 5. b)

La fonction ff est continue sur [0;1][0 ; 1] (polynôme) et strictement croissante sur [0;1][0 ; 1].

De plus f(0)=0<0,9<1=f(1)f(0)=0<0{,}9<1=f(1), donc 0,90{,}9 est compris entre f(0)f(0) et f(1)f(1).

D'après le théorème des valeurs intermédiaires (corollaire pour les fonctions continues et strictement monotones, ou théorème de la bijection), l'équation f(x)=0,9f(x)=0{,}9 admet une unique solution α\alpha dans [0;1][0 ; 1].

Question 5. c)

À la calculatrice (par balayage de la table de valeurs de ff) :

f(0,80)=0,896<0,9etf(0,81)≈0,9054>0,9.f(0{,}80)=0{,}896<0{,}9\qquad\text{et}\qquad f(0{,}81)\approx 0{,}9054>0{,}9.

Comme ff est strictement croissante, f(0,80)<f(α)<f(0,81)f(0{,}80)<f(\alpha)<f(0{,}81) entraîne 0,80<α<0,810{,}80<\alpha<0{,}81.

Un encadrement de α\alpha d'amplitude 10−210^{-2} est donc :

0,80<α<0,81.0{,}80<\alpha<0{,}81.

Question 5. d)

D'après la question 4, f(p)=P(Y⩾2)f(p)=P(Y\geqslant 2) est la probabilité que le joueur réussisse au moins deux lancers-francs sur trois lorsque sa probabilité de réussite d'un lancer est pp.

La fonction ff étant strictement croissante, on a f(p)>0,9⟺p>αf(p)>0{,}9\Longleftrightarrow p>\alpha.

Donc le joueur réussit au moins deux lancers-francs sur trois avec une probabilité supérieure à 0,90{,}9 si et seulement si sa probabilité de réussite d'un lancer-franc est strictement supérieure à α\alpha, c'est-à-dire supérieure à environ 0,800{,}80 (α≈0,804\alpha\approx 0{,}804).

Points clés attendus

  • Justifier la loi binomiale : répétition d'épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, avec les paramètres nn et pp.

  • Utiliser l'évènement contraire pour P(X⩾6)P(X\geqslant 6) et préciser l'arrondi au millième.

  • Établir P(Y⩾2)=P(Y=2)+P(Y=3)P(Y\geqslant 2)=P(Y=2)+P(Y=3) avant de développer.

  • Appliquer le théorème des valeurs intermédiaires en vérifiant continuité, stricte monotonie et encadrement de 0,90{,}9 par f(0)f(0) et f(1)f(1).

  • Interpréter α\alpha comme seuil de probabilité de réussite d'un lancer.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Asie, 10 juin 2026 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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