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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2026, Asie : exercice 1

10 juin 2026 · jour 2 · 5 points Python

Partie A

On considère la fonction ff définie sur ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right [ par :

f(x)=x−22x−3f(x)=\dfrac{x-2}{2 x-3}

  1. Justifier tous les éléments du tableau de variation ci-dessous.

Figure de l'énoncé, exercice 1, Asie 10 juin 2026
  1. En déduire que pour tout x∈[0;1]x \in[0 ; 1], on a :

    f(x)∈[0;1].f(x) \in[0 ; 1].

Partie B

On considère la suite (un)(u_{n}) définie par :

{u0=0un+1=un−22un−3 , pour tout entier naturel n\begin{cases} u_{0}=0 \\ u_{n+1}=\dfrac{u_{n}-2}{2 u_{n}-3}\, ,\quad \text { pour tout entier naturel } n \end{cases}

  1. En utilisant la fonction ff, démontrer par récurrence que pour tout entier naturel nn :

    0⩽un⩽un+1⩽1.0 \leqslant u_{n} \leqslant u_{n+1} \leqslant 1.

  2. En déduire que la suite (un)(u_{n}) converge.

  3. On note ℓ\ell la limite de la suite (un)(u_{n}).

    En admettant que ℓ\ell est solution de l'équation f(x)=xf(x)=x sur l'intervalle [0;1][0 ; 1], montrer que ℓ=1\ell=1.

  4. On donne ci-dessous une fonction seuil écrite en langage Python.

    def seuil(h):
      n = 0
      u = 0
      while u < 1-h:
        n = n+1
        u = (u-2)/(2*u-3)
      return n

    L'appel  seuil(0.0001)  renvoie la valeur 5000.

    Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.

    1. Donner les quatre premiers termes de la suite (un)\left(u_{n}\right) sous forme de fractions irréductibles.

    2. Conjecturer l'expression de unu_{n} en fonction de nn et démontrer cette conjecture.

Voir le corrigé

Partie A

Question 1.

La fonction ff est une fonction rationnelle, donc dérivable sur tout intervalle où son dénominateur ne s'annule pas.

Or 2x−3=0⟺x=322x-3=0\Longleftrightarrow x=\dfrac{3}{2}, valeur qui n'appartient pas à ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[.

Donc ff est dérivable sur ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[.

On applique la formule de dérivation d'un quotient (uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac{u}{v}\right)'=\dfrac{u'v-uv'}{v^{2}} avec u(x)=x−2u(x)=x-2, u′(x)=1u'(x)=1, v(x)=2x−3v(x)=2x-3, v′(x)=2v'(x)=2.

Pour tout x∈]−∞;32[x\in\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[ :

f′(x)=1×(2x−3)−2×(x−2)(2x−3)2f'(x)=\dfrac{1\times(2x-3)-2\times(x-2)}{(2x-3)^{2}}

f′(x)=2x−3−2x+4(2x−3)2=1(2x−3)2.f'(x)=\dfrac{2x-3-2x+4}{(2x-3)^{2}}=\dfrac{1}{(2x-3)^{2}}.

Un carré non nul est strictement positif, donc f′(x)>0f'(x)>0 pour tout xx de l'intervalle.

Donc ff est strictement croissante sur ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[.

Limite en −∞-\infty. Pour x≠0x\neq 0, on factorise par xx au numérateur et au dénominateur :

f(x)=x(1−2x)x(2−3x)=1−2x2−3x.f(x)=\dfrac{x\left(1-\dfrac{2}{x}\right)}{x\left(2-\dfrac{3}{x}\right)}=\dfrac{1-\dfrac{2}{x}}{2-\dfrac{3}{x}}.

Or lim⁡x→−∞2x=0\lim\limits_{x\to-\infty}\dfrac{2}{x}=0 et lim⁡x→−∞3x=0\lim\limits_{x\to-\infty}\dfrac{3}{x}=0.

Par quotient de limites (le dénominateur tend vers 2≠02\neq 0) :

lim⁡x→−∞f(x)=12.\lim\limits_{x\to-\infty}f(x)=\dfrac{1}{2}.

Limite en 32\dfrac{3}{2} par valeurs inférieures.

Au numérateur : lim⁡x→32(x−2)=32−2=−12\lim\limits_{x\to\frac{3}{2}}(x-2)=\dfrac{3}{2}-2=-\dfrac{1}{2}.

Au dénominateur : lim⁡x→32(2x−3)=0\lim\limits_{x\to\frac{3}{2}}(2x-3)=0, et pour x<32x<\dfrac{3}{2} on a 2x−3<02x-3<0, donc le dénominateur tend vers 0−0^{-}.

Le numérateur tend vers un réel strictement négatif et le dénominateur vers 00 par valeurs négatives : par quotient de limites, le quotient est positif et tend vers l'infini.

lim⁡x→32−f(x)=+∞.\lim\limits_{x\to\frac{3}{2}^{-}}f(x)=+\infty.

Le tableau de variation est ainsi justifié : ff est strictement croissante sur ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[, de limite 12\dfrac{1}{2} en −∞-\infty à la limite +∞+\infty en 32−\dfrac{3}{2}^{-} (la droite d'équation x=32x=\dfrac{3}{2} est asymptote verticale).

Question 2.

On calcule les images des bornes de l'intervalle [0;1][0 ; 1], qui est contenu dans ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[ :

f(0)=0−20−3=23etf(1)=1−22−3=−1−1=1.f(0)=\dfrac{0-2}{0-3}=\dfrac{2}{3}\qquad\text{et}\qquad f(1)=\dfrac{1-2}{2-3}=\dfrac{-1}{-1}=1.

Soit x∈[0;1]x\in[0 ; 1].

On a 0⩽x⩽10\leqslant x\leqslant 1 et ff est croissante sur ]−∞;32[\left]-\infty ; \dfrac{3}{2}\right[, donc sur [0;1][0 ; 1]. On peut donc composer chaque membre par ff en conservant le sens des inégalités :

f(0)⩽f(x)⩽f(1),soit23⩽f(x)⩽1.f(0)\leqslant f(x)\leqslant f(1),\qquad\text{soit}\qquad \dfrac{2}{3}\leqslant f(x)\leqslant 1.

Comme [ 2/3;1 ]⊂[0;1][\,2/3 ; 1\,]\subset[0 ; 1], on a f(x)∈[0;1]f(x)\in[0 ; 1].

Donc pour tout x∈[0;1]x\in[0 ; 1], f(x)∈[0;1]f(x)\in[0 ; 1].

Partie B

Question 1.

Pour tout entier naturel nn, un+1=un−22un−3=f(un)u_{n+1}=\dfrac{u_n-2}{2u_n-3}=f(u_n).

Pour tout entier naturel nn, on pose P(n)P(n) : « 0⩽un⩽un+1⩽10\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 1 ».

Initialisation. On a u0=0u_0=0 et u1=f(0)=23u_1=f(0)=\dfrac{2}{3}.

Donc 0⩽u0⩽u1⩽10\leqslant u_0\leqslant u_1\leqslant 1 : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire

0⩽uk⩽uk+1⩽1(hypotheˋse de reˊcurrence).0\leqslant u_k\leqslant u_{k+1}\leqslant 1\qquad\text{(hypothèse de récurrence).}

Montrons P(k+1)P(k+1) : 0⩽uk+1⩽uk+2⩽10\leqslant u_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant 1.

Les réels uku_k et uk+1u_{k+1} appartiennent à [0;1][0 ; 1], intervalle sur lequel ff est définie et strictement croissante (Partie A, question 1).

On applique ff aux trois membres de l'inégalité uk⩽uk+1u_k\leqslant u_{k+1} en conservant le sens :

f(uk)⩽f(uk+1),soituk+1⩽uk+2.f(u_k)\leqslant f(u_{k+1}),\qquad\text{soit}\qquad u_{k+1}\leqslant u_{k+2}.

De plus, uk+1∈[0;1]u_{k+1}\in[0 ; 1], donc d'après la Partie A, question 2, f(uk+1)∈[0;1]f(u_{k+1})\in[0 ; 1], c'est-à-dire 0⩽uk+2⩽10\leqslant u_{k+2}\leqslant 1.

Par ailleurs, l'hypothèse de récurrence donne 0⩽uk+10\leqslant u_{k+1}.

On obtient 0⩽uk+1⩽uk+2⩽10\leqslant u_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant 1 : P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn,

0⩽un⩽un+1⩽1.0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 1.

Question 2.

D'après la question précédente, un⩽un+1u_n\leqslant u_{n+1} pour tout nn : la suite (un)(u_n) est croissante.

De plus, un⩽1u_n\leqslant 1 pour tout nn : la suite (un)(u_n) est majorée par 11.

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (un)(u_n) converge.

Donc la suite (un)(u_n) est convergente.

Question 3.

On admet que ℓ\ell est solution de f(x)=xf(x)=x sur [0;1][0 ; 1]. Pour x∈[0;1]x\in[0 ; 1], on a 2x−3≠02x-3\neq 0, donc :

x−22x−3=x⟺x−2=x(2x−3)⟺x−2=2x2−3x⟺2x2−4x+2=0⟺2(x−1)2=0⟺x=1.\begin{aligned} \dfrac{x-2}{2x-3}=x &\Longleftrightarrow x-2=x(2x-3)\\ &\Longleftrightarrow x-2=2x^{2}-3x\\ &\Longleftrightarrow 2x^{2}-4x+2=0\\ &\Longleftrightarrow 2(x-1)^{2}=0\\ &\Longleftrightarrow x=1. \end{aligned}

L'équation f(x)=xf(x)=x admet donc pour unique solution x=1x=1, qui appartient bien à [0;1][0 ; 1].

Donc ℓ=1\ell=1.

Question 4.

La fonction seuil(h) calcule les termes de la suite un à un et s'arrête dès que u⩾1−hu\geqslant 1-h, c'est-à-dire dès que 1−un⩽h1-u_n\leqslant h. Elle renvoie le rang nn correspondant, qui est le plus petit entier tel que un⩾1−hu_n\geqslant 1-h.

Pour h=0,0001=10−4h=0{,}0001=10^{-4}, la valeur renvoyée 50005000 signifie que 50005000 est le plus petit rang nn tel que un⩾0,9999u_n\geqslant 0{,}9999.

Autrement dit, u5000u_{5000} est le premier terme de la suite dont l'écart avec la limite 11 est inférieur ou égal à 10−410^{-4}, et tous les termes suivants le restent puisque la suite est croissante.

Question 5. a)

On calcule u1=f(0)=23u_1=f(0)=\dfrac{2}{3}, puis :

u2=u1−22u1−3=23−243−3=−43−53=45u_2=\dfrac{u_1-2}{2u_1-3}=\dfrac{\dfrac{2}{3}-2}{\dfrac{4}{3}-3}=\dfrac{-\dfrac{4}{3}}{-\dfrac{5}{3}}=\dfrac{4}{5}

u3=u2−22u2−3=45−285−3=−65−75=67.u_3=\dfrac{u_2-2}{2u_2-3}=\dfrac{\dfrac{4}{5}-2}{\dfrac{8}{5}-3}=\dfrac{-\dfrac{6}{5}}{-\dfrac{7}{5}}=\dfrac{6}{7}.

Réponse : u0=0u_0=0, u1=23u_1=\dfrac{2}{3}, u2=45u_2=\dfrac{4}{5}, u3=67u_3=\dfrac{6}{7} (fractions irréductibles).

Question 5. b)

Les quatre premiers termes sont 01\dfrac{0}{1}, 23\dfrac{2}{3}, 45\dfrac{4}{5}, 67\dfrac{6}{7} : le numérateur vaut 2n2n et le dénominateur 2n+12n+1.

On conjecture donc que, pour tout entier naturel nn :

un=2n2n+1.u_n=\dfrac{2n}{2n+1}.

Démontrons-le par récurrence. Pour tout entier naturel nn, on pose Q(n)Q(n) : « un=2n2n+1u_n=\dfrac{2n}{2n+1} ».

Initialisation. Pour n=0n=0 : 2×02×0+1=0=u0\dfrac{2\times 0}{2\times 0+1}=0=u_0. Q(0)Q(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que Q(k)Q(k) soit vraie, c'est-à-dire uk=2k2k+1u_k=\dfrac{2k}{2k+1} (hypothèse de récurrence).

Montrons Q(k+1)Q(k+1) : uk+1=2(k+1)2(k+1)+1u_{k+1}=\dfrac{2(k+1)}{2(k+1)+1}.

On a, par définition de la suite puis par hypothèse de récurrence :

uk+1=uk−22uk−3=2k2k+1−24k2k+1−3.u_{k+1}=\dfrac{u_k-2}{2u_k-3}=\dfrac{\dfrac{2k}{2k+1}-2}{\dfrac{4k}{2k+1}-3}.

On multiplie le numérateur et le dénominateur par 2k+12k+1, qui est non nul :

uk+1=2k−2(2k+1)4k−3(2k+1)=−2k−2−2k−3=2k+22k+3=2(k+1)2(k+1)+1.u_{k+1}=\dfrac{2k-2(2k+1)}{4k-3(2k+1)}=\dfrac{-2k-2}{-2k-3}=\dfrac{2k+2}{2k+3}=\dfrac{2(k+1)}{2(k+1)+1}.

Q(k+1)Q(k+1) est vraie.

Conclusion. Q(0)Q(0) est vraie et QQ est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn,

un=2n2n+1.u_n=\dfrac{2n}{2n+1}.

Cohérence avec la question 4. On a 1−un=12n+11-u_n=\dfrac{1}{2n+1}, donc :

un⩾0,9999⟺12n+1⩽10−4⟺2n+1⩾10 000⟺n⩾4999,5.u_n\geqslant 0{,}9999\Longleftrightarrow\dfrac{1}{2n+1}\leqslant 10^{-4}\Longleftrightarrow 2n+1\geqslant 10\,000\Longleftrightarrow n\geqslant 4999{,}5.

Le plus petit entier convenable est n=5000n=5000, ce qui correspond à la valeur renvoyée par seuil(0.0001).

Points clés attendus

  • Justifier chaque élément du tableau : signe de la dérivée, limite en −∞-\infty (factorisation), limite en 32−\dfrac{3}{2}^{-} (signe du dénominateur).

  • Rédiger la récurrence en citant la croissance de ff sur [0;1][0 ; 1] et le résultat de la question A.2.

  • Nommer le théorème de la limite monotone et vérifier ses deux hypothèses (croissante, majorée).

  • Résoudre f(x)=xf(x)=x jusqu'à 2(x−1)2=02(x-1)^{2}=0 pour conclure ℓ=1\ell=1.

  • Interpréter le rôle de la fonction seuil : plus petit rang tel que un⩾1−hu_n\geqslant 1-h.

  • Démontrer la formule conjecturée par une seconde récurrence.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Asie, 10 juin 2026 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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