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Terminale Spé Maths / Chapitre 11 : Orthogonalité et distances dans l'espace / Annales du bac

Bac 2024, Centres étrangers : exercice 4

5 juin 2024 · jour 1 · 5 points

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ; ı⃗, ȷ⃗, k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\,\vec{\imath},\,\vec{\jmath},\,\vec{k}\right).

On considère :

  • les points A(−2  ;  0  ;  2)(-2\;;\;0\;;\;2),  B(−1  ;  3  ;  0)(-1\;;\;3\;;\;0),  C(1  ;  −1  ;  2)(1\;;\;-1\;;\;2) et D(0   0   3).

  • la droite D1\mathcal{D}_1 dont une représentation paramétrique est {x=ty=3tz=3+5t\left\{\begin{array}{l c l} x&=&t\\ y &=& 3t\\ z &=& 3 + 5t \end{array}\right. avec t∈Rt \in \mathbb{R}.

  • la droite D2\mathcal{D}_2 dont une représentation paramétrique est {x=1+3sy=−1−5sz=2−6s\left\{\begin{array}{l c l} x&=&1 + 3s\\ y &=& -1 - 5s\\z &=& 2 - 6s \end{array}\right. avec s∈  Rs \in\;\mathbb{R}.

  1. Démontrer que les points A, B et C ne sont pas alignés.

    1. Démontrer que le vecteur n→(135)\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix} est orthogonal au plan (ABC).

    2. Justifier qu'une équation cartésienne du plan (ABC) est :

      x+3y+5z−8=0.x + 3y + 5z - 8 = 0.

    3. En déduire que les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

    1. Justifier que la droite D1\mathcal{D}_1 est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de D.

      On admet que la droite D2\mathcal{D}_2 est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de C.

    2. Démontrer que les droites D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 sont sécantes et déterminer les coordonnées de leur point d'intersection.

    1. Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H du point D sur le plan (ABC).

    2. Calculer la distance du point D au plan (ABC).

      Arrondir le résultat au centième.

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Question 1. On calcule les coordonnées des vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} avec A(−2 ;0 ;2)(-2\,;0\,;2), B(−1 ;3 ;0)(-1\,;3\,;0) et C(1 ;−1 ;2)(1\,;-1\,;2) :

AB→(−1−(−2)3−00−2)=(13−2)etAC→(1−(−2)−1−02−2)=(3−10).\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}-1-(-2)\\3-0\\0-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\3\\-2\end{pmatrix}\qquad\text{et}\qquad\overrightarrow{AC}\begin{pmatrix}1-(-2)\\-1-0\\2-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\-1\\0\end{pmatrix}.

Les points A, B, C sont alignés si et seulement si les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires.

Supposons qu'il existe un réel kk tel que AC→=k AB→\overrightarrow{AC}=k\,\overrightarrow{AB}.

La coordonnée en zz donnerait 0=−2k0=-2k, donc k=0k=0.

La coordonnée en xx donnerait alors 3=k×1=03=k\times 1=0, ce qui est faux.

Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} ne sont donc pas colinéaires.

Donc les points A, B et C ne sont pas alignés.

Question 2. a) Le vecteur n⃗(135)\vec{n}\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix} est orthogonal au plan (ABC) s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan.

Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont non colinéaires (question 1). On calcule les produits scalaires dans le repère orthonormé :

n⃗⋅AB→=1×1+3×3+5×(−2)=1+9−10=0,n⃗⋅AC→=1×3+3×(−1)+5×0=3−3+0=0.\begin{aligned} \vec{n}\cdot\overrightarrow{AB}&=1\times 1+3\times 3+5\times(-2)=1+9-10=0,\\ \vec{n}\cdot\overrightarrow{AC}&=1\times 3+3\times(-1)+5\times 0=3-3+0=0. \end{aligned}

Le vecteur n⃗\vec{n} est orthogonal à AB→\overrightarrow{AB} et à AC→\overrightarrow{AC}.

Donc n⃗\vec{n} est orthogonal au plan (ABC), c'est un vecteur normal à ce plan.

2. b) Le vecteur n⃗(135)\vec{n}\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix} est normal au plan (ABC), donc ce plan admet une équation cartésienne de la forme

x+3y+5z+d=0,d∈R.x+3y+5z+d=0,\qquad d\in\mathbb{R}.

Le point A(−2 ;0 ;2)(-2\,;0\,;2) appartient au plan, donc ses coordonnées vérifient l'équation :

−2+3×0+5×2+d=0  ⟺  8+d=0  ⟺  d=−8.-2+3\times 0+5\times 2+d=0\iff 8+d=0\iff d=-8.

Une équation cartésienne de (ABC) est donc x+3y+5z−8=0x+3y+5z-8=0.

Vérification avec les deux autres points :

  • B(−1 ;3 ;0)(-1\,;3\,;0) : −1+9+0−8=0-1+9+0-8=0

  • C(1 ;−1 ;2)(1\,;-1\,;2) : 1−3+10−8=01-3+10-8=0.

Donc une équation cartésienne du plan (ABC) est x+3y+5z−8=0x+3y+5z-8=0.

2. c) On teste les coordonnées de D(0 ;0 ;3)(0\,;0\,;3) dans l'équation du plan (ABC) :

0+3×0+5×3−8=7≠0.0+3\times 0+5\times 3-8=7\neq 0.

Donc D n'appartient pas au plan (ABC).

Donc les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

Question 3. a) Le point de D1\mathcal{D}_1 de paramètre t=0t=0 a pour coordonnées (0 ;0 ;3)(0\,;0\,;3) : c'est le point D. Donc D appartient à D1\mathcal{D}_1.

Un vecteur directeur de D1\mathcal{D}_1, lu sur la représentation paramétrique, est (135)=n⃗\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix}=\vec{n}.

Or n⃗\vec{n} est normal au plan (ABC) (question 2. a)).

Donc D1\mathcal{D}_1 est la droite passant par D et perpendiculaire au plan (ABC), c'est-à-dire à la face opposée à D.

Donc D1\mathcal{D}_1 est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de D.

3. b) Les droites D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 ont pour vecteurs directeurs respectifs u⃗1(135)\vec{u}_1\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix} et u⃗2(3−5−6)\vec{u}_2\begin{pmatrix}3\\-5\\-6\end{pmatrix}.

Ces vecteurs ne sont pas colinéaires : si u⃗2=ku⃗1\vec{u}_2=k\vec{u}_1, la première coordonnée donne k=3k=3, et la deuxième donnerait −5=9-5=9, ce qui est faux.

Les droites ne sont donc pas parallèles. Elles sont sécantes si et seulement si elles ont un point commun.

Un point commun correspond à un couple (t ;s)(t\,;s) vérifiant le système

{t=1+3s3t=−1−5s3+5t=2−6s\begin{cases}t=1+3s\\3t=-1-5s\\3+5t=2-6s\end{cases}

On remplace tt par 1+3s1+3s dans la deuxième équation :

3(1+3s)=−1−5s  ⟺  3+9s=−1−5s  ⟺  14s=−4  ⟺  s=−27.3(1+3s)=-1-5s\iff 3+9s=-1-5s\iff 14s=-4\iff s=-\dfrac{2}{7}.

Alors t=1+3×(−27)=1−67=17t=1+3\times\left(-\dfrac27\right)=1-\dfrac67=\dfrac17.

On vérifie la troisième équation avec ces valeurs :

3+5×17=267et2−6×(−27)=2+127=267.3+5\times\dfrac17=\dfrac{26}{7}\qquad\text{et}\qquad 2-6\times\left(-\dfrac27\right)=2+\dfrac{12}{7}=\dfrac{26}{7}.

Elle est vérifiée : le système admet la solution (t ;s)=(17 ;−27)\left(t\,;s\right)=\left(\dfrac17\,;-\dfrac27\right).

Les droites D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 sont donc sécantes. Leur point d'intersection est obtenu avec t=17t=\dfrac17 dans la représentation de D1\mathcal{D}_1 :

(17 ; 37 ; 3+57)=(17 ; 37 ; 267).\left(\dfrac17\,;\ \dfrac37\,;\ 3+\dfrac57\right)=\left(\dfrac17\,;\ \dfrac37\,;\ \dfrac{26}{7}\right).

Donc les droites D1\mathcal{D}_1 et D2\mathcal{D}_2 sont sécantes au point de coordonnées (17 ;37 ;267)\left(\dfrac17\,;\dfrac37\,;\dfrac{26}{7}\right).

Réponse : point d'intersection (17 ;37 ;267)\left(\dfrac17\,;\dfrac37\,;\dfrac{26}{7}\right).

Question 4. a) Le projeté orthogonal H de D sur le plan (ABC) est le point d'intersection du plan (ABC) et de la droite passant par D et perpendiculaire à (ABC). D'après la question 3. a), cette droite est D1\mathcal{D}_1.

Un point de D1\mathcal{D}_1 de paramètre tt, (t ;3t ;3+5t)(t\,;3t\,;3+5t), appartient au plan (ABC) si et seulement si

t+3×3t+5(3+5t)−8=0  ⟺  t+9t+15+25t−8=0  ⟺  35t+7=0  ⟺  t=−15.t+3\times 3t+5(3+5t)-8=0\iff t+9t+15+25t-8=0\iff 35t+7=0\iff t=-\dfrac15.

On en déduit les coordonnées de H :

x=−15,y=3×(−15)=−35,z=3+5×(−15)=2.x=-\dfrac15,\qquad y=3\times\left(-\dfrac15\right)=-\dfrac35,\qquad z=3+5\times\left(-\dfrac15\right)=2.

Vérification : −15−95+10−8=−2+2=0-\dfrac15-\dfrac95+10-8=-2+2=0.

Donc H(−15 ;−35 ;2)\mathrm{H}\left(-\dfrac15\,;-\dfrac35\,;2\right).

Réponse : H(−15 ;−35 ;2)\mathrm{H}\left(-\dfrac15\,;-\dfrac35\,;2\right).

4. b) La distance du point D au plan (ABC) est la distance DH, H étant le projeté orthogonal de D sur ce plan.

On a

DH→(−15−0−35−02−3)=(−15−35−1).\overrightarrow{DH}\begin{pmatrix}-\frac15-0\\-\frac35-0\\2-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\frac15\\-\frac35\\-1\end{pmatrix}.

Le repère étant orthonormé :

DH=(15)2+(35)2+12=125+925+2525=3525=355≈1,183.DH=\sqrt{\left(\dfrac15\right)^2+\left(\dfrac35\right)^2+1^2}=\sqrt{\dfrac{1}{25}+\dfrac{9}{25}+\dfrac{25}{25}}=\sqrt{\dfrac{35}{25}}=\dfrac{\sqrt{35}}{5}\approx 1{,}183.

Donc la distance du point D au plan (ABC) est 355\dfrac{\sqrt{35}}{5}, soit environ 1,181{,}18 au centième près.

(Cette valeur est cohérente avec la formule de distance à un plan : ∣0+0+15−8∣1+9+25=735=355\dfrac{|0+0+15-8|}{\sqrt{1+9+25}}=\dfrac{7}{\sqrt{35}}=\dfrac{\sqrt{35}}{5}.)

Réponse : DH=355≈1,18DH=\dfrac{\sqrt{35}}{5}\approx 1{,}18.

Points clés attendus

  • Justifier la non-colinéarité de deux vecteurs coordonnée par coordonnée.

  • Pour un vecteur normal : produit scalaire nul avec deux vecteurs non colinéaires du plan.

  • Obtenir l'équation cartésienne puis vérifier qu'un point supplémentaire la satisfait.

  • Montrer que deux droites sont sécantes : vecteurs directeurs non colinéaires et système compatible.

  • Obtenir le projeté orthogonal comme intersection de la perpendiculaire et du plan, puis calculer la distance avec la formule de la norme.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2024 (Centres étrangers, 5 juin 2024 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès et François Hache) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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