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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2026, Amérique du Nord : exercice 2

20 mai 2026 · jour 1 · 4 points Python

La perche-soleil est une espèce de poisson envahissante. Un plan de lutte contre la prolifération de cette espèce est mis en place et on étudie dans cet exercice deux modèles d'évolution de la population de perches-soleil dans un étang naturel. On estime que, dans cet étang, le nombre de perches-soleil s'élève à 4000 individus au 1er janvier 2025.

: étude d'un modèle discret

Dans cette partie, on modélise le nombre de perches-soleil dans l'étang par une suite (un)(u_n).

Pour tout entier naturel nn, unu_{n} désigne le nombre de perches-soleil, exprimé en millier, dans l'étang au 1er janvier de l'année 2025+n2025+n.

La suite (un)(u_n) est définie par :

  • u0=4u_{0}=4.

  • pour tout entier naturel nn :  un+1=4−4unu_{n+1}=4-\dfrac{4}{u_{n}}.

On admet que cette suite est bien définie et qu'en particulier pour tout entier nn,  un>0u_{n}>0.

  1. Calculer le nombre de perches-soleil au 1er janvier 2026 donné par ce modèle.

  2. On note hh la fonction définie sur l'intervalle ]0;+∞[] 0;+\infty[ par   h(x)=4−4xh(x)=4-\dfrac{4}{x}.

    1. Justifier que la fonction hh est croissante sur l'intervalle ]0;+∞[] 0;+\infty[.

    2. Démontrer que pour tout entier naturel nn :

      2⩽un+1⩽un⩽42 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n} \leqslant 4

    3. En déduire que la suite (un)\left(u_{n}\right) est convergente. On note ℓ\ell sa limite.

    4. Justifier que ℓ=2\ell = 2.

    5. Ce modèle prévoit-il une élimination à long terme de l'espèce envahissante ?

  3. On considère le script Python ci-dessous.

    1. Soit ss un réel appartenant à l'intervalle ]2;4[] 2; 4[.

      Recopier et compléter ce script de sorte qu'il renvoie, après exécution, le plus petit entier nn tel que un<su_{n}<s.

      def population(s) :
        u=4
        n=0
        while... :
          u=...
          n=...
        return n
    2. Quelle valeur renvoie la commande population(2.2) ?

      Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

: étude d'un modèle continu

On note tt le temps écoulé, exprimé en année, à partir du 1er janvier 2025. L'évolution du nombre de perches-soleil, exprimé en millier, est modélisée par la fonction pp telle que :

  • la fonction pp est définie et dérivable sur l'intervalle [0;+∞[[0;+\infty[

  • p(0)=4p(0)=4

  • la fonction pp est solution de l'équation différentielle (E)y′+y=2(E) \quad y'+y=2   où yy est une fonction de la variable réelle tt.

  1. Donner l'ensemble des solutions de l'équation (E)(E).

  2. En déduire que l'expression de la fonction pp sur l'intervalle [0;+∞[[0;+\infty[ est   p(t)=2e−t+2p(t)=2 \mathrm{e}^{-t}+2.

  3. Ce modèle prévoit-il une élimination à long terme de l'espèce envahissante ?

Voir le corrigé

Partie A

Question 1. Au 1er1^{\text{er}} janvier 2026, on est au rang n=1n=1. On a u0=4u_0=4, donc

u1=4−4u0=4−44=4−1=3.u_1=4-\dfrac{4}{u_0}=4-\dfrac44=4-1=3.

Donc, d'après ce modèle, il y a 33 milliers de perches-soleil au 1er1^{\text{er}} janvier 2026, soit 3000 individus.

Réponse : u1=3u_1=3, soit 3000 perches-soleil.

Question 2. a) La fonction hh est définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par h(x)=4−4xh(x)=4-\dfrac4x.

La fonction inverse est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, donc hh y est dérivable, et pour tout x>0x>0 :

h′(x)=−4×(−1x2)=4x2.h'(x)=-4\times\left(-\dfrac{1}{x^2}\right)=\dfrac{4}{x^2}.

Pour tout x>0x>0, x2>0x^2>0 donc h′(x)>0h'(x)>0.

Donc hh est strictement croissante, en particulier croissante, sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

Question 2. b) Pour tout entier naturel nn, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété

2⩽un+1⩽un⩽4.2\leqslant u_{n+1}\leqslant u_n\leqslant4.

Initialisation. On a u0=4u_0=4 et u1=3u_1=3 (question 1). Alors 2⩽3⩽4⩽42\leqslant3\leqslant4\leqslant4, c'est-à-dire 2⩽u1⩽u0⩽42\leqslant u_1\leqslant u_0\leqslant4 : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)\mathcal{P}(k) soit vraie, c'est-à-dire 2⩽uk+1⩽uk⩽42\leqslant u_{k+1}\leqslant u_k\leqslant4 (hypothèse de récurrence). Montrons que P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie, c'est-à-dire 2⩽uk+2⩽uk+1⩽42\leqslant u_{k+2}\leqslant u_{k+1}\leqslant4.

Les réels 22, uk+1u_{k+1}, uku_k et 44 appartiennent à ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, intervalle sur lequel hh est croissante (question 2. a). On applique donc hh à chaque membre de l'hypothèse de récurrence en conservant le sens des inégalités :

h(2)⩽h(uk+1)⩽h(uk)⩽h(4).h(2)\leqslant h(u_{k+1})\leqslant h(u_k)\leqslant h(4).

Or h(2)=4−42=2h(2)=4-\dfrac42=2 et h(4)=4−44=3h(4)=4-\dfrac44=3. De plus, par définition de la suite, h(uk+1)=uk+2h(u_{k+1})=u_{k+2} et h(uk)=uk+1h(u_k)=u_{k+1}.

On obtient donc

2⩽uk+2⩽uk+1⩽3.2\leqslant u_{k+2}\leqslant u_{k+1}\leqslant3.

Comme 3⩽43\leqslant4, on en déduit 2⩽uk+2⩽uk+1⩽42\leqslant u_{k+2}\leqslant u_{k+1}\leqslant4 : P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)\mathcal{P}(0) est vraie et P\mathcal{P} est héréditaire : d'après le principe de récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier naturel nn, c'est-à-dire

2⩽un+1⩽un⩽4.2\leqslant u_{n+1}\leqslant u_n\leqslant4.

Question 2. c) D'après la question 2. b), pour tout entier nn, un+1⩽unu_{n+1}\leqslant u_n : la suite (un)(u_n) est décroissante. De plus, pour tout nn, un⩾2u_n\geqslant2 : la suite (un)(u_n) est minorée par 22.

D'après le théorème de la limite monotone (une suite décroissante et minorée converge), la suite (un)(u_n) est convergente.

Donc (un)(u_n) converge vers un réel ℓ\ell.

Question 2. d) Pour tout nn, un⩾2u_n\geqslant2. Par passage à la limite dans cette inégalité large, ℓ⩾2\ell\geqslant2. Donc ℓ\ell appartient à ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

La fonction hh est continue sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ (elle y est dérivable). La suite (un)(u_n) converge vers ℓ\ell avec ℓ∈]0 ;+∞[\ell\in]0\,;+\infty[, donc (h(un))\left(h(u_n)\right) converge vers h(ℓ)h(\ell).

Or h(un)=un+1h(u_n)=u_{n+1}, et (un+1)(u_{n+1}) converge aussi vers ℓ\ell. Par unicité de la limite, ℓ=h(ℓ)\ell=h(\ell), c'est-à-dire

ℓ=4−4ℓ.\ell=4-\dfrac4\ell.

On multiplie par ℓ\ell, qui est non nul :

ℓ2=4ℓ−4ℓ2−4ℓ+4=0(ℓ−2)2=0\begin{aligned} \ell^2&=4\ell-4\\ \ell^2-4\ell+4&=0\\ (\ell-2)^2&=0 \end{aligned}

Donc ℓ=2\ell=2.

Question 2. e) La suite (un)(u_n) tend vers 22, soit 2000 perches-soleil. Donc ce modèle ne prévoit pas d'élimination de l'espèce à long terme : la population se stabilise autour de 2000 individus.

Réponse : non, la population tend vers 2000 individus.

Question 3. a) La suite (un)(u_n) est décroissante et s∈]2 ;4[s\in]2\,;4[. On cherche le plus petit entier nn tel que un<su_n<s : on calcule les termes successifs tant que la condition un<su_n<s n'est pas atteinte, c'est-à-dire tant que u⩾su\geqslant s.

Le script complété est le suivant :

def population(s):
    u = 4
    n = 0
    while u >= s:
        u = 4 - 4/u
        n = n + 1
    return n

À la sortie de la boucle, u=unu=u_n avec un<su_n<s, et nn est le plus petit entier ayant cette propriété.

Question 3. b) La commande population(2.2) renvoie 1010 (valeur confirmée par exécution du script).

Justifions-le par le calcul. Montrons par récurrence que, pour tout entier nn, un=2+2n+1u_n=2+\dfrac{2}{n+1}.

Initialisation. Pour n=0n=0, 2+21=4=u02+\dfrac{2}{1}=4=u_0.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que uk=2+2k+1=2k+4k+1u_k=2+\dfrac{2}{k+1}=\dfrac{2k+4}{k+1}. Alors

uk+1=4−4uk=4−4(k+1)2k+4=4(2k+4)−4(k+1)2k+4=4k+122k+4=2k+6k+2=2+2k+2.u_{k+1}=4-\dfrac{4}{u_k}=4-\dfrac{4(k+1)}{2k+4}=\dfrac{4(2k+4)-4(k+1)}{2k+4}=\dfrac{4k+12}{2k+4}=\dfrac{2k+6}{k+2}=2+\dfrac{2}{k+2}.

C'est la formule au rang k+1k+1.

Conclusion. D'après le principe de récurrence, un=2+2n+1u_n=2+\dfrac{2}{n+1} pour tout entier nn.

Alors

un<2,2  ⟺  2n+1<0,2  ⟺  n+1>10  ⟺  n>9.u_n<2{,}2\iff\dfrac{2}{n+1}<0{,}2\iff n+1>10\iff n>9.

Donc le plus petit entier nn tel que un<2,2u_n<2{,}2 est n=10n=10. On a en effet u9=2+210=2,2u_9=2+\dfrac{2}{10}=2{,}2 (non strictement inférieur à 2,22{,}2) et u10=2+211≈2,18<2,2u_{10}=2+\dfrac{2}{11}\approx2{,}18<2{,}2.

Donc population(2.2) renvoie 1010.

Interprétation : 2025+10=20352025+10=2035. C'est au 1er1^{\text{er}} janvier 2035 que, pour la première fois, le nombre de perches-soleil devient strictement inférieur à 2,22{,}2 milliers, soit 2200 individus.

Réponse : population(2.2) renvoie 1010.

Partie B

Question 1. L'équation (E)(E) s'écrit y′+y=2y'+y=2, soit y′=−y+2y'=-y+2. C'est une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants, de la forme y′=ay+by'=ay+b avec a=−1a=-1 et b=2b=2.

La fonction constante t↦2t\mapsto2 est une solution particulière : 0+2=20+2=2.

Les solutions de l'équation homogène y′=−yy'=-y sont les fonctions t↦Ce−tt\mapsto C\mathrm{e}^{-t}, avec C∈RC\in\mathbb{R}.

Donc l'ensemble des solutions de (E)(E) est l'ensemble des fonctions t↦Ce−t+2t\mapsto C\mathrm{e}^{-t}+2, où CC est un réel.

Question 2. La fonction pp est solution de (E)(E), donc il existe un réel CC tel que, pour tout t⩾0t\geqslant0,

p(t)=Ce−t+2.p(t)=C\mathrm{e}^{-t}+2.

On a p(0)=4p(0)=4, et p(0)=Ce0+2=C+2p(0)=C\mathrm{e}^{0}+2=C+2. Donc C+2=4C+2=4, soit C=2C=2.

Donc, pour tout t∈[0 ;+∞[t\in[0\,;+\infty[, p(t)=2e−t+2p(t)=2\mathrm{e}^{-t}+2.

Question 3. On a lim⁡t→+∞(−t)=−∞\displaystyle\lim_{t\to+\infty}(-t)=-\infty et lim⁡X→−∞eX=0\displaystyle\lim_{X\to-\infty}\mathrm{e}^{X}=0. Par composée, lim⁡t→+∞e−t=0\displaystyle\lim_{t\to+\infty}\mathrm{e}^{-t}=0.

Donc, par produit et somme, lim⁡t→+∞p(t)=2×0+2=2\displaystyle\lim_{t\to+\infty}p(t)=2\times0+2=2.

La population tend vers 22 milliers, soit 2000 individus. Donc, comme dans le modèle discret, ce modèle ne prévoit pas d'élimination de l'espèce à long terme.

Réponse : non, lim⁡t→+∞p(t)=2\displaystyle\lim_{t\to+\infty}p(t)=2 : la population se stabilise à 2000 individus.

Points clés attendus

  • Récurrence rédigée complètement (initialisation, hérédité avec « soit kk fixé », conclusion) en citant la croissance de hh sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

  • Citer le théorème de la limite monotone (suite décroissante et minorée) pour la convergence.

  • Pour trouver ℓ\ell, justifier que hh est continue en ℓ\ell (avec ℓ⩾2>0\ell\geqslant2>0) avant d'écrire ℓ=h(ℓ)\ell=h(\ell).

  • Compléter le script avec la condition u >= s et interpréter le rang trouvé comme une année (2025+n2025+n).

  • Résoudre l'équation différentielle (solution particulière puis solutions de l'équation homogène) et utiliser la condition initiale pour déterminer la constante.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Amérique du Nord, 20 mai 2026 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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