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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2023, Métropole : exercice 3

12 septembre 2023 · jour 2 · 5 points Python

On considère la suite (un)\left(u_{n}\right) définie par: {u1=1eun+1=1e(1+1n)un pour tout entier n⩾1.\left\{\begin{array}{l c l} u_{1}&=&\dfrac{1}{\mathrm{e}} \\ u_{n+1}&=&\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{n}\right) u_{n}\, \text {pour tout entier } n \geqslant 1.\end{array}\right.

  1. Calculer les valeurs exactes de u2u_{2} et u3u_{3}. On détaillera les calculs.

  2. On considère une fonction écrite en langage Python qui, pour un entier naturel nn donné, affiche le terme unu_{n}. Compléter les lignes L2L_{2} et L4L_{4} de ce programme.

    L1L_{1}def suite(n):
    L2L_{2}  … … … … … …
    L3L_{3}  for i in range(1, n):
    L4L_{4}    u=… … … … … …
    L5L_{5}return u
  3. On admet que tous les termes de la suite (un)\left(u_{n}\right) sont strictement positifs.

    1. Montrer que pour tout entier naturel nn non nul, on a : 1+1n⩽e1+\dfrac{1}{n} \leqslant \mathrm{e}.

    2. En déduire que la suite (un)\left(u_{n}\right) est décroissante.

    3. La suite (un)\left(u_{n}\right) est-elle convergente ? Justifier votre réponse.

    1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel non nul, on a :   un=nenu_{n}=\dfrac{n}{\mathrm{e}^{n}}.

    2. En déduire, si elle existe, la limite de la suite (un)\left(u_{n}\right).

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Question 1.

On a u1=1eu_1=\dfrac{1}{\mathrm{e}}.

Pour n=1n=1, la relation de récurrence donne

u2=1e(1+11)u1.u_2=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{1}\right)u_1.

Donc

u2=1e×2×1e=2e2.u_2=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\times 2\times\dfrac{1}{\mathrm{e}}=\dfrac{2}{\mathrm{e}^{2}}.

Pour n=2n=2, la relation de récurrence donne

u3=1e(1+12)u2.u_3=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{2}\right)u_2.

Donc

u3=1e×32×2e2=3e3.u_3=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\times\dfrac{3}{2}\times\dfrac{2}{\mathrm{e}^{2}}=\dfrac{3}{\mathrm{e}^{3}}.

Donc u2=2e2u_2=\dfrac{2}{\mathrm{e}^{2}} et u3=3e3u_3=\dfrac{3}{\mathrm{e}^{3}}.

Réponse : u2=2e2u_2=\dfrac{2}{\mathrm{e}^{2}} et u3=3e3u_3=\dfrac{3}{\mathrm{e}^{3}}.

Question 2.

Le programme calcule unu_n en partant de u1u_1 et en appliquant n−1n-1 fois la relation de récurrence (la boucle for i in range(1, n) fait varier ii de 11 à n−1n-1).

La ligne L2L_2 doit initialiser la variable u à u1=1eu_1=\dfrac{1}{\mathrm{e}}.

À chaque passage dans la boucle, la variable ii est l'indice du terme courant, u vaut uiu_i, et la ligne L4L_4 doit calculer ui+1=1e(1+1i)uiu_{i+1}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{i}\right)u_i.

On suppose que la fonction exp est importée au début du programme (from math import exp). Le programme complété est :

def suite(n):
    u = 1/exp(1)
    for i in range(1, n):
        u = (1/exp(1))*(1 + 1/i)*u
    return u

Donc L2L_2 : u = 1/exp(1) et L4L_4 : u = (1/exp(1))*(1 + 1/i)*u.

Réponse : L2L_2 : u = 1/exp(1)   L4L_4 : u = (1/exp(1))*(1 + 1/i)*u.

Question 3. a)

Soit nn un entier naturel non nul.

On a n⩾1n\geqslant 1, donc 1n⩽1\dfrac{1}{n}\leqslant 1.

En ajoutant 11 à chaque membre, on obtient

1+1n⩽2.1+\dfrac{1}{n}\leqslant 2.

Or e≈2,718\mathrm{e}\approx 2{,}718, donc 2<e2<\mathrm{e}.

Par transitivité de l'ordre, on obtient

1+1n⩽2<e.1+\dfrac{1}{n}\leqslant 2<\mathrm{e}.

Donc, pour tout entier naturel nn non nul, 1+1n⩽e1+\dfrac{1}{n}\leqslant\mathrm{e}.

Question 3. b)

Soit nn un entier naturel non nul.

D'après la question précédente, 1+1n⩽e1+\dfrac{1}{n}\leqslant\mathrm{e}.

Comme e>0\mathrm{e}>0, on divise chaque membre par e\mathrm{e} sans changer le sens de l'inégalité :

1e(1+1n)⩽1.\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{n}\right)\leqslant 1.

Par hypothèse, un>0u_n>0. On multiplie chaque membre par unu_n, nombre strictement positif, sans changer le sens de l'inégalité :

1e(1+1n)un⩽un.\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{n}\right)u_n\leqslant u_n.

Le membre de gauche est un+1u_{n+1}, donc un+1⩽unu_{n+1}\leqslant u_n.

Donc la suite (un)(u_n) est décroissante.

Question 3. c)

La suite (un)(u_n) est décroissante d'après la question précédente.

Elle est minorée par 00, puisque tous ses termes sont strictement positifs.

D'après le théorème de la limite monotone (une suite décroissante et minorée converge), la suite (un)(u_n) converge.

Donc la suite (un)(u_n) est convergente.

Réponse : oui, la suite (un)(u_n) converge.

Question 4. a)

Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, on note P(n)P(n) la propriété un=nenu_n=\dfrac{n}{\mathrm{e}^{n}}.

Initialisation. Pour n=1n=1, on a u1=1eu_1=\dfrac{1}{\mathrm{e}} par définition, et 1e1=1e\dfrac{1}{\mathrm{e}^{1}}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}.

Donc P(1)P(1) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier fixé, k⩾1k\geqslant 1, tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire uk=keku_k=\dfrac{k}{\mathrm{e}^{k}} (hypothèse de récurrence).

Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie, c'est-à-dire uk+1=k+1ek+1u_{k+1}=\dfrac{k+1}{\mathrm{e}^{k+1}}.

Par définition de la suite, puisque k⩾1k\geqslant 1,

uk+1=1e(1+1k)uk.u_{k+1}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{k}\right)u_k.

On remplace uku_k par kek\dfrac{k}{\mathrm{e}^{k}} (hypothèse de récurrence) et on écrit 1+1k=k+1k1+\dfrac{1}{k}=\dfrac{k+1}{k} :

uk+1=1e×k+1k×kek.u_{k+1}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\times\dfrac{k+1}{k}\times\dfrac{k}{\mathrm{e}^{k}}.

On simplifie par kk, qui est non nul :

uk+1=k+1e×ek=k+1ek+1.u_{k+1}=\dfrac{k+1}{\mathrm{e}\times\mathrm{e}^{k}}=\dfrac{k+1}{\mathrm{e}^{k+1}}.

Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(1)P(1) est vraie et PP est héréditaire à partir du rang 11 : d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier n⩾1n\geqslant 1.

Donc, pour tout entier naturel nn non nul, un=nenu_n=\dfrac{n}{\mathrm{e}^{n}}.

Question 4. b)

Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, on a

un=nen=1  enn  .u_n=\dfrac{n}{\mathrm{e}^{n}}=\dfrac{1}{\;\dfrac{\mathrm{e}^{n}}{n}\;}.

D'après le théorème des croissances comparées,

lim⁡n→+∞enn=+∞.\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{n}}{n}=+\infty.

Par passage à l'inverse (l'inverse d'une quantité qui tend vers +∞+\infty tend vers 00), on obtient

lim⁡n→+∞un=0.\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=0.

Donc la suite (un)(u_n) converge vers 00, ce qui est cohérent avec la question 3. c).

Réponse : lim⁡n→+∞un=0\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=0.

Points clés attendus

  • Détailler les calculs de u2u_2 et u3u_3 en utilisant la relation de récurrence avec n=1n=1 puis n=2n=2.

  • Python : initialiser uu à u1u_1 en L2L_2, et traduire la relation de récurrence en L4L_4 avec l'indice ii de la boucle.

  • Pour la décroissance, utiliser la positivité de unu_n et l'inégalité 1e(1+1n)⩽1\dfrac{1}{\mathrm{e}}\left(1+\dfrac{1}{n}\right)\leqslant 1.

  • Citer le théorème de la limite monotone : suite décroissante et minorée, donc convergente.

  • Récurrence rédigée complètement (initialisation, hérédité avec hypothèse de récurrence, conclusion).

  • Citer les croissances comparées pour la limite de nen\dfrac{n}{\mathrm{e}^{n}}.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

Les autres exercices de ce sujet

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Métropole, 12 septembre 2023 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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