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Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac

Bac 2023, Métropole : exercice 4

11 septembre 2023 · jour 1 · 7 points

PARTIE A

On définit sur l'intervalle ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ la fonction gg par :

g(x)=2x−1x2+ln⁡xouˋ ln deˊsigne la fonction logarithme neˊpeˊrien.g(x) = \dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x \quad \text{où ln désigne la fonction logarithme népérien}.

On admet que la fonction gg est dérivable sur ]0  ;  +∞[=I]0\;;\;+\infty[ = I et on note g′g' sa fonction dérivée.

  1. Montrer que pour x>0x > 0, le signe de g′(x)g'(x) est celui du trinôme du second degré (x2−2x+2)\left(x^2 - 2x + 2\right).

  2. En déduire que la fonction gg est strictement croissante sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[.

  3. Montrer que l'équation g(x)=0g(x) = 0 admet une unique solution sur l'intervalle [0,5   1], que l'on notera α\alpha.

  4. On donne le tableau de signes de gg sur l'intervalle ]0  ;  +∞[=I]0\;;\;+\infty[ = I :

    Figure de l'énoncé, exercice 4, Métropole 11 septembre 2023

    Justifier ce tableau de signes à l'aide des résultats obtenus aux questions précédentes.

PARTIE B

On considère la fonction ff définie sur l'intervalle ]0  ;  +∞[=I]0\;;\;+\infty[ = I par:

f(x)=exln⁡x.f(x) = \mathrm{e}^x \ln x.

On note Cf\mathcal{C}_f la courbe représentative de ff dans un repère orthonormé.

  1. On admet que la fonction ff est deux fois dérivable sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[, on note f′f' sa fonction dérivée, f′′f'' sa fonction dérivée seconde et on admet que :

    pour tout nombre réel x>0,  f′(x)=ex(1x+ln⁡x)x > 0,\,\, f'(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 1x + \ln x\right).

    Démontrer que, pour tout nombre réel x>0x > 0, on a : f′′(x)=ex(2x−1x2+ln⁡x)f''(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x\right).

  2. On pourra remarquer que pour tout réel x>0x > 0,  f′′(x)=ex×g(x)f''(x) = \mathrm{e}^x \times g(x), où gg désigne la fonction étudiée dans la partie A.

    1. Dresser le tableau de signes de la fonction f′′f'' sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[. Justifier.

    2. Justifier que la courbe Cf\mathcal{C}_f admet un unique point d'inflexion A.

    3. Étudier la convexité de la fonction ff sur l'intervalle ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[. Justifier.

    1. Calculer les limites de ff aux bornes de son ensemble de définition.

    2. Montrer que f′(α)=eαα2(1−α)f'(\alpha) = \dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}(1 - \alpha).

      On rappelle que α\alpha est l'unique solution de l'équation g(x)=0g(x) = 0.

    3. Démontrer que f′(α)>0f'(\alpha) > 0 et en déduire le signe de f′(x)f'(x) pour xx appartenant à ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[.

    4. En déduire le tableau de variations complet de la fonction ff sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[.

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Partie A

Question 1.

La fonction gg est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Dérivons chaque terme pour x>0x>0 :

(2x)′=−2x2,(−1x2)′=2x3,(ln⁡x)′=1x.\left(\dfrac2x\right)'=-\dfrac2{x^2},\qquad \left(-\dfrac1{x^2}\right)'=\dfrac{2}{x^3},\qquad (\ln x)'=\dfrac1x.

Donc, pour tout x>0x>0 :

g′(x)=−2x2+2x3+1x.g'(x)=-\dfrac{2}{x^2}+\dfrac{2}{x^3}+\dfrac1x.

Mettons au même dénominateur x3x^3 :

g′(x)=−2x+2+x2x3=x2−2x+2x3.g'(x)=\dfrac{-2x+2+x^2}{x^3}=\dfrac{x^2-2x+2}{x^3}.

Pour tout x>0x>0, on a x3>0x^3>0. Donc le quotient g′(x)g'(x) a le même signe que son numérateur.

Donc, pour x>0x>0, le signe de g′(x)g'(x) est celui du trinôme x2−2x+2x^2-2x+2.

Question 2.

Étudions le signe du trinôme x2−2x+2x^2-2x+2. Son discriminant est

Δ=(−2)2−4×1×2=4−8=−4<0.\Delta=(-2)^2-4\times1\times2=4-8=-4<0.

Le trinôme n'a donc pas de racine réelle, et son coefficient dominant 11 est strictement positif. Donc x2−2x+2>0x^2-2x+2>0 pour tout réel xx.

On peut aussi l'écrire sous forme canonique : x2−2x+2=(x−1)2+1⩾1>0x^2-2x+2=(x-1)^2+1\geqslant1>0.

D'après la question 1, g′(x)>0g'(x)>0 pour tout x∈ ]0 ;+∞[x\in\,]0\,;+\infty[.

Donc la fonction gg est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

Question 3.

Appliquons le théorème des valeurs intermédiaires (corollaire pour les fonctions strictement monotones) à gg sur l'intervalle [0,5 ;1][0{,}5\,;1].

Hypothèses :

  • gg est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, donc continue sur [0,5 ;1][0{,}5\,;1]

  • gg est strictement croissante sur [0,5 ;1][0{,}5\,;1], d'après la question 2

  • aux bornes :

    g(0,5)=20,5−10,25+ln⁡0,5=4−4+ln⁡0,5=−ln⁡2<0,g(1)=2−1+ln⁡1=1>0.\begin{aligned} g(0{,}5)&=\dfrac{2}{0{,}5}-\dfrac{1}{0{,}25}+\ln 0{,}5=4-4+\ln0{,}5=-\ln2<0,\\ g(1)&=2-1+\ln1=1>0. \end{aligned}

Donc 00 est compris entre g(0,5)g(0{,}5) et g(1)g(1).

D'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une solution dans [0,5 ;1][0{,}5\,;1]. Comme gg est strictement monotone sur cet intervalle, cette solution est unique.

Donc l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha sur [0,5 ;1][0{,}5\,;1]. À la calculatrice, α≈0,592\alpha\approx0{,}592.

Question 4.

La fonction gg est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ et g(α)=0g(\alpha)=0.

  • Si 0<x<α0<x<\alpha, alors g(x)<g(α)=0g(x)<g(\alpha)=0 : g(x)g(x) est strictement négatif.

  • Si x>αx>\alpha, alors g(x)>g(α)=0g(x)>g(\alpha)=0 : g(x)g(x) est strictement positif.

Donc gg est strictement négative sur ]0 ;α[]0\,;\alpha[, s'annule en α\alpha et est strictement positive sur ]α ;+∞[]\alpha\,;+\infty[, ce qui justifie le tableau de signes donné.

Partie B

Question 1.

On admet que f′(x)=ex(1x+ln⁡x)f'(x)=\mathrm{e}^x\left(\dfrac1x+\ln x\right) pour tout x>0x>0. Dérivons ce produit u vu\,v avec u(x)=exu(x)=\mathrm{e}^x et v(x)=1x+ln⁡xv(x)=\dfrac1x+\ln x, de dérivées u′(x)=exu'(x)=\mathrm{e}^x et v′(x)=−1x2+1xv'(x)=-\dfrac1{x^2}+\dfrac1x.

D'après la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv' :

f′′(x)=ex(1x+ln⁡x)+ex(−1x2+1x).f''(x)=\mathrm{e}^x\left(\dfrac1x+\ln x\right)+\mathrm{e}^x\left(-\dfrac1{x^2}+\dfrac1x\right).

On factorise par ex\mathrm{e}^x :

f′′(x)=ex(1x+ln⁡x−1x2+1x)=ex(2x−1x2+ln⁡x).f''(x)=\mathrm{e}^x\left(\dfrac1x+\ln x-\dfrac1{x^2}+\dfrac1x\right)=\mathrm{e}^x\left(\dfrac2x-\dfrac1{x^2}+\ln x\right).

Donc, pour tout x>0x>0, f′′(x)=ex(2x−1x2+ln⁡x)f''(x)=\mathrm{e}^x\left(\dfrac2x-\dfrac1{x^2}+\ln x\right).

Question 2.

Cette question est une indication pour la suite. D'après la question 1 et la définition de gg, on a, pour tout x>0x>0 :

f′′(x)=ex×g(x).f''(x)=\mathrm{e}^x\times g(x).

Question 3. a)

Pour tout x>0x>0, ex>0\mathrm{e}^x>0. Donc f′′(x)=ex g(x)f''(x)=\mathrm{e}^x\,g(x) a le même signe que g(x)g(x).

D'après la partie A, question 4 :

  • f′′(x)<0f''(x)<0 pour x∈ ]0 ;α[x\in\,]0\,;\alpha[

  • f′′(α)=0f''(\alpha)=0

  • f′′(x)>0f''(x)>0 pour x∈ ]α ;+∞[x\in\,]\alpha\,;+\infty[.

Donc f′′f'' est négative sur ]0 ;α]]0\,;\alpha] et positive sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[, et ne s'annule qu'en α\alpha.

Question 3. b)

Un point de la courbe est un point d'inflexion lorsque la dérivée seconde s'annule en changeant de signe en son abscisse.

D'après la question 3. a), f′′f'' s'annule en α\alpha et change de signe en α\alpha (négative avant, positive après), et elle ne s'annule nulle part ailleurs.

Donc la courbe Cf\mathcal{C}_f admet un unique point d'inflexion, le point A d'abscisse α\alpha.

Question 3. c)

La convexité se déduit du signe de f′′f'' :

  • f′′⩽0f''\leqslant0 sur ]0 ;α]]0\,;\alpha], donc ff est concave sur ]0 ;α]]0\,;\alpha]

  • f′′⩾0f''\geqslant0 sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[, donc ff est convexe sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[.

Donc ff est concave sur ]0 ;α]]0\,;\alpha] et convexe sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[.

Question 4. a)

Limite en +∞+\infty. On a lim⁡x→+∞ex=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}\mathrm{e}^x=+\infty et lim⁡x→+∞ln⁡x=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}\ln x=+\infty. Par produit de limites :

lim⁡x→+∞f(x)=+∞.\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=+\infty.

Limite en 00. On a lim⁡x→0ex=1\lim\limits_{x\to0}\mathrm{e}^x=1 et lim⁡x→0+ln⁡x=−∞\lim\limits_{x\to0^+}\ln x=-\infty. Par produit de limites :

lim⁡x→0+f(x)=−∞.\lim\limits_{x\to0^+}f(x)=-\infty.

Donc lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to0^+}f(x)=-\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=+\infty.

Réponse : lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to0^+}f(x)=-\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=+\infty.

Question 4. b)

Comme g(α)=0g(\alpha)=0, on a

2α−1α2+ln⁡α=0,doncln⁡α=1α2−2α.\dfrac2\alpha-\dfrac1{\alpha^2}+\ln\alpha=0,\qquad\text{donc}\qquad \ln\alpha=\dfrac1{\alpha^2}-\dfrac2\alpha.

Remplaçons ln⁡α\ln\alpha dans f′(α)=eα(1α+ln⁡α)f'(\alpha)=\mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac1\alpha+\ln\alpha\right) :

f′(α)=eα(1α+1α2−2α)=eα(1α2−1α).f'(\alpha)=\mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac1\alpha+\dfrac1{\alpha^2}-\dfrac2\alpha\right)=\mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac1{\alpha^2}-\dfrac1\alpha\right).

On met au même dénominateur α2\alpha^2 :

f′(α)=eα×1−αα2=eαα2 (1−α).f'(\alpha)=\mathrm{e}^{\alpha}\times\dfrac{1-\alpha}{\alpha^2}=\dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}\,(1-\alpha).

Donc f′(α)=eαα2(1−α)f'(\alpha)=\dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}(1-\alpha).

Question 4. c)

On a α∈[0,5 ;1]\alpha\in[0{,}5\,;1] et g(1)=1≠0g(1)=1\neq0, donc α≠1\alpha\neq1 et α<1\alpha<1. Donc 1−α>01-\alpha>0.

De plus eαα2>0\dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}>0. Donc, par produit, f′(α)>0f'(\alpha)>0.

Étudions maintenant les variations de f′f'. Sa dérivée est f′′f'', qui est négative sur ]0 ;α]]0\,;\alpha] et positive sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[ (question 3. a)). Donc f′f' est décroissante sur ]0 ;α]]0\,;\alpha] et croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[.

Elle admet donc un minimum en α\alpha : pour tout x>0x>0, f′(x)⩾f′(α)f'(x)\geqslant f'(\alpha).

Comme f′(α)>0f'(\alpha)>0, on obtient f′(x)⩾f′(α)>0f'(x)\geqslant f'(\alpha)>0 pour tout x>0x>0.

Donc f′(α)>0f'(\alpha)>0 et f′(x)>0f'(x)>0 pour tout x∈ ]0 ;+∞[x\in\,]0\,;+\infty[.

Question 4. d)

D'après la question 4. c), f′(x)>0f'(x)>0 sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Donc ff est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

D'après la question 4. a), f(x)f(x) tend vers −∞-\infty quand xx tend vers 0+0^+ et vers +∞+\infty quand xx tend vers +∞+\infty.

Le tableau de variations de ff se résume donc ainsi : ff est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, de limite −∞-\infty en 0+0^+ à limite +∞+\infty en +∞+\infty.

Points clés attendus

  • Question 3 (partie A) : énoncer les trois hypothèses du théorème des valeurs intermédiaires (continuité, stricte monotonie, signes aux bornes) pour obtenir existence et unicité.

  • Question 4 (partie A) : déduire le signe de gg de la stricte croissance et de g(α)=0g(\alpha)=0.

  • Partie B, question 3 : relier le signe de f′′f'' à la convexité, et le changement de signe de f′′f'' au point d'inflexion.

  • Question 4. b) : utiliser g(α)=0g(\alpha)=0 pour remplacer ln⁡α\ln\alpha et éliminer le logarithme.

  • Question 4. c) : f′f' a un minimum en α\alpha et ce minimum est strictement positif, d'où le signe de f′f' sur tout l'intervalle.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Métropole, 11 septembre 2023 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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