+ qu'un profMon espace

Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2023, La Réunion : exercice 2

29 mars 2023 · jour 2 · 5 points Python

On considère la suite (un)\left(u_n\right) définie par u0=8u_0 = 8 et, pour tout entier naturel nn,

un+1=6un+2un+5.u_{n +1} = \dfrac{6u_n + 2}{u_n +5}.

  1. Calculer u1u_1.

  2. Soit ff la fonction définie sur l'intervalle [0  ;  +∞[[0\;;\;+\infty[ par :

    f(x)=6x+2x+5.f(x) = \dfrac{6x + 2 }{x +5}.

    Ainsi, pour tout entier naturel nn, on a : un+1=f(un)u_{n+1} = f\left(u_n\right).

    1. Démontrer que la fonction ff est strictement croissante sur l'intervalle [0  ;  +∞[[0\;;\;+\infty[.

      En déduire que pour tout réel x>2x > 2, on a f(x)>2f(x) > 2.

    2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, on a un>2u_n > 2.

  3. On admet que, pour tout entier naturel nn, on a :

    un+1−un=(2−un)(un+1)un+5.u_{n+1} - u_n = \dfrac{\left(2 - u_n\right)\left(u_n + 1\right)}{u_n +5}.

    1. Démontrer que la suite (un)\left(u_n\right) est décroissante.

    2. En déduire que la suite (un)\left(u_n\right) est convergente.

  4. On définit la suite (vn)\left(v_n\right) pour tout entier naturel par:

    vn=un−2un+1.v_n = \dfrac{u_n - 2}{u_n + 1}.

    1. Calculer v0v_0.

    2. Démontrer que (vn)\left(v_n\right) est une suite géométrique de raison 47\dfrac47.

    3. Déterminer, en justifiant, la limite de (vn)\left(v_n\right).

      En déduire la limite de (un)\left(u_n\right).

  1. On considère la fonction Python seuil ci-contre, où A est un nombre réel strictement plus grand que 2.

    Donner, sans justification, la valeur renvoyée par la commande seuil (2.001) puis interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.

defseuil (A) :
n = 0
u = 8
while u >> A :
  u = (6*u + 2)/(u + 5)
  n = n + 1
return n
Voir le corrigé

Question 1.

On a u0=8u_0=8 et u1=6u0+2u0+5u_1=\dfrac{6u_0+2}{u_0+5}.

Donc

u1=6×8+28+5=5013.u_1=\dfrac{6\times8+2}{8+5}=\dfrac{50}{13}.

Réponse : u1=5013u_1=\dfrac{50}{13}.

Question 2. a)

La fonction ff est une fonction rationnelle, définie et dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ car son dénominateur x+5x+5 ne s'annule pas sur cet intervalle.

On pose u(x)=6x+2u(x)=6x+2 et v(x)=x+5v(x)=x+5, de sorte que u′(x)=6u'(x)=6 et v′(x)=1v'(x)=1. On utilise la formule de dérivation d'un quotient :

f′(x)=u′(x)v(x)−u(x)v′(x)(v(x))2=6(x+5)−(6x+2)(x+5)2.f'(x)=\dfrac{u'(x)v(x)-u(x)v'(x)}{\left(v(x)\right)^2}=\dfrac{6(x+5)-(6x+2)}{(x+5)^2}.

On développe le numérateur :

6(x+5)−(6x+2)=6x+30−6x−2=28.6(x+5)-(6x+2)=6x+30-6x-2=28.

Donc, pour tout x⩾0x\geqslant0 :

f′(x)=28(x+5)2.f'(x)=\dfrac{28}{(x+5)^2}.

Le numérateur 2828 est strictement positif et le dénominateur (x+5)2(x+5)^2 est strictement positif. Donc f′(x)>0f'(x)>0 sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

Donc ff est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

On calcule f(2)=6×2+22+5=147=2f(2)=\dfrac{6\times2+2}{2+5}=\dfrac{14}{7}=2.

Soit x>2x>2. Comme ff est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et que x>2x>2, on a f(x)>f(2)f(x)>f(2).

Donc f(x)>2f(x)>2.

Donc, pour tout réel x>2x>2, on a f(x)>2f(x)>2.

Question 2. b)

Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété un>2u_n>2.

Initialisation. On a u0=8u_0=8 et 8>28>2. Donc P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire uk>2u_k>2 (hypothèse de récurrence). Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie, c'est-à-dire uk+1>2u_{k+1}>2.

On a uk>2u_k>2 et uk∈[0 ;+∞[u_k\in[0\,;+\infty[. D'après la question 2. a), ff est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et f(x)>2f(x)>2 pour tout x>2x>2.

On applique ce résultat avec x=ukx=u_k :

f(uk)>2.f(u_k)>2.

Or f(uk)=uk+1f(u_k)=u_{k+1}. Donc uk+1>2u_{k+1}>2 : P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn.

Donc, pour tout entier naturel nn, on a un>2u_n>2.

Question 3. a)

On admet que, pour tout entier naturel nn :

un+1−un=(2−un)(un+1)un+5.u_{n+1}-u_n=\dfrac{(2-u_n)(u_n+1)}{u_n+5}.

D'après la question 2. b), un>2u_n>2 pour tout nn. On étudie le signe de chaque facteur :

  • 2−un<02-u_n<0 car un>2u_n>2

  • un+1>3>0u_n+1>3>0

  • un+5>7>0u_n+5>7>0.

Le numérateur est le produit d'un nombre strictement négatif et d'un nombre strictement positif : il est strictement négatif. Le dénominateur est strictement positif.

Donc un+1−un<0u_{n+1}-u_n<0 pour tout entier naturel nn.

Donc la suite (un)(u_n) est strictement décroissante, en particulier décroissante.

Question 3. b)

La suite (un)(u_n) est décroissante d'après la question 3. a).

Elle est minorée par 22 d'après la question 2. b).

D'après le théorème de convergence monotone (toute suite décroissante et minorée converge), la suite (un)(u_n) converge.

Donc la suite (un)(u_n) est convergente.

Question 4. a)

On a v0=u0−2u0+1=8−28+1=69=23v_0=\dfrac{u_0-2}{u_0+1}=\dfrac{8-2}{8+1}=\dfrac69=\dfrac23.

Réponse : v0=23v_0=\dfrac23.

Question 4. b)

Pour tout entier naturel nn, on a un+1>0u_n+1>0 et un+5>0u_n+5>0, donc vnv_n et un+1u_{n+1} sont bien définis.

On exprime un+1−2u_{n+1}-2 :

un+1−2=6un+2un+5−2=6un+2−2(un+5)un+5=4un−8un+5=4(un−2)un+5.u_{n+1}-2=\dfrac{6u_n+2}{u_n+5}-2=\dfrac{6u_n+2-2(u_n+5)}{u_n+5}=\dfrac{4u_n-8}{u_n+5}=\dfrac{4(u_n-2)}{u_n+5}.

On exprime un+1+1u_{n+1}+1 :

un+1+1=6un+2un+5+1=6un+2+un+5un+5=7un+7un+5=7(un+1)un+5.u_{n+1}+1=\dfrac{6u_n+2}{u_n+5}+1=\dfrac{6u_n+2+u_n+5}{u_n+5}=\dfrac{7u_n+7}{u_n+5}=\dfrac{7(u_n+1)}{u_n+5}.

Donc

vn+1=un+1−2un+1+1=4(un−2)un+57(un+1)un+5=4(un−2)7(un+1).v_{n+1}=\dfrac{u_{n+1}-2}{u_{n+1}+1}=\dfrac{\dfrac{4(u_n-2)}{u_n+5}}{\dfrac{7(u_n+1)}{u_n+5}}=\dfrac{4(u_n-2)}{7(u_n+1)}.

On reconnaît vn=un−2un+1v_n=\dfrac{u_n-2}{u_n+1} :

vn+1=47×un−2un+1=47 vn.v_{n+1}=\dfrac47\times\dfrac{u_n-2}{u_n+1}=\dfrac47\,v_n.

Donc la suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 47\dfrac47, de premier terme v0=23v_0=\dfrac23.

Question 4. c)

D'après la question 4. b), pour tout entier naturel nn :

vn=v0×(47)n=23(47)n.v_n=v_0\times\left(\dfrac47\right)^n=\dfrac23\left(\dfrac47\right)^n.

Comme −1<47<1-1<\dfrac47<1, on a lim⁡n→+∞(47)n=0\lim\limits_{n\to+\infty}\left(\dfrac47\right)^n=0 (limite d'une suite géométrique de raison comprise entre −1-1 et 11).

Donc lim⁡n→+∞vn=0\lim\limits_{n\to+\infty}v_n=0.

Pour en déduire la limite de (un)(u_n), on exprime unu_n en fonction de vnv_n. De vn=un−2un+1v_n=\dfrac{u_n-2}{u_n+1}, on tire, comme un+1≠0u_n+1\neq0 :

vn(un+1)=un−2.v_n(u_n+1)=u_n-2.

On regroupe les termes en unu_n :

vnun+vn=un−2  ⟺  un(vn−1)=−2−vn.v_nu_n+v_n=u_n-2\iff u_n(v_n-1)=-2-v_n.

Comme vn≠1v_n\neq1 (on a vn=23(47)n⩽23v_n=\dfrac23\left(\dfrac47\right)^n\leqslant\dfrac23), on obtient

un=−2−vnvn−1=2+vn1−vn.u_n=\dfrac{-2-v_n}{v_n-1}=\dfrac{2+v_n}{1-v_n}.

Comme lim⁡n→+∞vn=0\lim\limits_{n\to+\infty}v_n=0, on a par quotient (le dénominateur tend vers 1≠01\neq0) :

lim⁡n→+∞un=2+01−0=2.\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=\dfrac{2+0}{1-0}=2.

Donc lim⁡n→+∞vn=0\lim\limits_{n\to+\infty}v_n=0 et lim⁡n→+∞un=2\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=2.

Réponse : lim⁡n→+∞vn=0\lim\limits_{n\to+\infty}v_n=0 et lim⁡n→+∞un=2\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=2.

Question 5.

La fonction seuil(A) calcule les termes de la suite (un)(u_n) à partir de u0=8u_0=8 et s'arrête dès que u⩽Au\leqslant A. Elle renvoie alors le nombre nn d'itérations effectuées.

Avec A=2,001A=2{,}001, on calcule les termes de la suite (valeurs approchées) :

u12≈2,00243,u13≈2,00139,u14≈2,00079.u_{12}\approx2{,}00243,\qquad u_{13}\approx2{,}00139,\qquad u_{14}\approx2{,}00079.

On a u13>2,001u_{13}>2{,}001 et u14⩽2,001u_{14}\leqslant2{,}001.

La commande seuil(2.001) renvoie donc 14.

Interprétation : 1414 est le plus petit entier nn tel que un⩽2,001u_n\leqslant2{,}001. Comme la suite est décroissante, pour tout n⩾14n\geqslant14, unu_n est à une distance inférieure à 10−310^{-3} de sa limite 22.

Réponse : seuil(2.001) renvoie 1414.

Points clés attendus

  • Dériver ff avec la formule du quotient, puis justifier le signe de f′f' pour conclure à la stricte croissance.

  • Rédiger la récurrence complète : initialisation, hérédité avec « soit kk fixé tel que …\ldots », conclusion, en citant la croissance de ff.

  • Étudier le signe de chaque facteur de un+1−unu_{n+1}-u_n en utilisant un>2u_n>2.

  • Citer le théorème de convergence monotone avec ses deux hypothèses (décroissante, minorée).

  • Pour la suite géométrique, calculer vn+1v_{n+1} en fonction de vnv_n   pour la limite de (un)(u_n), exprimer unu_n en fonction de vnv_n.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

Les autres exercices de ce sujet

  • Exercice 1 · 5 points · Succession d'épreuves et loi binomiale
  • Exercice 3 · 5 points · Orthogonalité et distances dans l'espace · Succession d'épreuves et loi binomiale
  • Exercice 4 · 5 points · Dérivation et convexité · Fonction logarithme

Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (La Réunion, 29 mars 2023 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

Un doute sur un exercice ou sur ta méthode de rédaction ? On en parle ensemble, sans engagement.

Réserver un appel découverte