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Terminale Spé Maths / Chapitre 12 : Succession d'épreuves et loi binomiale / Annales du bac

Bac 2023, Amérique du Sud : exercice 2

26 septembre 2023 · jour 1 · 5 points

  1. Entre 1998 et 2020, en France 18221965 accouchements ont été recensés, parmi lesquels 293898 ont donné naissance à des jumeaux et 4921 ont donné naissance à au moins trois enfants.

    1. Avec une précision de 0,1 % calculer parmi tous les accouchements recensés, le pourcentage d'accouchements donnant naissance à des jumeaux sur la période 1998-2020.

    2. Vérifier que le pourcentage d'accouchements qui ont donné naissance à au moins trois enfants est inférieur à 0,1 %.

      On considère alors que ce pourcentage est négligeable.

      On appelle accouchement ordinaire, un accouchement donnant naissance à un seul enfant.

      On appelle accouchement double, un accouchement donnant naissance à exactement deux enfants.

      On considère dans la suite de l'exercice qu'un accouchement est soit ordinaire, soit double.

      La probabilité d'un accouchement ordinaire est égale à 0,9840,984 et celle d'un accouchement double est alors égale à 0,0160,016.

      Les probabilités calculées dans la suite seront arrondies au millième.

  2. On admet qu'un jour donné dans une maternité, on réalise nn accouchements.

    On considère que ces nn accouchements sont indépendants les uns des autres.

    On note XX la variable aléatoire qui donne le nombre d'accouchements doubles pratiqués ce jour.

    1. Dans le cas où n=20n = 20, préciser la loi de probabilité suivie par la variable aléatoire XX et calculer la probabilité qu'on réalise exactement un accouchement double.

    2. Par la méthode de votre choix que vous expliciterez, déterminer la plus petite valeur de nn telle que p(X⩾1)⩾0,99p(X \geqslant 1) \geqslant 0,99.

      Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

  3. Dans cette maternité, parmi les naissances double, on estime qu'il y a 30 % de jumeaux monozygotes (appelés « vrais jumeaux » qui sont obligatoirement de même sexe : deux garçons ou deux filles) et donc 70 % de jumeaux dizygotes (appelés « faux jumeaux », qui peuvent être de sexes différents: deux garçons, deux filles ou un garçon et une fille).

    Dans le cas de naissances doubles, on admet que, comme pour les naissances ordinaires, la probabilité d'être une fille à la naissance est égale à 0,490,49 et que celle d'être un garçon à la naissance est égale à 0,510,51.

    Dans le cas d'une naissance double de jumeaux dizygotes, on admet aussi que le sexe du second nouveau-né des jumeaux est indépendant du sexe du premier nouveau-né.

    On choisit au hasard un accouchement double réalisé dans cette maternité et on considère les évènements suivants :

    • MM : « les jumeaux sont monozygotes »

    • F1F_1 : « le premier nouveau-né est une fille »

    • F2F_2 : « le second nouveau-né est une fille ».

    On notera p(A)p(A) la probabilité de l'évènement AA et A‾\overline{A} l'évènement contraire de AA.

    Figure de l'énoncé, exercice 2, Amérique du Sud 26 septembre 2023
    1. Recopier puis compléter l'arbre pondéré ci-dessus.

    2. Montrer que la probabilité que les deux nouveaux-nés soient des filles est 0,31507.

    3. Les deux nouveaux-nés sont des jumelles. Calculer la probabilité qu'elles soient monozygotes.

Voir le corrigé

Question 1. a)

La proportion d'accouchements donnant naissance à des jumeaux est le quotient du nombre d'accouchements de jumeaux par le nombre total d'accouchements :

293 89818 221 965≈0,0161.\dfrac{293\,898}{18\,221\,965}\approx 0{,}0161.

Avec une précision de 0,1 %0{,}1\,\%, cela fait 1,6 %1{,}6\,\%.

Donc, sur la période 1998-2020, environ 1,6 %1{,}6\,\% des accouchements ont donné naissance à des jumeaux.

Réponse : 1,6 %1{,}6\,\%.

Question 1. b)

De même, la proportion d'accouchements donnant naissance à au moins trois enfants est

4 92118 221 965≈0,00027,\dfrac{4\,921}{18\,221\,965}\approx 0{,}00027,
soit environ 0,027 %0{,}027\,\%.

Comme 0,027<0,10{,}027<0{,}1, ce pourcentage est bien inférieur à 0,1 %0{,}1\,\%.

Question 2. a)

On répète 2020 accouchements. Chacun est une épreuve de Bernoulli : le succès « l'accouchement est double » a pour probabilité 0,0160{,}016. Les 2020 accouchements sont identiques et indépendants (énoncé).

Donc XX, nombre de succès, suit la loi binomiale de paramètres n=20n=20 et p=0,016p=0{,}016 : X∼B(20 ;0,016)X\sim\mathcal{B}(20\,;0{,}016).

La probabilité d'avoir exactement un accouchement double est

p(X=1)=(201)×0,0161×0,98419=20×0,016×0,98419≈0,236.\begin{aligned} p(X=1)&=\binom{20}{1}\times 0{,}016^1\times 0{,}984^{19}\\ &=20\times 0{,}016\times 0{,}984^{19}\\ &\approx 0{,}236. \end{aligned}

Donc la probabilité qu'on réalise exactement un accouchement double est environ 0,2360{,}236 (arrondie au millième).

Réponse : X∼B(20 ;0,016)X\sim\mathcal{B}(20\,;0{,}016) et p(X=1)≈0,236p(X=1)\approx 0{,}236.

Question 2. b)

Ici X∼B(n ;0,016)X\sim\mathcal{B}(n\,;0{,}016).

L'évènement « X⩾1X\geqslant 1 » a pour contraire « X=0X=0 », donc

p(X⩾1)=1−p(X=0)=1−0,984n.p(X\geqslant 1)=1-p(X=0)=1-0{,}984^n.

On résout l'inéquation :

1−0,984n⩾0,99  ⟺  0,984n⩽0,01  ⟺  nln⁡(0,984)⩽ln⁡(0,01)(la fonction ln⁡ est strictement croissante)  ⟺  n⩾ln⁡(0,01)ln⁡(0,984)(car ln⁡(0,984)<0, l’ineˊgaliteˊ change de sens).\begin{aligned} 1-0{,}984^n\geqslant 0{,}99 &\iff 0{,}984^n\leqslant 0{,}01\\ &\iff n\ln(0{,}984)\leqslant\ln(0{,}01)\qquad\text{(la fonction }\ln\text{ est strictement croissante)}\\ &\iff n\geqslant\dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}984)}\qquad\text{(car }\ln(0{,}984)<0\text{, l'inégalité change de sens).} \end{aligned}

On a ln⁡(0,01)ln⁡(0,984)≈285,5\dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}984)}\approx 285{,}5.

Le plus petit entier nn convenable est donc 286286.

Vérification à la calculatrice :

  • 1−0,984285≈0,98992<0,991-0{,}984^{285}\approx 0{,}98992<0{,}99

  • 1−0,984286≈0,99008⩾0,991-0{,}984^{286}\approx 0{,}99008\geqslant 0{,}99.

Interprétation : il faut qu'il y ait au moins 286286 accouchements un jour donné pour que la probabilité d'avoir au moins un accouchement double ce jour-là soit supérieure ou égale à 0,990{,}99.

Réponse : n=286n=286.

Question 3. a)

On traduit les données de l'énoncé :

  • p(M)=0,3p(M)=0{,}3 et p(M‾)=0,7p(\overline M)=0{,}7

  • p(F1)=0,49p(F_1)=0{,}49 et p(F1‾)=0,51p(\overline{F_1})=0{,}51 pour le premier nouveau-né, que les jumeaux soient monozygotes ou non.

Branche MM (jumeaux monozygotes, de même sexe) :

  • pM(F1)=0,49p_M(F_1)=0{,}49 et pM(F1‾)=0,51p_M(\overline{F_1})=0{,}51

  • pM∩F1(F2)=1p_{M\cap F_1}(F_2)=1 et pM∩F1(F2‾)=0p_{M\cap F_1}(\overline{F_2})=0

  • pM∩F1‾(F2)=0p_{M\cap\overline{F_1}}(F_2)=0 et pM∩F1‾(F2‾)=1p_{M\cap\overline{F_1}}(\overline{F_2})=1.

Branche M‾\overline M (jumeaux dizygotes, sexes indépendants) :

  • pM‾(F1)=0,49p_{\overline M}(F_1)=0{,}49 et pM‾(F1‾)=0,51p_{\overline M}(\overline{F_1})=0{,}51

  • pM‾∩F1(F2)=pM‾∩F1‾(F2)=0,49p_{\overline M\cap F_1}(F_2)=p_{\overline M\cap\overline{F_1}}(F_2)=0{,}49

  • pM‾∩F1(F2‾)=pM‾∩F1‾(F2‾)=0,51p_{\overline M\cap F_1}(\overline{F_2})=p_{\overline M\cap\overline{F_1}}(\overline{F_2})=0{,}51.

L'arbre se recopie avec ces pondérations sur les branches.

Question 3. b)

Les évènements MM et M‾\overline M forment une partition de l'univers.

D'après la formule des probabilités totales :

p(F1∩F2)=p(M∩F1∩F2)+p(M‾∩F1∩F2).p(F_1\cap F_2)=p(M\cap F_1\cap F_2)+p(\overline M\cap F_1\cap F_2).

On lit les produits des probabilités le long des branches de l'arbre :

p(M∩F1∩F2)=0,3×0,49×1=0,147,p(M‾∩F1∩F2)=0,7×0,49×0,49=0,16807.\begin{aligned} p(M\cap F_1\cap F_2)&=0{,}3\times 0{,}49\times 1=0{,}147,\\ p(\overline M\cap F_1\cap F_2)&=0{,}7\times 0{,}49\times 0{,}49=0{,}16807. \end{aligned}

Donc

p(F1∩F2)=0,147+0,16807=0,31507.p(F_1\cap F_2)=0{,}147+0{,}16807=0{,}31507.

Donc la probabilité que les deux nouveau-nés soient des filles est bien 0,315070{,}31507.

Question 3. c)

On cherche la probabilité de MM sachant F1∩F2F_1\cap F_2. Par définition de la probabilité conditionnelle :

pF1∩F2(M)=p(M∩(F1∩F2))p(F1∩F2)=0,1470,31507≈0,467.p_{F_1\cap F_2}(M)=\dfrac{p\left(M\cap\left(F_1\cap F_2\right)\right)}{p(F_1\cap F_2)}=\dfrac{0{,}147}{0{,}31507}\approx 0{,}467.

Donc, sachant que les deux nouveau-nés sont des filles, la probabilité qu'elles soient des jumelles monozygotes est environ 0,4670{,}467 (arrondie au millième).

Réponse : 0,1470,31507≈0,467\dfrac{0{,}147}{0{,}31507}\approx 0{,}467.

Points clés attendus

  • Loi binomiale : paramètres nn et pp justifiés par la répétition d'épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes.

  • Passage par l'évènement contraire pour p(X⩾1)p(X\geqslant 1), puis résolution avec ln⁡\ln en changeant le sens de l'inégalité (ln⁡(0,984)<0\ln(0{,}984)<0).

  • Arbre pondéré : jumeaux monozygotes de même sexe (probabilités 11 et 00), dizygotes indépendants.

  • Formule des probabilités totales avec la partition {M,M‾}\left\{M,\overline M\right\} citée explicitement.

  • Probabilité conditionnelle : bien écrire numérateur et dénominateur, arrondir au millième.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

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  • Exercice 4 · 5 points · Suites

Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Amérique du Sud, 26 septembre 2023 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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