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Terminale Spé Maths / Chapitre 11 : Orthogonalité et distances dans l'espace / Annales du bac

Bac 2022, Métropole : exercice 3

12 mai 2022 · 7 points

On considère un cube ABCDEFGH et on appelle K le milieu du segment [BC].

On se place dans le repère (A  ;  AB→,  AD→,  AE→)\left(\text{A}\;;\;\overrightarrow{\text{AB}},\;\overrightarrow{\text{AD}},\;\overrightarrow{\text{AE}}\right) et on considère le tétraèdre EFGK.

On rappelle que le volume d'un tétraèdre est donné par:

V=13×B×hV = \dfrac13 \times \mathcal{B} \times h

où B\mathcal{B} désigne l'aire d'une base et hh la hauteur relative à cette base.

Figure de l'énoncé, exercice 3, Métropole 12 mai 2022
  1. Préciser les coordonnées des points E, F{}, G et K.

  2. Montrer que le vecteur n→(−2−2−1)\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}\phantom{-}2\\-2\\\phantom{-}1\end{pmatrix} est orthogonal au plan (EGK).

  3. Démontrer que le plan (EGK) admet pour équation cartésienne : 2x−2y+z−1=0.2x - 2y + z - 1 = 0.

  4. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (d)(d) orthogonale au plan (EGK) passant par F{}.

  5. Montrer que le projeté orthogonal L de F sur le plan (EGK) a pour coordonnées (59  ;  49  ;  79)\left(\frac59\;;\;\frac49\;;\;\frac79\right).

  6. Justifier que la longueur LF est égale à 23\dfrac23.

  7. Calculer l'aire du triangle EFG. En déduire que le volume du tétraèdre EFGK est égal à 16\dfrac16.

  8. Déduire des questions précédentes l'aire du triangle EGK.

  9. On considère les points P milieu du segment [EG], M milieu du segment [EK] et N milieu du segment[GK]. Déterminer le volume du tétraèdre FPMN.

Voir le corrigé

Le repère (A ;AB→,AD→,AE→)\left(\mathrm{A}\,;\overrightarrow{\mathrm{AB}},\overrightarrow{\mathrm{AD}},\overrightarrow{\mathrm{AE}}\right) est orthonormé, car ABCDEFGH est un cube : les trois vecteurs ont même longueur (l'arête, prise pour unité) et sont deux à deux orthogonaux. On peut donc utiliser les formules du produit scalaire et de la distance en coordonnées.

Question 1.

Dans ce repère, A est l'origine, B(1 ;0 ;0)(1\,;0\,;0), D(0 ;1 ;0)(0\,;1\,;0) et E(0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1).

Les autres sommets du cube se déduisent par translation :

AF→=AB→+AE→,AG→=AB→+AD→+AE→,AC→=AB→+AD→.\overrightarrow{\mathrm{AF}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AE}},\qquad \overrightarrow{\mathrm{AG}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AD}}+\overrightarrow{\mathrm{AE}},\qquad \overrightarrow{\mathrm{AC}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AD}}.

On obtient donc E(0 ;0 ;1)\mathrm{E}(0\,;0\,;1), F(1 ;0 ;1)\mathrm{F}(1\,;0\,;1), G(1 ;1 ;1)\mathrm{G}(1\,;1\,;1) et C(1 ;1 ;0)\mathrm{C}(1\,;1\,;0).

Le point K est le milieu de [BC][\mathrm{BC}], avec B(1 ;0 ;0)\mathrm{B}(1\,;0\,;0) et C(1 ;1 ;0)\mathrm{C}(1\,;1\,;0). Donc

K(1+12 ;0+12 ;0+02)=(1 ;12 ;0).\mathrm{K}\left(\dfrac{1+1}{2}\,;\dfrac{0+1}{2}\,;\dfrac{0+0}{2}\right)=\left(1\,;\dfrac12\,;0\right).

Donc E(0 ;0 ;1)\mathrm{E}(0\,;0\,;1), F(1 ;0 ;1)\mathrm{F}(1\,;0\,;1), G(1 ;1 ;1)\mathrm{G}(1\,;1\,;1) et K(1 ;12 ;0)\mathrm{K}\left(1\,;\dfrac12\,;0\right).

Question 2.

On calcule les coordonnées de deux vecteurs du plan (EGK), coordonnée par coordonnée :

EG→(1−01−01−1)=(110),EK→(1−012−00−1)=(112−1).\overrightarrow{\mathrm{EG}}\begin{pmatrix}1-0\\1-0\\1-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix},\qquad \overrightarrow{\mathrm{EK}}\begin{pmatrix}1-0\\\frac12-0\\0-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\\frac12\\-1\end{pmatrix}.

Ces vecteurs ne sont pas colinéaires : la troisième coordonnée de EG→\overrightarrow{\mathrm{EG}} est nulle alors que celle de EK→\overrightarrow{\mathrm{EK}} ne l'est pas, donc aucun réel kk ne vérifie EK→=k EG→\overrightarrow{\mathrm{EK}}=k\,\overrightarrow{\mathrm{EG}}. Les points E, G, K ne sont donc pas alignés et définissent bien un plan.

On calcule les produits scalaires avec n⃗(2−21)\vec n\begin{pmatrix}2\\-2\\1\end{pmatrix} :

n⃗⋅EG→=2×1+(−2)×1+1×0=2−2+0=0,n⃗⋅EK→=2×1+(−2)×12+1×(−1)=2−1−1=0.\begin{aligned} \vec n\cdot\overrightarrow{\mathrm{EG}}&=2\times1+(-2)\times1+1\times0=2-2+0=0,\\ \vec n\cdot\overrightarrow{\mathrm{EK}}&=2\times1+(-2)\times\dfrac12+1\times(-1)=2-1-1=0. \end{aligned}

Le vecteur n⃗\vec n est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (EGK).

Donc n⃗\vec n est orthogonal au plan (EGK), c'est-à-dire normal à ce plan.

Question 3.

D'après la question 2, le vecteur n⃗(2−21)\vec n\begin{pmatrix}2\\-2\\1\end{pmatrix} est normal au plan (EGK). Donc ce plan admet une équation cartésienne de la forme

2x−2y+z+d=0,d∈R.2x-2y+z+d=0,\qquad d\in\mathbb{R}.

Le point E(0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) appartient au plan, donc ses coordonnées vérifient l'équation :

2×0−2×0+1+d=0,doncd=−1.2\times0-2\times0+1+d=0,\qquad\text{donc}\qquad d=-1.

Une équation cartésienne de (EGK) est donc 2x−2y+z−1=02x-2y+z-1=0.

Vérification avec les deux autres points :

  • pour G(1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1) : 2−2+1−1=02-2+1-1=0

  • pour K(1 ;12 ;0)\left(1\,;\dfrac12\,;0\right) : 2−1+0−1=02-1+0-1=0.

Donc le plan (EGK) a pour équation cartésienne 2x−2y+z−1=02x-2y+z-1=0.

Question 4.

La droite (d)(d) est orthogonale au plan (EGK), donc le vecteur normal n⃗(2−21)\vec n\begin{pmatrix}2\\-2\\1\end{pmatrix} est un vecteur directeur de (d)(d).

La droite (d)(d) passe par F(1 ;0 ;1)(1\,;0\,;1). Un point M(x ;y ;z)\mathrm{M}(x\,;y\,;z) appartient à (d)(d) si et seulement s'il existe un réel tt tel que FM→=t n⃗\overrightarrow{\mathrm{FM}}=t\,\vec n.

Une représentation paramétrique de (d)(d) est donc

{x=1+2ty=−2tz=1+tt∈R.\begin{cases}x=1+2t\\y=-2t\\z=1+t\end{cases}\qquad t\in\mathbb{R}.

Réponse : (d)(d) : {x=1+2ty=−2tz=1+t\begin{cases}x=1+2t\\y=-2t\\z=1+t\end{cases}, t∈Rt\in\mathbb{R}.

Question 5.

Le projeté orthogonal L de F sur le plan (EGK) est le point d'intersection de la droite (d)(d), perpendiculaire au plan et passant par F, avec ce plan.

Ses coordonnées vérifient à la fois la représentation paramétrique de (d)(d) et l'équation du plan. On remplace donc xx, yy, zz dans 2x−2y+z−1=02x-2y+z-1=0 :

2(1+2t)−2(−2t)+(1+t)−1=02+4t+4t+1+t−1=09t+2=0t=−29.\begin{aligned} 2(1+2t)-2(-2t)+(1+t)-1&=0\\ 2+4t+4t+1+t-1&=0\\ 9t+2&=0\\ t&=-\dfrac29. \end{aligned}

On reporte cette valeur dans la représentation paramétrique :

x=1+2×(−29)=1−49=59,y=−2×(−29)=49,z=1−29=79.x=1+2\times\left(-\dfrac29\right)=1-\dfrac49=\dfrac59,\qquad y=-2\times\left(-\dfrac29\right)=\dfrac49,\qquad z=1-\dfrac29=\dfrac79.

Donc le projeté orthogonal de F sur le plan (EGK) est L(59 ;49 ;79)\mathrm{L}\left(\dfrac59\,;\dfrac49\,;\dfrac79\right).

Question 6.

On calcule les coordonnées de FL→\overrightarrow{\mathrm{FL}} :

FL→(59−149−079−1)=(−4949−29).\overrightarrow{\mathrm{FL}}\begin{pmatrix}\frac59-1\\\frac49-0\\\frac79-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\frac49\\\frac49\\-\frac29\end{pmatrix}.

Ce vecteur vaut −29 n⃗-\dfrac29\,\vec n. Le repère étant orthonormé,

LF=∥FL→∥=(49)2+(49)2+(29)2=16+16+481=3681=69=23.\mathrm{LF}=\left\|\overrightarrow{\mathrm{FL}}\right\|=\sqrt{\left(\dfrac49\right)^2+\left(\dfrac49\right)^2+\left(\dfrac29\right)^2}=\sqrt{\dfrac{16+16+4}{81}}=\sqrt{\dfrac{36}{81}}=\dfrac69=\dfrac23.

Donc la longueur LF\mathrm{LF} est égale à 23\dfrac23. C'est la distance du point F au plan (EGK).

Question 7.

Aire du triangle EFG.

On a FE→(−100)\overrightarrow{\mathrm{FE}}\begin{pmatrix}-1\\0\\0\end{pmatrix} et FG→(010)\overrightarrow{\mathrm{FG}}\begin{pmatrix}0\\1\\0\end{pmatrix}. Donc

FE→⋅FG→=0,FE=1,FG=1.\overrightarrow{\mathrm{FE}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{FG}}=0,\qquad \mathrm{FE}=1,\qquad \mathrm{FG}=1.

Le triangle EFG est rectangle en F, avec FE=FG=1\mathrm{FE}=\mathrm{FG}=1. Son aire est

AEFG=12×FE×FG=12×1×1=12.\mathcal{A}_{\mathrm{EFG}}=\dfrac12\times\mathrm{FE}\times\mathrm{FG}=\dfrac12\times1\times1=\dfrac12.

Volume du tétraèdre EFGK.

On prend EFG pour base. Le plan (EFG) a pour équation z=1z=1, car E, F et G ont tous pour cote 11.

La hauteur relative à cette base est la distance de K à ce plan. Comme K a pour cote 00, cette distance est ∣0−1∣=1|0-1|=1.

D'après la formule du volume d'un tétraèdre,

VEFGK=13×AEFG×h=13×12×1=16.V_{\mathrm{EFGK}}=\dfrac13\times\mathcal{A}_{\mathrm{EFG}}\times h=\dfrac13\times\dfrac12\times1=\dfrac16.

Donc l'aire du triangle EFG est 12\dfrac12 et le volume du tétraèdre EFGK est 16\dfrac16.

Question 8.

On calcule à nouveau le volume du tétraèdre EFGK, en prenant maintenant le triangle EGK pour base.

La hauteur relative à cette base est la distance de F au plan (EGK), c'est-à-dire LF=23\mathrm{LF}=\dfrac23 d'après la question 6.

La formule du volume donne

VEFGK=13×AEGK×LF,soit16=13×AEGK×23=29 AEGK.V_{\mathrm{EFGK}}=\dfrac13\times\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}\times\mathrm{LF},\qquad\text{soit}\qquad \dfrac16=\dfrac13\times\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}\times\dfrac23=\dfrac29\,\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}.

On en déduit

AEGK=16×92=912=34.\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}=\dfrac16\times\dfrac92=\dfrac{9}{12}=\dfrac34.

Donc l'aire du triangle EGK est 34\dfrac34.

Réponse : AEGK=34\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}=\dfrac34.

Question 9.

Les points P, M et N sont les milieux respectifs de [EG][\mathrm{EG}], [EK][\mathrm{EK}] et [GK][\mathrm{GK}]. Le triangle PMN est donc le triangle des milieux du triangle EGK.

D'après le théorème des milieux, chaque côté du triangle PMN est parallèle à un côté de EGK et a pour longueur la moitié de celle de ce côté. Le triangle PMN est ainsi l'image de EGK par une homothétie de rapport 12\dfrac12.

Les aires sont multipliées par le carré du rapport, donc

APMN=(12)2×AEGK=14×34=316.\mathcal{A}_{\mathrm{PMN}}=\left(\dfrac12\right)^2\times\mathcal{A}_{\mathrm{EGK}}=\dfrac14\times\dfrac34=\dfrac{3}{16}.

Les points P, M et N appartiennent au plan (EGK). La hauteur du tétraèdre FPMN relative à la base PMN est donc la distance de F au plan (EGK), c'est-à-dire LF=23\mathrm{LF}=\dfrac23.

D'après la formule du volume,

VFPMN=13×APMN×LF=13×316×23=6144=124.V_{\mathrm{FPMN}}=\dfrac13\times\mathcal{A}_{\mathrm{PMN}}\times\mathrm{LF}=\dfrac13\times\dfrac3{16}\times\dfrac23=\dfrac{6}{144}=\dfrac1{24}.

Donc le volume du tétraèdre FPMN est 124\dfrac1{24}.

Réponse : VFPMN=124V_{\mathrm{FPMN}}=\dfrac1{24}.

Points clés attendus

  • Préciser que le repère est orthonormé (cube) avant d'utiliser produit scalaire et distances.

  • Montrer l'orthogonalité de n⃗\vec n au plan avec deux vecteurs non colinéaires du plan, en justifiant la non-colinéarité.

  • Déterminer l'équation cartésienne à partir du vecteur normal puis d'un point, et la vérifier avec les autres points du plan.

  • Obtenir le projeté orthogonal comme intersection de la droite (d)(d) et du plan, en résolvant l'équation en tt.

  • Calculer le volume avec deux bases différentes, puis en déduire l'aire de EGK   pour FPMN, utiliser le rapport 12\dfrac12 (aire multipliée par 14\dfrac14) et la même hauteur LF\mathrm{LF}.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2022 (Métropole, 12 mai 2022), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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