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Terminale Spé Maths / Chapitre 12 : Succession d'épreuves et loi binomiale / Annales du bac

Bac 2026, Métropole : exercice 1

9 septembre 2026 · jour 2 · 5 points Python

Partie A

Une joueuse de basket constate qu'elle réussit 60 % de ses lancers francs au cours d'une séance d'entraînement.

En se basant sur ces statistiques, on modélise la situation comme une succession d'épreuves aléatoires indépendantes.

  1. Cette joueuse effectue cinq lancers consécutifs.

    1. Soit XX la variable aléatoire donnant le nombre de lancers réussis.

      Justifier que XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.

    2. Donner une valeur approchée à 10−210^{-2} près de P(X⩾4)P(X \geqslant 4).

      Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

  2. On suppose maintenant que cette sportive doit effectuer nn lancers, où nn est un entier naturel non nul.

    Soit YY la variable aléatoire donnant le nombre de lancers réussis.

    On admet que la variable aléatoire YY suit la loi binomiale de paramètres nn et p=0,6p = 0,6.

    1. Montrer que P(Y⩾1)=1−0,4nP(Y \geqslant 1)=1 - 0,4^n.

    2. En déduire le nombre nn de lancers à partir duquel la probabilité d'en réussir au moins un dépasse 0,9999.

    3. Recopier et compléter le script de la fonction Python suivante afin qu'elle permette de retrouver le résultat de la question 2. b.

def basket ():
    p = 0.6
    n = 1
    while ..... :
        n = n + 1
        p = .....
    return ...

Partie B

Pour un autre joueur, on remarque que :

  • lorsqu'il a réussi un lancer franc, il réussit le suivant avec une probabilité de 0,70,7.

  • lorsqu'il a raté un lancer franc, il réussit le suivant avec une probabilité de 0,40,4.

On considère que la probabilité de réussir son premier lancer est de 0,5

On note G1G_1 l'évènement : « le joueur réussit son premier lancer franc ».

On a donc P(G1)=0,5P(G_1) = 0,5.

On note G2G_2 l'évènement : « le joueur réussit son deuxième lancer franc » .

  1. Calculer P(G2)P(G_2).

    On pourra utiliser un arbre de probabilité.

Soit nn un entier naturel non nul.

On note GnG_n l'évènement « le joueur réussit le nn-ième lancer franc » et pnp_n, la probabilité de GnG_n.

On définit ainsi une suite (pn)(p_n) de réels.

On admet que pour tout n⩾1, pn+1=0,3pn+0,4n \geqslant 1,\, p_{n+1} = 0,3p_n + 0,4.

    1. En utilisant un raisonnement par récurrence, démontrer que

      pour tout n⩾1,pn⩽pn+1n \geqslant 1,\quad p_n \leqslant p_{n+1}

    2. Quel argument permet d'affirmer que la suite (pn)(p_n) est majorée ?

    3. En déduire que la suite (pn)(p_n) est convergente.

  1. On admet que la limite de (pn)(p_n) quand nn tend vers +∞+\infty est 47\dfrac47.

    Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.

Voir le corrigé

Partie A

Question 1. a) Chaque lancer franc est une épreuve de Bernoulli : il n'a que deux issues, la réussite, de probabilité p=0,6p=0{,}6, et l'échec, de probabilité 0,40{,}4.

Les cinq lancers sont identiques (même probabilité de réussite) et, d'après la modélisation de l'énoncé, indépendants.

La variable aléatoire XX compte le nombre de réussites au cours de ces 55 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes.

Donc XX suit la loi binomiale de paramètres n=5n=5 et p=0,6p=0{,}6.

Réponse : X∼B(5 ;0,6)X\sim\mathcal{B}(5\,;0{,}6).

Question 1. b) L'événement {X⩾4}\{X\geqslant 4\} est la réunion des deux événements incompatibles {X=4}\{X=4\} et {X=5}\{X=5\}.

Donc

P(X⩾4)=P(X=4)+P(X=5).P(X\geqslant 4)=P(X=4)+P(X=5).

D'après la formule de la loi binomiale, P(X=k)=(5k) 0,6k 0,45−kP(X=k)=\binom{5}{k}\,0{,}6^k\,0{,}4^{5-k}.

On calcule

P(X=4)=(54)×0,64×0,41=5×0,1296×0,4=0,2592,P(X=5)=(55)×0,65×0,40=0,07776.\begin{aligned} P(X=4)&=\binom{5}{4}\times 0{,}6^4\times 0{,}4^{1}=5\times 0{,}1296\times 0{,}4=0{,}2592,\\ P(X=5)&=\binom{5}{5}\times 0{,}6^5\times 0{,}4^{0}=0{,}07776. \end{aligned}

Donc

P(X⩾4)=0,2592+0,07776=0,33696.P(X\geqslant 4)=0{,}2592+0{,}07776=0{,}33696.

Arrondie à 10−210^{-2} près, cette probabilité vaut 0,340{,}34.

Interprétation : la probabilité que la joueuse réussisse au moins quatre lancers sur les cinq est d'environ 0,340{,}34, soit environ 34 %34\,\%.

Réponse : P(X⩾4)=0,33696≈0,34P(X\geqslant 4)=0{,}33696\approx 0{,}34.

Question 2. a) Le nombre de réussites YY est un entier compris entre 00 et nn.

L'événement contraire de {Y⩾1}\{Y\geqslant 1\} est donc {Y=0}\{Y=0\}.

Donc

P(Y⩾1)=1−P(Y=0).P(Y\geqslant 1)=1-P(Y=0).

YY suit la loi binomiale de paramètres nn et 0,60{,}6, donc

P(Y=0)=(n0)×0,60×0,4n=1×1×0,4n=0,4n.P(Y=0)=\binom{n}{0}\times 0{,}6^0\times 0{,}4^{n}=1\times 1\times 0{,}4^n=0{,}4^n.

Donc

P(Y⩾1)=1−0,4n.P(Y\geqslant 1)=1-0{,}4^n.

Question 2. b) On cherche les entiers n⩾1n\geqslant 1 tels que P(Y⩾1)>0,9999P(Y\geqslant 1)>0{,}9999.

On a

1−0,4n>0,9999  ⟺  0,4n<0,0001=10−4.1-0{,}4^n>0{,}9999\iff 0{,}4^n<0{,}0001=10^{-4}.

La fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, donc elle conserve le sens de l'inégalité :

0,4n<10−4  ⟺  nln⁡(0,4)<ln⁡(10−4).0{,}4^n<10^{-4}\iff n\ln(0{,}4)<\ln\left(10^{-4}\right).

Or ln⁡(0,4)<0\ln(0{,}4)<0 puisque 0,4<10{,}4<1. En divisant par ln⁡(0,4)\ln(0{,}4), le sens de l'inégalité change :

nln⁡(0,4)<ln⁡(10−4)  ⟺  n>ln⁡(10−4)ln⁡(0,4).n\ln(0{,}4)<\ln\left(10^{-4}\right)\iff n>\dfrac{\ln\left(10^{-4}\right)}{\ln(0{,}4)}.

À la calculatrice,

ln⁡(10−4)ln⁡(0,4)≈10,05.\dfrac{\ln\left(10^{-4}\right)}{\ln(0{,}4)}\approx 10{,}05.

Comme nn est un entier, la condition équivaut à n⩾11n\geqslant 11.

Vérification directe : 0,410≈1,05×10−40{,}4^{10}\approx 1{,}05\times 10^{-4}, qui n'est pas inférieur à 10−410^{-4}, et 0,411≈4,19×10−50{,}4^{11}\approx 4{,}19\times 10^{-5}, qui est inférieur à 10−410^{-4}.

Donc c'est à partir de 1111 lancers que la probabilité de réussir au moins un lancer dépasse 0,99990{,}9999.

Réponse : n=11n=11.

Question 2. c) Dans la fonction, la variable n est le nombre de lancers et la variable p doit contenir P(Y⩾1)=1−0,4nP(Y\geqslant 1)=1-0{,}4^n.

Pour n=1n=1, on a bien p=1−0,4=0,6p=1-0{,}4=0{,}6, valeur d'initialisation du script.

Tant que cette probabilité ne dépasse pas 0,99990{,}9999, on augmente nn de 11 et on recalcule p.

À la sortie de la boucle, n est le plus petit entier pour lequel p>0,9999p>0{,}9999.

def basket():
    p = 0.6
    n = 1
    while p <= 0.9999:
        n = n + 1
        p = 1 - 0.4**n
    return n

Justification de la valeur renvoyée : pour n=10n=10, p=1−0,410≈0,999895p=1-0{,}4^{10}\approx 0{,}999895, qui est inférieur ou égal à 0,99990{,}9999 : la boucle continue.

Pour n=11n=11, p=1−0,411≈0,999958p=1-0{,}4^{11}\approx 0{,}999958, qui est strictement supérieur à 0,99990{,}9999 : la boucle s'arrête.

Donc la fonction basket renvoie 1111, ce qui est bien le résultat de la question 2. b).

Réponse : la condition est p <= 0.9999, la mise à jour est p = 1 - 0.4**n, la fonction renvoie n, c'est-à-dire 1111.

Partie B

Question 1. Les événements G1G_1 et G1‾\overline{G_1} forment une partition de l'univers (le joueur réussit ou rate son premier lancer, et ces deux événements sont incompatibles).

Les données de l'énoncé se traduisent par

P(G1)=0,5,P(G1‾)=0,5,PG1(G2)=0,7,PG1‾(G2)=0,4.P(G_1)=0{,}5,\quad P(\overline{G_1})=0{,}5,\quad P_{G_1}(G_2)=0{,}7,\quad P_{\overline{G_1}}(G_2)=0{,}4.

D'après la formule des probabilités totales,

P(G2)=P(G1)×PG1(G2)+P(G1‾)×PG1‾(G2).P(G_2)=P(G_1)\times P_{G_1}(G_2)+P(\overline{G_1})\times P_{\overline{G_1}}(G_2).

Donc

P(G2)=0,5×0,7+0,5×0,4=0,35+0,2=0,55.P(G_2)=0{,}5\times 0{,}7+0{,}5\times 0{,}4=0{,}35+0{,}2=0{,}55.

Donc la probabilité que le joueur réussisse son deuxième lancer franc est 0,550{,}55.

Réponse : P(G2)=0,55P(G_2)=0{,}55.

Question 2. a) Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété pn⩽pn+1p_n\leqslant p_{n+1}.

Initialisation. On a p1=P(G1)=0,5p_1=P(G_1)=0{,}5 et p2=P(G2)=0,55p_2=P(G_2)=0{,}55 d'après la question précédente.

Donc p1⩽p2p_1\leqslant p_2 : P(1)\mathcal{P}(1) est vraie.

Hérédité. Soit k⩾1k\geqslant 1 fixé tel que P(k)\mathcal{P}(k) soit vraie, c'est-à-dire pk⩽pk+1p_k\leqslant p_{k+1} (hypothèse de récurrence).

Montrons que P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie, c'est-à-dire pk+1⩽pk+2p_{k+1}\leqslant p_{k+2}.

On multiplie chaque membre de l'hypothèse de récurrence par 0,30{,}3, qui est strictement positif, ce qui conserve le sens de l'inégalité :

0,3 pk⩽0,3 pk+1.0{,}3\,p_k\leqslant 0{,}3\,p_{k+1}.

On ajoute 0,40{,}4 à chaque membre :

0,3 pk+0,4⩽0,3 pk+1+0,4.0{,}3\,p_k+0{,}4\leqslant 0{,}3\,p_{k+1}+0{,}4.

D'après la relation de récurrence admise, pk+1=0,3 pk+0,4p_{k+1}=0{,}3\,p_k+0{,}4 et pk+2=0,3 pk+1+0,4p_{k+2}=0{,}3\,p_{k+1}+0{,}4.

Donc pk+1⩽pk+2p_{k+1}\leqslant p_{k+2} : P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie.

Conclusion. P(1)\mathcal{P}(1) est vraie et la propriété est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, on a pn⩽pn+1p_n\leqslant p_{n+1}.

Donc la suite (pn)(p_n) est croissante.

Question 2. b) Pour tout n⩾1n\geqslant 1, pnp_n est la probabilité de l'événement GnG_n.

Une probabilité est toujours comprise entre 00 et 11, donc pn⩽1p_n\leqslant 1 pour tout n⩾1n\geqslant 1.

Donc la suite (pn)(p_n) est majorée par 11.

Question 2. c) La suite (pn)(p_n) est croissante d'après la question 2. a) et majorée par 11 d'après la question 2. b).

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (pn)(p_n) est convergente.

Question 3. Le nombre pnp_n est la probabilité que le joueur réussisse son nn-ième lancer franc.

La limite 47≈0,57\dfrac47\approx 0{,}57 signifie que, lorsque le nombre de lancers devient très grand, la probabilité que le joueur réussisse un lancer se rapproche de 47\dfrac47.

Donc, à long terme, ce joueur réussit environ 57 %57\,\% de ses lancers francs, quelle que soit la probabilité de réussite du premier lancer.

Points clés attendus

  • Justifier la loi binomiale : épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, puis donner nn et pp.

  • Passer par l'événement contraire pour P(Y⩾1)P(Y\geqslant 1), et changer le sens de l'inégalité en divisant par ln⁡(0,4)<0\ln(0{,}4)<0.

  • Citer la formule des probabilités totales avec la partition {G1,G1‾}\{G_1,\overline{G_1}\}.

  • Rédiger la récurrence complète (initialisation, hérédité avec l'hypothèse de récurrence, conclusion).

  • Citer le théorème de la limite monotone en vérifiant les deux hypothèses : suite croissante et majorée.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Métropole, 9 septembre 2026 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès et Laure Bienaimé) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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