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Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac

Bac 2026, Centres étrangers : exercice 3

11 juin 2026 · jour 2 · 6 points Python

Partie A

On note ff la fonction définie sur l'intervalle [2;+∞[\left[2 ;+\infty\right[ par

f(x)=ln⁡(3x2+2x).f(x)=\ln \left(3 x^{2}+2 x\right).

On admet que la fonction ff est dérivable sur l'intervalle [2;+∞[\left[2 ; +\infty \right[ et on note f′f' sa fonction dérivée.

  1. Démontrer que la fonction ff est strictement croissante sur l'intervalle [2;+∞[[2 ;+\infty[.

  2. On note gg la fonction définie sur l'intervalle [2;+∞[[2 ;+\infty[ par :

    g(x)=f(x)−xg(x)=f(x)-x

    On admet que la fonction gg est strictement décroissante sur l'intervalle [2;+∞[[2 ;+\infty[

    et que lim⁡x→+∞g(x)=−∞\lim\limits_{x \to +\infty} g(x)=-\infty.

    1. Démontrer que l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha sur l'intervalle [2;+∞[[2 ;+\infty[.

    2. Donner la valeur de α\alpha arrondie au centième.

    3. En déduire le tableau de signes de la fonction gg sur l'intervalle [2;+∞[[2 ;+\infty[.

Partie B

Dans cette partie, les réponses pourront s'appuyer sur les résultats de la partie A.

On définit une suite (an)(a_{n}) par son premier terme a0>0a_{0}>0 et pour tout entier naturel nn,

an+1=ln⁡(3an2+2an)a_{n+1}=\ln \left(3 {a_{n}}^{2}+2 a_{n}\right)

On étudie le cas où   2⩽a0⩽α2 \leqslant a_{0} \leqslant \alpha,   où α\alpha est l'unique solution de l'équation g(x)=0g(x)=0.

  1. Démontrer que, pour tout entier naturel nn, on a 2⩽an⩽α2 \leqslant a_{n} \leqslant \alpha.

  2. Démontrer que la suite (an)(a_{n}) est croissante.

  3. Démontrer que la suite (an)(a_{n}) converge.

  4. Démontrer que la limite de la suite (an)(a_{n}) est α\alpha.

Partie C

Dans cette partie, on prend a0=2a_{0}=2.

La suite (an)(a_{n}) est ainsi définie par a0=2a_{0}=2 et pour tout entier naturel nn,

an+1=ln⁡(3an2+2an)a_{n+1}=\ln \left(3 {a_{n}}^{2}+2 a_{n}\right)

On note (bn)(b_{n}) la suite définie par b0=10b_{0}=10 et pour tout entier naturel nn,

bn+1=ln⁡(3bn2+2bn)b_{n+1}=\ln \left(3 {b_{n}}^{2}+2 b_{n}\right)

On admet que la suite (bn)\left(b_{n}\right) est strictement décroissante et qu'elle converge vers α\alpha.

  1. Justifier que, pour tout entier naturel nn, on a   an⩽bna_{n} \leqslant b_{n}.

  2. On considère le script ci-dessous écrit en langage Python.

    from math import *
    def algo(p):
      a = 2
      b = 10
      n = 0
      while b - a > 10**(-p):
        a = log(3*a**2 + 2*a)
        b = log(3*b**2 + 2*b)
        n = n + 1
      return (n,a)

    On rappelle qu'en langage Python :

    • la commande log(c) renvoie la valeur de ln⁡(c)\ln (c)

    • la commande a**2 renvoie la valeur de a2a^{2}.

    1. Donner les valeurs renvoyées par l'instruction algo(2).

      On arrondira si besoin les valeurs au millième.

    2. Interpréter les valeurs renvoyées dans le contexte de l'exercice.

Voir le corrigé

Partie A

Question 1.

La fonction x↦3x2+2xx\mapsto 3x^{2}+2x est dérivable sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ et strictement positive sur cet intervalle : en effet, pour x⩾2x\geqslant2, on a 3x2>03x^{2}>0 et 2x>02x>0.

La fonction f=ln⁡∘uf=\ln\circ u avec u(x)=3x2+2xu(x)=3x^{2}+2x est donc dérivable sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, et d'après la formule de dérivation d'une composée (ln⁡u)′=u′u(\ln u)'=\dfrac{u'}{u}, on a, pour tout x⩾2x\geqslant2 :

f′(x)=6x+23x2+2x.f'(x)=\dfrac{6x+2}{3x^{2}+2x}.

Pour x⩾2x\geqslant2 :

  • 6x+2⩾14>06x+2\geqslant14>0

  • 3x2+2x>03x^{2}+2x>0.

Le quotient f′(x)f'(x) est donc strictement positif pour tout x∈[2 ;+∞[x\in[2\,;+\infty[.

Une fonction dérivable dont la dérivée est strictement positive sur un intervalle est strictement croissante sur cet intervalle.

Donc la fonction ff est strictement croissante sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.

Question 2. a)

La fonction gg est dérivable sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ comme différence de deux fonctions dérivables, donc elle est continue sur cet intervalle.

On admet que gg est strictement décroissante sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.

On calcule la valeur de gg en 22 :

g(2)=ln⁡(3×22+2×2)−2=ln⁡16−2.g(2)=\ln\left(3\times2^{2}+2\times2\right)-2=\ln16-2.

Comme 16>e216>\mathrm{e}^{2} (car e2≈7,39\mathrm{e}^{2}\approx7{,}39), on a ln⁡16>2\ln16>2, donc g(2)>0g(2)>0   numériquement g(2)≈0,773g(2)\approx0{,}773.

On admet par ailleurs que lim⁡x→+∞g(x)=−∞\lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=-\infty, donc gg prend des valeurs strictement négatives.

Ainsi 00 est strictement compris entre lim⁡x→+∞g(x)=−∞\lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=-\infty et g(2)>0g(2)>0.

Les hypothèses du corollaire du théorème des valeurs intermédiaires sont vérifiées :

  • gg est continue sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[

  • gg est strictement monotone (décroissante) sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[

  • 00 appartient à l'intervalle image ]−∞ ;g(2)]\left]-\infty\,;g(2)\right].

Donc l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.

Question 2. b)

À la calculatrice (ou par balayage) :

g(4,04)≈0,0038>0etg(4,05)≈−0,0016<0.g(4{,}04)\approx0{,}0038>0\qquad\text{et}\qquad g(4{,}05)\approx-0{,}0016<0.

Comme gg est strictement décroissante, g(4,05)<g(α)=0<g(4,04)g(4{,}05)<g(\alpha)=0<g(4{,}04) entraîne 4,04<α<4,054{,}04<\alpha<4{,}05.

On trouve plus précisément α≈4,0471\alpha\approx4{,}0471.

Réponse : α≈4,05\alpha\approx4{,}05 (arrondi au centième).

Question 2. c)

La fonction gg est strictement décroissante sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ et g(α)=0g(\alpha)=0.

Donc :

  • pour x∈[2 ;α[x\in[2\,;\alpha[, on a x<αx<\alpha, donc g(x)>g(α)=0g(x)>g(\alpha)=0

  • pour x=αx=\alpha, on a g(α)=0g(\alpha)=0

  • pour x∈]α ;+∞[x\in]\alpha\,;+\infty[, on a x>αx>\alpha, donc g(x)<g(α)=0g(x)<g(\alpha)=0.

Donc gg est strictement positive sur [2 ;α[[2\,;\alpha[, nulle en α\alpha, strictement négative sur ]α ;+∞[]\alpha\,;+\infty[.

Partie B

On suppose 2⩽a0⩽α2\leqslant a_{0}\leqslant\alpha. On a an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_{n}) pour tout entier naturel nn.

Question 1.

Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété : 2⩽an⩽α2\leqslant a_{n}\leqslant\alpha.

Initialisation. Par hypothèse, 2⩽a0⩽α2\leqslant a_{0}\leqslant\alpha : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire 2⩽ak⩽α2\leqslant a_{k}\leqslant\alpha (hypothèse de récurrence).

Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie.

La fonction ff est strictement croissante sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ (question 1 de la partie A) et 22, aka_{k}, α\alpha appartiennent à cet intervalle. On peut donc appliquer ff aux trois membres de l'inégalité en conservant le sens :

f(2)⩽f(ak)⩽f(α).f(2)\leqslant f(a_{k})\leqslant f(\alpha).

Or :

  • f(2)=ln⁡16≈2,77f(2)=\ln16\approx2{,}77, donc f(2)⩾2f(2)\geqslant2

  • g(α)=0g(\alpha)=0 s'écrit f(α)−α=0f(\alpha)-\alpha=0, donc f(α)=αf(\alpha)=\alpha

  • f(ak)=ak+1f(a_{k})=a_{k+1}.

On obtient donc

2⩽f(2)⩽ak+1⩽α,2\leqslant f(2)\leqslant a_{k+1}\leqslant\alpha,
soit 2⩽ak+1⩽α2\leqslant a_{k+1}\leqslant\alpha : P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, on a 2⩽an⩽α2\leqslant a_{n}\leqslant\alpha.

Question 2.

Pour tout entier naturel nn :

an+1−an=f(an)−an=g(an).a_{n+1}-a_{n}=f(a_{n})-a_{n}=g(a_{n}).

D'après la question précédente, an∈[2 ;α]a_{n}\in[2\,;\alpha].

D'après le tableau de signes de gg (question 2. c) de la partie A), g(x)⩾0g(x)\geqslant0 pour tout x∈[2 ;α]x\in[2\,;\alpha].

Donc g(an)⩾0g(a_{n})\geqslant0, c'est-à-dire an+1−an⩾0a_{n+1}-a_{n}\geqslant0 pour tout nn.

Donc la suite (an)(a_{n}) est croissante.

Question 3.

La suite (an)(a_{n}) est croissante (question 2) et majorée par α\alpha (question 1).

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (an)(a_{n}) converge.

Question 4.

Notons ℓ\ell la limite de la suite (an)(a_{n}), qui existe d'après la question 3.

Pour tout nn, 2⩽an⩽α2\leqslant a_{n}\leqslant\alpha. Par passage à la limite dans les inégalités larges, 2⩽ℓ⩽α2\leqslant\ell\leqslant\alpha : en particulier ℓ∈[2 ;+∞[\ell\in[2\,;+\infty[.

La fonction ff est continue sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ (car dérivable), et la suite (an)(a_{n}) converge vers ℓ\ell dans cet intervalle. Donc f(an)f(a_{n}) converge vers f(ℓ)f(\ell).

Or f(an)=an+1f(a_{n})=a_{n+1} converge vers ℓ\ell (suite extraite de (an)(a_{n})). Par unicité de la limite :

ℓ=f(ℓ),\ell=f(\ell),
soit g(ℓ)=0g(\ell)=0.

L'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, à savoir α\alpha (question 2. a) de la partie A), et ℓ\ell appartient à cet intervalle.

Donc ℓ=α\ell=\alpha : la suite (an)(a_{n}) converge vers α\alpha.

Partie C

Ici a0=2a_{0}=2, ce qui vérifie bien 2⩽a0⩽α2\leqslant a_{0}\leqslant\alpha : les résultats de la partie B s'appliquent à (an)(a_{n}).

Question 1.

D'après la partie B, pour tout entier naturel nn, on a an⩽αa_{n}\leqslant\alpha.

La suite (bn)(b_{n}) est strictement décroissante et converge vers α\alpha. Une suite décroissante est minorée par sa limite : en effet, si l'on avait bN<αb_{N}<\alpha pour un rang NN, alors, la suite étant décroissante, on aurait bn⩽bN<αb_{n}\leqslant b_{N}<\alpha pour tout n⩾Nn\geqslant N, et la limite serait inférieure ou égale à bN<αb_{N}<\alpha, ce qui est absurde.

Donc bn⩾αb_{n}\geqslant\alpha pour tout nn.

On en déduit, pour tout entier naturel nn :

an⩽α⩽bn.a_{n}\leqslant\alpha\leqslant b_{n}.

Donc an⩽bna_{n}\leqslant b_{n} pour tout entier naturel nn.

Question 2. a)

Dans le script, à chaque passage dans la boucle, les variables aa et bb prennent les valeurs an+1a_{n+1} et bn+1b_{n+1}, et nn augmente de 11. Au départ, a=a0=2a=a_{0}=2, b=b0=10b=b_{0}=10 et n=0n=0.

Pour algo(2), la boucle continue tant que b−a>10−2b-a>10^{-2}.

On calcule les valeurs successives de bn−anb_{n}-a_{n} :

  • n=0n=0 : b−a=8b-a=8

  • n=1n=1 : a≈2,773a\approx2{,}773 et b≈5,768b\approx5{,}768, donc b−a≈2,996b-a\approx2{,}996

  • n=2n=2 : a≈3,354a\approx3{,}354 et b≈4,713b\approx4{,}713, donc b−a≈1,359b-a\approx1{,}359

  • n=3n=3 : a≈3,700a\approx3{,}700 et b≈4,331b\approx4{,}331, donc b−a≈0,631b-a\approx0{,}631

  • n=4n=4 : a≈3,881a\approx3{,}881 et b≈4,174b\approx4{,}174, donc b−a≈0,293b-a\approx0{,}293

  • n=5n=5 : a≈3,969a\approx3{,}969 et b≈4,104b\approx4{,}104, donc b−a≈0,135b-a\approx0{,}135

  • n=6n=6 : a≈4,011a\approx4{,}011 et b≈4,073b\approx4{,}073, donc b−a≈0,062b-a\approx0{,}062

  • n=7n=7 : a≈4,030a\approx4{,}030 et b≈4,059b\approx4{,}059, donc b−a≈0,0286b-a\approx0{,}0286

  • n=8n=8 : a≈4,039a\approx4{,}039 et b≈4,053b\approx4{,}053, donc b−a≈0,0131b-a\approx0{,}0131

  • n=9n=9 : a≈4,0436a\approx4{,}0436 et b≈4,0496b\approx4{,}0496, donc b−a≈0,0060b-a\approx0{,}0060.

Pour n=0n=0 à n=8n=8, on a b−a>0,01b-a>0{,}01 : la boucle continue.

Pour n=9n=9, on a b−a≈0,0060⩽0,01b-a\approx0{,}0060\leqslant0{,}01 : la condition du while n'est plus vérifiée et la boucle s'arrête.

La fonction renvoie alors n=9n=9 et a=a9≈4,0436a=a_{9}\approx4{,}0436, soit 4,0444{,}044 au millième.

Réponse : algo(2) renvoie (9 ; 4,044)(9\,;\,4{,}044).

Question 2. b)

On a vu que an⩽α⩽bna_{n}\leqslant\alpha\leqslant b_{n} pour tout nn. Donc, pour tout nn :

0⩽α−an⩽bn−an.0\leqslant\alpha-a_{n}\leqslant b_{n}-a_{n}.

Le script s'arrête au premier rang nn tel que bn−an⩽10−2b_{n}-a_{n}\leqslant10^{-2}, c'est-à-dire pour n=9n=9.

Pour ce rang, 0⩽α−a9⩽b9−a9⩽10−20\leqslant\alpha-a_{9}\leqslant b_{9}-a_{9}\leqslant10^{-2}.

Donc 99 est le plus petit rang nn pour lequel ana_{n} est une valeur approchée par défaut de α\alpha à 10−210^{-2} près garantie par l'encadrement an⩽α⩽bna_{n}\leqslant\alpha\leqslant b_{n}, et la valeur renvoyée a≈4,044a\approx4{,}044 est une telle valeur approchée de α\alpha.

Points clés attendus

  • Dériver une composée ln⁡u\ln u et justifier le signe de f′f' (numérateur et dénominateur strictement positifs).

  • Citer le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires avec ses trois hypothèses : continuité, stricte monotonie, valeur 00 comprise entre g(2)g(2) et la limite en +∞+\infty.

  • Rédiger la récurrence complète en utilisant la croissance de ff et la relation f(α)=αf(\alpha)=\alpha.

  • Nommer le théorème de la limite monotone, puis passer à la limite dans an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_{n}) (continuité de ff) et conclure par unicité de la solution de g(x)=0g(x)=0.

  • Justifier an⩽α⩽bna_{n}\leqslant\alpha\leqslant b_{n} pour la partie C, et interpréter la sortie de l'algorithme comme un encadrement de α\alpha.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Centres étrangers, 11 juin 2026 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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