Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac
Bac 2026, Centres étrangers : exercice 3
Partie A
On note la fonction définie sur l'intervalle par
On admet que la fonction est dérivable sur l'intervalle et on note sa fonction dérivée.
Démontrer que la fonction est strictement croissante sur l'intervalle .
On note la fonction définie sur l'intervalle par :
On admet que la fonction est strictement décroissante sur l'intervalle
et que .
Démontrer que l'équation admet une unique solution sur l'intervalle .
Donner la valeur de arrondie au centième.
En déduire le tableau de signes de la fonction sur l'intervalle .
Partie B
Dans cette partie, les réponses pourront s'appuyer sur les résultats de la partie A.
On définit une suite par son premier terme et pour tout entier naturel ,
On étudie le cas où , où est l'unique solution de l'équation .
Démontrer que, pour tout entier naturel , on a .
Démontrer que la suite est croissante.
Démontrer que la suite converge.
Démontrer que la limite de la suite est .
Partie C
Dans cette partie, on prend .
La suite est ainsi définie par et pour tout entier naturel ,
On note la suite définie par et pour tout entier naturel ,
On admet que la suite est strictement décroissante et qu'elle converge vers .
Justifier que, pour tout entier naturel , on a .
On considère le script ci-dessous écrit en langage Python.
from math import * def algo(p): a = 2 b = 10 n = 0 while b - a > 10**(-p): a = log(3*a**2 + 2*a) b = log(3*b**2 + 2*b) n = n + 1 return (n,a) On rappelle qu'en langage Python :
la commande
log(c)renvoie la valeur dela commande
a**2renvoie la valeur de .
Donner les valeurs renvoyées par l'instruction
algo(2).On arrondira si besoin les valeurs au millième.
Interpréter les valeurs renvoyées dans le contexte de l'exercice.
Voir le corrigé
Partie A
Question 1.
La fonction est dérivable sur et strictement positive sur cet intervalle : en effet, pour , on a et .
La fonction avec est donc dérivable sur , et d'après la formule de dérivation d'une composée , on a, pour tout :
Pour :
.
Le quotient est donc strictement positif pour tout .
Une fonction dérivable dont la dérivée est strictement positive sur un intervalle est strictement croissante sur cet intervalle.
Donc la fonction est strictement croissante sur .
Question 2. a)
La fonction est dérivable sur comme différence de deux fonctions dérivables, donc elle est continue sur cet intervalle.
On admet que est strictement décroissante sur .
On calcule la valeur de en :
Comme (car ), on a , donc numériquement .
On admet par ailleurs que , donc prend des valeurs strictement négatives.
Ainsi est strictement compris entre et .
Les hypothèses du corollaire du théorème des valeurs intermédiaires sont vérifiées :
est continue sur
est strictement monotone (décroissante) sur
appartient à l'intervalle image .
Donc l'équation admet une unique solution sur .
Question 2. b)
À la calculatrice (ou par balayage) :
Comme est strictement décroissante, entraîne .
On trouve plus précisément .
Réponse : (arrondi au centième).
Question 2. c)
La fonction est strictement décroissante sur et .
Donc :
pour , on a , donc
pour , on a
pour , on a , donc .
Donc est strictement positive sur , nulle en , strictement négative sur .
Partie B
On suppose . On a pour tout entier naturel .
Question 1.
Pour tout entier naturel , on note la propriété : .
Initialisation. Par hypothèse, : est vraie.
Hérédité. Soit un entier naturel fixé tel que soit vraie, c'est-à-dire (hypothèse de récurrence).
Montrons que est vraie.
La fonction est strictement croissante sur (question 1 de la partie A) et , , appartiennent à cet intervalle. On peut donc appliquer aux trois membres de l'inégalité en conservant le sens :
Or :
, donc
s'écrit , donc
.
On obtient donc
Conclusion. est vraie et est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel , on a .
Question 2.
Pour tout entier naturel :
D'après la question précédente, .
D'après le tableau de signes de (question 2. c) de la partie A), pour tout .
Donc , c'est-à-dire pour tout .
Donc la suite est croissante.
Question 3.
La suite est croissante (question 2) et majorée par (question 1).
D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite converge.
Question 4.
Notons la limite de la suite , qui existe d'après la question 3.
Pour tout , . Par passage à la limite dans les inégalités larges, : en particulier .
La fonction est continue sur (car dérivable), et la suite converge vers dans cet intervalle. Donc converge vers .
Or converge vers (suite extraite de ). Par unicité de la limite :
L'équation admet une unique solution sur , à savoir (question 2. a) de la partie A), et appartient à cet intervalle.
Donc : la suite converge vers .
Partie C
Ici , ce qui vérifie bien : les résultats de la partie B s'appliquent à .
Question 1.
D'après la partie B, pour tout entier naturel , on a .
La suite est strictement décroissante et converge vers . Une suite décroissante est minorée par sa limite : en effet, si l'on avait pour un rang , alors, la suite étant décroissante, on aurait pour tout , et la limite serait inférieure ou égale à , ce qui est absurde.
Donc pour tout .
On en déduit, pour tout entier naturel :
Donc pour tout entier naturel .
Question 2. a)
Dans le script, à chaque passage dans la boucle, les variables et prennent les valeurs et , et augmente de . Au départ, , et .
Pour algo(2), la boucle continue tant que .
On calcule les valeurs successives de :
:
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc
: et , donc .
Pour à , on a : la boucle continue.
Pour , on a : la condition du while n'est plus vérifiée et la boucle s'arrête.
La fonction renvoie alors et , soit au millième.
Réponse : algo(2) renvoie .
Question 2. b)
On a vu que pour tout . Donc, pour tout :
Le script s'arrête au premier rang tel que , c'est-à-dire pour .
Pour ce rang, .
Donc est le plus petit rang pour lequel est une valeur approchée par défaut de à près garantie par l'encadrement , et la valeur renvoyée est une telle valeur approchée de .
Points clés attendus
Dériver une composée et justifier le signe de (numérateur et dénominateur strictement positifs).
Citer le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires avec ses trois hypothèses : continuité, stricte monotonie, valeur comprise entre et la limite en .
Rédiger la récurrence complète en utilisant la croissance de et la relation .
Nommer le théorème de la limite monotone, puis passer à la limite dans (continuité de ) et conclure par unicité de la solution de .
Justifier pour la partie C, et interpréter la sortie de l'algorithme comme un encadrement de .
Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.
Comment t'entraîner
Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.
Les autres exercices de ce sujet
Revoir le cours
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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Centres étrangers, 11 juin 2026 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.
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