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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2026, Centres étrangers : exercice 2

10 juin 2026 · jour 1 · 5 points Vrai / Faux

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.
Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
Dans cet exercice, les questions sont indépendantes les unes des autres.

  1. On considère l'équation différentielle suivante où yy est une fonction de la variable réelle xx définie et dérivable sur R\mathbb{R}.

    (E):y′+y=2cos⁡(x)(E): \quad y'+y=2 \cos (x)

    Affirmation 1 : La fonction ff définie sur R\mathbb{R} par   f(x)=4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)f(x)=4 \mathrm{e}^{-x}+\cos (x)+\sin (x)  est solution de l'équation différentielle (E)(E).

  2. On considère les fonctions ff et gg définies sur R\mathbb{R} par   f(x)=2xf(x)=2 x   et   g(x)=sin⁡(x)g(x)=\sin (x).

    On note Cf\mathcal{C}_{f} la courbe représentative de la fonction ff dans un repère et Cg\mathcal{C}_{g} celle de la fonction gg.

    Affirmation 2 : Les courbes Cf\mathcal{C}_{f} et Cg\mathcal{C}_{g} ont un seul point d'intersection.

  3. On considère la suite (vn)(v_{n}) définie pour tout entier naturel nn par :

    vn=2n+sin⁡(n)n+1v_{n}=\dfrac{2 n+\sin (n)}{n+1}
    Affirmation 3 : La suite (vn)\left(v_{n}\right) diverge.

  4. On considère la suite (un)(u_{n}) définie par u1=1u_{1}=1 et pour tout entier naturel nn supérieur ou égal à 1 :

    un+1=un+2n+1u_{n+1}=u_{n}+2 n+1

    Affirmation 4 : Pour tout entier naturel nn supérieur ou égal à 1 on a un=n2u_{n}=n^{2}.

  5. On considère la suite (un)(u_{n}) définie, pour tout entier naturel nn, par un=e−nu_{n}=\mathrm{e}^{-n}.

    On pose, pour tout entier naturel nn,  Sn=u0+u1+u2+⋯+unS_{n}=u_{0}+u_{1}+u_{2}+\cdots+u_{n} .

    Affirmation 5 : lim⁡n→+∞Sn=ee−1\lim\limits_{n \to +\infty} S_{n}=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}

Voir le corrigé

Affirmation 1 : vraie.

La fonction ff définie par f(x)=4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)f(x)=4\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x) est dérivable sur R\mathbb{R}, comme somme de fonctions dérivables sur R\mathbb{R}.

On calcule sa dérivée :

f′(x)=−4e−x−sin⁡(x)+cos⁡(x).f'(x)=-4\mathrm{e}^{-x}-\sin(x)+\cos(x).

On forme alors f′(x)+f(x)f'(x)+f(x) :

f′(x)+f(x)=−4e−x−sin⁡(x)+cos⁡(x)+4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)=2cos⁡(x).\begin{aligned} f'(x)+f(x)&=-4\mathrm{e}^{-x}-\sin(x)+\cos(x)+4\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x)\\ &=2\cos(x). \end{aligned}

Donc, pour tout réel xx, f′(x)+f(x)=2cos⁡(x)f'(x)+f(x)=2\cos(x) : la fonction ff est solution de (E)(E). L'affirmation 1 est vraie.

Affirmation 2 : vraie.

Les abscisses des points d'intersection de Cf\mathcal{C}_f et Cg\mathcal{C}_g sont les solutions de l'équation f(x)=g(x)f(x)=g(x), c'est-à-dire 2x=sin⁡(x)2x=\sin(x), ou encore h(x)=0h(x)=0 avec

h(x)=2x−sin⁡(x).h(x)=2x-\sin(x).

La fonction hh est dérivable sur R\mathbb{R} et

h′(x)=2−cos⁡(x).h'(x)=2-\cos(x).

Pour tout réel xx, cos⁡(x)⩽1\cos(x)\leqslant 1, donc h′(x)⩾2−1=1>0h'(x)\geqslant 2-1=1>0.

Donc hh est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Une fonction strictement croissante est injective : l'équation h(x)=0h(x)=0 a au plus une solution.

Or h(0)=0−sin⁡(0)=0h(0)=0-\sin(0)=0 : 00 est solution. C'est donc l'unique solution.

Donc les courbes Cf\mathcal{C}_f et Cg\mathcal{C}_g ont un seul point d'intersection, le point (0 ;0)(0\,;0). L'affirmation 2 est vraie.

Affirmation 3 : fausse.

Pour tout entier naturel nn, on a −1⩽sin⁡(n)⩽1-1\leqslant\sin(n)\leqslant 1. En ajoutant 2n2n puis en divisant par n+1>0n+1>0 :

2n−1n+1⩽vn⩽2n+1n+1.\dfrac{2n-1}{n+1}\leqslant v_n\leqslant\dfrac{2n+1}{n+1}.

On étudie les limites des deux suites encadrantes. En factorisant par nn au numérateur et au dénominateur :

2n−1n+1=2−1n1+1n→n→+∞21=2,2n+1n+1=2+1n1+1n→n→+∞2.\dfrac{2n-1}{n+1}=\dfrac{2-\frac{1}{n}}{1+\frac{1}{n}}\xrightarrow[n\to+\infty]{}\dfrac{2}{1}=2,\qquad \dfrac{2n+1}{n+1}=\dfrac{2+\frac{1}{n}}{1+\frac{1}{n}}\xrightarrow[n\to+\infty]{}2.

Les deux suites encadrantes convergent vers 22 et l'encadrement est valable pour tout nn. D'après le théorème des gendarmes, la suite (vn)(v_n) converge, et

lim⁡n→+∞vn=2.\lim\limits_{n\to+\infty}v_n=2.

Donc la suite (vn)(v_n) converge : elle ne diverge pas. L'affirmation 3 est fausse.

Affirmation 4 : vraie.

On démontre par récurrence que, pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, la propriété P(n)P(n) : « un=n2u_n=n^{2} » est vraie.

Initialisation. On a u1=1=12u_1=1=1^{2}. Donc P(1)P(1) est vraie.

Hérédité. Soit k⩾1k\geqslant 1 fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire uk=k2u_k=k^{2} (hypothèse de récurrence). Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie.

Par définition de la suite et d'après l'hypothèse de récurrence :

uk+1=uk+2k+1=k2+2k+1=(k+1)2.u_{k+1}=u_k+2k+1=k^{2}+2k+1=(k+1)^{2}.

Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(1)P(1) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, un=n2u_n=n^{2} pour tout entier n⩾1n\geqslant 1. L'affirmation 4 est vraie.

Affirmation 5 : vraie.

Pour tout entier naturel nn, un=e−n=(e−1)nu_n=\mathrm{e}^{-n}=\left(\mathrm{e}^{-1}\right)^{n}. La suite (un)(u_n) est donc géométrique, de raison q=e−1q=\mathrm{e}^{-1} et de premier terme u0=e0=1u_0=\mathrm{e}^{0}=1.

La somme Sn=u0+u1+⋯+unS_n=u_0+u_1+\cdots+u_n comporte n+1n+1 termes. Comme q≠1q\neq 1, la formule de la somme des termes d'une suite géométrique donne :

Sn=u0×1−q n+11−q=1−e−(n+1)1−e−1.S_n=u_0\times\dfrac{1-q^{\,n+1}}{1-q}=\dfrac{1-\mathrm{e}^{-(n+1)}}{1-\mathrm{e}^{-1}}.

On a 0<e−1<10<\mathrm{e}^{-1}<1, donc lim⁡n→+∞(e−1)n+1=0\lim\limits_{n\to+\infty}\left(\mathrm{e}^{-1}\right)^{n+1}=0, c'est-à-dire lim⁡n→+∞e−(n+1)=0\lim\limits_{n\to+\infty}\mathrm{e}^{-(n+1)}=0.

Donc

lim⁡n→+∞Sn=11−e−1.\lim\limits_{n\to+\infty}S_n=\dfrac{1}{1-\mathrm{e}^{-1}}.

On multiplie le numérateur et le dénominateur par e\mathrm{e} :

11−e−1=ee−1.\dfrac{1}{1-\mathrm{e}^{-1}}=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}.

Donc lim⁡n→+∞Sn=ee−1\lim\limits_{n\to+\infty}S_n=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}. L'affirmation 5 est vraie.

Points clés attendus

  • Affirmation 1 : calculer f′f' et vérifier l'égalité f′+f=2cos⁡f'+f=2\cos pour tout réel, sans se contenter de tester une valeur.

  • Affirmation 2 : étudier h(x)=2x−sin⁡(x)h(x)=2x-\sin(x), justifier la stricte croissance par le signe de h′h' et exhiber la solution 00.

  • Affirmation 3 : encadrer sin⁡(n)\sin(n), calculer les limites des deux suites encadrantes et citer le théorème des gendarmes.

  • Affirmation 4 : rédiger complètement la récurrence (initialisation, hérédité avec hypothèse de récurrence, conclusion).

  • Affirmation 5 : reconnaître une suite géométrique, bien compter n+1n+1 termes et utiliser 0<q<10<q<1 pour la limite.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026 (Centres étrangers, 10 juin 2026 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (François Kriegk) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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