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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2024, Amérique du Nord : exercice 3

22 mai 2024 · jour 2 · 6 points Python

On considère la fonction gg définie sur l'intervalle [0  ;  1][0\;;\;1] par

g(x)=2x−x2.g(x) = 2x - x^{2}.

  1. Montrer que la fonction gg est strictement croissante sur l'intervalle [0  ;  1][0\;;\;1] et préciser les valeurs de g(0)g(0) et de g(1)g(1).

On considère la suite (un)\left(u_{n}\right) définie par {u0=12un+1=g(un)\left\{\begin{array}{l c l}u_{0}&=&\dfrac{1}{2}\\ u_{n+1}&=&g\left(u_{n}\right)\end{array}\right. pour tout entier naturel nn.

  1. Calculer u1u_{1} et u2u_{2}.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn, on a : 0<un<un+1<10 < u_{n} < u_{n+1}< 1.

  3. En déduire que la suite (un)\left(u_{n}\right) est convergente.

  4. Déterminer la limite ℓ\ell de la suite (un)\left(u_{n}\right).

On considère la suite (vn)\left(v_{n}\right) définie pour tout entier naturel nn par vn=ln⁡(1−un)v_{n}=\ln \left(1 - u_{n}\right).

  1. Démontrer que la suite (vn)\left(v_{n}\right) est une suite géométrique de raison 2 et préciser son premier terme.

  2. En déduire une expression de vnv_{n} en fonction de nn.

  3. En déduire une expression de unu_{n} en fonction de nn et retrouver la limite déterminée à la question 5.

  4. Recopier et compléter le script Python ci-dessous afin que celui-ci renvoie le rang nn à partir duquel la suite dépasse 0,95.

def seuil():
  n = 0
  u = 0.5
  while u < 0.95 :
    n = ...
    u = ...
  return n
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Question 1.

La fonction gg est un polynôme, donc dérivable sur [0 ;1][0\,;1], et pour tout x∈[0 ;1]x\in[0\,;1] :

g′(x)=2−2x=2(1−x).g'(x)=2-2x=2(1-x).

Pour x∈[0 ;1[x\in[0\,;1[, on a 1−x>01-x>0, donc g′(x)>0g'(x)>0. De plus g′(1)=0g'(1)=0, mais la dérivée ne s'annule qu'en un seul point isolé de l'intervalle.

Donc gg est strictement croissante sur [0 ;1][0\,;1].

On calcule les valeurs aux bornes :

g(0)=2×0−02=0,g(1)=2×1−12=1.g(0)=2\times0-0^2=0,\qquad g(1)=2\times1-1^2=1.

Donc gg est strictement croissante sur [0 ;1][0\,;1], avec g(0)=0g(0)=0 et g(1)=1g(1)=1.

Question 2.

On a u0=12u_0=\dfrac12, donc

u1=g(12)=2×12−(12)2=1−14=34.u_1=g\left(\dfrac12\right)=2\times\dfrac12-\left(\dfrac12\right)^2=1-\dfrac14=\dfrac34.

Puis

u2=g(34)=2×34−(34)2=32−916=2416−916=1516.u_2=g\left(\dfrac34\right)=2\times\dfrac34-\left(\dfrac34\right)^2=\dfrac32-\dfrac9{16}=\dfrac{24}{16}-\dfrac9{16}=\dfrac{15}{16}.

Donc u1=34u_1=\dfrac34 et u2=1516u_2=\dfrac{15}{16}.

Réponse : u1=34u_1=\dfrac34 et u2=1516u_2=\dfrac{15}{16}.

Question 3.

Pour tout entier naturel nn, on pose la propriété P(n)P(n) : « 0<un<un+1<10<u_n<u_{n+1}<1 ».

Initialisation. On a u0=12u_0=\dfrac12 et u1=34u_1=\dfrac34, donc 0<12<34<10<\dfrac12<\dfrac34<1, c'est-à-dire 0<u0<u1<10<u_0<u_1<1. Donc P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire 0<uk<uk+1<10<u_k<u_{k+1}<1 (hypothèse de récurrence). Montrons P(k+1)P(k+1), c'est-à-dire 0<uk+1<uk+2<10<u_{k+1}<u_{k+2}<1.

Les réels 00, uku_k, uk+1u_{k+1} et 11 appartiennent à [0 ;1][0\,;1], intervalle sur lequel gg est strictement croissante (question 1). On applique gg à chaque membre de l'hypothèse de récurrence en conservant le sens des inégalités :

g(0)<g(uk)<g(uk+1)<g(1).g(0)<g(u_k)<g(u_{k+1})<g(1).

Or g(0)=0g(0)=0, g(uk)=uk+1g(u_k)=u_{k+1}, g(uk+1)=uk+2g(u_{k+1})=u_{k+2} et g(1)=1g(1)=1. On obtient

0<uk+1<uk+2<1.0<u_{k+1}<u_{k+2}<1.

Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn. Donc, pour tout nn, 0<un<un+1<10<u_n<u_{n+1}<1.

Question 4.

D'après la question 3, pour tout entier naturel nn :

  • un<un+1u_n<u_{n+1}, donc la suite (un)(u_n) est strictement croissante

  • un<1u_n<1, donc la suite (un)(u_n) est majorée par 11.

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (un)(u_n) converge.

Question 5.

Notons ℓ\ell la limite de la suite (un)(u_n), qui existe d'après la question 4.

La suite (un)(u_n) étant croissante, pour tout nn, un⩾u0=12u_n\geqslant u_0=\dfrac12   la suite est aussi majorée par 11. Par passage à la limite dans les inégalités, 12⩽ℓ⩽1\dfrac12\leqslant\ell\leqslant1, donc ℓ\ell appartient à [0 ;1][0\,;1].

La fonction gg est continue sur [0 ;1][0\,;1] (c'est un polynôme). Les termes unu_n appartiennent à [0 ;1][0\,;1] et un+1=g(un)u_{n+1}=g(u_n). Quand nn tend vers +∞+\infty, un+1u_{n+1} tend vers ℓ\ell et g(un)g(u_n) tend vers g(ℓ)g(\ell) par continuité. Par unicité de la limite,

ℓ=g(ℓ).\ell=g(\ell).

On résout cette équation :

ℓ=2ℓ−ℓ2  ⟺  ℓ2−ℓ=0  ⟺  ℓ(ℓ−1)=0  ⟺  ℓ=0 ou ℓ=1.\ell=2\ell-\ell^2\iff\ell^2-\ell=0\iff\ell(\ell-1)=0\iff\ell=0\ \text{ou}\ \ell=1.

Comme ℓ⩾12\ell\geqslant\dfrac12, la valeur 00 est exclue.

Donc la limite de la suite (un)(u_n) est ℓ=1\ell=1.

Réponse : ℓ=1\ell=1.

Question 6.

Pour tout entier naturel nn, on a un<1u_n<1, donc 1−un>01-u_n>0 : le logarithme vn=ln⁡(1−un)v_n=\ln(1-u_n) est bien défini.

On calcule 1−un+11-u_{n+1} :

1−un+1=1−(2un−un2)=1−2un+un2=(1−un)2.1-u_{n+1}=1-\left(2u_n-u_n^2\right)=1-2u_n+u_n^2=(1-u_n)^2.

On en déduit, avec ln⁡(a2)=2ln⁡a\ln\left(a^2\right)=2\ln a pour a>0a>0 :

vn+1=ln⁡((1−un)2)=2ln⁡(1−un)=2vn.v_{n+1}=\ln\left((1-u_n)^2\right)=2\ln(1-u_n)=2v_n.

Donc la suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 22.

Son premier terme est

v0=ln⁡(1−u0)=ln⁡(12)=−ln⁡2.v_0=\ln(1-u_0)=\ln\left(\dfrac12\right)=-\ln2.

Question 7.

Le terme général d'une suite géométrique de raison 22 et de premier terme v0v_0 est vn=v0×2nv_n=v_0\times2^n. Donc, pour tout entier naturel nn,

vn=−2nln⁡2.v_n=-2^n\ln2.

Question 8.

Par définition, vn=ln⁡(1−un)v_n=\ln(1-u_n). En appliquant la fonction exponentielle :

1−un=evn=e−2nln⁡2=(eln⁡2)−2n=2−2n.1-u_n=\mathrm{e}^{v_n}=\mathrm{e}^{-2^n\ln2}=\left(\mathrm{e}^{\ln2}\right)^{-2^n}=2^{-2^n}.

On en déduit

un=1−2−2n=1−(12)2n.u_n=1-2^{-2^n}=1-\left(\dfrac12\right)^{2^n}.

On retrouve la limite. On a lim⁡n→+∞2n=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}2^n=+\infty car 2>12>1. Comme 0<12<10<\dfrac12<1, on a lim⁡X→+∞(12)X=0\lim\limits_{X\to+\infty}\left(\dfrac12\right)^X=0. Par composition,

lim⁡n→+∞(12)2n=0,\lim\limits_{n\to+\infty}\left(\dfrac12\right)^{2^n}=0,
donc
lim⁡n→+∞un=1.\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=1.

Donc un=1−(12)2nu_n=1-\left(\dfrac12\right)^{2^n} et la limite est 11, ce qui confirme le résultat de la question 5.

Réponse : un=1−(12)2nu_n=1-\left(\dfrac12\right)^{2^n} et lim⁡n→+∞un=1\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=1.

Question 9.

À chaque passage dans la boucle, l'indice nn augmente de 11 et la variable uu, qui contient unu_n, est remplacée par un+1=g(un)=2un−un2u_{n+1}=g(u_n)=2u_n-u_n^2. Le script complété est :

def seuil():
    n = 0
    u = 0.5
    while u < 0.95 :
        n = n + 1
        u = 2*u - u**2
    return n

Trace de l'exécution :

  • au départ, n=0n=0 et u=0,5<0,95u=0{,}5<0{,}95 : on entre dans la boucle

  • après un passage, n=1n=1 et u=0,75<0,95u=0{,}75<0{,}95

  • après deux passages, n=2n=2 et u=0,9375<0,95u=0{,}9375<0{,}95

  • après trois passages, n=3n=3 et u=u3=1−2−8=0,99609375⩾0,95u=u_3=1-2^{-8}=0{,}99609375\geqslant0{,}95 : la boucle s'arrête.

Donc la fonction renvoie 33 : c'est le rang à partir duquel la suite dépasse 0,950{,}95.

Réponse : n = n + 1 et u = 2*u - u**2   la fonction renvoie 33.

Points clés attendus

  • Récurrence rédigée en trois temps (initialisation, hérédité avec « soit kk fixé tel que…{} », conclusion) en citant la stricte croissance de gg sur [0 ;1][0\,;1] et en vérifiant que les quatre nombres sont dans cet intervalle.

  • Question 4 : citer le théorème de la limite monotone (croissante et majorée).

  • Question 5 : justifier que ℓ\ell vérifie ℓ=g(ℓ)\ell=g(\ell) par continuité de gg, puis écarter la racine 00 grâce à la croissance de la suite.

  • Question 6 : justifier que vnv_n est défini (1−un>01-u_n>0), puis montrer que 1−un+1=(1−un)21-u_{n+1}=(1-u_n)^2.

  • Question 9 : la boucle while continue tant que u<0,95u<0{,}95   justifier la valeur renvoyée par le calcul des premiers termes.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2024 (Amérique du Nord, 22 mai 2024 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès et François Hache) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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