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Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac

Bac 2023, Asie : exercice 3

23 mars 2023 · jour 1 · 5 points

Soit kk un réel strictement positif.

Le but de cet exercice est de déterminer le nombre de solutions de l'équation

ln⁡(x)=kx\ln (x) = kx
de paramètre kk.

  1. Conjectures graphiques :

    On a représenté, ci-dessous, dans un repère orthogonal, la courbe d'équation y=ln⁡(x)y = \ln (x), la droite d'équation y=xy = x ainsi que la droite d'équation y=0,2xy = 0,2x :

    Figure de l'énoncé, exercice 3, Asie 23 mars 2023

    À partir du graphique ci-dessus, conjecturer le nombre de solutions de l'équation ln⁡(x)=kx\ln (x) = kx pour k=1k = 1 puis pour k=0,2k = 0,2.

  2. Étude du cas k=1k = 1 :

    On considère la fonction ff, définie et dérivable sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[, par:

    f(x)=ln⁡(x)−x.f(x) = \ln (x) - x.

    On note f′f' la fonction dérivée de la fonction ff.

    1. Calculer f′(x)f'(x).

    2. Étudier le sens de variation de la fonction ff sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[.

      Dresser le tableau des variations de la fonction ff en y faisant figurer la valeur exacte des extremums s'il y en a.

      Les limites aux bornes de l'intervalle de définition ne sont pas attendues.

    3. En déduire le nombre de solutions de l'équation ln⁡(x)=x\ln (x) = x.

  3. Étude du cas général :

    kk est un nombre réel strictement positif.

    On considère la fonction gg définie sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ par:

    g(x)=ln⁡(x)−kx.g(x) = \ln (x) - kx.

    On admet que le tableau des variations de la fonction gg est le suivant :

    Figure de l'énoncé, exercice 3, Asie 23 mars 2023
    1. Donner, en fonction du signe de g(1k)g\left(\dfrac 1k\right) le nombre de solutions de l'équation g(x)=0g(x) = 0.

    2. Calculer g(1k)g\left(\dfrac 1k\right) en fonction du réel kk.

    3. Montrer que g(1k)>0g\left(\dfrac 1k\right) > 0 équivaut à ln⁡(k)<−1\ln (k) < - 1.

    4. Déterminer l'ensemble des valeurs de kk pour lesquelles l'équation ln⁡(x)=kx\ln (x) = kx possède exactement deux solutions.

    5. Donner, selon les valeurs de kk, le nombre de solutions de l'équation ln⁡(x)=kx\ln (x) = kx.

Voir le corrigé

Question 1. On lit les positions relatives de la courbe y=ln⁡(x)y=\ln(x) et des droites sur le graphique. Les solutions de l'équation ln⁡(x)=kx\ln(x)=kx sont les abscisses des points d'intersection de la courbe et de la droite d'équation y=kxy=kx.

Pour k=1k=1 : la droite y=xy=x semble toujours située au-dessus de la courbe y=ln⁡(x)y=\ln(x), sans la couper. On conjecture que l'équation ln⁡(x)=x\ln(x)=x n'a aucune solution.

Pour k=0,2k=0{,}2 : la droite y=0,2xy=0{,}2x semble couper la courbe en deux points, d'abscisses voisines de 1,31{,}3 et de 12,712{,}7. On conjecture que l'équation ln⁡(x)=0,2x\ln(x)=0{,}2x a deux solutions.

Réponse : k=1k=1 : aucune solution   k=0,2k=0{,}2 : deux solutions (conjectures).

Question 2. La fonction ff est définie sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ par f(x)=ln⁡(x)−xf(x)=\ln(x)-x.

a) La fonction ff est dérivable sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ comme différence de fonctions dérivables sur cet intervalle. Pour tout x>0x>0,

f′(x)=1x−1=1−xx.f'(x)=\dfrac1x-1=\dfrac{1-x}{x}.

Réponse : f′(x)=1−xxf'(x)=\dfrac{1-x}{x}.

b) Pour tout x>0x>0, on a x>0x>0, donc f′(x)f'(x) a le même signe que 1−x1-x.

  • Sur ]0  ;  1[]0\;;\;1[ : 1−x>01-x>0, donc f′(x)>0f'(x)>0.

  • En x=1x=1 : f′(1)=0f'(1)=0.

  • Sur ]1  ;  +∞[]1\;;\;+\infty[ : 1−x<01-x<0, donc f′(x)<0f'(x)<0.

Donc ff est strictement croissante sur ]0  ;  1]]0\;;\;1] et strictement décroissante sur [1  ;  +∞[[1\;;\;+\infty[.

Elle admet donc un maximum atteint en x=1x=1, de valeur

f(1)=ln⁡(1)−1=0−1=−1.f(1)=\ln(1)-1=0-1=-1.

Le tableau de variations de ff est donc le suivant : ff croît sur ]0  ;  1]]0\;;\;1] jusqu'à la valeur f(1)=−1f(1)=-1, puis décroît sur [1  ;  +∞[[1\;;\;+\infty[.

Réponse : maximum de ff égal à −1-1, atteint en x=1x=1.

c) D'après la question précédente, pour tout x>0x>0, f(x)⩽f(1)=−1<0f(x)\leqslant f(1)=-1<0.

Donc f(x)f(x) ne s'annule jamais sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[, c'est-à-dire que ln⁡(x)−x=0\ln(x)-x=0 n'a pas de solution.

Donc l'équation ln⁡(x)=x\ln(x)=x n'a aucune solution, ce qui confirme la conjecture.

Réponse : aucune solution.

Question 3. Soit k>0k>0. La fonction gg est définie sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ par g(x)=ln⁡(x)−kxg(x)=\ln(x)-kx, et on admet son tableau de variations : gg est strictement croissante sur ]0  ;  1k]\left]0\;;\;\dfrac1k\right], de limite −∞-\infty en 00 à g(1k)g\left(\dfrac1k\right), puis strictement décroissante sur [1k  ;  +∞[\left[\dfrac1k\;;\;+\infty\right[, de g(1k)g\left(\dfrac1k\right) à la limite −∞-\infty en +∞+\infty.

a) La fonction gg est continue sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[ (elle est dérivable).

Cas où g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0. Sur ]0  ;  1k]\left]0\;;\;\dfrac1k\right], gg est continue, strictement croissante, et prend des valeurs allant de −∞-\infty à g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0. Le réel 00 appartient à l'intervalle image. D'après le théorème des valeurs intermédiaires (corollaire pour une fonction continue strictement monotone), l'équation g(x)=0g(x)=0 a une unique solution sur cet intervalle.

De même, sur [1k  ;  +∞[\left[\dfrac1k\;;\;+\infty\right[, gg est continue, strictement décroissante, de g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0 à −∞-\infty, donc l'équation g(x)=0g(x)=0 a une unique solution sur cet intervalle.

Ces deux solutions sont distinctes, car g(1k)≠0g\left(\dfrac1k\right)\neq0 : l'équation g(x)=0g(x)=0 a exactement deux solutions.

Cas où g(1k)=0g\left(\dfrac1k\right)=0. Le maximum de gg est 00, atteint seulement en 1k\dfrac1k (stricte monotonie de part et d'autre). Donc l'équation g(x)=0g(x)=0 a exactement une solution, x=1kx=\dfrac1k.

Cas où g(1k)<0g\left(\dfrac1k\right)<0. Pour tout x>0x>0, g(x)⩽g(1k)<0g(x)\leqslant g\left(\dfrac1k\right)<0. Donc l'équation g(x)=0g(x)=0 n'a aucune solution.

Réponse : deux solutions si g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0   une seule si g(1k)=0g\left(\dfrac1k\right)=0   aucune si g(1k)<0g\left(\dfrac1k\right)<0.

b) On calcule

g(1k)=ln⁡(1k)−k×1k=−ln⁡(k)−1.g\left(\dfrac1k\right)=\ln\left(\dfrac1k\right)-k\times\dfrac1k=-\ln(k)-1.

Réponse : g(1k)=−ln⁡(k)−1g\left(\dfrac1k\right)=-\ln(k)-1.

c) D'après la question précédente,

g(1k)>0  ⟺  −ln⁡(k)−1>0  ⟺  −ln⁡(k)>1  ⟺  ln⁡(k)<−1.g\left(\dfrac1k\right)>0\iff-\ln(k)-1>0\iff-\ln(k)>1\iff\ln(k)<-1.

Donc g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0 équivaut à ln⁡(k)<−1\ln(k)<-1.

d) L'équation ln⁡(x)=kx\ln(x)=kx équivaut à g(x)=0g(x)=0. D'après la question 3.a, elle a exactement deux solutions si et seulement si g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0, c'est-à-dire (question 3.c) si et seulement si ln⁡(k)<−1\ln(k)<-1.

Or −1=ln⁡(e−1)-1=\ln\left(\mathrm{e}^{-1}\right) et la fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0  ;  +∞[]0\;;\;+\infty[. Donc, pour k>0k>0,

ln⁡(k)<ln⁡(e−1)  ⟺  k<e−1.\ln(k)<\ln\left(\mathrm{e}^{-1}\right)\iff k<\mathrm{e}^{-1}.

Donc l'équation ln⁡(x)=kx\ln(x)=kx possède exactement deux solutions si et seulement si k∈]0  ;  1e[k\in\left]0\;;\;\dfrac1{\mathrm{e}}\right[.

Réponse : k∈]0  ;  1e[k\in\left]0\;;\;\dfrac1{\mathrm{e}}\right[.

e) On reprend l'équivalence précédente pour les trois cas de la question 3.a. Comme ln⁡\ln est strictement croissante, ln⁡(k)<−1  ⟺  k<1e\ln(k)<-1\iff k<\dfrac1{\mathrm{e}}, ln⁡(k)=−1  ⟺  k=1e\ln(k)=-1\iff k=\dfrac1{\mathrm{e}} et ln⁡(k)>−1  ⟺  k>1e\ln(k)>-1\iff k>\dfrac1{\mathrm{e}}. D'où, pour k>0k>0 :

  • si 0<k<1e0<k<\dfrac1{\mathrm{e}} : g(1k)>0g\left(\dfrac1k\right)>0, l'équation a deux solutions

  • si k=1ek=\dfrac1{\mathrm{e}} : g(1k)=0g\left(\dfrac1k\right)=0, l'équation a une seule solution, x=1k=ex=\dfrac1k=\mathrm{e}

  • si k>1ek>\dfrac1{\mathrm{e}} : g(1k)<0g\left(\dfrac1k\right)<0, l'équation n'a aucune solution.

Ce résultat est cohérent avec la question 1 : k=1>1ek=1>\dfrac1{\mathrm{e}} donne aucune solution, et k=0,2<1e≈0,368k=0{,}2<\dfrac1{\mathrm{e}}\approx0{,}368 donne deux solutions.

Réponse : deux solutions si 0<k<1e0<k<\dfrac1{\mathrm{e}}   une solution si k=1ek=\dfrac1{\mathrm{e}}   aucune solution si k>1ek>\dfrac1{\mathrm{e}}.

Points clés attendus

  • Lecture graphique : les solutions sont les abscisses des points d'intersection de la courbe et de la droite.

  • Étude de ff : dérivée, signe justifié par x>0x>0, maximum f(1)=−1<0f(1)=-1<0, donc pas de solution.

  • Pour le nombre de solutions de g(x)=0g(x)=0 : citer le théorème des valeurs intermédiaires sur chaque intervalle, avec continuité, stricte monotonie et signes aux bornes.

  • Traiter les trois cas selon le signe de g(1k)g\left(\dfrac1k\right), y compris le cas d'égalité.

  • Passer de ln⁡(k)<−1\ln(k)<-1 à k<e−1k<\mathrm{e}^{-1} en justifiant par la croissance de ln⁡\ln.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Asie, 23 mars 2023 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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