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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2024, Métropole : exercice 3

11 septembre 2024 · 5 points Vrai / FauxPython

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Les cinq questions de cet exercice sont indépendantes.

  1. On considère une suite (tn)\left(t_n\right) vérifiant la relation de récurrence :

    pour tout entier naturel n,  tn+1=−0,8tn+18.\text{pour tout entier naturel } n,\;t_{n+1}= - 0,8t_n + 18.

    Affirmation 1 : La suite (wn)\left(w_n\right) définie pour tout entier naturel nn par wn=tn−10w_n = t_n - 10 est géométrique.

  2. On considère une suite (Sn)\left(S_n\right) qui vérifie pour tout entier naturel nn non nul :

    3n−4⩽Sn⩽3n+4.3n - 4 \leqslant S_n \leqslant 3n + 4.

    La suite (un)\left(u_n\right) est définie, pour tout entier naturel nn non nul, par : un=Snnu_n =\frac{S_n}{n}.

    Affirmation 2 : La suite (un)\left(u_n\right) converge.

  3. On considère la suite (vn)\left(v_n\right) définie par :

    v1=2 et pour tout entier naturel n⩾1,  vn+1=2−1vn.v_1= 2 \text{ et pour tout entier naturel } n\geqslant1,\;v_{n+1}=2-\frac{1}{v_n}.

    Affirmation 3 : Pour tout entier naturel n⩾1n \geqslant 1, vn=n+1nv_{n}=\dfrac{n+1}{n}.

  4. On considère la suite (un)\left(u_n\right) définie pour tout entier naturel nn par un=en−nu_n = \mathrm{e}^n-n.

    Affirmation 4 : La suite (un)\left(u_n\right) converge.

  5. On considère la suite (un)\left(u_n\right) définie à l'aide du script écrit ci-dessous en langage Python, qui renvoie la valeur de unu_n.

    def u(n) :
      valeur = 2
      for k in range(n) :
        valeur = 0.5 * (valeur + 2/valeur)
      return valeur

    On admet que (un)\left(u_n\right) est décroissante et vérifie pour tout entier naturel nn :

    2⩽un⩽2.\sqrt{2} \leqslant u_n \leqslant 2.

    Affirmation 5 : La suite (un)\left(u_n\right) converge vers 2\sqrt{2}.

Voir le corrigé

Affirmation 1. Vraie.

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. On exprime wn+1w_{n+1} en fonction de wnw_n :

wn+1=tn+1−10=−0,8 tn+18−10=−0,8 tn+8=−0,8(tn−10)=−0,8 wn.\begin{aligned} w_{n+1}&=t_{n+1}-10\\ &=-0{,}8\,t_n+18-10\\ &=-0{,}8\,t_n+8\\ &=-0{,}8\left(t_n-10\right)\\ &=-0{,}8\,w_n. \end{aligned}

Donc pour tout entier naturel nn, wn+1=−0,8 wnw_{n+1}=-0{,}8\,w_n.

Donc la suite (wn)(w_n) est géométrique de raison −0,8-0{,}8.

Affirmation 2. Vraie.

Pour tout entier n⩾1n\geqslant1, on a 3n−4⩽Sn⩽3n+43n-4\leqslant S_n\leqslant3n+4. On divise chaque membre par n>0n>0, ce qui conserve le sens des inégalités :

3−4n⩽un⩽3+4n.3-\dfrac4n\leqslant u_n\leqslant3+\dfrac4n.

On a lim⁡n→+∞4n=0\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\dfrac4n=0, donc

lim⁡n→+∞(3−4n)=3etlim⁡n→+∞(3+4n)=3.\lim_{n\to+\infty}\left(3-\dfrac4n\right)=3\qquad\text{et}\qquad\lim_{n\to+\infty}\left(3+\dfrac4n\right)=3.

La suite (un)(u_n) est encadrée, à partir du rang 11, par deux suites qui convergent vers la même limite 33. D'après le théorème des gendarmes, la suite (un)(u_n) converge, et sa limite est 33.

Donc l'affirmation est vraie.

Affirmation 3. Vraie.

Montrons par récurrence que, pour tout entier n⩾1n\geqslant1, P(n)\mathcal{P}(n) : vn=n+1nv_n=\dfrac{n+1}{n}.

Initialisation. Pour n=1n=1 : v1=2v_1=2 et 1+11=2\dfrac{1+1}{1}=2. Donc P(1)\mathcal{P}(1) est vraie.

Hérédité. Soit k⩾1k\geqslant1 fixé tel que P(k)\mathcal{P}(k) soit vraie, c'est-à-dire vk=k+1kv_k=\dfrac{k+1}{k} (hypothèse de récurrence). Montrons P(k+1)\mathcal{P}(k+1).

On a vk=k+1k≠0v_k=\dfrac{k+1}{k}\neq0, donc vk+1v_{k+1} est bien défini, et

vk+1=2−1vk=2−kk+1=2(k+1)−kk+1=k+2k+1.\begin{aligned} v_{k+1}&=2-\dfrac1{v_k}\\ &=2-\dfrac{k}{k+1}\\ &=\dfrac{2(k+1)-k}{k+1}\\ &=\dfrac{k+2}{k+1}. \end{aligned}

C'est l'égalité vk+1=(k+1)+1k+1v_{k+1}=\dfrac{(k+1)+1}{k+1} : P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie.

Conclusion. P(1)\mathcal{P}(1) est vraie et P\mathcal{P} est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier n⩾1n\geqslant1, vn=n+1nv_n=\dfrac{n+1}{n}.

Donc l'affirmation est vraie.

Affirmation 4. Fausse.

Pour n⩾1n\geqslant1, on met nn en facteur :

un=en−n=n(enn−1).u_n=\mathrm{e}^n-n=n\left(\dfrac{\mathrm{e}^n}{n}-1\right).

Par croissances comparées, lim⁡n→+∞enn=+∞\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^n}{n}=+\infty, donc lim⁡n→+∞(enn−1)=+∞\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\left(\dfrac{\mathrm{e}^n}{n}-1\right)=+\infty.

Par produit de limites, avec lim⁡n→+∞n=+∞\displaystyle\lim_{n\to+\infty}n=+\infty :

lim⁡n→+∞un=+∞.\lim_{n\to+\infty}u_n=+\infty.

La suite (un)(u_n) tend vers +∞+\infty : elle ne converge pas.

Donc l'affirmation est fausse.

Affirmation 5. Vraie.

Le script définit u0=2u_0=2 et, pour tout nn, un+1=12(un+2un)u_{n+1}=\dfrac12\left(u_n+\dfrac2{u_n}\right) : chaque passage dans la boucle for applique cette relation.

Convergence. La suite (un)(u_n) est décroissante (propriété admise) et minorée par 2\sqrt2 (propriété admise). D'après le théorème de convergence monotone (suite décroissante et minorée), elle converge vers un réel ℓ\ell.

Encadrement de ℓ\ell. Pour tout nn, 2⩽un⩽2\sqrt2\leqslant u_n\leqslant2. Par passage à la limite dans les inégalités larges, 2⩽ℓ⩽2\sqrt2\leqslant\ell\leqslant2. En particulier ℓ>0\ell>0.

Équation vérifiée par ℓ\ell. La fonction g:x↦12(x+2x)g:x\mapsto\dfrac12\left(x+\dfrac2x\right) est continue sur [2  ;  2][\sqrt2\;;\;2] (sur cet intervalle x≠0x\neq0), et un+1=g(un)u_{n+1}=g(u_n). Quand n→+∞n\to+\infty, un→ℓu_n\to\ell et un+1→ℓu_{n+1}\to\ell, donc par continuité de gg en ℓ\ell :

ℓ=12(ℓ+2ℓ).\ell=\dfrac12\left(\ell+\dfrac2\ell\right).

On résout cette équation (avec ℓ>0\ell>0) :

2ℓ=ℓ+2ℓ  ⟺  ℓ=2ℓ  ⟺  ℓ2=2.2\ell=\ell+\dfrac2\ell\iff\ell=\dfrac2\ell\iff\ell^2=2.

Comme ℓ>0\ell>0, on obtient ℓ=2\ell=\sqrt2.

Donc l'affirmation est vraie : la suite (un)(u_n) converge vers 2\sqrt2.

Points clés attendus

  • Pour une suite géométrique, montrer que wn+1=q wnw_{n+1}=q\,w_n avec qq constant, et préciser la raison.

  • Théorème des gendarmes : donner un encadrement valable pour tout n⩾1n\geqslant1, avec les deux limites égales.

  • Récurrence rédigée complètement (initialisation, hérédité avec hypothèse, conclusion).

  • Croissances comparées pour lever la forme indéterminée en−n\mathrm{e}^n-n, puis conclure à la divergence.

  • Théorème de convergence monotone, puis passage à la limite dans la relation de récurrence en justifiant la continuité, et rejet de la solution négative de ℓ2=2\ell^2=2.

Corrigé rédigé par + qu'un prof. Cherche d'abord seul, puis compare avec ta propre rédaction.

Comment t'entraîner

Chronomètre-toi, rédige sur papier comme le jour du bac, puis seulement après regarde le cours. Si tu bloques sur une question, écris « on admet que… » et passe à la suivante.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2024 (Métropole, 11 septembre 2024), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès et François Hache) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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