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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2023, Polynésie : exercice 4

13 mars 2023 · jour 1 · 6 points

Soit (un)\left(u_n\right) la suite définie par u0=−1u_0 = - 1 et, pour tout entier naturel nn :

un+1=0,9un−0,3.u_{n+1} = 0,9u_n - 0,3.

    1. Démontrer par récurrence que, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N},  un=2×0,9n−3u_n = 2 \times 0,9^n - 3.

    2. En déduire que pour tout n∈N,  −3<un⩽−1n \in \mathbb{N},\, \, - 3 < u_n \leqslant - 1.

    3. Démontrer que la suite (un)\left(u_n\right) est strictement décroissante.

    4. Démontrer que la suite (un)\left(u_n\right) converge et préciser sa limite.

  1. On se propose d'étudier la fonction gg définie sur ]−3  ;  −1]]-3\;;\;-1] par :

    g(x)=ln⁡(0,5x+1,5)−x.g(x) = \ln (0,5 x + 1,5) - x.

    1. Justifier toutes les informations données par le tableau de variations de la fonction gg (limites, variations, image de −1-1)

      Figure de l'énoncé, exercice 4, Polynésie 13 mars 2023
    2. En déduire que l'équation g(x)=0g(x) = 0 a exactement une solution que l'on notera α\alpha et dont on donnera un encadrement d'amplitude 10−310^{-3}.

  2. Dans la suite de l'exercice, on considère la suite (vn)\left(v_n\right) définie pour tout ∈N\in \mathbb{N}, par :

    vn=ln⁡(0,5un+1,5).v_n = \ln \left(0,5 u_n + 1,5\right).

    1. En utilisant la formule donnée à la question 1. a., démontrer que la suite (vn)\left(v_n\right) est arithmétique de raison ln⁡(0,9)\ln (0,9).

    2. Soit nn un entier naturel.

      Démontrer que un=vnu_n = v_n si, et seulement si g(un)=0g\left(u_n\right) = 0.

    3. Démontrer qu'il n'existe aucun rang k∈Nk \in \mathbb{N} pour lequel uk=αu_k = \alpha.

    4. En déduire qu'il n'existe aucun rang k∈Nk \in \mathbb{N} pour lequel vk=ukv_k = u_k.

Voir le corrigé

Question 1. a)

Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété un=2×0,9n−3u_n=2\times0{,}9^n-3.

Initialisation. On a u0=−1u_0=-1 et 2×0,90−3=2×1−3=−12\times0{,}9^0-3=2\times1-3=-1.

Donc P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire uk=2×0,9k−3u_k=2\times0{,}9^k-3 (hypothèse de récurrence).

Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie, c'est-à-dire uk+1=2×0,9k+1−3u_{k+1}=2\times0{,}9^{k+1}-3.

Par définition de la suite, puis par hypothèse de récurrence :

uk+1=0,9uk−0,3=0,9(2×0,9k−3)−0,3.u_{k+1}=0{,}9u_k-0{,}3=0{,}9\left(2\times0{,}9^k-3\right)-0{,}3.

On développe :

uk+1=2×0,9k+1−2,7−0,3=2×0,9k+1−3.u_{k+1}=2\times0{,}9^{k+1}-2{,}7-0{,}3=2\times0{,}9^{k+1}-3.

Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn.

Donc, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, un=2×0,9n−3u_n=2\times0{,}9^n-3.

1. b)

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}.

Comme 0<0,9<10<0{,}9<1, la fonction x↦0,9xx\mapsto0{,}9^x est strictement positive, et la suite (0,9n)\left(0{,}9^n\right) est décroissante de premier terme 0,90=10{,}9^0=1.

Donc

0<0,9n⩽1.0<0{,}9^n\leqslant1.

On multiplie par 2>02>0 :

0<2×0,9n⩽2.0<2\times0{,}9^n\leqslant2.

On soustrait 33 :

−3<2×0,9n−3⩽−1.-3<2\times0{,}9^n-3\leqslant-1.

D'après la question 1. a), cela s'écrit

−3<un⩽−1.-3<u_n\leqslant-1.

Donc, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, −3<un⩽−1-3<u_n\leqslant-1.

1. c)

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. D'après 1. a) :

un+1−un=2×0,9n+1−3−(2×0,9n−3)=2×0,9n(0,9−1).u_{n+1}-u_n=2\times0{,}9^{n+1}-3-\left(2\times0{,}9^{n}-3\right)=2\times0{,}9^{n}\left(0{,}9-1\right).

Donc

un+1−un=−0,2×0,9n.u_{n+1}-u_n=-0{,}2\times0{,}9^{n}.

Or 0,9n>00{,}9^n>0, donc un+1−un<0u_{n+1}-u_n<0.

Donc la suite (un)\left(u_n\right) est strictement décroissante.

1. d)

Première méthode. La suite (un)\left(u_n\right) est décroissante (question 1. c) et minorée par −3-3 (question 1. b).

D'après le théorème de la limite monotone, une suite décroissante et minorée converge.

Donc (un)\left(u_n\right) converge.

Détermination de la limite. Comme −1<0,9<1-1<0{,}9<1, on a lim⁡n→+∞0,9n=0\lim\limits_{n\to+\infty}0{,}9^n=0.

Par opérations sur les limites :

lim⁡n→+∞un=lim⁡n→+∞(2×0,9n−3)=2×0−3=−3.\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=\lim\limits_{n\to+\infty}\left(2\times0{,}9^n-3\right)=2\times0-3=-3.

Donc la suite (un)\left(u_n\right) converge et sa limite est −3-3.

Réponse : lim⁡n→+∞un=−3\lim\limits_{n\to+\infty}u_n=-3.

Question 2. a)

La fonction gg est définie sur ]−3 ;−1]]-3\,;-1] par g(x)=ln⁡(0,5x+1,5)−xg(x)=\ln(0{,}5x+1{,}5)-x.

Pour x∈]−3 ;−1]x\in]-3\,;-1], on a 0,5x+1,5>00{,}5x+1{,}5>0 (car 0,5x+1,5>0  ⟺  x>−30{,}5x+1{,}5>0\iff x>-3), donc gg est bien définie, et dérivable comme somme et composée de fonctions dérivables.

Limite en −3-3. Quand xx tend vers −3-3 par valeurs supérieures, 0,5x+1,50{,}5x+1{,}5 tend vers 00 par valeurs strictement positives.

Comme lim⁡X→0+ln⁡(X)=−∞\lim\limits_{X\to0^+}\ln(X)=-\infty, par composition :

lim⁡x→−3+ln⁡(0,5x+1,5)=−∞.\lim\limits_{x\to-3^+}\ln(0{,}5x+1{,}5)=-\infty.

De plus lim⁡x→−3(−x)=3\lim\limits_{x\to-3}(-x)=3.

Par somme :

lim⁡x→−3+g(x)=−∞.\lim\limits_{x\to-3^+}g(x)=-\infty.

Variations. On utilise (ln⁡u)′=u′u\left(\ln u\right)'=\dfrac{u'}{u} avec u(x)=0,5x+1,5u(x)=0{,}5x+1{,}5 et u′(x)=0,5u'(x)=0{,}5.

Pour tout x∈]−3 ;−1]x\in]-3\,;-1] :

g′(x)=0,50,5x+1,5−1.g'(x)=\dfrac{0{,}5}{0{,}5x+1{,}5}-1.

On multiplie numérateur et dénominateur par 22 :

g′(x)=1x+3−1=1−(x+3)x+3=−x−2x+3.g'(x)=\dfrac{1}{x+3}-1=\dfrac{1-(x+3)}{x+3}=\dfrac{-x-2}{x+3}.

Sur ]−3 ;−1]]-3\,;-1], on a x+3>0x+3>0, donc g′(x)g'(x) a le signe de −x−2-x-2.

On a −x−2>0  ⟺  x<−2-x-2>0\iff x<-2, et −x−2=0  ⟺  x=−2-x-2=0\iff x=-2.

Donc :

  • g′(x)>0g'(x)>0 sur ]−3 ;−2[]-3\,;-2[, donc gg est strictement croissante sur ]−3 ;−2]]-3\,;-2]

  • g′(−2)=0g'(-2)=0

  • g′(x)<0g'(x)<0 sur ]−2 ;−1]]-2\,;-1], donc gg est strictement décroissante sur [−2 ;−1][-2\,;-1].

La fonction gg admet donc un maximum en −2-2, égal à g(−2)g(-2).

Image de −1-1.

g(−1)=ln⁡(0,5×(−1)+1,5)−(−1)=ln⁡(1)+1=0+1=1.g(-1)=\ln(0{,}5\times(-1)+1{,}5)-(-1)=\ln(1)+1=0+1=1.

Donc gg part de −∞-\infty en −3-3, croît jusqu'à g(−2)g(-2), puis décroît jusqu'à g(−1)=1g(-1)=1 : ceci justifie le tableau de variations.

2. b)

Calculons le maximum :

g(−2)=ln⁡(0,5×(−2)+1,5)+2=ln⁡(0,5)+2=2−ln⁡(2).g(-2)=\ln(0{,}5\times(-2)+1{,}5)+2=\ln(0{,}5)+2=2-\ln(2).

Comme ln⁡(2)<2\ln(2)<2 (on a ln⁡2≈0,693\ln 2\approx0{,}693), g(−2)=2−ln⁡2>0g(-2)=2-\ln 2>0.

Sur ]−3 ;−2]]-3\,;-2]. La fonction gg est continue (car dérivable), strictement croissante, avec lim⁡x→−3+g(x)=−∞<0\lim\limits_{x\to-3^+}g(x)=-\infty<0 et g(−2)>0g(-2)>0.

Donc 00 est une valeur comprise entre la limite en −3-3 et g(−2)g(-2).

D'après le théorème des valeurs intermédiaires (corollaire pour les fonctions continues strictement monotones), l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans ]−3 ;−2]]-3\,;-2].

Sur [−2 ;−1][-2\,;-1]. La fonction gg est strictement décroissante, donc pour tout x∈[−2 ;−1]x\in[-2\,;-1], g(x)⩾g(−1)=1>0g(x)\geqslant g(-1)=1>0.

L'équation g(x)=0g(x)=0 n'a donc pas de solution sur [−2 ;−1][-2\,;-1].

Donc l'équation g(x)=0g(x)=0 admet exactement une solution α\alpha sur ]−3 ;−1]]-3\,;-1].

Encadrement. À la calculatrice :

g(−2,889)≈−0,0024<0etg(−2,888)≈0,0056>0.g(-2{,}889)\approx-0{,}0024<0\qquad\text{et}\qquad g(-2{,}888)\approx0{,}0056>0.

Comme gg est strictement croissante sur ]−3 ;−2]]-3\,;-2] et que g(−2,889)<0=g(α)<g(−2,888)g(-2{,}889)<0=g(\alpha)<g(-2{,}888), on a

−2,889<α<−2,888.-2{,}889<\alpha<-2{,}888.

Réponse : α\alpha est l'unique solution de g(x)=0g(x)=0 et −2,889<α<−2,888-2{,}889<\alpha<-2{,}888.

Question 3. a)

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. D'après 1. a), un=2×0,9n−3u_n=2\times0{,}9^n-3, donc

0,5un+1,5=0,5(2×0,9n−3)+1,5=0,9n−1,5+1,5=0,9n.0{,}5u_n+1{,}5=0{,}5\left(2\times0{,}9^n-3\right)+1{,}5=0{,}9^n-1{,}5+1{,}5=0{,}9^n.

Donc

vn=ln⁡(0,9n)=nln⁡(0,9).v_n=\ln\left(0{,}9^n\right)=n\ln(0{,}9).

Alors, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N} :

vn+1−vn=(n+1)ln⁡(0,9)−nln⁡(0,9)=ln⁡(0,9).v_{n+1}-v_n=(n+1)\ln(0{,}9)-n\ln(0{,}9)=\ln(0{,}9).

Cette différence est constante.

Donc la suite (vn)\left(v_n\right) est arithmétique de raison ln⁡(0,9)\ln(0{,}9), de premier terme v0=0v_0=0.

3. b)

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. D'après 1. b), un∈]−3 ;−1]u_n\in]-3\,;-1], donc g(un)g\left(u_n\right) est bien défini.

Par définition de gg et de vnv_n :

g(un)=ln⁡(0,5un+1,5)−un=vn−un.g\left(u_n\right)=\ln\left(0{,}5u_n+1{,}5\right)-u_n=v_n-u_n.

Donc

g(un)=0  ⟺  vn−un=0  ⟺  un=vn.g\left(u_n\right)=0\iff v_n-u_n=0\iff u_n=v_n.

Donc un=vnu_n=v_n si et seulement si g(un)=0g\left(u_n\right)=0.

3. c)

On calcule, avec la formule de 1. a) :

u27=2×0,927−3≈−2,8837etu28=2×0,928−3≈−2,8953.u_{27}=2\times0{,}9^{27}-3\approx-2{,}8837\qquad\text{et}\qquad u_{28}=2\times0{,}9^{28}-3\approx-2{,}8953.

D'après 2. b), −2,889<α<−2,888-2{,}889<\alpha<-2{,}888.

Donc

u28≈−2,8953<−2,889<α<−2,888<−2,8837≈u27.u_{28}\approx-2{,}8953<-2{,}889<\alpha<-2{,}888<-2{,}8837\approx u_{27}.

Ainsi u28<α<u27u_{28}<\alpha<u_{27}.

La suite (un)\left(u_n\right) est strictement décroissante (question 1. c).

  • Pour tout entier k⩽27k\leqslant27, uk⩾u27>αu_k\geqslant u_{27}>\alpha, donc uk≠αu_k\neq\alpha.

  • Pour tout entier k⩾28k\geqslant28, uk⩽u28<αu_k\leqslant u_{28}<\alpha, donc uk≠αu_k\neq\alpha.

Tout entier kk est dans l'un de ces deux cas.

Donc il n'existe aucun rang k∈Nk\in\mathbb{N} pour lequel uk=αu_k=\alpha.

3. d)

Raisonnons par l'absurde : supposons qu'il existe un rang k∈Nk\in\mathbb{N} tel que vk=ukv_k=u_k.

D'après 3. b), on aurait g(uk)=0g\left(u_k\right)=0, avec uk∈]−3 ;−1]u_k\in]-3\,;-1].

Or, d'après 2. b), α\alpha est l'unique solution de g(x)=0g(x)=0 sur ]−3 ;−1]]-3\,;-1].

On aurait donc uk=αu_k=\alpha, ce qui contredit la question 3. c).

Donc il n'existe aucun rang k∈Nk\in\mathbb{N} pour lequel vk=ukv_k=u_k.

Points clés attendus

  • Rédiger la récurrence complète : initialisation, hérédité avec « soit kk fixé », conclusion.

  • Citer le théorème de la limite monotone (décroissante et minorée) et la limite de 0,9n0{,}9^n car −1<0,9<1-1<0{,}9<1.

  • Justifier chaque information du tableau : limite en −3-3 par composition, signe de g′g', valeurs g(−2)g(-2) et g(−1)g(-1).

  • Appliquer le théorème des valeurs intermédiaires sur ]−3 ;−2]]-3\,;-2] en vérifiant continuité, stricte monotonie et signes aux bornes, puis traiter l'autre intervalle.

  • Pour 3. c), localiser α\alpha entre deux termes consécutifs u28u_{28} et u27u_{27} et utiliser la stricte décroissance.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Polynésie, 13 mars 2023 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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