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Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac

Bac 2023, Asie : exercice 2

24 mars 2023 · jour 2 · 6 points Vrai / Faux

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par

f(x)=ln⁡(e2x−ex+1).f(x) = \ln \left(\mathrm{e}^{2x} - \mathrm{e}^x + 1\right).

On note Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative représentée ci-dessous.

Figure de l'énoncé, exercice 2, Asie 24 mars 2023

Un élève formule les conjectures suivantes à partir de cette représentation graphique :

1.  L'équation f(x)=2f(x) = 2 semble admettre au moins une solution.
2.  Le plus grand intervalle sur lequel la fonction ff semble être croissante est [−0,5  ;  +∞[[- 0,5\;;\;+\infty[.
3.  L'équation de la tangente au point d'abscisse x=0x = 0 semble être: y=1,5xy = 1,5x.

Le but de cet exercice est de valider ou rejeter les conjectures concernant la fonction ff.

Partie A : Étude d'une fonction auxiliaire

On définit sur R\mathbb{R} la fonction gg définie par

g(x)=e2x−ex+1.g(x) = \mathrm{e}^{2x} - \mathrm{e}^x + 1.

  1. Déterminer lim⁡x→−∞g(x)\displaystyle\lim_{x \to - \infty} g(x).

  2. Montrer que lim⁡x→+∞g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to + \infty} g(x) = + \infty.

  3. Montrer que g′(x)=ex(2ex−1)g'(x) = \mathrm{e}^x\left(2\mathrm{e}^x - 1\right) pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}.

  4. Étudier le sens de variation de la fonction gg sur R\mathbb{R}.

    Dresser le tableau des variations de la fonction gg en y faisant figurer la valeur exacte des extremums s'il y en a, ainsi que les limites de gg en −∞-\infty et +∞+ \infty.

  5. En déduire le signe de gg sur R\mathbb{R}.

  6. Sans en mener nécessairement les calculs, expliquer comment on pourrait établir le résultat de la question 5 en posant X=exX = \mathrm{e}^x.

Partie B

  1. Justifier que la fonction ff est bien définie sur R\mathbb{R}.

  2. La fonction dérivée de la fonction ff est notée f′f'.

    Justifier que f′(x)=g′(x)g(x)f'(x) = \dfrac{g'(x)}{g(x)} pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}.

  3. Déterminer une équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 00.

  4. Montrer que la fonction ff est strictement croissante sur [−ln⁡(2)  ;  +∞[[-\ln (2)\;;\; +\infty[.

  5. Montrer que l'équation f(x)=2f(x) = 2 admet une unique solution α\alpha sur [−ln⁡(2)  ;  +∞[[-\ln (2)\;;\; +\infty[ et déterminer une valeur approchée de α\alpha à 10−210^{-2} près.

Partie C

À l'aide des résultats de la partie B, indiquer, pour chaque conjecture de l'élève, si elle est vraie ou fausse. Justifier.

Voir le corrigé

Partie A

Question 1.

On a lim⁡x→−∞x=−∞\lim\limits_{x\to-\infty}x=-\infty et lim⁡X→−∞eX=0\lim\limits_{X\to-\infty}\mathrm{e}^{X}=0.

Donc, par composition, lim⁡x→−∞ex=0\lim\limits_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0 et, comme 2x→−∞2x\to-\infty, lim⁡x→−∞e2x=0\lim\limits_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{2x}=0.

Par somme des limites :

lim⁡x→−∞g(x)=0−0+1=1.\lim\limits_{x\to-\infty}g(x)=0-0+1=1.

Donc lim⁡x→−∞g(x)=1\lim\limits_{x\to-\infty}g(x)=1.

Réponse : lim⁡x→−∞g(x)=1\lim\limits_{x\to-\infty}g(x)=1.

Question 2.

Pour tout réel xx, on a e2x=(ex)2\mathrm{e}^{2x}=\left(\mathrm{e}^{x}\right)^2, donc

g(x)=ex(ex−1)+1.g(x)=\mathrm{e}^{x}\left(\mathrm{e}^{x}-1\right)+1.

Quand x→+∞x\to+\infty, on a ex→+∞\mathrm{e}^{x}\to+\infty, donc ex−1→+∞\mathrm{e}^{x}-1\to+\infty.

Par produit, ex(ex−1)→+∞\mathrm{e}^{x}\left(\mathrm{e}^{x}-1\right)\to+\infty, puis par somme avec la constante 11 :

lim⁡x→+∞g(x)=+∞.\lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty.

Donc lim⁡x→+∞g(x)=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty.

Question 3.

La fonction gg est dérivable sur R\mathbb{R} comme somme de fonctions dérivables sur R\mathbb{R}.

La dérivée de x↦e2xx\mapsto\mathrm{e}^{2x} est x↦2e2xx\mapsto2\mathrm{e}^{2x} (dérivée de eu\mathrm{e}^{u} avec u(x)=2xu(x)=2x, soit u′euu'\mathrm{e}^{u}).

Donc, pour tout réel xx,

g′(x)=2e2x−ex=ex(2ex−1).g'(x)=2\mathrm{e}^{2x}-\mathrm{e}^{x}=\mathrm{e}^{x}\left(2\mathrm{e}^{x}-1\right).

Donc g′(x)=ex(2ex−1)g'(x)=\mathrm{e}^{x}\left(2\mathrm{e}^{x}-1\right) pour tout x∈Rx\in\mathbb{R}.

Question 4.

Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 : le signe de g′(x)g'(x) est celui du facteur 2ex−12\mathrm{e}^{x}-1.

On résout :

2ex−1⩾0  ⟺  ex⩾12  ⟺  x⩾ln⁡(12)=−ln⁡2,2\mathrm{e}^{x}-1\geqslant0\iff\mathrm{e}^{x}\geqslant\dfrac12\iff x\geqslant\ln\left(\dfrac12\right)=-\ln 2,
car la fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

Donc g′(x)<0g'(x)<0 pour x<−ln⁡2x<-\ln2, g′(−ln⁡2)=0g'(-\ln2)=0 et g′(x)>0g'(x)>0 pour x>−ln⁡2x>-\ln2.

On en déduit que gg est strictement décroissante sur ]−∞ ;−ln⁡2]]-\infty\,;-\ln2] et strictement croissante sur [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[.

Valeur de l'extremum :

g(−ln⁡2)=e−2ln⁡2−e−ln⁡2+1=14−12+1=34.g(-\ln2)=\mathrm{e}^{-2\ln2}-\mathrm{e}^{-\ln2}+1=\dfrac14-\dfrac12+1=\dfrac34.

Tableau de variations : gg décroît de la limite 11 (en −∞-\infty) jusqu'à la valeur 34\dfrac34 atteinte en −ln⁡2-\ln2, puis croît de 34\dfrac34 jusqu'à la limite +∞+\infty (en +∞+\infty).

Donc gg admet un minimum égal à 34\dfrac34, atteint en x=−ln⁡2x=-\ln2.

Réponse : minimum g(−ln⁡2)=34g(-\ln2)=\dfrac34.

Question 5.

D'après la question 4, pour tout réel xx, on a g(x)⩾34g(x)\geqslant\dfrac34.

Or 34>0\dfrac34>0.

Donc g(x)>0g(x)>0 pour tout réel xx.

Question 6.

On pose X=exX=\mathrm{e}^{x}, avec X>0X>0.

Alors g(x)=X2−X+1g(x)=X^2-X+1 : c'est un trinôme du second degré en XX.

Son discriminant est Δ=(−1)2−4×1×1=−3<0\Delta=(-1)^2-4\times1\times1=-3<0, donc il n'a pas de racine réelle.

Son coefficient dominant est 1>01>0 : le trinôme est donc du signe de 11, c'est-à-dire strictement positif, pour tout réel XX.

En particulier, il est strictement positif pour X=exX=\mathrm{e}^{x}.

Donc on retrouve g(x)>0g(x)>0 pour tout réel xx.

Partie B

Question 1.

La fonction ln⁡\ln est définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

La fonction ff est définie en xx si et seulement si e2x−ex+1>0\mathrm{e}^{2x}-\mathrm{e}^{x}+1>0, c'est-à-dire g(x)>0g(x)>0.

D'après la question 5 de la partie A, g(x)>0g(x)>0 pour tout réel xx.

Donc la fonction ff est bien définie sur R\mathbb{R}.

Question 2.

On a f=ln⁡∘gf=\ln\circ g, où gg est dérivable sur R\mathbb{R} et strictement positive sur R\mathbb{R}, et où ln⁡\ln est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

Donc ff est dérivable sur R\mathbb{R}, et la formule de dérivation d'une composée (ln⁡u)′=u′u(\ln u)'=\dfrac{u'}{u} donne, pour tout réel xx,

f′(x)=g′(x)g(x).f'(x)=\dfrac{g'(x)}{g(x)}.

Question 3.

L'équation de la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse 00 est y=f′(0)(x−0)+f(0)y=f'(0)(x-0)+f(0).

On calcule :

f(0)=ln⁡(e0−e0+1)=ln⁡1=0,f(0)=\ln\left(\mathrm{e}^{0}-\mathrm{e}^{0}+1\right)=\ln1=0,
g(0)=1,g′(0)=e0(2e0−1)=1,doncf′(0)=g′(0)g(0)=1.g(0)=1,\qquad g'(0)=\mathrm{e}^{0}\left(2\mathrm{e}^{0}-1\right)=1,\qquad\text{donc}\qquad f'(0)=\dfrac{g'(0)}{g(0)}=1.

Donc la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse 00 a pour équation y=xy=x.

Réponse : y=xy=x.

Question 4.

D'après la question 2, f′(x)=g′(x)g(x)f'(x)=\dfrac{g'(x)}{g(x)} avec g(x)>0g(x)>0 pour tout réel xx : le signe de f′(x)f'(x) est celui de g′(x)g'(x).

D'après la question 4 de la partie A, g′(x)>0g'(x)>0 pour x>−ln⁡2x>-\ln2.

Donc f′(x)>0f'(x)>0 sur ]−ln⁡2 ;+∞[]-\ln2\,;+\infty[.

Une fonction dont la dérivée est strictement positive sur un intervalle (sauf éventuellement en une extrémité) est strictement croissante sur cet intervalle.

Donc la fonction ff est strictement croissante sur [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[.

Question 5.

Soit I=[−ln⁡2 ;+∞[I=[-\ln2\,;+\infty[. On vérifie les hypothèses du corollaire du théorème des valeurs intermédiaires.

  • La fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R}, donc continue sur II.

  • La fonction ff est strictement croissante sur II (question 4).

  • On a f(−ln⁡2)=ln⁡(g(−ln⁡2))=ln⁡34<0f(-\ln2)=\ln\left(g(-\ln2)\right)=\ln\dfrac34<0, car 34<1\dfrac34<1.

  • On a lim⁡x→+∞g(x)=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty et lim⁡y→+∞ln⁡y=+∞\lim\limits_{y\to+\infty}\ln y=+\infty, donc par composition lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=+\infty.

Donc ff réalise une bijection de II sur [ln⁡34 ;+∞[\left[\ln\dfrac34\,;+\infty\right[, intervalle qui contient 22.

D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(x)=2f(x)=2 admet une unique solution α\alpha dans II.

Valeur approchée : à la calculatrice, f(1,12)≈1,992<2f(1{,}12)\approx1{,}992<2 et f(1,13)≈2,013>2f(1{,}13)\approx2{,}013>2.

Comme ff est strictement croissante sur II, on obtient 1,12<α<1,131{,}12<\alpha<1{,}13.

Une résolution plus fine donne α≈1,1238\alpha\approx1{,}1238, donc α≈1,12\alpha\approx1{,}12 à 10−210^{-2} près.

Donc l'équation f(x)=2f(x)=2 admet une unique solution α\alpha sur [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[, avec α≈1,12\alpha\approx1{,}12.

Réponse : α≈1,12\alpha\approx1{,}12 (à 10−210^{-2} près).

Partie C

Conjecture 1. Vraie.

D'après la question 5 de la partie B, l'équation f(x)=2f(x)=2 admet une solution α≈1,12\alpha\approx1{,}12 (unique sur [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[).

Donc l'équation f(x)=2f(x)=2 admet au moins une solution : la conjecture est vraie.

Conjecture 2. Fausse.

Le signe de f′(x)f'(x) est celui de g′(x)g'(x) : f′(x)<0f'(x)<0 sur ]−∞ ;−ln⁡2[]-\infty\,;-\ln2[ et f′(x)>0f'(x)>0 sur ]−ln⁡2 ;+∞[]-\ln2\,;+\infty[.

Donc ff est strictement décroissante sur ]−∞ ;−ln⁡2]]-\infty\,;-\ln2] et strictement croissante sur [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[.

Le plus grand intervalle sur lequel ff est croissante est donc [−ln⁡2 ;+∞[[-\ln2\,;+\infty[, avec −ln⁡2≈−0,69-\ln2\approx-0{,}69.

Or [−0,5 ;+∞[[-0{,}5\,;+\infty[ est strictement contenu dans cet intervalle : la conjecture est fausse.

Conjecture 3. Fausse.

D'après la question 3 de la partie B, la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse 00 a pour équation y=xy=x (coefficient directeur f′(0)=1f'(0)=1) et non y=1,5xy=1{,}5x : la conjecture est fausse.

Points clés attendus

  • Mettre ex\mathrm{e}^{x} en facteur pour lever la forme indéterminée en +∞+\infty, et citer limites de référence et composition.

  • Justifier le signe de g′g' (facteur ex>0\mathrm{e}^{x}>0) et en déduire le minimum 34>0\dfrac34>0 pour établir que ff est définie sur R\mathbb{R}.

  • Utiliser la formule (ln⁡u)′=u′u(\ln u)'=\dfrac{u'}{u} en précisant que u=gu=g est strictement positive.

  • Pour l'unicité de α\alpha : citer le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires avec continuité, stricte monotonie, limites aux bornes et position de 22.

  • En partie C, justifier chaque conjecture par un résultat des parties précédentes, sans se contenter de la lecture graphique.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2023 (Asie, 24 mars 2023 (jour 2)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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