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Terminale Spé Maths / Chapitre 5 : Fonction logarithme / Annales du bac

Bac 2022, Métropole : exercice 3

8 septembre 2022 · jour 1 · 7 points

Partie A

On considère la fonction ff définie sur l'intervalle [1  ;  +∞[[1\;;\;+\infty[ par

f(x)=ln⁡xx,f(x) = \dfrac{\ln x}{x},

où ln⁡\ln désigne la fonction logarithme népérien.

  1. Donner la limite de la fonction ff en +∞+\infty.

  2. On admet que la fonction ff est dérivable sur l'intervalle [1  ;  +∞[[1\;;\;+\infty[ et on note f′f' sa fonction dérivée.

    1. Montrer que, pour tout nombre réel x⩾1, f′(x)=1−ln⁡xx2x \geqslant 1,\,f'(x) = \frac{1 - \ln x}{x^2}.

    2. Justifier le tableau de signes suivant, donnant le signe de f′(x)f'(x) suivant les valeurs de xx.

      Figure de l'énoncé, exercice 3, Métropole 8 septembre 2022
    3. Dresser le tableau de variations complet de la fonction ff.

  3. Soit kk un nombre réel positif ou nul.

    1. Montrer que, si 0⩽k⩽1e0 \leqslant k \leqslant \dfrac{1}{\text{e}}, l'équation f(x)=kf(x) = k admet une unique solution sur l'intervalle [1  ;  e][1\;;\;\text{e}].

    2. Si k>1ek > \dfrac{1}{\text{e}}, l'équation f(x)=kf(x) = k admet-elle des solutions sur l'intervalle [1  ;  +∞[[1\;;\;+\infty[ ?

      Justifier.

Partie B

Soit gg la fonction définie sur R\mathbb{R} par :

g(x)=ex4.g(x) = \text{e}^{\frac{x}{4}}.

On considère la suite (un)\left(u_n\right) définie par u0=1u_0 = 1 et, pour tout entier naturel nn :

un+1=eun4u_{n+1} = \text{e}^{\frac{u_n}{4}} c'est-à-dire : un+1=g(un)u_{n+1} = g\left(u_n\right).

  1. Justifier que la fonction gg est croissante sur R\mathbb{R}.

  2. Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn, on a : un⩽un+1⩽eu_n \leqslant u_{n+1} \leqslant \text{e}.

  3. En déduire que la suite (un)\left(u_n\right) est convergente.

On note ℓ\ell la limite de la suite (un)\left(u_n\right) et on admet que ff est solution de l'équation :

ex4=x.\text{e}^{\frac{x}{4}} = x.

  1. En déduire que ℓ\ell est solution de l'équation f(x)=14f(x) = \dfrac14, où ff est la fonction étudiée dans la partie A.

  2. Donner une valeur approchée à 10−210^{-2} près de la limite ℓ\ell de la suite (un)\left(u_n\right).

Voir le corrigé

Partie A

Question 1.

D'après le théorème des croissances comparées, lim⁡x→+∞ln⁡xx=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{\ln x}{x}=0.

Donc lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0.

Réponse : lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0.

Question 2. a)

La fonction f=uvf=\dfrac{u}{v} avec, pour x⩾1x\geqslant1 :

u(x)=ln⁡x,v(x)=x,u′(x)=1x,v′(x)=1.u(x)=\ln x,\qquad v(x)=x,\qquad u'(x)=\dfrac1x,\qquad v'(x)=1.

On utilise la formule (uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac uv\right)'=\dfrac{u'v-uv'}{v^2} (le dénominateur xx ne s'annule pas sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[) :

f′(x)=1x×x−ln⁡x×1x2=1−ln⁡xx2.f'(x)=\dfrac{\dfrac1x\times x-\ln x\times1}{x^2}=\dfrac{1-\ln x}{x^2}.

Donc, pour tout réel x⩾1x\geqslant1, f′(x)=1−ln⁡xx2f'(x)=\dfrac{1-\ln x}{x^2}.

Question 2. b)

Pour tout x⩾1x\geqslant1, x2>0x^2>0. Donc f′(x)f'(x) est du signe de 1−ln⁡x1-\ln x.

Par stricte croissance de la fonction ln⁡\ln sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ :

1−ln⁡x>0  ⟺  ln⁡x<1  ⟺  x<e,1-\ln x>0\iff\ln x<1\iff x<\mathrm{e},
et 1−ln⁡x=0  ⟺  x=e1-\ln x=0\iff x=\mathrm{e}.

On en déduit :

  • f′(x)>0f'(x)>0 pour x∈[1 ;e[x\in[1\,;\mathrm{e}[

  • f′(e)=0f'(\mathrm{e})=0

  • f′(x)<0f'(x)<0 pour x∈ ]e ;+∞[x\in\,]\mathrm{e}\,;+\infty[.

Ce qui justifie le tableau de signes de l'énoncé.

Question 2. c)

On calcule les valeurs utiles : f(1)=ln⁡11=0f(1)=\dfrac{\ln1}{1}=0 et f(e)=ln⁡ee=1ef(\mathrm{e})=\dfrac{\ln\mathrm{e}}{\mathrm{e}}=\dfrac1{\mathrm{e}}. D'après la question 1, lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0.

D'après le signe de f′f' :

  • ff est strictement croissante sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}], de f(1)=0f(1)=0 à f(e)=1ef(\mathrm{e})=\dfrac1{\mathrm{e}}

  • ff est strictement décroissante sur [e ;+∞[[\mathrm{e}\,;+\infty[, de 1e\dfrac1{\mathrm{e}} vers la limite 00.

Question 3. a)

Soit kk tel que 0⩽k⩽1e0\leqslant k\leqslant\dfrac1{\mathrm{e}}. Sur l'intervalle [1 ;e][1\,;\mathrm{e}] :

  • ff est continue, car dérivable

  • ff est strictement croissante

  • f(1)=0⩽k⩽1e=f(e)f(1)=0\leqslant k\leqslant\dfrac1{\mathrm{e}}=f(\mathrm{e}), donc kk est compris entre f(1)f(1) et f(e)f(\mathrm{e}).

D'après le théorème des valeurs intermédiaires, appliqué à une fonction continue et strictement monotone, l'équation f(x)=kf(x)=k admet une unique solution sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}].

Question 3. b)

Non. D'après le tableau de variations, ff admet sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[ un maximum, atteint en e\mathrm{e} et égal à 1e\dfrac1{\mathrm{e}} : pour tout x⩾1x\geqslant1, f(x)⩽1ef(x)\leqslant\dfrac1{\mathrm{e}}.

Si k>1ek>\dfrac1{\mathrm{e}}, alors pour tout x⩾1x\geqslant1, f(x)⩽1e<kf(x)\leqslant\dfrac1{\mathrm{e}}<k, donc f(x)≠kf(x)\neq k.

Donc, si k>1ek>\dfrac1{\mathrm{e}}, l'équation f(x)=kf(x)=k n'admet aucune solution sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[.

Partie B

Question 1.

La fonction gg est dérivable sur R\mathbb{R}, et pour tout réel xx :

g′(x)=14ex/4.g'(x)=\dfrac14\mathrm{e}^{x/4}.

Comme la fonction exponentielle est strictement positive, g′(x)>0g'(x)>0 pour tout réel xx.

Donc gg est strictement croissante sur R\mathbb{R}.

Question 2.

Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété : un⩽un+1⩽eu_n\leqslant u_{n+1}\leqslant\mathrm{e}.

Initialisation. On a u0=1u_0=1 et u1=e1/4≈1,284u_1=\mathrm{e}^{1/4}\approx1{,}284. Donc u0⩽u1⩽eu_0\leqslant u_1\leqslant\mathrm{e} : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk un entier naturel fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire uk⩽uk+1⩽eu_k\leqslant u_{k+1}\leqslant\mathrm{e} (hypothèse de récurrence). Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie.

La fonction gg est croissante sur R\mathbb{R} : on l'applique à chaque membre de l'hypothèse de récurrence en conservant le sens des inégalités :

g(uk)⩽g(uk+1)⩽g(e),g(u_k)\leqslant g(u_{k+1})\leqslant g(\mathrm{e}),
c'est-à-dire
uk+1⩽uk+2⩽ee/4.u_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant\mathrm{e}^{\mathrm{e}/4}.

Or e<4\mathrm{e}<4, donc e4<1\dfrac{\mathrm{e}}4<1, et par croissance de la fonction exponentielle, ee/4<e1=e\mathrm{e}^{\mathrm{e}/4}<\mathrm{e}^1=\mathrm{e}.

On en déduit uk+1⩽uk+2⩽eu_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant\mathrm{e} : P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, un⩽un+1⩽eu_n\leqslant u_{n+1}\leqslant\mathrm{e}.

Question 3.

D'après la question 2, pour tout nn, un⩽un+1u_n\leqslant u_{n+1} : la suite (un)\left(u_n\right) est croissante. Et un⩽un+1⩽eu_n\leqslant u_{n+1}\leqslant\mathrm{e}, donc (un)\left(u_n\right) est majorée par e\mathrm{e}.

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (un)\left(u_n\right) est convergente.

Question 4.

On note ℓ\ell la limite de (un)\left(u_n\right). Comme la suite est croissante, ℓ⩾u0=1\ell\geqslant u_0=1, donc ℓ>0\ell>0. On admet que eℓ/4=ℓ\mathrm{e}^{\ell/4}=\ell.

Les deux membres étant strictement positifs, on applique la fonction ln⁡\ln :

ln⁡(eℓ/4)=ln⁡ℓ  ⟺  ℓ4=ln⁡ℓ.\ln\left(\mathrm{e}^{\ell/4}\right)=\ln\ell\iff\dfrac\ell4=\ln\ell.

On divise par ℓ>0\ell>0 :

ln⁡ℓℓ=14,\dfrac{\ln\ell}{\ell}=\dfrac14,
c'est-à-dire f(ℓ)=14f(\ell)=\dfrac14.

Donc ℓ\ell est solution de l'équation f(x)=14f(x)=\dfrac14.

Question 5.

La suite est croissante et majorée par e\mathrm{e}, donc 1⩽ℓ⩽e1\leqslant\ell\leqslant\mathrm{e}. De plus 0⩽14⩽1e0\leqslant\dfrac14\leqslant\dfrac1{\mathrm{e}}, car e<4\mathrm{e}<4.

D'après la partie A, question 3. a), l'équation f(x)=14f(x)=\dfrac14 admet une unique solution sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}]. Comme ℓ\ell est solution et appartient à [1 ;e][1\,;\mathrm{e}], c'est cette solution.

À la calculatrice, on obtient ℓ≈1,43\ell\approx1{,}43, arrondi à 10−210^{-2} près.

Donc ℓ≈1,43\ell\approx1{,}43.

Réponse : ℓ≈1,43\ell\approx1{,}43.

Points clés attendus

  • Citer les croissances comparées pour la limite et la formule du quotient pour la dérivée.

  • Pour le théorème des valeurs intermédiaires : continuité, stricte monotonie, et position de kk entre f(1)f(1) et f(e)f(\mathrm{e}).

  • Rédiger la récurrence complète : initialisation, hérédité avec l'hypothèse de récurrence, utilisation de la croissance de gg, conclusion.

  • Citer le théorème de la limite monotone (suite croissante et majorée).

  • Passer au logarithme pour relier l'équation ex/4=x\mathrm{e}^{x/4}=x à f(x)=14f(x)=\dfrac14.

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Revoir le cours

Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2022 (Métropole, 8 septembre 2022 (jour 1)), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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