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Terminale Spé Maths / Chapitre 1 : Suites / Annales du bac

Bac 2022, Groupe I : exercice 4

19 mai 2022 · 6 points Python

Partie A

On considère la fonction ff définie pour tout réel xx de ]0   1] par:

f(x)=e−x+ln⁡(x).f(x) = \text{e}^{-x} + \ln (x).

  1. Calculer la limite de ff en 00.

  2. On admet que ff est dérivable sur ]0   1]. On note f′f' sa fonction dérivée.

    Démontrer que, pour tout réel xx appartenant à ]0   1], on a :

    f′(x)=1−xe−xxf'(x) = \dfrac{1 - x\text{e}^{-x}}{x}

  3. Justifier que, pour tout réel xx appartenant à ]0   1], on a xe−x<1x\text{e}^{-x} < 1.

    En déduire le tableau de variation de ff sur ]0   1].

  4. Démontrer qu'il existe un unique réel ℓ\ell appartenant à ]0   1] tel que f(ℓ)=0f(\ell) = 0.

Partie B

  1. On définit deux suites (an)\left(a_n\right) et (bn)\left(b_n\right) par:

    {a0=110b0=1 et, pour tout entier naturel  n,{an+1=e−bnbn+1=e−an\left\{\begin{array}{l c l} a_0& =& \dfrac{1}{10}\\ b_0& =& 1 \end{array}\right.\, \text{et, pour tout entier naturel }\, n,\left\{\begin{array}{l c l} a_{n+1}&=&\text{e}^{-b_n}\\ b_{n+1}&=&\text{e}^{-a_n} \end{array}\right.

    1. Calculer a1a_1 et b1b_1. On donnera des valeurs approchées à 10−210^{-2} près.

    2. On considère ci-dessous la fonction termes, écrite en langage Python.

      def termes (n) :
           a=1/10
           b=1
           for k in range(0,n) :
               c= \ldots
               b  = \ldots
               a = c
           return(a,b)

      Recopier et compléter sans justifier le cadre ci-dessus de telle sorte que la fonction termes calcule les termes des suites (an)\left(a_n\right) et (bn)\left(b_n\right).

  2. On rappelle que la fonction x⟼e−xx \longmapsto \text{e}^{-x} est décroissante sur R\mathbb{R}.

    1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn, on a :

      0<an⩽an+1⩽bn+1⩽bn⩽10 < a_n \leqslant a_{n+1} \leqslant b_{n+1} \leqslant b_n \leqslant 1

    2. En déduire que les suites (an)\left(a_n\right) et (bn)\left(b_n\right) sont convergentes.

  3. On note AA la limite de (an)\left(a_n\right) et BB la limite de (bn)\left(b_n\right).

    On admet que AA et BB appartiennent à l'intervalle ]0   1], et que A=e−BA = \text{e}^{-B} et B=e−AB = \text{e}^{-A}.

    1. Démontrer que f(A)=0f(A) = 0.

    2. Déterminer A−BA - B.

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Partie A

Question 1.

On cherche la limite de f(x)=e−x+ln⁡xf(x)=\mathrm{e}^{-x}+\ln x quand xx tend vers 00 par valeurs supérieures.

On a lim⁡x→0(−x)=0\lim\limits_{x\to 0}(-x)=0 et lim⁡X→0eX=1\lim\limits_{X\to 0}\mathrm{e}^{X}=1. Par limite d'une composée,

lim⁡x→0+e−x=1.\lim_{x\to 0^+}\mathrm{e}^{-x}=1.

D'autre part,

lim⁡x→0+ln⁡x=−∞.\lim_{x\to 0^+}\ln x=-\infty.

Par somme des limites,

lim⁡x→0+f(x)=−∞.\lim_{x\to 0^+}f(x)=-\infty.

Donc la limite de ff en 00 est −∞-\infty.

Réponse : lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to 0^+}f(x)=-\infty.

Question 2.

On admet que ff est dérivable sur ]0 ;1]]0\,;1].

La fonction x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} est de la forme eu\mathrm{e}^{u} avec u(x)=−xu(x)=-x, donc sa dérivée est u′ euu'\,\mathrm{e}^{u}, soit −e−x-\mathrm{e}^{-x}.

La dérivée de x↦ln⁡xx\mapsto\ln x est x↦1xx\mapsto\dfrac1x.

Donc, pour tout x∈ ]0 ;1]x\in\,]0\,;1],

f′(x)=−e−x+1x.f'(x)=-\mathrm{e}^{-x}+\dfrac1x.

On met au même dénominateur xx, qui est non nul :

f′(x)=−x e−x+1x=1−x e−xx.f'(x)=\dfrac{-x\,\mathrm{e}^{-x}+1}{x}=\dfrac{1-x\,\mathrm{e}^{-x}}{x}.

Donc, pour tout réel xx de ]0 ;1]]0\,;1], f′(x)=1−x e−xxf'(x)=\dfrac{1-x\,\mathrm{e}^{-x}}{x}.

Question 3.

Soit x∈ ]0 ;1]x\in\,]0\,;1].

On a −x<0-x<0 et la fonction exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R}, donc e−x<e0=1\mathrm{e}^{-x}<\mathrm{e}^{0}=1. De plus e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0.

Comme 0<x⩽10<x\leqslant 1 et e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0, on obtient en multipliant par e−x\mathrm{e}^{-x} :

0<x e−x⩽e−x.0<x\,\mathrm{e}^{-x}\leqslant\mathrm{e}^{-x}.

Or e−x<1\mathrm{e}^{-x}<1, donc

0<x e−x<1.0<x\,\mathrm{e}^{-x}<1.

Donc, pour tout x∈ ]0 ;1]x\in\,]0\,;1], x e−x<1x\,\mathrm{e}^{-x}<1.

On en déduit le signe de f′f' :

  • le numérateur 1−x e−x1-x\,\mathrm{e}^{-x} est strictement positif

  • le dénominateur xx est strictement positif.

Donc f′(x)>0f'(x)>0 pour tout x∈ ]0 ;1]x\in\,]0\,;1].

La fonction ff est donc strictement croissante sur ]0 ;1]]0\,;1].

Ses limites et valeurs aux bornes sont : lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to 0^+}f(x)=-\infty (question 1) et

f(1)=e−1+ln⁡1=e−1.f(1)=\mathrm{e}^{-1}+\ln 1=\mathrm{e}^{-1}.

Tableau de variations décrit en phrases : ff est strictement croissante sur ]0 ;1]]0\,;1], elle part de −∞-\infty en 00 et atteint la valeur e−1\mathrm{e}^{-1} en 11.

Réponse : ff est strictement croissante sur ]0 ;1]]0\,;1], de limite −∞-\infty en 00, avec f(1)=e−1f(1)=\mathrm{e}^{-1}.

Question 4.

La fonction ff est dérivable sur ]0 ;1]]0\,;1], donc continue sur cet intervalle.

Elle est strictement croissante sur ]0 ;1]]0\,;1] (question 3).

Son image est l'intervalle ]−∞ ;e−1]\left]-\infty\,;\mathrm{e}^{-1}\right], puisque lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to 0^+}f(x)=-\infty et f(1)=e−1f(1)=\mathrm{e}^{-1}.

Or 0∈]−∞ ;e−1]0\in\left]-\infty\,;\mathrm{e}^{-1}\right], car e−1>0\mathrm{e}^{-1}>0.

D'après le théorème des valeurs intermédiaires, dans sa version pour les fonctions continues et strictement monotones (théorème de la bijection), l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une solution dans ]0 ;1]]0\,;1], et cette solution est unique.

Donc il existe un unique réel ℓ∈ ]0 ;1]\ell\in\,]0\,;1] tel que f(ℓ)=0f(\ell)=0.

Partie B

Question 1. a)

On a a0=110a_0=\dfrac{1}{10} et b0=1b_0=1.

a1=e−b0=e−1≈0,37.a_1=\mathrm{e}^{-b_0}=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}37.

b1=e−a0=e−0,1≈0,90.b_1=\mathrm{e}^{-a_0}=\mathrm{e}^{-0{,}1}\approx 0{,}90.

Donc a1≈0,37a_1\approx 0{,}37 et b1≈0,90b_1\approx 0{,}90 à 10−210^{-2} près.

Réponse : a1=e−1≈0,37a_1=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}37 et b1=e−0,1≈0,90b_1=\mathrm{e}^{-0{,}1}\approx 0{,}90.

b)

À chaque passage dans la boucle, on doit calculer an+1=e−bna_{n+1}=\mathrm{e}^{-b_n} et bn+1=e−anb_{n+1}=\mathrm{e}^{-a_n} à partir de ana_n et bnb_n.

La variable c sert à mémoriser le nouveau aa : elle permet de calculer le nouveau bb avec l'ancienne valeur de a, avant d'écraser a par c.

On suppose la fonction exp disponible (par exemple avec from math import exp).

def termes(n):
    a = 1/10
    b = 1
    for k in range(0, n):
        c = exp(-b)
        b = exp(-a)
        a = c
    return (a, b)

Réponse : c = exp(-b) puis b = exp(-a).

Question 2. a)

Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété

0<an⩽an+1⩽bn+1⩽bn⩽1.0<a_n\leqslant a_{n+1}\leqslant b_{n+1}\leqslant b_n\leqslant 1.

Initialisation. On a a0=0,1a_0=0{,}1, a1=e−1≈0,37a_1=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}37, b1=e−0,1≈0,90b_1=\mathrm{e}^{-0{,}1}\approx 0{,}90 et b0=1b_0=1.

Donc 0<0,1⩽0,37⩽0,90⩽10<0{,}1\leqslant 0{,}37\leqslant 0{,}90\leqslant 1 : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit kk fixé tel que P(k)P(k) soit vraie, c'est-à-dire

0<ak⩽ak+1⩽bk+1⩽bk⩽1(hypotheˋse de reˊcurrence).0<a_k\leqslant a_{k+1}\leqslant b_{k+1}\leqslant b_k\leqslant 1\quad\text{(hypothèse de récurrence).}

Montrons P(k+1)P(k+1).

La fonction x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} est décroissante sur R\mathbb{R} : elle inverse l'ordre des inégalités. On l'applique à chaque membre de l'hypothèse de récurrence en renversant le sens des inégalités :

e−1⩽e−bk⩽e−bk+1⩽e−ak+1⩽e−ak<e0=1.\mathrm{e}^{-1}\leqslant\mathrm{e}^{-b_k}\leqslant\mathrm{e}^{-b_{k+1}}\leqslant\mathrm{e}^{-a_{k+1}}\leqslant\mathrm{e}^{-a_k}<\mathrm{e}^{0}=1.

D'après les définitions des suites, on a

e−bk=ak+1,e−bk+1=ak+2,e−ak+1=bk+2,e−ak=bk+1.\mathrm{e}^{-b_k}=a_{k+1},\quad \mathrm{e}^{-b_{k+1}}=a_{k+2},\quad \mathrm{e}^{-a_{k+1}}=b_{k+2},\quad \mathrm{e}^{-a_k}=b_{k+1}.

On obtient donc

e−1⩽ak+1⩽ak+2⩽bk+2⩽bk+1<1.\mathrm{e}^{-1}\leqslant a_{k+1}\leqslant a_{k+2}\leqslant b_{k+2}\leqslant b_{k+1}<1.

Comme 0<e−10<\mathrm{e}^{-1}, on en déduit

0<ak+1⩽ak+2⩽bk+2⩽bk+1⩽1.0<a_{k+1}\leqslant a_{k+2}\leqslant b_{k+2}\leqslant b_{k+1}\leqslant 1.

Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn.

b)

D'après la question précédente, pour tout nn, an⩽an+1a_n\leqslant a_{n+1} : la suite (an)\left(a_n\right) est croissante.

De plus, an⩽bn⩽1a_n\leqslant b_n\leqslant 1 donc an⩽1a_n\leqslant 1 : la suite (an)\left(a_n\right) est majorée par 11.

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite croissante et majorée converge), la suite (an)\left(a_n\right) converge.

De même, pour tout nn, bn+1⩽bnb_{n+1}\leqslant b_n : la suite (bn)\left(b_n\right) est décroissante.

De plus, bn⩾an>0b_n\geqslant a_n>0 : la suite (bn)\left(b_n\right) est minorée par 00.

D'après le théorème de la limite monotone (toute suite décroissante et minorée converge), la suite (bn)\left(b_n\right) converge.

Donc les suites (an)\left(a_n\right) et (bn)\left(b_n\right) sont convergentes.

Question 3. a)

On admet que A=e−BA=\mathrm{e}^{-B} et B=e−AB=\mathrm{e}^{-A}, avec AA et BB dans ]0 ;1]]0\,;1].

De A=e−BA=\mathrm{e}^{-B} et A>0A>0, on déduit en appliquant ln⁡\ln :

ln⁡A=−B.\ln A=-B.

De B=e−AB=\mathrm{e}^{-A}, on a e−A=B\mathrm{e}^{-A}=B.

Donc

f(A)=e−A+ln⁡A=B+(−B)=0.f(A)=\mathrm{e}^{-A}+\ln A=B+(-B)=0.

Donc f(A)=0f(A)=0.

b)

De même, B=e−AB=\mathrm{e}^{-A} et B>0B>0 donnent ln⁡B=−A\ln B=-A, et e−B=A\mathrm{e}^{-B}=A.

Donc

f(B)=e−B+ln⁡B=A+(−A)=0.f(B)=\mathrm{e}^{-B}+\ln B=A+(-A)=0.

Les réels AA et BB appartiennent à ]0 ;1]]0\,;1] et vérifient tous deux f(x)=0f(x)=0.

D'après la question A.4, l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une seule solution ℓ\ell dans ]0 ;1]]0\,;1].

Donc A=ℓA=\ell et B=ℓB=\ell, d'où A=BA=B.

Donc A−B=0A-B=0.

Réponse : A−B=0A-B=0.

Points clés attendus

  • Partie A : limite de ff en 00 par somme, justification de x e−x<1x\,\mathrm{e}^{-x}<1 sur ]0 ;1]]0\,;1], puis signe de f′f' et théorème de la bijection (continuité, stricte monotonie, valeurs aux bornes) pour l'unicité de ℓ\ell.

  • Question B.1.b : utiliser la variable c pour ne pas perdre l'ancienne valeur de a.

  • Récurrence : énoncer la propriété avec les cinq inégalités, et citer la décroissance de x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} qui renverse le sens des inégalités.

  • Convergence : citer le théorème de la limite monotone en précisant, pour chaque suite, sa monotonie et son majorant ou minorant.

  • Question B.3 : se servir des relations A=e−BA=\mathrm{e}^{-B} et B=e−AB=\mathrm{e}^{-A} avec ln⁡\ln, puis de l'unicité de la solution de f(x)=0f(x)=0 pour conclure A=BA=B.

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Source : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2022 (Groupe I, 19 mai 2022), ministère de l'Éducation nationale. Énoncé mis en forme pour le web à partir du tapuscrit de l'APMEP (Denis Vergès) ; figures issues des fichiers de l'APMEP. En cas de doute sur un détail, le sujet officiel fait foi.

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