+ qu'un profMon espace

Terminale Spé Maths / Chapitre 10 : Vecteurs, droites et plans de l'espace

Vecteurs, droites et plans de l'espace : le cours

La géométrie dans l'espace, c'est la géométrie plane… avec une dimension en plus, et la difficulté de faire un dessin lisible. Heureusement, les vecteurs et les coordonnées remplacent le dessin : un calcul ne se trompe pas de perspective.

Ce chapitre répond à des questions très classiques du bac :

  • ces trois points sont-ils alignés ?
  • ces quatre points sont-ils dans un même plan ?
  • ces deux droites se coupent-elles ?
  • cette droite est-elle parallèle à ce plan ?

Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser ce cours

  • Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
  • Retiens le fil rouge du chapitre : tout se ramène à une combinaison linéaire de vecteurs. Colinéaires : w⃗=ku⃗\vec w=k\vec u. Coplanaires : w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v.
  • Ne te fie jamais à la figure : elle sert à comprendre, pas à démontrer.

1. Les vecteurs de l'espace

Les vecteurs de l'espace se manipulent exactement comme dans le plan.

  • Le vecteur AB→\overrightarrow{AB} est associé à la translation qui transforme AA en BB.
  • Relation de Chasles : AB→+BC→=AC→\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}.
  • AB→=CD→\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{CD} si et seulement si ABDCABDC est un parallélogramme (éventuellement aplati).
  • II est le milieu de [AB][AB] si et seulement si AI→=12AB→\overrightarrow{AI}=\dfrac12\overrightarrow{AB}.
  • On peut additionner deux vecteurs, multiplier un vecteur par un réel, et les règles de calcul sont les mêmes qu'en seconde.

Dans un parallélépipède ABCDEFGHABCDEFGH (dont le cube), on a :

AB→=DC→=EF→=HG→etAG→=AB→+AD→+AE→\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}=\overrightarrow{EF}=\overrightarrow{HG}\qquad\text{et}\qquad\overrightarrow{AG}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AD}+\overrightarrow{AE}

💡 Astuce Chasles. Pour décomposer un vecteur, insère un point : IJ→=IA→+AB→+BJ→\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{IA}+\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BJ}. Choisis les points intermédiaires pour retomber sur des vecteurs connus (les arêtes du solide).

2. Colinéarité, droites de l'espace

Deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v sont colinéaires si l'un est un multiple de l'autre. Si v⃗≠0⃗\vec v\neq\vec0 :

u⃗ et v⃗ colineˊaires  ⟺  il existe k∈R tel que u⃗=kv⃗\vec u\text{ et }\vec v\text{ colinéaires}\iff\text{il existe }k\in\R\text{ tel que }\vec u=k\vec v

Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.

  • Points alignés : AA, BB, CC sont alignés   ⟺  \iff AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires.
  • Droite : la droite passant par AA et de vecteur directeur u⃗≠0⃗\vec u\neq\vec0 est l'ensemble des points MM tels que AM→=t u⃗\overrightarrow{AM}=t\,\vec u, avec t∈Rt\in\R.
  • Droites parallèles : deux droites sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.

3. Plans de l'espace

Soit AA un point, et u⃗\vec u, v⃗\vec v deux vecteurs non colinéaires. L'ensemble des points MM tels que :

AM→=x u⃗+y v⃗(x,y∈R)\overrightarrow{AM}=x\,\vec u+y\,\vec v\qquad(x,y\in\R)

est un plan, noté (A ;u⃗,v⃗)(A\,;\vec u,\vec v). On dit que (u⃗,v⃗)(\vec u,\vec v) est une base de ce plan.

  • Trois points non alignés AA, BB, CC définissent un plan (ABC)=(A ;AB→,AC→)(ABC)=(A\,;\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}).
  • Plans parallèles : deux plans sont parallèles si et seulement si leurs bases engendrent les mêmes vecteurs, c'est-à-dire si les vecteurs de l'un s'écrivent comme combinaisons linéaires de ceux de l'autre.

4. Coplanarité et base de l'espace

Trois vecteurs u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w sont coplanaires si, en les représentant avec la même origine OO par OA→\overrightarrow{OA}, OB→\overrightarrow{OB}, OC→\overrightarrow{OC}, les points OO, AA, BB, CC sont dans un même plan.

Théorème (coplanarité). Soient u⃗\vec u et v⃗\vec v deux vecteurs non colinéaires. Le vecteur w⃗\vec w est coplanaire avec u⃗\vec u et v⃗\vec v si et seulement s'il existe deux réels aa et bb tels que :

w⃗=a u⃗+b v⃗\vec w=a\,\vec u+b\,\vec v

Conséquence. Quatre points AA, BB, CC, DD (avec AA, BB, CC non alignés) sont coplanaires si et seulement si AD→=a AB→+b AC→\overrightarrow{AD}=a\,\overrightarrow{AB}+b\,\overrightarrow{AC}.

Base de l'espace. Trois vecteurs non coplanaires (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec i,\vec j,\vec k) forment une base de l'espace. Tout vecteur w⃗\vec w s'écrit alors de manière unique :

w⃗=x i⃗+y j⃗+z k⃗\vec w=x\,\vec i+y\,\vec j+z\,\vec k

Les réels (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) sont les coordonnées de w⃗\vec w dans cette base. Dans un tétraèdre ABCDABCD (quatre points non coplanaires), (AB→,AC→,AD→)\left(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC},\overrightarrow{AD}\right) est une base de l'espace.

⚠️ Pièges :

  • Trois vecteurs coplanaires n'ont pas besoin d'être colinéaires : i⃗\vec i, j⃗\vec j et i⃗+j⃗\vec i+\vec j sont coplanaires sans être colinéaires.
  • Le théorème de coplanarité exige que u⃗\vec u et v⃗\vec v soient non colinéaires.
  • Pour montrer que des vecteurs ne sont pas coplanaires, il faut prouver qu'aucune combinaison linéaire ne convient : un système sans solution.

😄 Trois vecteurs coplanaires, c'est comme trois personnes qui se sont assises sur la même nappe de pique-nique : elles peuvent être loin les unes des autres, mais elles sont toutes dessus.

5. Repère et coordonnées

Un repère de l'espace est (O ;i⃗,j⃗,k⃗)(O\,;\vec i,\vec j,\vec k) où (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec i,\vec j,\vec k) est une base. Le point MM a pour coordonnées (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) si OM→=x i⃗+y j⃗+z k⃗\overrightarrow{OM}=x\,\vec i+y\,\vec j+z\,\vec k.

Pour A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et B(xB ;yB ;zB)B(x_B\,;y_B\,;z_B) :

  • Vecteur : AB→(xB−xA ; yB−yA ; zB−zA)\overrightarrow{AB}(x_B-x_A\,;\ y_B-y_A\,;\ z_B-z_A).
  • Milieu de [AB][AB] : (xA+xB2 ; yA+yB2 ; zA+zB2)\left(\dfrac{x_A+x_B}2\,;\ \dfrac{y_A+y_B}2\,;\ \dfrac{z_A+z_B}2\right).
  • Combinaison linéaire : αu⃗+βv⃗\alpha\vec u+\beta\vec v a pour coordonnées (αx+βx′ ; αy+βy′ ; αz+βz′)(\alpha x+\beta x'\,;\ \alpha y+\beta y'\,;\ \alpha z+\beta z').
  • Colinéarité : u⃗(x ;y ;z)\vec u(x\,;y\,;z) et v⃗(x′ ;y′ ;z′)\vec v(x'\,;y'\,;z') (v⃗≠0⃗\vec v\neq\vec0) sont colinéaires   ⟺  \iff leurs coordonnées sont proportionnelles : il existe kk avec x=kx′x=kx', y=ky′y=ky', z=kz′z=kz'.

Méthode : trois vecteurs sont-ils coplanaires ?

Soient u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w avec u⃗\vec u, v⃗\vec v non colinéaires.

  1. Écris w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v : cela donne trois équations en aa et bb.
  2. Résous le système avec deux équations.
  3. Vérifie la troisième avec les valeurs trouvées.
  4. Si elle est vérifiée : coplanaires, avec w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v. Sinon : non coplanaires.

💡 Astuce. Pour prouver que quatre points sont coplanaires, ramène-toi à une seule relation AD→=aAB→+bAC→\overrightarrow{AD}=a\overrightarrow{AB}+b\overrightarrow{AC}. Écris-la explicitement dans la copie : c'est la preuve.

6. Représentation paramétrique d'une droite

La droite dd passant par A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et de vecteur directeur u⃗(a ;b ;c)\vec u(a\,;b\,;c) est l'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que AM→=tu⃗\overrightarrow{AM}=t\vec u, c'est-à-dire :

{x=xA+t ay=yA+t bz=zA+t ct∈R\begin{cases}x=x_A+t\,a\\y=y_A+t\,b\\z=z_A+t\,c\end{cases}\qquad t\in\R

C'est une représentation paramétrique de dd. À chaque valeur de tt correspond un point de dd.

  • Un point est-il sur la droite ? On cherche tt à partir d'une coordonnée, puis on vérifie les deux autres.
  • Droite (AB)(AB) : on prend AA comme point et AB→\overrightarrow{AB} (ou un multiple simplifié) comme vecteur directeur.
  • Une droite a une infinité de représentations paramétriques : on peut changer de point et de vecteur directeur.

7. Positions relatives

Deux droites

dd passe par AA avec u⃗\vec u, et d′d' passe par A′A' avec u⃗′\vec u'.

  • Si u⃗\vec u et u⃗′\vec u' sont colinéaires : les droites sont parallèles. Elles sont confondues si A′∈dA'\in d, sinon strictement parallèles.
  • Sinon : on résout le système obtenu en égalant les coordonnées (paramètres tt et ss).
    • une solution unique : sécantes en un point ;
    • aucune solution : non coplanaires.

⚠️ Dans l'espace, deux droites qui ne sont pas parallèles ne sont pas forcément sécantes.

Il existe des droites non coplanaires : elles ne se coupent jamais et ne sont pas parallèles.

Ne conclus donc « sécantes » qu'après avoir trouvé le point d'intersection.

Une droite et un plan

dd passe par AA avec u⃗\vec u ; P=(B ;v⃗,w⃗)P=(B\,;\vec v,\vec w).

  • u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w non coplanaires : dd et PP sont sécants en un unique point.
  • u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w coplanaires : dd est parallèle à PP. Elle est incluse dans PP si A∈PA\in P, sinon strictement parallèle.

Pour trouver le point d'intersection : on écrit BM→=xv⃗+yw⃗\overrightarrow{BM}=x\vec v+y\vec w avec M=A+tu⃗M=A+t\vec u, ce qui donne un système de trois équations à trois inconnues (t,x,y)(t,x,y).

Deux plans

P=(A ;u⃗,v⃗)P=(A\,;\vec u,\vec v) et P′=(A′ ;u⃗′,v⃗′)P'=(A'\,;\vec u',\vec v').

  • u⃗′\vec u' et v⃗′\vec v' sont des combinaisons linéaires de u⃗\vec u et v⃗\vec v : les plans sont parallèles. Confondus si A′∈PA'\in P, sinon strictement parallèles.
  • Sinon : les plans sont sécants suivant une droite.

8. Les propriétés de parallélisme

Ces résultats servent à justifier une intersection sans calcul.

  • Plans parallèles : si deux plans sont parallèles, tout plan qui coupe l'un coupe l'autre suivant deux droites parallèles.
  • Droite parallèle à un plan : si une droite dd est parallèle à une droite de PP, alors dd est parallèle à PP (ou incluse dans PP).
  • Théorème du toit : soient deux plans P1P_1 et P2P_2 sécants suivant une droite Δ\Delta. Si une droite d1d_1 de P1P_1 est parallèle à une droite d2d_2 de P2P_2, alors Δ\Delta est parallèle à d1d_1 et à d2d_2.

Pourquoi le toit ? Soit u⃗\vec u le vecteur directeur commun à d1d_1 et d2d_2.

Il est dans la direction de P1P_1 et de P2P_2.

Si Δ\Delta n'était pas dirigée par u⃗\vec u, les deux plans auraient la même direction, donc seraient parallèles : contradiction avec « sécants ».

9. Python

def vecteur(A, B):
    return (B[0] - A[0], B[1] - A[1], B[2] - A[2])

def colineaires(u, v):
    return (u[1]*v[2] - u[2]*v[1] == 0
            and u[2]*v[0] - u[0]*v[2] == 0
            and u[0]*v[1] - u[1]*v[0] == 0)

def alignes(A, B, C):
    return colineaires(vecteur(A, B), vecteur(A, C))

def point(A, u, t):
    return (A[0] + t*u[0], A[1] + t*u[1], A[2] + t*u[2])

💡 Ici, colineaires teste que les « produits en croix » sont tous nuls. Avec des nombres décimaux, préfère des fractions (Fraction du module fractions) pour éviter les erreurs d'arrondi.

10. Les 10 pépites du chapitre

  1. Colinéaire : w⃗=ku⃗\vec w=k\vec u. Coplanaire : w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v. Écris la relation.
  2. Chasles : insère un point pour retomber sur les arêtes.
  3. Ne te fie jamais à la figure : justifie par un calcul.
  4. Coplanarité par coordonnées : deux équations pour trouver aa et bb, la troisième pour vérifier.
  5. Le théorème de coplanarité demande u⃗\vec u, v⃗\vec v non colinéaires.
  6. Représentation paramétrique : point + t×+\ t\times vecteur directeur, avec t∈Rt\in\R.
  7. Pour un point sur une droite : trouve tt avec une coordonnée, vérifie les deux autres.
  8. Deux droites non parallèles : résous le système. Aucune solution ⇒\Rightarrow non coplanaires.
  9. Droite et plan : vecteur directeur coplanaire avec la base ⇒\Rightarrow parallèle. Reste à voir si elle est incluse.
  10. Théorème du toit pour trouver une intersection de plans sans calcul.

11. Ce qui peut tomber au bac

  • Des vecteurs exprimés avec Chasles, avec alignement et coplanarité (fiche 1).
  • Des coordonnées : alignement, coplanarité, décomposition dans une base (fiche 2).
  • Des représentations paramétriques, positions relatives de droites et de plans (fiche 3).
  • Des problèmes de solides : tétraèdre, cube, pyramide, avec Python (fiche 4 et exercices type bac).

Tu as maintenant le cours. Passe aux quatre fiches, aux exercices type bac, puis au Guide de rédaction du chapitre.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

Réserver un appel découverte