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Terminale Spé Maths / Chapitre 10 : Vecteurs, droites et plans de l'espace

Guide de rédaction : vecteurs, droites et plans de l'espace

Ce guide complète le Guide de rédaction général. Il rassemble, pour le chapitre Vecteurs, droites et plans de l'espace, les quinze situations qui reviennent au bac et, pour chacune, la rédaction modèle.

Dans ce chapitre, une figure ne prouve rien. Le correcteur attend la relation vectorielle ou le système écrit, résolu et vérifié.

🎯 Le principe du chapitre

En géométrie dans l'espace, un correcteur regarde surtout cinq choses :

  • la relation vectorielle exhibée (AC→=kAB→\overrightarrow{AC}=k\overrightarrow{AB}, w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v) ;
  • la non-colinéarité justifiée avant d'utiliser un théorème ;
  • le système avec ses trois équations, dont la troisième est vérifiée ;
  • les deux paramètres différents (tt et ss) pour deux droites ;
  • la conclusion nommée : alignés, coplanaires, sécantes, parallèles, non coplanaires.

1. Les quinze situations et leur rédaction modèle

Situation 1 : décomposer un vecteur avec Chasles.

« D'après la relation de Chasles, IJ→=IF→+FB→+BJ→\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{IF}+\overrightarrow{FB}+\overrightarrow{BJ}. Or II est le milieu de [EF][EF], donc IF→=12AB→\overrightarrow{IF}=\dfrac12\overrightarrow{AB}. De plus FB→=−AE→\overrightarrow{FB}=-\overrightarrow{AE} et BJ→=12AD→\overrightarrow{BJ}=\dfrac12\overrightarrow{AD}. Donc IJ→=12AB→+12AD→−AE→\overrightarrow{IJ}=\dfrac12\overrightarrow{AB}+\dfrac12\overrightarrow{AD}-\overrightarrow{AE}. »

💡 Insère des points pour retomber sur les arêtes, et justifie chaque vecteur (milieu, arête égale).

Situation 2 : montrer un alignement avec des vecteurs.

« On a AJ→=13(AB→+AC→)\overrightarrow{AJ}=\dfrac13\left(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}\right) et AI→=12(AB→+AC→)\overrightarrow{AI}=\dfrac12\left(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}\right) car II est le milieu de [BC][BC]. Donc AJ→=23AI→\overrightarrow{AJ}=\dfrac23\overrightarrow{AI}. Les vecteurs AJ→\overrightarrow{AJ} et AI→\overrightarrow{AI} sont colinéaires : les points AA, JJ, II sont alignés. »

⚠️ Écris la relation AJ→=kAI→\overrightarrow{AJ}=k\overrightarrow{AI}, pas seulement « ça se voit ».

Situation 3 : montrer un alignement avec des coordonnées.

« AB→(2 ;3 ;6)\overrightarrow{AB}(2\,;3\,;6) et AC→(−2 ;−3 ;−6)\overrightarrow{AC}(-2\,;-3\,;-6). Donc AC→=−AB→\overrightarrow{AC}=-\overrightarrow{AB}. Les vecteurs sont colinéaires : AA, BB, CC sont alignés. »

Pour un paramètre mm : « AC→=kAB→\overrightarrow{AC}=k\overrightarrow{AB} donne m−1=km-1=k, 3=k3=k, −6=−2k-6=-2k. La deuxième donne k=3k=3, la troisième est vérifiée, la première donne m=4m=4. »

Situation 4 : un parallélogramme, donc des points coplanaires.

« IJ→=EB→\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{EB}. Donc EIJBEIJB est un parallélogramme. Un parallélogramme est plan : les points EE, II, JJ, BB sont coplanaires, et (IJ)∥(EB)(IJ)\parallel(EB). »

Situation 5 : montrer que trois vecteurs sont coplanaires.

« u⃗\vec u et v⃗\vec v ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles).

On cherche aa, bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v : 2=a2=a, 5=2a+b5=2a+b, 1=b1=b.

La première donne a=2a=2, la troisième b=1b=1.

La deuxième est vérifiée.

Donc w⃗=2u⃗+v⃗\vec w=2\vec u+\vec v : les vecteurs u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w sont coplanaires. »

💡 Trois équations, deux pour résoudre, une pour vérifier.

Situation 6 : montrer que trois vecteurs ne sont pas coplanaires.

« u⃗\vec u et v⃗\vec v ne sont pas colinéaires.

Supposons w⃗=au⃗+bv⃗\vec w=a\vec u+b\vec v : 1=a1=a, 1=b1=b, 1=a+b1=a+b.

Les deux premières donnent a=b=1a=b=1, donc a+b=2≠1a+b=2\neq1 : la troisième est fausse.

Le système n'a pas de solution.

Donc u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w ne sont pas coplanaires. »

⚠️ Conclus « non coplanaires » seulement après avoir montré que le système est impossible.

Situation 7 : quatre points sont-ils coplanaires ?

« AB→(−1 ;1 ;0)\overrightarrow{AB}(-1\,;1\,;0) et AC→(−1 ;0 ;1)\overrightarrow{AC}(-1\,;0\,;1) ne sont pas colinéaires : AA, BB, CC définissent un plan. AD→(0 ;1 ;−1)\overrightarrow{AD}(0\,;1\,;-1).

On cherche aa, bb avec AD→=aAB→+bAC→\overrightarrow{AD}=a\overrightarrow{AB}+b\overrightarrow{AC} : 0=−a−b0=-a-b, 1=a1=a, −1=b-1=b.

Les deux dernières donnent a=1a=1, b=−1b=-1 ; la première est vérifiée.

Donc AD→=AB→−AC→\overrightarrow{AD}=\overrightarrow{AB}-\overrightarrow{AC} : AA, BB, CC, DD sont coplanaires. »

Situation 8 : justifier qu'on a une base de l'espace.

« ABCDABCD est un tétraèdre : AA, BB, CC, DD ne sont pas coplanaires.

Donc AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC}, AD→\overrightarrow{AD} ne sont pas coplanaires : ils forment une base de l'espace.

Tout vecteur s'écrit de manière unique xAB→+yAC→+zAD→x\overrightarrow{AB}+y\overrightarrow{AC}+z\overrightarrow{AD}. »

Avec des coordonnées : montre que w⃗\vec w n'est pas combinaison linéaire de u⃗\vec u et v⃗\vec v (système impossible).

Situation 9 : donner une représentation paramétrique.

« La droite (AB)(AB) passe par A(1 ;0 ;2)A(1\,;0\,;2) et a pour vecteur directeur AB→(2 ;4 ;−4)\overrightarrow{AB}(2\,;4\,;-4), ou u⃗(1 ;2 ;−2)\vec u(1\,;2\,;-2). Une représentation paramétrique est :

x=1+tx=1+t, y=2ty=2t, z=2−2tz=2-2t, avec t∈Rt\in\R. »

Situation 10 : un point appartient-il à une droite ?

« Pour C(4 ;6 ;−4)C(4\,;6\,;-4), la première coordonnée donne 4=1+t4=1+t, soit t=3t=3. On vérifie : y=2×3=6y=2\times3=6 et z=2−2×3=−4z=2-2\times3=-4. Les trois coordonnées sont bonnes : C∈(AB)C\in(AB). »

Sinon : « pour t=12t=\dfrac12, y=−32≠0y=-\dfrac32\neq0 : C∉dC\notin d. »

Situation 11 : deux droites parallèles ou confondues.

« u⃗2(2 ;−2 ;4)=2 u⃗1\vec u_2(2\,;-2\,;4)=2\,\vec u_1 : les vecteurs directeurs sont colinéaires, les droites sont parallèles.

Le point B(3 ;0 ;4)B(3\,;0\,;4) de d2d_2 est sur d1d_1 (pour t=2t=2 : y=0y=0, z=4z=4).

Donc d1d_1 et d2d_2 sont confondues. »

Sinon : « (2 ;1 ;1)(2\,;1\,;1) n'est pas sur d1d_1 : les droites sont strictement parallèles. »

Situation 12 : deux droites sécantes.

« Les vecteurs directeurs (1 ;−1 ;2)(1\,;-1\,;2) et (1 ;0 ;1)(1\,;0\,;1) ne sont pas colinéaires.

On résout 1+t=2+s1+t=2+s, 2−t=12-t=1, 2t=2+s2t=2+s.

La deuxième donne t=1t=1, la première s=0s=0.

La troisième est vérifiée.

Les droites sont sécantes au point (2 ;1 ;2)(2\,;1\,;2). »

⚠️ Deux paramètres différents (tt et ss). Donne le point à la fin.

Situation 13 : deux droites non coplanaires.

« Les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires.

On résout 1+t=s1+t=s, 2−t=02-t=0, 2t=12t=1.

La deuxième donne t=2t=2 et la troisième t=12t=\dfrac12 : contradiction.

Le système n'a pas de solution.

Les droites ne sont ni parallèles ni sécantes : elles sont non coplanaires. »

Situation 14 : position d'une droite et d'un plan.

« Le plan PP est dirigé par u⃗\vec u et v⃗\vec v (non colinéaires).

Le vecteur directeur w⃗\vec w de la droite Δ\Delta vérifie w⃗=u⃗+2v⃗\vec w=\vec u+2\vec v : Δ\Delta est parallèle à PP.

Le point M(2 ;1 ;1)M(2\,;1\,;1) de Δ\Delta n'est pas dans PP (système impossible).

Donc Δ\Delta est strictement parallèle à PP. »

Si w⃗\vec w n'est pas coplanaire avec u⃗\vec u, v⃗\vec v : « Δ\Delta et PP sont sécants. On écrit AM→=au⃗+bv⃗\overrightarrow{AM}=a\vec u+b\vec v avec MM sur Δ\Delta, on résout et on donne le point. »

Situation 15 : plans parallèles, théorème du toit.

Plans parallèles : « u⃗′=2u⃗+v⃗\vec u'=2\vec u+\vec v et v⃗′=u⃗−v⃗\vec v'=\vec u-\vec v : les vecteurs de P′P' sont des combinaisons linéaires de ceux de PP. Donc P∥P′P\parallel P'. Comme A′∉PA'\notin P, ils sont strictement parallèles. »

Théorème du toit : « Les plans (SAB)(SAB) et (SCD)(SCD) sont sécants (ils ont SS en commun et ne sont pas confondus). (AB)⊂(SAB)(AB)\subset(SAB), (CD)⊂(SCD)(CD)\subset(SCD) et (AB)∥(CD)(AB)\parallel(CD). D'après le théorème du toit, leur intersection est la droite passant par SS parallèle à (AB)(AB). »

2. Avant / après sur la géométrie dans l'espace

a) La coplanarité.

❌ « Les quatre points sont dans un même plan car la figure le montre. »

✅ « AD→=AB→−AC→\overrightarrow{AD}=\overrightarrow{AB}-\overrightarrow{AC}, avec AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} non colinéaires. Donc AA, BB, CC, DD sont coplanaires. »

b) Deux droites sécantes.

❌ « Les droites ne sont pas parallèles, donc elles sont sécantes. »

✅ « Les droites ne sont pas parallèles. Le système 1+t=2+s1+t=2+s, 2−t=12-t=1, 2t=2+s2t=2+s admet la solution (t ;s)=(1 ;0)(t\,;s)=(1\,;0). Elles sont sécantes en (2 ;1 ;2)(2\,;1\,;2). »

Dans l'espace, des droites non parallèles peuvent être non coplanaires.

c) Un point sur une droite.

❌ « Pour t=2t=2, on trouve x=5x=5, donc B∈dB\in d. »

✅ « Pour t=2t=2, x=5x=5 ; on vérifie y=−2+2=0y=-2+2=0 et z=3−2=1z=3-2=1. Les trois coordonnées de BB sont obtenues : B∈dB\in d. »

d) Une droite parallèle à un plan.

❌ « La droite (BD)(BD) est parallèle au plan car elle a l'air parallèle à (FH)(FH). »

✅ « BD→=AH→−AF→\overrightarrow{BD}=\overrightarrow{AH}-\overrightarrow{AF} : BD→\overrightarrow{BD} est combinaison linéaire de la base (AF→,AH→)\left(\overrightarrow{AF},\overrightarrow{AH}\right) du plan (AFH)(AFH). Donc (BD)(BD) est parallèle à (AFH)(AFH). »

3. Les erreurs de rédaction propres à ce chapitre

  • Se fier à la figure au lieu de justifier par un calcul.
  • Utiliser le théorème de coplanarité avec deux vecteurs colinéaires.
  • Oublier de vérifier la troisième équation dans un système à trois équations.
  • Utiliser le même paramètre tt pour deux droites.
  • Conclure « sécantes » sans donner le point d'intersection.
  • Conclure « non coplanaires » sans avoir prouvé la non-colinéarité des vecteurs directeurs.
  • Confondre incluse et strictement parallèle pour une droite et un plan.
  • Se tromper de signe dans « arrivée moins départ » pour les coordonnées d'un vecteur.

4. La check-list du chapitre

  • J'ai écrit la relation vectorielle (colinéarité ou combinaison linéaire), pas seulement « on voit ».
  • J'ai justifié la non-colinéarité avant d'utiliser le théorème de coplanarité.
  • Mon système comporte trois équations, j'en ai résolu deux et vérifié la troisième.
  • Pour deux droites, j'ai utilisé deux paramètres différents et donné le point d'intersection.
  • Pour une droite et un plan, j'ai distingué sécants, incluse, strictement parallèle.
  • Pour des plans parallèles, j'ai montré que les vecteurs de l'un sont des combinaisons linéaires de ceux de l'autre, et que les plans ne sont pas confondus.
  • Mes coordonnées de vecteurs suivent « arrivée moins départ ».
  • Ma conclusion nomme la position relative ou la propriété.

😄 Une figure en perspective, c'est un bon plan pour se perdre. Un système écrit et vérifié, c'est une carte.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

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