+ qu'un profMon espace

Première Spé Maths / Chapitre 7 : Produit scalaire

Produit scalaire : le cours

Quand pousse-t-on une caisse avec le plus d'efficacité : en poussant droit devant, ou de travers ? En physique, le travail d'une force se calcule avec un produit scalaire.

En maths, le produit scalaire de deux vecteurs est un nombre qui mesure à quel point deux vecteurs « vont dans la même direction ». Il sert à calculer des angles, à prouver que deux droites sont perpendiculaires et à calculer des longueurs dans un triangle.

Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser ce cours

  • Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
  • Retiens le fil rouge : le produit scalaire est un nombre, pas un vecteur. Il est nul si et seulement si les vecteurs sont orthogonaux.
  • Retiens les quatre façons de le calculer : avec le projeté orthogonal, avec les normes et l'angle, avec les coordonnées, avec les normes seules. On choisit la plus pratique.

1. Produit scalaire : projection orthogonale et cosinus

Prends deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v du plan. On choisit des points AA, BB, CC tels que u⃗=AB→\vec u=\overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec v=\overrightarrow{AC}, avec A≠BA\neq B. On note HH le projeté orthogonal de CC sur la droite (AB)(AB) : c'est le pied de la perpendiculaire à (AB)(AB) passant par CC.

Définition (avec le projeté orthogonal). Le produit scalaire de u⃗=AB→\vec u=\overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec v=\overrightarrow{AC} est le nombre réel noté u⃗⋅v⃗\vec u\cdot\vec v défini par :

  • u⃗⋅v⃗=+ AB×AH\vec u\cdot\vec v=+\,AB\times AH si AB→\overrightarrow{AB} et AH→\overrightarrow{AH} sont de même sens ;
  • u⃗⋅v⃗=− AB×AH\vec u\cdot\vec v=-\,AB\times AH si AB→\overrightarrow{AB} et AH→\overrightarrow{AH} sont de sens contraires ;
  • u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0 si H=AH=A. Si l'un des vecteurs est nul, le produit scalaire est aussi 00.

Ce nombre ne dépend pas du choix du point AA : on l'admet.

ABCH
Angle aigu : H est du même côté que B, donc AB · AC = + AB × AH
ABCH
Angle obtus : H est de l’autre côté de A, donc AB · AC = − AB × AH

Exemple. AB=5AB=5 et AH=2AH=2. Si HH est du même côté de AA que BB, AB→⋅AC→=5×2=10\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=5\times2=10. Si HH est de l'autre côté de AA, AB→⋅AC→=−10\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=-10.

Propriété (avec le cosinus). Si u⃗=AB→\vec u=\overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec v=\overrightarrow{AC} sont non nuls et si θ=BAC^\theta=\widehat{BAC} est l'angle géométrique entre les deux vecteurs (0°⩽θ⩽180°0°\leqslant\theta\leqslant180°) :

u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥×∥v⃗∥×cos⁡θ\vec u\cdot\vec v=\left\|\vec u\right\|\times\left\|\vec v\right\|\times\cos\theta

Démonstration. Si θ\theta est aigu, HH est du même côté de AA que BB et, dans le triangle AHCAHC rectangle en HH, AH=ACcos⁡θAH=AC\cos\theta. Donc AB→⋅AC→=AB×AH=AB×AC×cos⁡θ\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=AB\times AH=AB\times AC\times\cos\theta.

Si θ\theta est obtus, HH est de l'autre côté de AA et AH=ACcos⁡(180°−θ)=−ACcos⁡θAH=AC\cos(180°-\theta)=-AC\cos\theta. Donc AB→⋅AC→=−AB×AH=AB×AC×cos⁡θ\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=-AB\times AH=AB\times AC\times\cos\theta.

Si θ=90°\theta=90°, alors H=AH=A et les deux membres valent 00. □\square

uvθO
Deux vecteurs u et v et leur angle θ : u · v = ‖u‖ ‖v‖ cos θ

Cas particuliers.

  • Si u⃗\vec u et v⃗\vec v sont colinéaires de même sens (θ=0°\theta=0°) : u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥ ∥v⃗∥\vec u\cdot\vec v=\|\vec u\|\,\|\vec v\|.
  • Si u⃗\vec u et v⃗\vec v sont colinéaires de sens contraires (θ=180°\theta=180°) : u⃗⋅v⃗=−∥u⃗∥ ∥v⃗∥\vec u\cdot\vec v=-\|\vec u\|\,\|\vec v\|.
  • Si u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux (θ=90°\theta=90°) : u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0.
  • Avec v⃗=u⃗\vec v=\vec u : u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec u\cdot\vec u=\|\vec u\|^2, noté u⃗ 2\vec u^{\,2} (le carré scalaire).

Exemple. ∥u⃗∥=3\|\vec u\|=3, ∥v⃗∥=4\|\vec v\|=4 et θ=60°\theta=60° : u⃗⋅v⃗=3×4×cos⁡60°=12×12=6\vec u\cdot\vec v=3\times4\times\cos60°=12\times\dfrac12=6.

Propriété (caractérisation de l'orthogonalité). Deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux si et seulement si u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0.

Démonstration. On convient que le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur : c'est cohérent avec u⃗⋅0⃗=0\vec u\cdot\vec 0=0. Si u⃗\vec u et v⃗\vec v sont non nuls, u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥ ∥v⃗∥cos⁡θ\vec u\cdot\vec v=\|\vec u\|\,\|\vec v\|\cos\theta avec ∥u⃗∥ ∥v⃗∥≠0\|\vec u\|\,\|\vec v\|\neq0, donc u⃗⋅v⃗=0  ⟺  cos⁡θ=0  ⟺  θ=90°\vec u\cdot\vec v=0\iff\cos\theta=0\iff\theta=90°. □\square

⚠️ Pièges :

  • Le produit scalaire est un nombre : n'écris jamais u⃗⋅v⃗=(… ; … )\vec u\cdot\vec v=(\dots\,;\,\dots).
  • Le signe : si l'angle est obtus, cos⁡θ<0\cos\theta<0 et le produit scalaire est négatif.
  • Pour AB→⋅AC→\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}, l'angle à utiliser est BAC^\widehat{BAC} (avec les deux vecteurs qui partent du même point AA).

😄 Calculer u⃗⋅v⃗\vec u\cdot\vec v et répondre par un vecteur, c'est répondre « oui » à la question « quelle heure est-il ? ».

2. Propriétés, normes et coordonnées

Propriétés. Pour tous vecteurs u⃗\vec u, v⃗\vec v, w⃗\vec w et tout réel kk :

  • symétrie : u⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec u\cdot\vec v=\vec v\cdot\vec u ;
  • bilinéarité : u⃗⋅(v⃗+w⃗)=u⃗⋅v⃗+u⃗⋅w⃗\vec u\cdot(\vec v+\vec w)=\vec u\cdot\vec v+\vec u\cdot\vec w et (ku⃗)⋅v⃗=k (u⃗⋅v⃗)(k\vec u)\cdot\vec v=k\,(\vec u\cdot\vec v) ;
  • carré scalaire : u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec u\cdot\vec u=\|\vec u\|^2.

La symétrie se lit sur la formule avec le cosinus. La bilinéarité est admise : l'idée est que le projeté orthogonal d'une somme de vecteurs est la somme des projetés, et que multiplier un vecteur par kk multiplie son projeté par kk.

Développement de ∥u⃗+v⃗∥2\|\vec u+\vec v\|^2 et ∥u⃗−v⃗∥2\|\vec u-\vec v\|^2.

  • ∥u⃗+v⃗∥2=∥u⃗∥2+2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2\|\vec u+\vec v\|^2=\|\vec u\|^2+2\,\vec u\cdot\vec v+\|\vec v\|^2 ;
  • ∥u⃗−v⃗∥2=∥u⃗∥2−2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2\|\vec u-\vec v\|^2=\|\vec u\|^2-2\,\vec u\cdot\vec v+\|\vec v\|^2 ;
  • (u⃗+v⃗)⋅(u⃗−v⃗)=∥u⃗∥2−∥v⃗∥2(\vec u+\vec v)\cdot(\vec u-\vec v)=\|\vec u\|^2-\|\vec v\|^2.

Démonstration. Par bilinéarité et symétrie : ∥u⃗+v⃗∥2=(u⃗+v⃗)⋅(u⃗+v⃗)=u⃗⋅u⃗+2 u⃗⋅v⃗+v⃗⋅v⃗\|\vec u+\vec v\|^2=(\vec u+\vec v)\cdot(\vec u+\vec v)=\vec u\cdot\vec u+2\,\vec u\cdot\vec v+\vec v\cdot\vec v. Les deux autres se démontrent de la même façon. □\square

En isolant u⃗⋅v⃗\vec u\cdot\vec v, on obtient le calcul à l'aide des normes seules :

u⃗⋅v⃗=12(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗∥2−∥v⃗∥2)=12(∥u⃗∥2+∥v⃗∥2−∥u⃗−v⃗∥2)\vec u\cdot\vec v=\dfrac12\left(\|\vec u+\vec v\|^2-\|\vec u\|^2-\|\vec v\|^2\right)=\dfrac12\left(\|\vec u\|^2+\|\vec v\|^2-\|\vec u-\vec v\|^2\right)

Exemple. ∥u⃗∥=2\|\vec u\|=2, ∥v⃗∥=3\|\vec v\|=3, u⃗⋅v⃗=−1\vec u\cdot\vec v=-1. Alors ∥u⃗+v⃗∥2=4+2×(−1)+9=11\|\vec u+\vec v\|^2=4+2\times(-1)+9=11.

Exemple de développement. (u⃗+2v⃗)⋅(u⃗−v⃗)=u⃗ 2−u⃗⋅v⃗+2 v⃗⋅u⃗−2 v⃗ 2=u⃗ 2+u⃗⋅v⃗−2 v⃗ 2=4−1−18=−15(\vec u+2\vec v)\cdot(\vec u-\vec v)=\vec u^{\,2}-\vec u\cdot\vec v+2\,\vec v\cdot\vec u-2\,\vec v^{\,2}=\vec u^{\,2}+\vec u\cdot\vec v-2\,\vec v^{\,2}=4-1-18=-15.

Propriété (avec les coordonnées). Dans un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗)(O\,;\vec\imath,\vec\jmath), si u⃗(xy)\vec u\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix} et v⃗(x′y′)\vec v\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix} :

u⃗⋅v⃗=xx′+yy′et∥u⃗∥=x2+y2\vec u\cdot\vec v=xx'+yy'\qquad\text{et}\qquad\left\|\vec u\right\|=\sqrt{x^2+y^2}

Démonstration. La base (ı⃗,ȷ⃗)(\vec\imath,\vec\jmath) est orthonormée : ı⃗⋅ı⃗=ȷ⃗⋅ȷ⃗=1\vec\imath\cdot\vec\imath=\vec\jmath\cdot\vec\jmath=1 (normes égales à 11) et ı⃗⋅ȷ⃗=0\vec\imath\cdot\vec\jmath=0 (vecteurs orthogonaux). Comme u⃗=xı⃗+yȷ⃗\vec u=x\vec\imath+y\vec\jmath et v⃗=x′ı⃗+y′ȷ⃗\vec v=x'\vec\imath+y'\vec\jmath, la bilinéarité donne

u⃗⋅v⃗=xx′ ı⃗ 2+xy′ ı⃗⋅ȷ⃗+yx′ ȷ⃗⋅ı⃗+yy′ ȷ⃗ 2=xx′+yy′.\vec u\cdot\vec v=xx'\,\vec\imath^{\,2}+xy'\,\vec\imath\cdot\vec\jmath+yx'\,\vec\jmath\cdot\vec\imath+yy'\,\vec\jmath^{\,2}=xx'+yy'.

Avec v⃗=u⃗\vec v=\vec u : ∥u⃗∥2=u⃗⋅u⃗=x2+y2\|\vec u\|^2=\vec u\cdot\vec u=x^2+y^2. □\square

Conséquences dans un repère orthonormé.

  • Critère d'orthogonalité : u⃗⊥v⃗  ⟺  xx′+yy′=0\vec u\perp\vec v\iff xx'+yy'=0.
  • Coordonnées avec des produits scalaires : x=u⃗⋅ı⃗x=\vec u\cdot\vec\imath et y=u⃗⋅ȷ⃗y=\vec u\cdot\vec\jmath.

Pourquoi ? u⃗⋅ı⃗=(xı⃗+yȷ⃗)⋅ı⃗=x ı⃗ 2+y ȷ⃗⋅ı⃗=x\vec u\cdot\vec\imath=(x\vec\imath+y\vec\jmath)\cdot\vec\imath=x\,\vec\imath^{\,2}+y\,\vec\jmath\cdot\vec\imath=x, et de même pour yy. □\square

Exemple. u⃗(3−2)\vec u\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix} et v⃗(14)\vec v\begin{pmatrix}1\\4\end{pmatrix} : u⃗⋅v⃗=3×1+(−2)×4=−5\vec u\cdot\vec v=3\times1+(-2)\times4=-5, ∥u⃗∥=9+4=13\|\vec u\|=\sqrt{9+4}=\sqrt{13} et u⃗⋅ı⃗=3\vec u\cdot\vec\imath=3.

💡 Astuce. Avec des coordonnées, utilise xx′+yy′xx'+yy' : c'est le plus rapide. Avec une figure et des longueurs, utilise ∥u⃗∥∥v⃗∥cos⁡θ\|\vec u\|\|\vec v\|\cos\theta ou le projeté orthogonal. Avec des vecteurs de figure (AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC}...), décompose avec la relation de Chasles pour faire apparaître des vecteurs dont tu connais les normes ou qui sont orthogonaux, puis développe. Pour une vérification, recalcule avec une autre écriture.

⚠️ Pièges :

  • La formule xx′+yy′xx'+yy' n'est valable que dans un repère orthonormé.
  • (u⃗+v⃗)2=u⃗ 2+v⃗ 2(\vec u+\vec v)^2=\vec u^{\,2}+\vec v^{\,2} est faux : il manque le double produit 2 u⃗⋅v⃗2\,\vec u\cdot\vec v.
  • u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0 n'implique pas u⃗=0⃗\vec u=\vec 0 ou v⃗=0⃗\vec v=\vec 0 : les deux vecteurs peuvent être orthogonaux.
  • u⃗⋅v⃗=u⃗⋅w⃗\vec u\cdot\vec v=\vec u\cdot\vec w n'implique pas v⃗=w⃗\vec v=\vec w : on ne « simplifie » pas par un vecteur.
  • ∥u⃗+v⃗∥\|\vec u+\vec v\| n'est pas égal à ∥u⃗∥+∥v⃗∥\|\vec u\|+\|\vec v\| en général.

😄 « Simplifier » un produit scalaire, c'est comme simplifier une fraction en barrant les chiffres au hasard : ça rassure, mais ça ne marche pas.

3. Orthogonalité et angles

Rappel. Deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux si et seulement si u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0. Deux droites sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont orthogonaux.

Calcul d'un angle. Pour deux vecteurs non nuls, si θ\theta est l'angle géométrique entre u⃗\vec u et v⃗\vec v, cos⁡θ=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥ ∥v⃗∥\cos\theta=\dfrac{\vec u\cdot\vec v}{\|\vec u\|\,\|\vec v\|}. On en déduit l'angle avec la calculatrice (mode degrés).

  • Si u⃗⋅v⃗>0\vec u\cdot\vec v>0, l'angle est aigu ;
  • Si u⃗⋅v⃗<0\vec u\cdot\vec v<0, l'angle est obtus ;
  • Si u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0, l'angle est droit.

Exemple. A(1 ; 2)A(1\,;\,2), B(4 ; 3)B(4\,;\,3), C(2 ; 5)C(2\,;\,5). AB→(31)\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix} et AC→(13)\overrightarrow{AC}\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix}.

AB→⋅AC→=3+3=6\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=3+3=6 et AB=AC=10AB=AC=\sqrt{10}.

cos⁡BAC^=610×10=610=0,6\cos\widehat{BAC}=\dfrac{6}{\sqrt{10}\times\sqrt{10}}=\dfrac{6}{10}=0{,}6, donc BAC^≈53,1°\widehat{BAC}\approx53{,}1°.

💡 Astuce. Pour prouver qu'un triangle est rectangle, calcule le produit scalaire de deux côtés qui partent d'un même sommet : s'il est nul, l'angle est droit. C'est souvent plus simple que la réciproque de Pythagore.

4. Formule d'Al-Kashi : longueurs et angles dans un triangle

Dans un triangle ABCABC, on note a=BCa=BC, b=CAb=CA, c=ABc=AB et A^\widehat{A}, B^\widehat{B}, C^\widehat{C} les angles.

AABCc = ABb = ACa = BC
Formule d’Al-Kashi : a² = b² + c² − 2bc cos Â

Formule d'Al-Kashi (théorème de Pythagore généralisé). Dans tout triangle ABCABC :

a2=b2+c2−2bccos⁡A^a^2=b^2+c^2-2bc\cos\widehat{A}

et de même b2=a2+c2−2accos⁡B^b^2=a^2+c^2-2ac\cos\widehat{B} et c2=a2+b2−2abcos⁡C^c^2=a^2+b^2-2ab\cos\widehat{C}.

Démonstration. BC2=∥AC→−AB→∥2=AC2+AB2−2 AB→⋅AC→=b2+c2−2bccos⁡A^BC^2=\left\|\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}\right\|^2=AC^2+AB^2-2\,\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=b^2+c^2-2bc\cos\widehat{A}. □\square

Si A^=90°\widehat{A}=90°, cos⁡A^=0\cos\widehat{A}=0 et on retrouve le théorème de Pythagore.

Exemple (une longueur). AB=5AB=5, AC=7AC=7, A^=60°\widehat{A}=60° : BC2=25+49−2×5×7×12=39BC^2=25+49-2\times5\times7\times\dfrac12=39, donc BC=39≈6,24BC=\sqrt{39}\approx6{,}24.

Exemple (un angle). a=5a=5, b=6b=6, c=7c=7 : cos⁡A^=b2+c2−a22bc=36+49−2584=57\cos\widehat{A}=\dfrac{b^2+c^2-a^2}{2bc}=\dfrac{36+49-25}{84}=\dfrac57, donc A^≈44,4°\widehat{A}\approx44{,}4°.

⚠️ Pièges :

  • Dans Al-Kashi, l'angle est celui qui est entre les deux côtés bb et cc ; le côté aa est en face de l'angle A^\widehat{A}.
  • Calcule a2a^2 puis prends la racine : n'oublie pas la racine carrée à la fin.
  • Pour trouver un angle avec Al-Kashi, isole cos⁡A^=b2+c2−a22bc\cos\widehat{A}=\dfrac{b^2+c^2-a^2}{2bc}, puis utilise la touche cos⁡−1\cos^{-1} en mode degrés.

😄 Appliquer Al-Kashi avec un mauvais angle, c'est lire un plan de métro à l'envers : tu arrives, mais pas là où tu voulais.

5. Transformation de MA→⋅MB→\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB} et cercle de diamètre [AB][AB]

Propriété. Soit II le milieu de [AB][AB]. Pour tout point MM du plan :

MA→⋅MB→=MI2−AB24\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^2-\dfrac{AB^2}{4}

Démonstration. On introduit II : MA→=MI→+IA→\overrightarrow{MA}=\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IA} et MB→=MI→+IB→=MI→−IA→\overrightarrow{MB}=\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IB}=\overrightarrow{MI}-\overrightarrow{IA}.

MA→⋅MB→=(MI→+IA→)⋅(MI→−IA→)=MI2−IA2=MI2−AB24\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=\left(\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IA}\right)\cdot\left(\overrightarrow{MI}-\overrightarrow{IA}\right)=MI^2-IA^2=MI^2-\dfrac{AB^2}4. □\square

Ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0.

MA→⋅MB→=0  ⟺  MI2=AB24  ⟺  MI=AB2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0\iff MI^2=\dfrac{AB^2}4\iff MI=\dfrac{AB}2.

Cet ensemble est donc le cercle de centre II et de rayon AB2\dfrac{AB}2, c'est-à-dire le cercle de diamètre [AB][AB]. Pour MM distinct de AA et BB, cela signifie que l'angle AMB^\widehat{AMB} est droit. □\square

ABIM
Le cercle de diamètre [AB] : MA · MB = 0, l’angle AMB est droit

Ensemble de points MA→⋅MB→=k\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=k. Avec AB=6AB=6 : MA→⋅MB→=MI2−9=k  ⟺  MI2=k+9\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^2-9=k\iff MI^2=k+9. Si k>−9k>-9, c'est un cercle de rayon k+9\sqrt{k+9} ; si k=−9k=-9, le point II ; si k<−9k<-9, l'ensemble vide.

Même méthode, deux autres calculs avec le milieu II. Ils ne sont pas à apprendre par cœur : on les retrouve en quelques lignes.

  • Somme de carrés. Avec II milieu de [AB][AB] : MA2+MB2=(MI→+IA→)2+(MI→−IA→)2=2 MI2+2 IA2=2 MI2+AB22MA^2+MB^2=\left(\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IA}\right)^2+\left(\overrightarrow{MI}-\overrightarrow{IA}\right)^2=2\,MI^2+2\,IA^2=2\,MI^2+\dfrac{AB^2}{2} (les doubles produits s'annulent).
  • Longueur d'une médiane. Avec II milieu de [BC][BC] : 2 AI→=AB→+AC→2\,\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}, donc 4 AI2=AB2+AC2+2 AB→⋅AC→4\,AI^2=AB^2+AC^2+2\,\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}. Or 2 AB→⋅AC→=AB2+AC2−BC22\,\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=AB^2+AC^2-BC^2 (c'est Al-Kashi), donc 4 AI2=2 AB2+2 AC2−BC24\,AI^2=2\,AB^2+2\,AC^2-BC^2.

Exemple (médiane). AB=6AB=6, AC=8AC=8, BC=10BC=10 : 4 AI2=2×36+2×64−100=1004\,AI^2=2\times36+2\times64-100=100, donc AI=5AI=5.

Exemple (ensemble de points). AB=8AB=8, II milieu de [AB][AB]. Les points MM tels que MA2+MB2=40MA^2+MB^2=40 vérifient 2 MI2+32=402\,MI^2+32=40, soit MI=2MI=2 : c'est le cercle de centre II et de rayon 22.

⚠️ Pièges :

  • Ces calculs demandent que II soit le milieu du segment, pas un point quelconque.
  • MA→⋅MB→=MI2−AB24\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^2-\dfrac{AB^2}{4} : ne confonds pas AB24\dfrac{AB^2}{4} avec (AB4)2\left(\dfrac{AB}{4}\right)^2 ni avec AB2\dfrac{AB}{2}.

Pour aller plus loin, hors programme

Hors programme de Première. Ces deux résultats ne sont pas exigibles et aucun exercice du chapitre n'en a besoin.

  • Aire d'un triangle. Si HH est le projeté orthogonal de CC sur (AB)(AB), l'aire vaut 12 AB×CH\dfrac12\,AB\times CH. Dans le triangle AHCAHC rectangle en HH, CH=ACsin⁡A^CH=AC\sin\widehat{A}, d'où aire =12 bcsin⁡A^=\dfrac12\,bc\sin\widehat{A}. Au programme, on calcule plutôt CHCH avec le projeté orthogonal et le théorème de Pythagore (voir la fiche 3).
  • Loi des sinus : asin⁡A^=bsin⁡B^=csin⁡C^\dfrac{a}{\sin\widehat{A}}=\dfrac{b}{\sin\widehat{B}}=\dfrac{c}{\sin\widehat{C}}. Elle est admise ici (c'est un approfondissement possible du programme).

Un peu d'histoire

  • La notion de vecteur était implicite en mécanique depuis Galilée, mais elle a mis longtemps à prendre sa forme actuelle. On observe un lien entre analyse et géométrie dans la façon dont elle apparaît chez Leibniz, lors de ses recherches sur un calcul des variations.
  • Le XIXe siècle voit l'élaboration conjointe de ce qui deviendra le produit scalaire et de la notion de travail en physique : c'est la caisse du début du cours.
  • Le calcul vectoriel et le produit scalaire donnent une approche de la géométrie différente de celle des Anciens, avec l'avantage de combiner vision géométrique et calcul.
  • La caractérisation du cercle de diamètre [AB][AB] comme ensemble des points MM tels que le triangle AMBAMB soit rectangle en MM semble remonter à Thalès.

Tu as maintenant le cours. Passe aux trois fiches, aux exercices de synthèse, puis au Guide de rédaction du chapitre.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

Réserver un appel découverte