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Première Spé Maths / Chapitre 3 : Dérivation

Dérivation : le cours

Quand une voiture roule, le compteur n'indique pas la distance parcourue : il indique sa vitesse à cet instant précis. La dérivation sert exactement à cela : mesurer à quelle vitesse une grandeur est en train de changer, à un instant donné.

Sur une courbe, cette « vitesse de variation » devient la pente de la tangente, la droite qui épouse la courbe en un point. Ce chapitre t'apprend à la calculer, à écrire l'équation d'une tangente et à dériver rapidement toutes les fonctions du programme.

Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser ce cours

  • Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
  • Retiens le fil rouge du chapitre : nombre dérivé = pente de la tangente ; fonction dérivée = la formule qui donne cette pente en chaque point.
  • Pour une tangente, retiens les trois temps : f(a)f(a), puis f′(a)f'(a), puis y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a).

1. Taux de variation et nombre dérivé

Soit ff une fonction définie sur un intervalle II, un réel a∈Ia\in I et un réel h≠0h\neq0 tel que a+h∈Ia+h\in I. Le taux de variation de ff entre aa et a+ha+h est le nombre

f(a+h)−f(a)h\dfrac{f(a+h)-f(a)}h

C'est le coefficient directeur (la pente) de la sécante qui passe par les points A (a ;f(a))A\,(a\,;f(a)) et M (a+h ;f(a+h))M\,(a+h\,;f(a+h)) de la courbe.

Définition. La fonction ff est dérivable en aa si le taux de variation f(a+h)−f(a)h\dfrac{f(a+h)-f(a)}h se rapproche d'un nombre réel quand hh se rapproche de 00 (on dit qu'il a une limite finie quand hh tend vers 00). Ce réel est le nombre dérivé de ff en aa, noté f′(a)f'(a) :

f′(a)=lim⁡h→0f(a+h)−f(a)hf'(a)=\lim_{h\to0}\dfrac{f(a+h)-f(a)}h

Exemple 1. Pour f(x)=x2f(x)=x^2 et a=3a=3, avec h≠0h\neq0 :

f(3+h)−f(3)h=(3+h)2−9h=9+6h+h2−9h=6h+h2h=6+h\dfrac{f(3+h)-f(3)}h=\dfrac{(3+h)^2-9}h=\dfrac{9+6h+h^2-9}h=\dfrac{6h+h^2}h=6+h

Quand hh tend vers 00, 6+h6+h tend vers 66. Donc ff est dérivable en 33 et f′(3)=6f'(3)=6.

Exemple 2 (la fonction inverse). Pour f(x)=1xf(x)=\dfrac1x et a=2a=2, avec h≠0h\neq0 et h≠−2h\neq-2 :

f(2+h)−f(2)h=12+h−12h=2−(2+h)2(2+h)h=−h2(2+h) h=−12(2+h)\dfrac{f(2+h)-f(2)}h=\dfrac{\dfrac1{2+h}-\dfrac12}h=\dfrac{\dfrac{2-(2+h)}{2(2+h)}}h=\dfrac{-h}{2(2+h)\,h}=-\dfrac1{2(2+h)}

Quand hh tend vers 00, ce taux tend vers −14-\dfrac14. Donc ff est dérivable en 22 et f′(2)=−14f'(2)=-\dfrac14.

💡 Astuce. Pour calculer un nombre dérivé avec la définition, fais toujours les mêmes quatre gestes :

  1. écrire f(a+h)f(a+h) et f(a)f(a) ;
  2. développer et simplifier le numérateur ;
  3. simplifier par hh (c'est permis, car h≠0h\neq0) ;
  4. seulement après, faire tendre hh vers 00.

⚠️ Pièges :

  • Ne remplace jamais hh par 00 dans la fraction de départ : tu obtiendrais 00\dfrac00, qui ne veut rien dire.
  • « hh tend vers 00 » ne veut pas dire « hh vaut 00 » : hh est aussi petit que l'on veut, mais jamais nul.
  • Le nombre dérivé f′(a)f'(a) est un nombre ; la fonction dérivée f′f' est une fonction. Ne les confonds pas.

😄 Diviser par 00, c'est comme demander à un robot de lire une page blanche : il plante.

Un calcul numérique pour voir venir la limite. Pour a=1a=1, regardons le taux f(1+h)−f(1)h\dfrac{f(1+h)-f(1)}h quand hh prend des valeurs proches de 00, pour les fonctions carré, inverse et racine carrée :

hh0,10{,}10,010{,}010,0010{,}001limite
carré x↦x2x\mapsto x^2 2,12{,}1 2,012{,}01 2,0012{,}001 22
inverse x↦1xx\mapsto\dfrac1x −0,909…-0{,}909\dots −0,990…-0{,}990\dots −0,999…-0{,}999\dots −1-1
racine x↦xx\mapsto\sqrt x 0,488…0{,}488\dots 0,498…0{,}498\dots 0,499…0{,}499\dots 12\dfrac12

Pour hh proche de 00, on a donc f(1+h)−f(1)≈f′(1) hf(1+h)-f(1)\approx f'(1)\,h, avec f′(1)=2f'(1)=2, −1-1 et 12\dfrac12 : c'est une approximation linéaire, que l'on retrouve au paragraphe 5.

Quand ça ne marche pas. Toutes les fonctions ne sont pas dérivables en tout point :

  • La fonction racine carrée n'est pas dérivable en 00 : pour h>0h>0, le taux de variation entre 00 et hh vaut h−0h=1h\dfrac{\sqrt h-0}h=\dfrac1{\sqrt h}, qui devient aussi grand que l'on veut quand hh tend vers 00. Pas de limite finie : la courbe a une tangente verticale à l'origine.
  • La fonction valeur absolue n'est pas dérivable en 00 : le taux de variation vaut ∣h∣h=1\dfrac{|h|}h=1 si h>0h>0 et −1-1 si h<0h<0. Deux valeurs différentes selon le côté : la courbe a un point anguleux.

2. Tangente à une courbe

Si ff est dérivable en aa, la tangente à la courbe Cf\mathcal C_f au point A (a ;f(a))A\,(a\,;f(a)) est la droite qui passe par AA et dont le coefficient directeur est f′(a)f'(a).

-1123-112345fAMtangente en Asécante (AM)
La tangente en A à la courbe de x ↦ x² et une sécante (AM)

C'est la « limite des sécantes » : quand MM se rapproche de AA le long de la courbe, la sécante (AM)(AM) se rapproche de la tangente.

123-112345Ah = 1h = 0,5tangente
Quand M se rapproche de A, la sécante tend vers la tangente

Exemple. f(x)=x2f(x)=x^2 en a=1a=1. Le coefficient directeur de la sécante entre les abscisses 11 et 1+h1+h vaut (1+h)2−1h=2+h\dfrac{(1+h)^2-1}{h}=2+h.

hh110,10{,}10,010{,}010,0010{,}001
Coefficient de la sécante 33 2,12{,}1 2,012{,}01 2,0012{,}001

Les coefficients se rapprochent de 2=f′(1)2=f'(1) : c'est le coefficient directeur de la tangente.

Équation de la tangente en aa :

y=f′(a) (x−a)+f(a)y=f'(a)\,(x-a)+f(a)

En particulier, la tangente est horizontale en aa si et seulement si f′(a)=0f'(a)=0 ; son équation est alors y=f(a)y=f(a).

Démonstration de l'équation de la tangente. La tangente est une droite non verticale de coefficient directeur m=f′(a)m=f'(a), donc elle a une équation de la forme y=mx+py=mx+p. Elle passe par A (a ;f(a))A\,(a\,;f(a)) :

f(a)=m a+pdoncp=f(a)−m af(a)=m\,a+p\quad\text{donc}\quad p=f(a)-m\,a

Alors y=mx+f(a)−may=mx+f(a)-ma, c'est-à-dire y=f′(a) (x−a)+f(a)y=f'(a)\,(x-a)+f(a). □\square

La fonction affine T : x↦f(a)+f′(a) (x−a)T\,:\,x\mapsto f(a)+f'(a)\,(x-a) est appelée fonction affine tangente à ff en aa : sa représentation graphique est la tangente.

Méthode : écrire l'équation d'une tangente

  1. Calculer f(a)f(a) (l'ordonnée du point de contact).
  2. Calculer f′(a)f'(a) (la pente).
  3. Remplacer dans y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a) et réduire.

Exemple. Tangente à la parabole de f(x)=x2f(x)=x^2 au point d'abscisse 33. On a f(3)=9f(3)=9 et f′(3)=6f'(3)=6, donc

y=6(x−3)+9=6x−9y=6(x-3)+9=6x-9

Lire un nombre dérivé sur un graphique, construire une tangente.

  • Lire f′(a)f'(a) : repère deux points de la tangente faciles à lire sur le quadrillage, puis calcule la pente m=ΔyΔx=yB−yAxB−xAm=\dfrac{\Delta y}{\Delta x}=\dfrac{y_B-y_A}{x_B-x_A}.
  • Construire la tangente en A (a ;f(a))A\,(a\,;f(a)) quand on connaît f′(a)f'(a) : place AA, avance de 11 vers la droite et monte de f′(a)f'(a) (descends si f′(a)<0f'(a)<0), puis trace la droite qui passe par ces deux points.
-3-2-112345-2-1123456courbe de fAtangente TBΔx = 2Δy = 4
Courbe de f, tangente T en A(4 ; 4) : elle passe par B(2 ; 0), donc f'(4) = Δy/Δx = 4/2 = 2

Exemple. Sur la figure, la tangente TT en A (4 ;4)A\,(4\,;4) passe par B (2 ;0)B\,(2\,;0). Donc f′(4)=4−04−2=2f'(4)=\dfrac{4-0}{4-2}=2 : on avance de 22 vers la droite, on monte de 44.

3. Fonction dérivée et dérivées usuelles

Si ff est dérivable en tout point d'un intervalle II, on dit que ff est dérivable sur II. La fonction f′f' qui, à chaque xx de II, associe le nombre dérivé f′(x)f'(x) est la fonction dérivée de ff.

Les dérivées à connaître par cœur :

f(x)f(x)f′(x)f'(x)Dérivable sur
kk (constante) 00 R\mathbb R
xx 11 R\mathbb R
x2x^2 2x2x R\mathbb R
x3x^3 3x23x^2 R\mathbb R
xnx^n (n∈Zn\in\mathbb Z) nxn−1nx^{n-1} R\mathbb R si n⩾0n\geqslant0 ; R∗\mathbb R^* si n<0n<0
1x\dfrac1x (cas n=−1n=-1) −1x2-\dfrac1{x^2} ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ et ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[
x\sqrt x 12x\dfrac1{2\sqrt x} ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[

Pourquoi ces formules ? Dans chaque cas, on écrit le taux de variation entre aa et a+ha+h (avec h≠0h\neq0), on simplifie par hh, puis on fait tendre hh vers 00.

  • Carré. (a+h)2−a2h=2ah+h2h=2a+h\dfrac{(a+h)^2-a^2}h=\dfrac{2ah+h^2}h=2a+h, qui tend vers 2a2a. Donc (x2)′=2x(x^2)'=2x.
  • Cube. (a+h)3−a3h=3a2h+3ah2+h3h=3a2+3ah+h2\dfrac{(a+h)^3-a^3}h=\dfrac{3a^2h+3ah^2+h^3}h=3a^2+3ah+h^2, qui tend vers 3a23a^2. Donc (x3)′=3x2(x^3)'=3x^2.
  • Inverse (a≠0a\neq0). 1a+h−1ah=a−(a+h)a(a+h) h=−1a(a+h)\dfrac{\frac1{a+h}-\frac1a}h=\dfrac{a-(a+h)}{a(a+h)\,h}=-\dfrac1{a(a+h)}, qui tend vers −1a2-\dfrac1{a^2}. Donc (1x)′=−1x2\left(\dfrac1x\right)'=-\dfrac1{x^2}.
  • Racine carrée (a>0a>0). On multiplie en haut et en bas par a+h+a\sqrt{a+h}+\sqrt a : a+h−ah=(a+h)−ah(a+h+a)=1a+h+a\dfrac{\sqrt{a+h}-\sqrt a}h=\dfrac{(a+h)-a}{h\left(\sqrt{a+h}+\sqrt a\right)}=\dfrac1{\sqrt{a+h}+\sqrt a}, qui tend vers 12a\dfrac1{2\sqrt a}. Donc (x)′=12x\left(\sqrt x\right)'=\dfrac1{2\sqrt x}.

💡 Astuce. La formule (xn)′=nxn−1(x^n)'=nx^{n-1} se lit : « l'exposant descend en facteur, puis diminue de 11 ». Ainsi (x5)′=5x4(x^5)'=5x^4 et (x3)′=3x2(x^3)'=3x^2. Les cas xx et x2x^2 en sont des cas particuliers : (x1)′=1×x0=1(x^1)'=1\times x^0=1. Le cas n<0n<0 est démontré au paragraphe 4.

4. Opérations sur les fonctions dérivables

Soit uu et vv deux fonctions dérivables sur un intervalle II et kk un réel. Les fonctions suivantes sont dérivables sur II (pour l'inverse et le quotient, il faut que vv ne s'annule pas sur II) et :

FonctionDérivée
somme u+vu+v u′+v′u'+v'
produit par un réel k uk\,u k u′k\,u'
produit u vu\,v u′v+uv′u'v+uv'
inverse 1v\dfrac1v −v′v2-\dfrac{v'}{v^2}
quotient uv\dfrac uv u′v−uv′v2\dfrac{u'v-uv'}{v^2}

💡 Pour ne pas se tromper :

  • Produit : « je dérive le premier et je garde le second, plus je garde le premier et je dérive le second ».
  • Quotient : le numérateur est u′v−uv′u'v-uv' dans cet ordre (le signe moins ne commute pas !), le dénominateur est v2v^2.
  • Inverse : un signe moins, la dérivée du dénominateur au numérateur, le carré du dénominateur.

Quatre exemples, rédigés comme on l'attend.

a) Un polynôme. f(x)=4x3−5x2+7x−2f(x)=4x^3-5x^2+7x-2 est dérivable sur R\mathbb R et

f′(x)=4×3x2−5×2x+7=12x2−10x+7f'(x)=4\times3x^2-5\times2x+7=12x^2-10x+7

b) Un produit. f(x)=(x2+1)(3x−2)f(x)=(x^2+1)(3x-2) avec u(x)=x2+1u(x)=x^2+1, u′(x)=2xu'(x)=2x, v(x)=3x−2v(x)=3x-2, v′(x)=3v'(x)=3. Donc

f′(x)=2x(3x−2)+3(x2+1)=6x2−4x+3x2+3=9x2−4x+3f'(x)=2x(3x-2)+3(x^2+1)=6x^2-4x+3x^2+3=9x^2-4x+3

💡 Ici, on peut aussi développer d'abord : f(x)=3x3−2x2+3x−2f(x)=3x^3-2x^2+3x-2, d'où f′(x)=9x2−4x+3f'(x)=9x^2-4x+3. Même résultat, deux chemins. C'est aussi la bonne méthode pour un carré comme (3x+2)2(3x+2)^2 : on développe en 9x2+12x+49x^2+12x+4, donc la dérivée est 18x+1218x+12.

c) Un quotient. f(x)=2x+1x−3f(x)=\dfrac{2x+1}{x-3} sur ]3 ;+∞[]3\,;+\infty[, avec u(x)=2x+1u(x)=2x+1, u′(x)=2u'(x)=2, v(x)=x−3v(x)=x-3, v′(x)=1v'(x)=1. Donc

f′(x)=2(x−3)−(2x+1)×1(x−3)2=2x−6−2x−1(x−3)2=−7(x−3)2f'(x)=\dfrac{2(x-3)-(2x+1)\times1}{(x-3)^2}=\dfrac{2x-6-2x-1}{(x-3)^2}=\dfrac{-7}{(x-3)^2}

d) Un inverse. f(x)=14x−1f(x)=\dfrac1{4x-1} sur ]14 ;+∞[\left]\dfrac14\,;+\infty\right[, avec v(x)=4x−1v(x)=4x-1 et v′(x)=4v'(x)=4 ; vv ne s'annule pas sur cet intervalle. Donc

f′(x)=−v′(x)(v(x))2=−4(4x−1)2f'(x)=-\dfrac{v'(x)}{\left(v(x)\right)^2}=-\dfrac4{(4x-1)^2}

⚠️ Pièges :

  • (uv)′≠u′v′(uv)'\neq u'v' : la dérivée d'un produit n'est pas le produit des dérivées.
  • Dériver (3x+2)2(3x+2)^2 « comme x2x^2 » en écrivant 2(3x+2)2(3x+2) : c'est faux. Développe d'abord (ou écris un produit) : la dérivée vaut 18x+1218x+12.
  • Dériver un quotient sans recopier le carré du dénominateur (v2v^2, pas vv).
  • Oublier de préciser l'ensemble de dérivabilité (par exemple ]3 ;+∞[]3\,;+\infty[ pour 2x+1x−3\dfrac{2x+1}{x-3} si l'énoncé le demande).

😄 La formule du produit a deux termes : si tu n'en écris qu'un, c'est un produit à moitié dérivé.

Puissances d'exposant entier relatif. La formule des puissances reste vraie pour un exposant négatif :

Propriété. Pour tout entier nn relatif, la fonction x↦xnx\mapsto x^n est dérivable sur son ensemble de définition (R∗\mathbb R^* si n<0n<0) et

(xn)′=n xn−1\left(x^n\right)'=n\,x^{n-1}

Démonstration pour n<0n<0. On pose n=−mn=-m avec m∈N∗m\in\mathbb N^*. Alors xn=1xm=1vx^n=\dfrac1{x^m}=\dfrac1v avec v(x)=xmv(x)=x^m et v′(x)=mxm−1v'(x)=mx^{m-1}. Par la formule de l'inverse :

(xn)′=−m xm−1x2m=−m x−m−1=n xn−1□\left(x^n\right)'=-\dfrac{m\,x^{m-1}}{x^{2m}}=-m\,x^{-m-1}=n\,x^{n-1}\quad\square

Exemples. (1x3)′=(x−3)′=−3x−4=−3x4\left(\dfrac1{x^3}\right)'=\left(x^{-3}\right)'=-3x^{-4}=-\dfrac3{x^4} et (2x2)′=(2x−2)′=−4x−3=−4x3\left(\dfrac2{x^2}\right)'=\left(2x^{-2}\right)'=-4x^{-3}=-\dfrac4{x^3}.

💡 Astuce. Réécris 1xn\dfrac1{x^n} en x−nx^{-n} avant de dériver : tu n'as plus de quotient à gérer.

5. Approximation linéaire

Près du point de contact, la courbe est très proche de sa tangente. Autrement dit, pour hh proche de 00, la valeur de ff en a+ha+h est proche de celle de la fonction affine tangente x↦f(a)+f′(a)(x−a)x\mapsto f(a)+f'(a)(x-a) en x=a+hx=a+h :

f(a+h)≈f(a)+f′(a) hf(a+h)\approx f(a)+f'(a)\,h

Exemple. Pour calculer 4,04\sqrt{4{,}04} sans calculatrice, on prend f(x)=xf(x)=\sqrt x, a=4a=4 et h=0,04h=0{,}04. On a f(4)=2f(4)=2 et f′(4)=124=14f'(4)=\dfrac1{2\sqrt4}=\dfrac14. Donc

4,04≈2+14×0,04=2,01\sqrt{4{,}04}\approx2+\dfrac14\times0{,}04=2{,}01

La calculatrice donne 2,00998…2{,}00998\dots : l'approximation est excellente, et d'autant meilleure que hh est petit.

6. Vitesse, coût marginal et notations des sciences

  • Vitesse. Si d(t)d(t) est la position d'un mobile à l'instant tt, le taux de variation entre aa et a+ha+h est sa vitesse moyenne sur cet intervalle de temps. Sa vitesse instantanée à l'instant aa est le nombre dérivé d′(a)d'(a).
  • Coût marginal. Si C(q)C(q) est le coût de fabrication de qq objets, C′(q)C'(q) approche le coût de fabrication de l'objet supplémentaire (le (q+1)(q+1)-ième).
  • Géométrie. Le taux de variation est la pente d'une sécante, le nombre dérivé est la pente d'une tangente.

Exemple. Avec C(q)=0,5q2+10q+200C(q)=0{,}5q^2+10q+200 (en euros), on a C′(q)=q+10C'(q)=q+10, donc C′(20)=30C'(20)=30 : fabriquer le 21e21^{\text{e}} objet coûte environ 3030 €. (Le calcul exact donne C(21)−C(20)=30,5C(21)-C(20)=30{,}5 €.)

Notation ΔyΔx\dfrac{\Delta y}{\Delta x} et dydx\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}. En physique et en économie, on note ΔyΔx\dfrac{\Delta y}{\Delta x} un taux de variation et dydx\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} une dérivée : si y=f(x)y=f(x), on écrit dydx=f′(x)\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}=f'(x). Selon le contexte, on adapte les lettres : si x=f(t)x=f(t) est une position, dxdt\dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} est la vitesse instantanée ; si q=f(t)q=f(t) est une quantité, dqdt\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t} est sa vitesse de variation.

7. Python

def taux(f, a, h):
    return (f(a + h) - f(a)) / h

def f(x):
    return x**2

for k in range(1, 6):
    h = 10 ** (-k)
    print(h, taux(f, 3, h))

💡 Les valeurs affichées s'approchent de 66 à mesure que hh diminue : environ 6,16{,}1, puis 6,016{,}01, puis 6,0016{,}001, et ainsi de suite, à de minuscules erreurs d'arrondi près. C'est une illustration du fait que f′(3)=6f'(3)=6, pas une preuve.

Liste des coefficients directeurs des sécantes. Pour un pas hh donné, on construit la liste des coefficients directeurs des sécantes de la courbe entre xk=a+khx_k=a+kh et xk+hx_k+h, pour kk de 00 à n−1n-1 :

def secantes(f, a, h, n):
    L = []
    for k in range(n):
        x = a + k * h
        L.append((f(x + h) - f(x)) / h)
    return L

print(secantes(f, 0, 0.5, 4))   # affiche [0.5, 1.5, 2.5, 3.5]

💡 Pour f(x)=x2f(x)=x^2, la sécante entre xx et x+hx+h a pour coefficient directeur 2x+h2x+h : avec h=0,5h=0{,}5 et x=0 ; 0,5 ; 1 ; 1,5x=0\,;\,0{,}5\,;\,1\,;\,1{,}5, on trouve bien 0,5 ; 1,5 ; 2,5 ; 3,50{,}5\,;\,1{,}5\,;\,2{,}5\,;\,3{,}5. Avec un pas plus petit, ces nombres se rapprochent de f′(x)=2xf'(x)=2x.

La même liste s'écrit en une ligne, en compréhension : [taux(f, a + k * h, h) for k in range(n)].

8. Démonstrations au programme

Les démonstrations au programme sont : l'équation de la tangente, la non-dérivabilité de la racine carrée en 00, la dérivée du carré et de l'inverse, et la dérivée d'un produit. Les trois premières sont dans les paragraphes 2, 1 et 3. Voici la dernière, puis la preuve de la formule (1v)′\left(\dfrac1v\right)' qui sert à dériver un inverse, un quotient ou une puissance négative.

Dérivée d'un produit. Pour uu et vv dérivables en aa, on écrit le taux de variation du produit en ajoutant et retranchant u(a+h) v(a)u(a+h)\,v(a) :

u(a+h)v(a+h)−u(a)v(a)h=u(a+h) v(a+h)−v(a)h+v(a) u(a+h)−u(a)h\dfrac{u(a+h)v(a+h)-u(a)v(a)}h=u(a+h)\,\dfrac{v(a+h)-v(a)}h+v(a)\,\dfrac{u(a+h)-u(a)}h

Quand hh tend vers 00, les deux taux tendent vers v′(a)v'(a) et u′(a)u'(a). Il reste à voir que u(a+h)u(a+h) tend vers u(a)u(a) : on a u(a+h)−u(a)=h×u(a+h)−u(a)hu(a+h)-u(a)=h\times\dfrac{u(a+h)-u(a)}h, qui tend vers 0×u′(a)=00\times u'(a)=0 (c'est la continuité des fonctions dérivables, que l'on retrouve ici). On obtient (uv)′(a)=u(a)v′(a)+v(a)u′(a)(uv)'(a)=u(a)v'(a)+v(a)u'(a). □\square

Dérivée de l'inverse d'une fonction. Pour vv dérivable en aa avec v(a)≠0v(a)\neq0 :

1v(a+h)−1v(a)h=v(a)−v(a+h)h v(a) v(a+h)=−v(a+h)−v(a)h×1v(a) v(a+h)\dfrac{\frac1{v(a+h)}-\frac1{v(a)}}h=\dfrac{v(a)-v(a+h)}{h\,v(a)\,v(a+h)}=-\dfrac{v(a+h)-v(a)}h\times\dfrac1{v(a)\,v(a+h)}

Quand h→0h\to0, on obtient (1v)′(a)=−v′(a)v(a)2\left(\dfrac1v\right)'(a)=-\dfrac{v'(a)}{v(a)^2}. □\square

9. Un peu d'histoire

Le calcul différentiel s'est imposé par sa capacité à donner des solutions simples à des problèmes nombreux et variés : cinématique, mécanique, géométrie, optimisation.

Chez Leibniz et Newton, le calcul des variations repose sur l'hypothèse que les phénomènes naturels évoluent linéairement quand on leur applique de petites variations : c'est l'idée de l'approximation linéaire du paragraphe 5. Leurs approches partent d'une notion intuitive mais floue d'infiniment petit.

Ce n'est que très progressivement que les notions de limite et de différentielle, qui fondent l'exposé actuel, ont été clarifiées au XIXe siècle.

10. Les 10 pépites du chapitre

  1. Taux de variation : f(a+h)−f(a)h\dfrac{f(a+h)-f(a)}h (avec h≠0h\neq0) ; simplifier avant de faire tendre hh vers 00.
  2. Nombre dérivé f′(a)f'(a) : pente de la tangente en A (a ;f(a))A\,(a\,;f(a)).
  3. Tangente : y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a) ; trois temps : f(a)f(a), f′(a)f'(a), équation.
  4. Tangente horizontale : f′(a)=0f'(a)=0.
  5. Dérivées usuelles : k→0k\to0, x→1x\to1, xn→nxn−1x^n\to nx^{n-1} (n∈Zn\in\mathbb Z), 1x→−1x2\dfrac1x\to-\dfrac1{x^2}, x→12x\sqrt x\to\dfrac1{2\sqrt x}.
  6. Somme et multiple : (u+v)′=u′+v′(u+v)'=u'+v' et (ku)′=ku′(ku)'=ku'.
  7. Produit : (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv' (deux termes).
  8. Quotient : (uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac uv\right)'=\dfrac{u'v-uv'}{v^2} (dans cet ordre).
  9. Inverse : (1v)′=−v′v2\left(\dfrac1v\right)'=-\dfrac{v'}{v^2} (signe moins et carré).
  10. Approximation linéaire : f(a+h)≈f(a)+f′(a) hf(a+h)\approx f(a)+f'(a)\,h pour hh proche de 00.

11. Ce qui peut tomber en contrôle

  • Calculer un nombre dérivé avec la définition, puis donner l'équation de la tangente (fiche 1).
  • Lire un nombre dérivé sur un graphique et construire une tangente (fiche 1).
  • Dériver un polynôme, un produit, un inverse, un quotient, une puissance d'exposant entier relatif (fiche 2).
  • Problèmes de tangentes : tangente horizontale, parallèle à une droite, position par rapport à la courbe (fiche 3).
  • Interpréter un nombre dérivé : vitesse, coût marginal, approximation linéaire.

Tu as maintenant le cours. Passe aux trois fiches, aux exercices de synthèse, puis au Guide de rédaction du chapitre.

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