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Première Spé Maths / Chapitre 1 : Second degré

Second degré : le cours

Le second degré, c'est l'art de comprendre une parabole : où elle passe, où elle monte et où elle redescend, où elle coupe l'axe des abscisses. On y retrouve la courbe d'un ballon lancé en l'air, l'aire maximale d'un enclos, le bénéfice maximal d'une entreprise.

Ce chapitre est un excellent entraînement à la rédaction : le discriminant, les racines et la conclusion s'écrivent toujours de la même façon.

Dans tout le cours, tu verras des astuces 💡, des pièges ⚠️ et un peu d'humour 😄.

🎯 Comment utiliser ce cours

  • Lis une partie, puis fais tout de suite la fiche correspondante.
  • Retiens le fil rouge du chapitre : tout se lit sur aa, Δ\Delta et le sommet (α ;β)(\alpha\,;\beta).
  • Quand tu utilises le discriminant, rédige toujours de la même façon : calcule-le, donne son signe, puis conclus.

1. Les trois formes d'une fonction polynôme du second degré

Une fonction ff définie sur R\R par f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c (a≠0a\neq0) est une fonction polynôme du second degré. Sa courbe est une parabole.

  • Forme développée : f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c. Elle donne f(0)=cf(0)=c.
  • Forme canonique : f(x)=a (x−α)2+βf(x)=a\,(x-\alpha)^2+\beta. Elle donne le sommet S(α ;β)S(\alpha\,;\beta).
  • Forme factorisée : f(x)=a (x−x1)(x−x2)f(x)=a\,(x-x_1)(x-x_2). Elle donne les racines x1x_1 et x2x_2 (quand elles existent).

Chaque forme répond mieux à certaines questions : on apprend plus loin à choisir la forme adaptée (partie 9).

2. Forme canonique et complétion du carré

Toute fonction polynôme du second degré admet une forme canonique a (x−α)2+βa\,(x-\alpha)^2+\beta : la démonstration générale est donnée en fin de cours. Dans les cas simples, on la détermine par la complétion du carré, à l'aide de l'identité suivante.

Identité de complétion du carré. Pour tous réels xx et pp :

x2+2px=(x+p)2−p2x^2+2px=(x+p)^2-p^2

Elle vient de (x+p)2=x2+2px+p2(x+p)^2=x^2+2px+p^2. Pour compléter le carré, on repère le coefficient de xx, on le divise par 22 pour trouver pp, puis on retranche p2p^2.

Exemples.

  • x2+6x+1=(x+3)2−9+1=(x+3)2−8x^2+6x+1=(x+3)^2-9+1=(x+3)^2-8 (ici 2p=62p=6, donc p=3p=3).
  • x2−4x+7=(x−2)2−4+7=(x−2)2+3x^2-4x+7=(x-2)^2-4+7=(x-2)^2+3.
  • x2+5x+1=(x+52)2−254+1=(x+52)2−214x^2+5x+1=\left(x+\dfrac52\right)^2-\dfrac{25}4+1=\left(x+\dfrac52\right)^2-\dfrac{21}4.
  • Si a≠1a\neq1, on factorise d'abord par aa les termes en x2x^2 et en xx : 2x2−12x+7=2 (x2−6x)+7=2[(x−3)2−9]+7=2 (x−3)2−112x^2-12x+7=2\,(x^2-6x)+7=2\left[(x-3)^2-9\right]+7=2\,(x-3)^2-11.

Le sommet se lit alors sur la forme canonique : S(α ;β)S(\alpha\,;\beta). Ici S(3 ;−11)S(3\,;-11) pour 2x2−12x+72x^2-12x+7.

💡 Astuce. Vérifie toujours une forme canonique en la développant : tu dois retrouver la forme de départ.

💡 Raccourci, pas un attendu du programme. Le programme demande de savoir déterminer la forme canonique dans des cas simples, par complétion du carré. Mener le calcul en toute généralité (c'est ce que fait la démonstration en fin de cours) donne α=−b2a\alpha=-\dfrac b{2a} ; on peut alors obtenir β\beta en calculant f(α)f(\alpha). Tu peux utiliser ce raccourci pour gagner du temps, mais c'est la complétion du carré qu'il faut savoir mener.

3. Le discriminant et les racines

Le discriminant de ax2+bx+cax^2+bx+c est Δ=b2−4ac\Delta=b^2-4ac.

-11234-1123456Δ > 0Δ = 0Δ < 0
Trois paraboles : deux racines si Δ > 0, une racine double si Δ = 0, aucune racine si Δ < 0

Théorème. L'équation ax2+bx+c=0ax^2+bx+c=0 admet :

  • si Δ>0\Delta>0 : deux solutions réelles distinctes x1=−b−Δ2ax_1=\dfrac{-b-\sqrt\Delta}{2a} et x2=−b+Δ2ax_2=\dfrac{-b+\sqrt\Delta}{2a} ;
  • si Δ=0\Delta=0 : une solution (double) x0=−b2ax_0=-\dfrac b{2a} ;
  • si Δ<0\Delta<0 : aucune solution réelle.

Pourquoi ? Avec la forme canonique : ax2+bx+c=0  ⟺  (x+b2a)2=Δ4a2ax^2+bx+c=0\iff\left(x+\dfrac b{2a}\right)^2=\dfrac\Delta{4a^2}. Un carré ne peut valoir qu'un nombre positif ou nul : le signe de Δ\Delta décide (démonstration complète en fin de cours).

⚠️ Aucun ordre imposé. Les noms x1x_1 et x2x_2 désignent seulement les deux valeurs données par les formules. Si a<0a<0, on a x1>x2x_1>x_2 : par exemple, pour −x2+4x+5=0-x^2+4x+5=0, la formule donne x1=5x_1=5 et x2=−1x_2=-1. Dans un tableau de signes, range toujours les racines dans l'ordre croissant.

4. Somme et produit des racines

Si Δ>0\Delta>0 (ou Δ=0\Delta=0 en comptant la racine double deux fois), ax2+bx+c=a (x−x1)(x−x2)ax^2+bx+c=a\,(x-x_1)(x-x_2). En développant le second membre, on obtient ax2−a(x1+x2) x+a x1x2ax^2-a(x_1+x_2)\,x+a\,x_1x_2. En identifiant avec ax2+bx+cax^2+bx+c :

x1+x2=−bax1 x2=cax_1+x_2=-\frac ba\qquad x_1\,x_2=\frac ca

Racine évidente. Si a+b+c=0a+b+c=0, alors 11 est racine et l'autre racine est ca\dfrac ca. Si a−b+c=0a-b+c=0, alors −1-1 est racine et l'autre est −ca-\dfrac ca.

Plus généralement, quand tu connais une racine x1x_1, la somme ou le produit donne l'autre sans calculer Δ\Delta : x2=ca x1x_2=\dfrac c{a\,x_1} ou x2=−ba−x1x_2=-\dfrac ba-x_1.

Exemple. Pour 2x2−7x+52x^2-7x+5 : 2−7+5=02-7+5=0, donc 11 est racine, et l'autre racine est ca=52\dfrac ca=\dfrac52.

🚀 Approfondissement du programme (facultatif). Deux nombres de somme ss et de produit pp sont les racines de la fonction x↦x2−sx+px\mapsto x^2-sx+p, quand elle en a. Exemple : deux nombres de somme 77 et de produit 1010 sont les solutions de x2−7x+10=0x^2-7x+10=0, soit 22 et 55.

5. Factorisation

  • Si Δ>0\Delta>0 : ax2+bx+c=a (x−x1)(x−x2)ax^2+bx+c=a\,(x-x_1)(x-x_2).
  • Si Δ=0\Delta=0 : ax2+bx+c=a (x−x0)2ax^2+bx+c=a\,(x-x_0)^2.
  • Si Δ<0\Delta<0 : la fonction ne se factorise pas dans R\R.

Réciproquement, si x1≠x2x_1\neq x_2 sont deux réels, les fonctions polynômes du second degré qui s'annulent en x1x_1 et en x2x_2 sont exactement les fonctions x↦a (x−x1)(x−x2)x\mapsto a\,(x-x_1)(x-x_2) avec a≠0a\neq0. Une condition supplémentaire (une valeur, l'ordonnée du sommet...) fixe le réel aa.

Diversifie les stratégies. Avant de calculer Δ\Delta, regarde si une factorisation directe est possible :

SituationMéthodeExemple
c=0c=0 facteur commun xx 3x2−5x=x (3x−5)3x^2-5x=x\,(3x-5)
b=0b=0, et aa et cc de signes contraires différence de deux carrés x2−9=(x−3)(x+3)x^2-9=(x-3)(x+3) ; 4x2−25=(2x−5)(2x+5)4x^2-25=(2x-5)(2x+5) ; x2−7=(x−7)(x+7)x^2-7=(x-\sqrt7)(x+\sqrt7)
identité remarquable reconnaître (u±v)2(u\pm v)^2 x2+6x+9=(x+3)2x^2+6x+9=(x+3)^2 ; 4x2−12x+9=(2x−3)24x^2-12x+9=(2x-3)^2
racine apparente tester 00, 11, −1-1, 22..., puis trouver l'autre racine par la somme ou le produit 2x2−3x−22x^2-3x-2 s'annule en 22 ; l'autre racine est ca×2=−12\dfrac{c}{a\times2}=-\dfrac12, donc 2x2−3x−2=(x−2)(2x+1)2x^2-3x-2=(x-2)(2x+1)
a=1a=1 et racines entières chercher deux entiers de somme −b-b et de produit cc x2−5x+6x^2-5x+6 : somme 55, produit 66, donc 22 et 33 : (x−2)(x−3)(x-2)(x-3) ; x2+x−12x^2+x-12 : somme −1-1, produit −12-12, donc −4-4 et 33 : (x+4)(x−3)(x+4)(x-3)
aucun cas simple formules générales avec Δ\Delta 2x2−x−32x^2-x-3 : Δ=25\Delta=25, racines −1-1 et 32\dfrac32, donc 2(x+1)(x−32)2(x+1)\left(x-\dfrac32\right)

⚠️ x2+4x^2+4 ne se factorise pas dans R\R : une somme de deux carrés n'a pas de racine réelle. Et n'oublie jamais le facteur aa : 2x2−x−3=2(x+1)(x−32)2x^2-x-3=2(x+1)\left(x-\dfrac32\right) et non (x+1)(x−32)(x+1)\left(x-\dfrac32\right).

6. Signe d'une fonction polynôme du second degré

D'abord, sans Δ\Delta : la forme factorisée. Si f(x)=a (x−x1)(x−x2)f(x)=a\,(x-x_1)(x-x_2) avec x1<x2x_1<x_2, le signe se lit sur un tableau de signes. Chaque facteur x−xix-x_i est un terme du premier degré : il est négatif avant xix_i, nul en xix_i, positif après.

xx−∞-\inftyx1x_1x2x_2+∞+\infty
x−x1x-x_1 −- 00 ++ ++
x−x2x-x_2 −- −- 00 ++
(x−x1)(x−x2)(x-x_1)(x-x_2) ++ 00 −- 00 ++

Il reste à multiplier par aa : si a<0a<0, tous les signes de la dernière ligne sont changés.

Signe à partir de la forme factorisée. Si f(x)=a (x−x1)(x−x2)f(x)=a\,(x-x_1)(x-x_2) avec x1<x2x_1<x_2 : f(x)f(x) est du signe de aa à l'extérieur des racines et du signe contraire de aa entre les racines.

Exemple. f(x)=−3(x+2)(x−1)f(x)=-3(x+2)(x-1) : racines −2-2 et 11, a=−3<0a=-3<0. Donc f(x)>0f(x)>0 pour x∈]−2 ;1[x\in]-2\,;1[ et f(x)<0f(x)<0 pour x∈]−∞ ;−2[ ∪ ]1 ;+∞[x\in]-\infty\,;-2[\,\cup\,]1\,;+\infty[.

Si les facteurs sont écrits (mx+p)(mx+p), on cherche la racine −pm-\dfrac pm de chaque facteur et on garde le signe de mm après cette racine. Par exemple, (2x−1)(3−x)(2x-1)(3-x) s'annule en 12\dfrac12 et en 33, et le coefficient de x2x^2 vaut 2×(−1)=−2<02\times(-1)=-2<0 : l'expression est positive entre 12\dfrac12 et 33.

Ensuite, avec Δ\Delta : la forme développée.

  • Δ>0\Delta>0 : la fonction est du signe de aa à l'extérieur des racines, et du signe contraire de aa entre les racines.
  • Δ=0\Delta=0 : la fonction est du signe de aa, et nulle en x0x_0.
  • Δ<0\Delta<0 : la fonction est du signe de aa pour tout réel xx.

Le signe permet de résoudre les inéquations : on cherche les racines, on repère le signe de aa, on lit le résultat sur un tableau de signes ou sur un croquis de la parabole.

7. Variations et sommet

Lis la forme canonique f(x)=a (x−α)2+βf(x)=a\,(x-\alpha)^2+\beta. La fonction x↦(x−α)2x\mapsto(x-\alpha)^2 est décroissante sur ]−∞ ;α]]-\infty\,;\alpha] et croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[ (c'est la fonction carré, translatée). Multiplier par a>0a>0 conserve le sens de variation, multiplier par a<0a<0 l'inverse, et ajouter β\beta ne le change pas. La parabole est symétrique par rapport à la droite d'équation x=αx=\alpha.

-112345-2-112345S(2 ; −1)axe de symétrie x = 2
La parabole y = x² − 4x + 3 : sommet S(2 ; −1) et axe de symétrie x = 2
  • Si a>0a>0 : ff est décroissante sur ]−∞ ;α]]-\infty\,;\alpha], croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[. Elle admet un minimum β\beta atteint en α\alpha (parabole tournée vers le haut).
  • Si a<0a<0 : ff est croissante sur ]−∞ ;α]]-\infty\,;\alpha], décroissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[. Elle admet un maximum β\beta atteint en α\alpha (parabole tournée vers le bas).

💡 Astuce. Si la fonction a deux racines x1x_1 et x2x_2, l'axe de symétrie passe par leur milieu : α=x1+x22\alpha=\dfrac{x_1+x_2}2. Pour f(x)=x2−4x+3=(x−1)(x−3)f(x)=x^2-4x+3=(x-1)(x-3), on trouve α=2\alpha=2 puis β=f(2)=−1\beta=f(2)=-1.

8. Équations qui se ramènent au second degré

Le programme propose des problèmes variés, notamment d'origine géométrique, qui se ramènent à une équation du second degré. La démarche est toujours la même :

  1. choisir l'inconnue et préciser les valeurs qu'elle peut prendre (une longueur est positive) ;
  2. traduire l'énoncé par une équation ;
  3. tout passer dans un membre, développer, réduire, pour obtenir ax2+bx+c=0ax^2+bx+c=0 ;
  4. résoudre (factorisation directe ou Δ\Delta) ;
  5. ne garder que les solutions qui ont un sens dans le problème, puis conclure par une phrase.

Exemple 1. Un rectangle a un côté de 33 cm de plus que l'autre et une aire de 4040 cm². On note xx le plus petit côté, en cm, avec x>0x>0. Alors x(x+3)=40x(x+3)=40, soit x2+3x−40=0x^2+3x-40=0. Δ=9+160=169=132>0\Delta=9+160=169=13^2>0, donc x=−3−132=−8x=\dfrac{-3-13}2=-8 ou x=−3+132=5x=\dfrac{-3+13}2=5. Comme x>0x>0, seule x=5x=5 convient : le rectangle mesure 55 cm sur 88 cm.

Exemple 2. (x−2)2=3x−2  ⟺  x2−4x+4=3x−2  ⟺  x2−7x+6=0  ⟺  (x−1)(x−6)=0(x-2)^2=3x-2\iff x^2-4x+4=3x-2\iff x^2-7x+6=0\iff(x-1)(x-6)=0 (somme 77, produit 66). S={1 ;6}S=\{1\,;6\}.

🚀 Pour aller plus loin, hors programme. Certaines équations se ramènent au second degré par un changement de variable : une équation bicarrée ax4+bx2+c=0ax^4+bx^2+c=0 avec X=x2X=x^2 (il faut garder les X≥0X\ge0), ou une équation avec des fractions, que l'on met au même dénominateur en excluant les valeurs interdites. Par exemple, x4−5x2+4=0x^4-5x^2+4=0 donne X2−5X+4=0X^2-5X+4=0, donc X=1X=1 ou X=4X=4, soit S={−2 ;−1 ;1 ;2}S=\{-2\,;-1\,;1\,;2\}. Ces méthodes ne sont pas au programme de Première : elles ne sont pas exigibles et n'apparaissent ni dans les QCM, ni dans les exercices du chapitre.

⚠️ Pièges :

  • Oublier de calculer Δ\Delta avant de donner les racines (quand aucune factorisation directe n'est possible).
  • Écrire x1=−b−Δ2ax_1=\dfrac{-b-\sqrt\Delta}{2a} avec Δ\sqrt\Delta mal placé : la racine porte sur Δ\Delta tout entier.
  • Garder une solution sans sens dans le contexte (une longueur négative, par exemple).
  • Oublier de renverser le sens d'une inéquation en multipliant par un nombre négatif.
  • Confondre « la fonction est positive » et « Δ\Delta est positif ».

😄 Un discriminant négatif, c'est comme un rendez-vous manqué : la parabole ne rencontre jamais l'axe des abscisses.

9. Choisir la forme adaptée

Une même fonction s'écrit sous trois formes. Prenons f(x)=2x2−4x−6f(x)=2x^2-4x-6. On vérifie que

f(x)=2x2−4x−6=2(x−1)2−8=2(x+1)(x−3).f(x)=2x^2-4x-6=2(x-1)^2-8=2(x+1)(x-3).
QuestionForme à utiliserRésultat
Calculer f(0)f(0), ou comparer à une valeur lue sur l'ordonnée à l'origine développée f(0)=−6f(0)=-6
Résoudre f(x)=0f(x)=0, étudier le signe de f(x)f(x) factorisée S={−1 ;3}S=\{-1\,;3\} ; f(x)<0f(x)<0 sur ]−1 ;3[]-1\,;3[
Trouver l'extremum, le sommet, les variations canonique minimum −8-8 atteint en x=1x=1
Résoudre f(x)=−8f(x)=-8 canonique (x−1)2=0(x-1)^2=0, donc x=1x=1
Résoudre f(x)=−6f(x)=-6 développée 2x2−4x=0  ⟺  2x(x−2)=02x^2-4x=0\iff2x(x-2)=0, donc S={0 ;2}S=\{0\,;2\}

Le bon réflexe : regarde la question avant de choisir la forme, puis passe d'une forme à l'autre si besoin (développer, factoriser, compléter le carré).

10. Le second degré, terrain d'essai pour des notions générales

Les fonctions polynômes du second degré servent à illustrer, sur des calculs simples, des notions que tu retrouveras dans toute l'analyse.

Taux de variation. Pour u≠vu\neq v, le taux de variation de ff entre uu et vv est f(v)−f(u)v−u\dfrac{f(v)-f(u)}{v-u}. Pour f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c :

f(v)−f(u)v−u=a(v2−u2)+b(v−u)v−u=a(u+v)+b\frac{f(v)-f(u)}{v-u}=\frac{a(v^2-u^2)+b(v-u)}{v-u}=a(u+v)+b

Son signe donne le sens de variation. Par exemple, si a>0a>0 et α≤u<v\alpha\le u<v, alors u+v>2α=−bau+v>2\alpha=-\dfrac ba, donc a(u+v)+b>0a(u+v)+b>0 : ff est croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[.

Fonction dérivée (un avant-goût du chapitre 3). Prenons v=u+hv=u+h avec h≠0h\neq0 : le taux de variation vaut 2au+b+ah2au+b+ah. Quand hh devient très proche de 00, il se rapproche de 2au+b2au+b. Cette valeur est le nombre dérivé de ff en uu. On en déduit la fonction dérivée :

f′(x)=2ax+bf'(x)=2ax+b

Elle s'annule en x=−b2ax=-\dfrac b{2a}, l'abscisse du sommet, et son signe donne les variations de ff. Pour f(x)=x2−4x+3f(x)=x^2-4x+3 : f′(x)=2x−4f'(x)=2x-4, qui s'annule en 22, négative avant et positive après, ce qui retrouve le minimum en x=2x=2.

Lien avec la variance (statistique et probabilités). Pour une série x1,…,xnx_1,\dots,x_n de moyenne xˉ\bar x et de variance V=1n∑(xi−xˉ)2V=\dfrac1n\sum(x_i-\bar x)^2, la fonction g(t)=1n∑(xi−t)2g(t)=\dfrac1n\sum(x_i-t)^2 est une fonction polynôme du second degré en tt. En écrivant xi−t=(xi−xˉ)+(xˉ−t)x_i-t=(x_i-\bar x)+(\bar x-t) et en utilisant ∑(xi−xˉ)=0\sum(x_i-\bar x)=0, on obtient

g(t)=V+(t−xˉ)2.g(t)=V+(t-\bar x)^2.

C'est une forme canonique : gg est minimale en t=xˉt=\bar x, et son minimum est la variance VV. (Application dans la fiche 3.)

11. Vocabulaire et logique du chapitre

  • Identité, équation. (x+1)2=x2+2x+1(x+1)^2=x^2+2x+1 est vraie pour tout réel xx : c'est une identité. x2+2x+1=4x^2+2x+1=4 n'est vraie que pour certaines valeurs : c'est une équation, xx est l'inconnue et on cherche l'ensemble SS de ses solutions.
  • Variable, inconnue, paramètre. Dans f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c, xx est la variable. Dans x2−mx+4=0x^2-mx+4=0, xx est l'inconnue et mm un paramètre : un réel fixé mais quelconque, dont dépend le nombre de solutions.
  • Équivalence. « Δ<0\Delta<0 »   ⟺  \iff « l'équation n'a aucune solution réelle ». Un raisonnement par disjonction des cas : Δ>0\Delta>0, Δ=0\Delta=0 ou Δ<0\Delta<0.
  • Implication, condition suffisante, condition nécessaire. « Si ac<0ac<0, alors Δ>0\Delta>0 » : ac<0ac<0 est une condition suffisante pour avoir deux racines, mais pas nécessaire. La réciproque « si Δ>0\Delta>0, alors ac<0ac<0 » est fausse : contre-exemple x2+3x+1x^2+3x+1, avec Δ=5>0\Delta=5>0 et ac=1>0ac=1>0. La contraposée de l'implication de départ est « si Δ≤0\Delta\le0, alors ac≥0ac\ge0 » : elle est vraie.
  • Quantificateurs. « Pour tout réel xx, x2+2x+5>0x^2+2x+5>0 » est vraie. Sa négation est « il existe un réel xx tel que x2+2x+5≤0x^2+2x+5\le0 » : elle est fausse. Le « pour tout » est souvent implicite : « le produit de deux nombres négatifs est positif » signifie « pour tous réels négatifs ... ».
  • Connecteurs et ensembles. (x−1)(x+2)=0  ⟺  x=1(x-1)(x+2)=0\iff x=1 ou x=−2x=-2. Une inéquation a pour solution une réunion ou une intersection d'intervalles : ]−∞ ;−1]∪[4 ;+∞[]-\infty\,;-1]\cup[4\,;+\infty[, ou [−1 ;4]∩[0 ;10]=[0 ;4][-1\,;4]\cap[0\,;10]=[0\,;4]. Le complémentaire de ]−1 ;4[]-1\,;4[ dans R\R est ]−∞ ;−1]∪[4 ;+∞[]-\infty\,;-1]\cup[4\,;+\infty[.

12. Un peu d'histoire : Diophante et Al-Khwârizmî

La formule du discriminant est l'aboutissement d'un long cheminement. On trouve chez Diophante, puis chez Al-Khwârizmî, des méthodes de résolution des équations du second degré. Le travail novateur d'Al-Khwârizmî reste en partie tributaire de la tradition : il utilise des considérations géométriques équivalentes à la forme canonique, et il est limité par l'état alors embryonnaire de la notation algébrique et par l'absence des nombres négatifs. Les méthodes actuelles sont un aboutissement de ce cheminement vers un formalisme efficace et concis.

Une méthode géométrique, dans cet esprit. Cherchons le nombre positif xx tel que x2+6x=16x^2+6x=16. On dessine un carré de côté xx, et on lui accole deux rectangles de dimensions xx et 33 (ce sont les 6x6x en deux moitiés). Pour obtenir un grand carré, il manque un petit carré de côté 33, d'aire 99.

x²3x3x9x3x3Grand carré de côté x + 3 : aire x² + 6x + 9
Compléter le carré : x² + 6x + 9 = (x + 3)² (aire du carré de côté x + 3)

Le grand carré a pour côté x+3x+3 et pour aire 16+9=2516+9=25. Donc x+3=5x+3=5 et x=2x=2. C'est exactement l'identité x2+6x=(x+3)2−9x^2+6x=(x+3)^2-9 de la complétion du carré, avec p=3p=3. Cette méthode ne trouve que la solution positive : l'autre solution, −8-8, n'avait aucun sens dans un monde sans nombres négatifs.

Du texte au programme. Pour x2+px=qx^2+px=q avec p>0p>0 et q>0q>0, la méthode se traduit en un algorithme : calculer q+(p2)2q+\left(\dfrac p2\right)^2 (l'aire du grand carré), en prendre la racine carrée (son côté), puis retrancher p2\dfrac p2. Voir la partie 13 et l'exercice 8 de la fiche 3.

13. Python

from math import sqrt

def racines(a, b, c):
    """Renvoie la liste des solutions réelles de ax² + bx + c = 0."""
    delta = b*b - 4*a*c
    if delta > 0:
        return [(-b - sqrt(delta))/(2*a), (-b + sqrt(delta))/(2*a)]
    if delta == 0:
        return [-b/(2*a)]
    return []

💡 racines(1, -5, 6) renvoie [2.0, 3.0], racines(1, 2, 1) renvoie [-1.0], racines(1, 0, 1) renvoie [] (la liste vide : aucune solution réelle).

On peut aussi générer une liste en compréhension pour chercher les entiers qui vérifient une inéquation, puis la parcourir :

solutions = [x for x in range(-10, 11) if x*x - 3*x - 4 <= 0]
print(solutions)   # [-1, 0, 1, 2, 3, 4]
for x in solutions:
    print(x, x*x - 3*x - 4)

La condition de la liste est celle de l'inéquation x2−3x−4≤0x^2-3x-4\le0, dont l'ensemble solution est [−1 ;4][-1\,;4] : les entiers de cette liste sont ceux de l'intervalle.

Enfin, la méthode géométrique de la partie 12 devient une fonction :

from math import sqrt

def solution_positive(p, q):
    """Solution positive de x² + p x = q (p > 0 et q > 0)."""
    grand_carre = q + (p/2)**2     # aire du grand carré
    return sqrt(grand_carre) - p/2 # côté du grand carré, moins p/2

solution_positive(6, 16) renvoie 2.0.

14. Les 10 pépites du chapitre

  1. Cherche d'abord une factorisation directe ; sinon calcule Δ\Delta en premier et donne son signe.
  2. Forme canonique : complétion du carré, x2+2px=(x+p)2−p2x^2+2px=(x+p)^2-p^2, et vérifie en développant.
  3. Sommet (α ;β)(\alpha\,;\beta) : minimum si a>0a>0, maximum si a<0a<0.
  4. Racine évidente : teste 00, 11, −1-1 avant de calculer Δ\Delta ; racines entières par somme et produit.
  5. Factorise avec a (x−x1)(x−x2)a\,(x-x_1)(x-x_2) : n'oublie pas le facteur aa.
  6. Signe : signe de aa à l'extérieur des racines (avec ou sans Δ\Delta).
  7. Somme et produit : −ba-\dfrac ba et ca\dfrac ca.
  8. Choisis la forme adaptée à la question : développée, canonique ou factorisée.
  9. Paramètre mm : étudie le signe de Δ\Delta en fonction de mm.
  10. Conclus par une phrase avec l'ensemble SS, en vérifiant que les solutions ont un sens.

Démonstration au programme : résolution de l'équation du second degré

Le programme officiel demande de savoir démontrer les formules de résolution. La preuve tient en trois étapes : la forme canonique (calculée ici dans le cas général, ce qui n'est pas un attendu pour une fonction donnée), puis un cas par signe de Δ\Delta.

Démonstration. Soit a≠0a\neq0. On factorise par aa puis on reconnaît le début d'un carré :

ax2+bx+c=a[x2+bax+ca]=a[(x+b2a)2−b24a2+ca]ax^2+bx+c=a\left[x^2+\dfrac bax+\dfrac ca\right]=a\left[\left(x+\dfrac b{2a}\right)^2-\dfrac{b^2}{4a^2}+\dfrac ca\right]

On réduit au même dénominateur, ce qui fait apparaître Δ=b2−4ac\Delta=b^2-4ac :

ax2+bx+c=a[(x+b2a)2−Δ4a2]ax^2+bx+c=a\left[\left(x+\dfrac b{2a}\right)^2-\dfrac{\Delta}{4a^2}\right]

Cas 1 : Δ<0\Delta<0. Le crochet est la somme d'un carré et d'un nombre strictement positif : il n'est jamais nul. L'équation n'a aucune solution réelle.

Cas 2 : Δ=0\Delta=0. Il reste a(x+b2a)2=0a\left(x+\dfrac b{2a}\right)^2=0, donc une seule solution x0=−b2ax_0=-\dfrac b{2a}.

Cas 3 : Δ>0\Delta>0. On factorise la différence de deux carrés avec Δ4a2=(Δ2a)2\dfrac\Delta{4a^2}=\left(\dfrac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2 :

ax2+bx+c=a(x+b2a−Δ2a)(x+b2a+Δ2a)ax^2+bx+c=a\left(x+\dfrac b{2a}-\dfrac{\sqrt\Delta}{2a}\right)\left(x+\dfrac b{2a}+\dfrac{\sqrt\Delta}{2a}\right)

Un produit est nul si un facteur est nul : on obtient les deux solutions x1=−b−Δ2ax_1=\dfrac{-b-\sqrt\Delta}{2a} et x2=−b+Δ2ax_2=\dfrac{-b+\sqrt\Delta}{2a}. □\square

💡 Astuce. On voit aussi pourquoi la somme et le produit des racines valent x1+x2=−bax_1+x_2=-\dfrac ba et x1x2=cax_1x_2=\dfrac ca : il suffit de développer a(x−x1)(x−x2)a(x-x_1)(x-x_2).

Position du graphe de x↦f(x−m)x\mapsto f(x-m)

La forme canonique a(x−α)2+βa(x-\alpha)^2+\beta se lit comme une translation. C'est le lien entre la courbe de x↦x2x\mapsto x^2 que tu connais et toutes les paraboles.

Propriété. La courbe de g(x)=f(x−m)+kg(x)=f(x-m)+k est l'image de la courbe de ff par la translation de vecteur w⃗(m ; k)\vec w(m\,;\,k).

  • f(x−m)f(x-m) décale la courbe de mm vers la droite (vers la gauche si m<0m<0) ;
  • + k+\,k la décale de kk vers le haut.

Exemple. g(x)=(x−2)2+1g(x)=(x-2)^2+1 est la courbe de x↦x2x\mapsto x^2 translatée de 22 vers la droite et de 11 vers le haut : son sommet est S(2 ; 1)S(2\,;\,1).

⚠️ Piège classique. f(x−2)f(x-2) décale vers la droite, pas vers la gauche : le sommet de (x−2)2(x-2)^2 est en x=+2x=+2. 😄 Les signes se vengent toujours quand on les croit intuitifs.

15. Ce qui peut tomber en contrôle

  • Des formes canoniques (complétion du carré), factorisations (directes ou avec Δ\Delta) et signes, avec sommet et variations (fiche 1).
  • Des équations et inéquations du second degré (fiche 2).
  • Des problèmes concrets (aire maximale, trajectoire, bénéfice), le choix de la forme adaptée et des paramètres (fiche 3 et exercices de synthèse).

Tu as maintenant le cours. Passe aux trois fiches, aux exercices de synthèse, puis au Guide de rédaction du chapitre.

Un doute sur ce chapitre ? On en parle ensemble, sans engagement.

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